La campagne de Belgique (7 octobre - 10 novembre)

La campagne de Belgique (7 octobre - 10 novembre)

Un fusilier marin dans les ruines de Dixmude (dans Hinzelin Emile, Histoire illustrée de la guerre du droit, Paris, Librairie Aristide Quillet, 1919).
© D.R.
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Premiers succès

Le 7 octobre, la brigade quitte Paris à bord de sept trains. Elle intègre le détachement d'armée de Belgique sous les ordres du général français Victor d'Urbal. Le 8, les marins arrivent à Gand. Ronarc'h, qui bénéficie du soutien des Belges doit arrêter l'ennemi en avant de la ville au moins jusqu'à ce que leur armée ait pris de l'avance vers l'Ouest. Les fusiliers creusent leurs premières tranchées. Dans la nuit du 8 au 9, les Allemands attaquent le front Gontrode-Quadrecht défendu par le régiment Varney. Leurs offensives se poursuivent jusqu'au 10. Mais grâce à la résistance devant Gand, l'armée belge peut se retirer sans être véritablement inquiétée. Cependant les effectifs de l'ennemi augmentent sur les deux rives de l'Escaut. La décision est alors prise de décrocher dans la soirée. Ainsi, le 11 octobre, la brigade se met en route pour Aeltre. Après une marche de nuit de 35 kilomètres dans le froid et le brouillard, elle y arrive le 12 à 4 heures du matin, très fatiguée ; effectifs et matériels sont au complet. Et dès midi il faut partir pour Thielt. Après une nouvelle marche de 20 kilomètres, la brigade entre dans la ville à 16 heures « ayant fourni depuis moins de 24 heures, une marche de 55 kilomètres sans traînard, et autre perte qu'une voiture à munitions embourbée, brisée et abandonnée. Mais la brigade est exténuée, et je me rends compte que la situation serait désastreuse si Thielt, bourré de troupes, était attaqué pendant la nuit qui d'ailleurs reste calme » écrit l'amiral. Le lendemain, direction Thourout. Mais la position est trop dangereuse. Entre trois et quatre heures du matin, sous la menace d’une attaque, la brigade part précipitamment sur Dixmude.

Résister à Dixmude

Ronarc'h atteint Dixmude le 15 octobre à 9 heures ; il relève le lieutenant-général Michel commandant la 4e division belge qui s'y trouve. Dans la soirée du 16, le général Foch adresse à l’amiral une instruction lui fixant sa tâche à Dixmude : « Dans les circonstances où nous sommes, la tactique que vous avez à pratiquer ne comporte pas d’idée de manœuvre, mais simplement et au plus haut point, l’idée de résister là où vous êtes. Dans ce but, il y a lieu de préparer sans aucune réserve la mise en œuvre, dans une situation abritée, et de bonnes conditions, de tous vos moyens. Quant à la conduite à tenir, elle consiste pour vous à arrêter net l’ennemi, par la puissance de vos feux en particulier. C’est dire qu’elle est facile à tenir avec les effectifs et les moyens dont vous disposez, qu’elle vous permet d’occuper une grande étendue de terrain et que vous ne devez songer à évacuer la position que sur un ordre formel de vos supérieurs ou à la suite de l’enlèvement de toute la position par l’ennemi. Inutile de dire que je compte entièrement sur votre dévouement pour remplir cette mission ». Dixmude devient donc tête de pont.

Ronarc’h a déjà commencé l’organisation de la défense de la position : installation de barrages, mise en place de zones de repli successives, étude du terrain pour la défense de jour et de nuit, disposition, à l’abri des regards indiscrets, des mitrailleuses. Des escouades -quinze hommes- sont placées en réserve, aux tranchées de seconde ligne, généralement à hauteur des mitrailleuses. En ville, des barricades sont construites avec les pavés des rues. Les fusiliers travaillent avec des outils pris dans les maisons désertes. Mais le plus pressé a été de creuser à 500 mètres en avant de la ville, un demi-cercle de retranchements dont les deux extrémités s’appuient sur l’Yser. Pour la première fois, les fusiliers marins creusent des boyaux d’accès aux tranchées ; celles-ci s’apparentent à de petits abris de tir, tout simples, sans toit ni traverse. Par ailleurs, Ronarc'h peut compter sur une brigade d'élite belge de 5000 hommes commandés par le général René Meyser et sur une compagnie du génie ; celle-ci, avec les fusiliers du capitaine de frégate Georges Marcotte de Sainte-Marie, met en état la défense aux abords de Dixmude.

