La Mission > L'éditorial du Président du conseil d’administration de la Mission du Centenaire

L'éditorial du Président du conseil d’administration de la Mission du Centenaire

Sans illustration

J - 365

Dans 365 jours, le 14 juillet 2014, en mettant à profit ce grand rendez-vous désormais traditionnel des Français avec leur histoire, nous entrerons vraiment en commémoration du Centenaire de la Grande Guerre. Dans un an, notre fête nationale invitera au ravivage de leur mémoire tous ceux qui voudront se souvenir ensemble des évènements qui allaient conduire, quelques jours plus tard, à la mobilisation générale et précipiter le monde dans un cauchemar qui allait lui coûtera près de 10 millions de morts.

Parce qu'elle a chamboulé la carte du monde et entraîné des bouleversements sociétaux allant bien au-delà d'un conflit dévorant et de ses effroyables conséquences statistiques, la Première Guerre mondiale constitue, dans notre histoire, une rupture que le temps n'effacera pas. Qui n’a pas le souvenir d'un grand père racontant avec ses mots à lui, sans haine ni forfanterie, dans une succession d'invraisemblables oxymores, la grouillante solitude, la bestiale humanité, la déchirante camaraderie et l’enthousiaste résignation des tranchées ? Qui ne se souvient pas de ces douilles d’obus patiemment sculptées trônant fièrement sur la cheminée ?

Qui n'a pas ressenti d'émotion à la lecture de ces quelques lignes arrachées à l'oubli d’un fond de grenier, exprimant toujours, entre exaltation patriotique, vie routinière et abattement moral, l'amour porté à tous ceux que l'on redoutait, par-dessus tout, de laisser seuls. La Grande Guerre est indiscutablement constitutive de notre mémoire collective ! En attestent ces centaines de milliers de visiteurs français et étrangers qui parcourent toujours, entre l’embouchure de l'Yser et le Sundgau, ces paysages et sites de mémoire encore mal cicatrisés de l’ancien front de l’Ouest, pour comprendre comment des hommes ont pu en arriver là et supporter cela pendant plus de 4 ans et honorer, dans le silence des nécropoles de toutes nationalités, la mémoire de tous les soldats emportés par cette « effusion sanglante ».

Depuis la disparition des derniers poilus, il n'y a plus que les écrits, les images, la pierre et la terre pour témoigner de ce titanesque affrontement. L’intérêt qu’ils suscitent toujours, un siècle plus tard sera, pour notre pays, un puissant moteur de notoriété internationale et de développement économique bien au-delà des seuls territoires du champ de bataille.

Une grande dynamique mémorielle est en marche qui s'exprimera à l’occasion de cérémonies officielles mais aussi à travers plus d'un millier de projets émanant de tous les territoires de notre pays, outre-mer compris. L'état financera la totalité des premières et partiellement les seconds à partir du fonds d’initiative de la Mission Centenaire, sa contribution étant abondée par recours au mécénat, avec l’appui de la Fondation de France et l’implication personnelle de Jean-Claude Narcy, président du Comité des mécènes* et bien sûr à la générosité de donateurs dont les lettres émouvantes attestent de la pertinence de notre démarche depuis plus d’un an. Votre engagement résolu à nos côtés sera un encouragement précieux pour tous ceux qui, comme nous, sont convaincus que se souvenir c'est aussi préparer l'avenir.

 

* Les dons, libellés à l’ordre de la Fondation de France - Fonds du Centenaire,  peuvent être adressés à la Mission du Centenaire, 109 boulevard Malesherbes, 75008 Paris