Le temps des affrontements

Dans la nuit du 15 au 16 octobre, l'ennemi attaque sur le front Est. C’est le baptême des marmites -obus de gros calibre-, probablement du 155. Impressionnant et à l’effet démoralisant. « Un seul blessé, écrit Pinguet, Mourguillard, le cuisinier, traversé de gauche à droite, à hauteur de la taille, par un shrapnell ou un éclat. Le petit Basque reste affalé jusqu’au moment où on l’emporte. C’est le premier blessé de Dixmude ». Mais la brigade brise ce premier assaut des divisions allemandes. Dans la nuit du 16 au 17, une nouvelle attaque est menée par des forces d'infanterie et d'artillerie de campagne venant d'Eessen. Pour la première fois, le battement rythmé des mitrailleuses allemandes éclate aux oreilles des fusiliers. Les officiers ne sont pas assez nombreux et très peu sont préparés à leur nouveau rôle. C’est le sentiment partagé des capitaines de compagnie. Des témoignages précieux nous sont parvenus sur la vie au front, en particulier ceux de Pinguet et du quartier-maître Luc Platt. Les souffrances physiques et morales sont atroces. « Le moral de mes hommes baisse d’heure en heure. Depuis longtemps, je les vois à leur manège : avec une extrême lenteur, ils tournent la tête de mon côté, et, du coin de l’œil, sans en avoir l’air, leur regard se fixe sur moi longuement. Ils cherchent à lire dans mes yeux, dans mes gestes. Quant ils sont trop à me regarder ainsi, comme des chiens battus qu’on mène à l’assommoir, je chante quelque refrain du bataillon, un de ceux qu’ils connaissent tous. L’effet est immédiat : ils oublient la canonnade, et, sur la ligne, cinq ou six chansons s’enlèvent, déclenchant les rires partout. C’est le facteur moral qui donne ». Ce témoignage de Pinguet vaut certainement pour l’ensemble des capitaines de compagnie de la brigade.

À partir du 20 octobre, les attaques allemandes commencent pour ne plus s'arrêter. En même temps débute le bombardement de calibres 77, 105, 130, 150, et 210. Le front Est est investi par les Allemands d'une manière continue et de près. « Je ne puis relater les attaques, consigne l'amiral, qui furent très nombreuses, et se reproduisirent jusqu'à onze fois dans une seule nuit. Toutes furent énergiquement repoussées, et il en fut ainsi jusqu'au 10 novembre. Le bombardement fut incessant, de jour et de nuit, et s'acharna sur la malheureuse ville dont l'accès devint très dangereux, et où nous fîmes des pertes considérables, surtout quand les Allemands employèrent le calibre de 420 ». Le 24 octobre, Ronarc'h reçoit l'ordre de d'Urbal de tenir à tout prix la position. « Il est de la plus haute importance que l'occupation de la ligne du canal de l'Yser par les armées alliées soit maintenue coûte que coûte. Il y va de notre honneur d'aider les Belges, dans cette tâche, jusqu'à l'extrême limite de nos moyens. En conséquence, le passage de Dixmude devra être tenu par vous, tant qu'il restera un fusilier marin vivant, quoiqu'il puisse arriver à votre droite ou à votre gauche et quoi que fassent les troupes belges qui opèrent avec nous. Si vous êtes trop pressé, vous vous enterrerez dans des tranchées. Si vous êtes tourné, vous ferez des tranchées du côté tourné. La seule hypothèse, qui ne puisse être envisagée, c'est la retraite ». Comme l'a écrit l'amiral « C’est net et clair. »

Mais le 25 octobre, la situation s’aggrave. Sur l’Yser, les Allemands franchissent la rivière en plusieurs points. À Dixmude, les fusiliers marins résistent difficilement alors que la ville est quasiment encerclée. Ronarc’h écrit à d’Urbal et l’informe de la situation. Il réclame le concours d’un bataillon du 94e régiment d’infanterie territorial. La question est soumise au général Antoine de Mitry qui répond par la négative. Refus motivé par l’envoi, sous peu, de 1 200 tirailleurs sénégalais qui en effet arrivent le lendemain. Dans la nuit du 27, Ronarc'h fait refaire et améliorer les tranchées et réorganise la disposition des troupes. La défense est dirigée par le capitaine de frégate Henri Pugliesti-Conti placé sur la rive gauche dans des tranchées à proximité du pont. Les rives de l'Yser et le crochet défensif face au Nord sont tenus par onze compagnies. Le lendemain, un bombardement violent reprend sur Dixmude et sur la totalité de la zone à l'Ouest de l'Yser. L'artillerie de la brigade est impuissante. Les tranchées sont complètement détruites et les morts considérables. La ville est en état de ruines. À la nuit, une attaque d'infanterie allemande est lancée contre les tranchées du cimetière ; elle est rapidement repoussée par ses défenseurs.

La dernière semaine d'octobre, un événement majeur remonte le moral de Ronarc'h et de ses fusiliers : l'inondation déclenchée par le quartier général belge de toute la zone comprise entre l'Yser et le chemin de fer de Nieuport-Dixmude, c'est à dire la rive gauche. Le 28 octobre, les écluses sont ouvertes. Par le Nord, par Nieuport, l’inondation commence à envahir le bassin qui lui a été préparé. Les Allemands, voyant l’eau envahir leurs tranchées, ne comprennent pas immédiatement ce qui leur arrive. Ils pompent, ils disposent des clayonnages destinés à leur tenir les pieds au sec, puis attendent, toujours prêts à se battre. Le 30, ils repartent à l’assaut et, stimulés probablement alors par le sentiment du nouveau danger qui les menace, ils percent le front belge à Ramscapelle ; il leur faut à tout prix échapper à la noyade. Les Allemands battent en retraite.

Dix novembre 1914 : l'enfer et l’agonie de Dixmude

Le 1er novembre, la brigade reçoit un renfort important d’officiers, de gradés et de marins. Le fusilier Platt, 20 ans, en fait partie : « La nuit tombe lorsque nous arrivons à Dixmude. En attendant que l’on trouve des tranchées pour nous, nous regardons les maisons flamber aux quatre coins de l’horizon. Des batteries de 75 frappent des coups secs qui nous font sauter. Nous ne savons où nous sommes, si le front est loin ou près, si les pièces qui tonnent sont des pièces amies ou ennemies. Nous nous endormons enfin, malgré l’effrayant vacarme qui gronde toute la nuit au-dessus de nos têtes ». Platt évoque dans sa correspondance les longs moments passés dans les tranchées quand il ne se bat pas : « Sur une nuit de douze heures, chacun de nous monte six heures de garde : deux fois trois heures ! Il fait, la nuit, un froid terrible, et il faut rester trois heures sans bouger ni dormir. Je vous assure que c’est là le plus pénible du métier : on a beau mettre les pieds dans le sac à viande avec deux paires de chaussettes, on est transformé en glaçon ». Dans la matinée du mardi 10 novembre, les Allemands bombardent Dixmude dont la défense est assurée par le capitaine de frégate Bernard Mauros. Sont ciblés les fronts Est et Sud plus durement que d'ordinaire, notamment le cimetière qui devient vite intenable. « À 11h30, le bombardement des tranchées redouble. C'est l'attaque brusquée » lit-on dans le journal de marche de la brigade. Platt, dans son journal, écrit : « Il tombe des marmites, en enfilade et droit sur les tranchées de la 10e compagnie. Chose plus inquiétante encore, nos canons ne répondent pas. Et pendant ce temps, les gros obus allemands tombent sur les dernières ruines de Dixmude avec un bruit de tonnerre. »

À treize heures, Ronarc'h est averti de l'entrée de l'ennemi dans Dixmude. Il se rend sans perdre un instant près du pont où il apprend que le front Est a été forcé en plusieurs endroits par une attaque très rapide ; les forces ennemies sont très importantes. Deux tranchées belges sont occupées du premier coup dans la partie Sud-Est du front. Ronarc'h y rencontre, en effet, dans Dixmude, ses occupants qui fuient sans arme. La prise de ces tranchées permet aux Allemands de prendre à revers les tranchées voisines occupées par des Sénégalais qui sont presque tous tués ou capturés. Le front Est percé, les Allemands progressent rapidement et prennent à revers les tranchées du Nord. En même temps, ils s'installent dans des maisons de la ville avec une rapidité surprenante, et dirigent de là un feu extrêmement meurtrier. L'amiral lance dans Dixmude toutes les troupes qu'il peut saisir, mais au bout d'une heure, il est convaincu de l'impossibilité de reprendre le front Est avec des troupes exténuées et dont le moral vient de subir un rude coup.

Du côté Nord, la section du troisième bataillon est attaquée de flanc et de revers. Le capitaine de frégate Eugène Rabot et beaucoup de ses hommes sont tués ; le reste de la section est faite prisonnière avec le lieutenant de vaisseau Ernest Serieyx, blessé. Les Allemands ordonnent à Serieyx « d'inviter » les tranchées de l'Yser à se rendre. Mais une contre-attaque lancée par le commandant Delage et exécutée par le lieutenant de vaisseau Joseph d'Albiat fait fuir les Allemands. Serieyx en profite pour traverser l'Yser à la nage avec quelques fusiliers. Immédiatement, il rend compte de la situation à l'amiral. Le reste du bataillon, en place dans les tranchées de la route de Beerst, est attaqué de front, de flanc, et à revers. Le lieutenant de vaisseau Charles Cantener prend le commandement. Il se maintient jusqu'à la nuit, puis rallie par les fossés plein d'eau, sous le feu de l'ennemi, les ponts de Dixmude. L’officier peut ainsi ramener à la brigade 450 hommes épuisés et presque tous dépourvus d'armement et d'équipement. Les autres fusiliers qui ont tenu la partie Nord de la ville jusqu’à la limite du possible, réussissent, sous le commandement du lieutenant de vaisseau Jean Béra, au prix d’énormes efforts, à rejoindre leurs lignes à bout de forces. « Les hommes marchent dans la nuit nous dit l’enseigne de vaisseau Victor Poisson ; l’excitation et l’énervement du combat ne les soutiennent plus, et ils sont trempés jusqu’à la moelle, mais dans l’abrutissement de la fatigue il y a la joie de se sentir sauvés. »

Dans Dixmude même, le commandant Mauros ordonne la retraite à un moment où la situation est intenable ; l'évacuation est rendue dangereuse par la fusillade que les Allemands dirigent des fenêtres des maisons en ruine. Vers seize heures, Dixmude est presque perdue ; la ville ne contient plus que morts et blessés. L'amiral décide de l’abandonner et de mettre tout en œuvre pour arrêter les progrès de l'ennemi sur l'Yser. Ainsi, vers dix-sept heures, il ordonne de faire sauter le pont-route, le pont de chemin de fer, d’incendier la minoterie qui servait d’observatoire d’artillerie, et de tenir à tout prix sur la rive gauche de l'Yser. En même temps, il ordonne à l'artillerie lourde, à tous les canons et obusiers de bombarder la ville pour en rendre l'occupation intenable, ville qui, pour les conquérants, devient vite un véritable enfer. L'élan de l'ennemi est alors brisé. Mais l’enfer a d’abord été celui des fusiliers marins. « La décision de bombarder Dixmude, note Ronarc'h, était des plus pénibles, parce que la ville contenait certainement beaucoup de blessés alliés, mais elle était nécessaire pour le maintien du front de l'Yser, à une heure où le moral de nos troupes pouvait être fortement ébranlé. »

Cette journée du dix novembre est très dure. À elle seule, elle coûte plus de 2 000 hommes à la brigade, tués, blessés ou disparus. Des combats de Dixmude, ne reviennent que 501 Sénégalais, 200 Belges, 500 marins et quelques officiers. Dixmude est pris mais l’Yser n’est pas franchi et c’est l’essentiel. « Mais, raconte le lieutenant de vaisseau Maurice Marchand, les Allemands n'ont pas pu franchir l'Yser. Ils ont seulement acquis le droit de se promener dans les rues de Dixmude où notre artillerie commence à leur mener la vie dure, et dans le cimetière où les tombes retournées et les cercueils éventrés laissent les morts anciens étendus côte à côte avec les nouveaux. Et ils l'ont payé cher. Des milliers des leurs sont restés sur le carreau. Tenons bon. Aujourd'hui, 10 novembre, jour où ils ont pris Dixmude, les Boches se sont usés plus que nous et ils seront écœurés avant nous. »

Désormais, la position qui interdit à l'ennemi l'envahissement de ce qui reste au roi des Belges de son royaume, l'envahissement de la France par Dunkerque, c'est désormais la rive gauche de l'Yser. Les marins n'ont fait que sauter sur cette rive. Ronarc'h se démène avec énergie pour lutter contre les mitrailleuses que les Allemands installent aux alentours de Dixmude qui n'est plus que ruines.

Au soir du 10 novembre, les renforts arrivent : 14 compagnies belges, deux groupes de canons de 75 mm et deux groupes d’obusiers français. Ronarc’h accentue le bain que prennent les Allemands en faisant sauter une éclusette de la rive droite de l’Yser ; c’est le quartier-maître Auguste le Bellé qui effectue cette mission à proximité des tranchées ennemies. Il recevra la médaille militaire. « Je compris, note Ronarc’h fin 1914, combien la possession de Dixmude eût été avantageuse pour l'ennemi s'il avait pu la réaliser plus tôt. Je ne suis nullement sûr que nous eussions pu conserver l'Yser, ce qui était le but principal, tandis que nous y sommes encore, sur ce front qui n'a pas changé depuis. »

Dixmude était bien un lieu stratégique de premier plan ; l'état-major français avait vu juste en demandant à l'amiral Ronarc'h de s'y accrocher « coûte que coûte ». Mais Ronarc’h ne pouvait conserver indéfiniment sa position, surtout parce qu’il ne possédait ni une supériorité d’artillerie ni d’effectifs permettant de relever souvent les unités engagées. À l'issue de cette campagne de Belgique, les pertes s'élèvent à environ 47% de l'effectif initial. Parmi les tués, 23 officiers, 37 officiers mariniers, 450 quartiers-maîtres et marins. Cinquante deux officiers, 108 officiers mariniers, 1775 quartiers-maîtres et marins sont blessés. Prisonniers ou disparus s’élèvent à 11 chez les officiers, 20 chez les officiers mariniers, et 667 chez les quartiers-maîtres et marins. Par ailleurs, 492 malades sont évacués. Les Belges ont perdu le quart de leur effectif. Les Sénégalais presque 60%. Dixmude a coûté 8 000 hommes à l’armée allemande.

Dans les jours qui suivent la perte de Dixmude les compagnies des bataillons sont reformées à trois sections au lieu de quatre. L'habillement et l'équipement sont dans un état lamentable, les armes ont un besoin urgent d'entretien. L’encadrement en officiers et en gradés étant très insuffisant, la cohésion de la brigade s’en trouve très diminuée. Le 15 novembre, Ronarc'h est informé que sa brigade et les Sénégalais qui lui restent seront relevés le lendemain dans la soirée par la 89e division territoriale. Le 16, en fin d’après-midi, la brigade quitte l'Yser pour rejoindre Dunkerque puis Calais où les fusiliers marins blessés reçoivent des soins.