La bataille de la Marne

La bataille de la Marne

Villages détruits après la bataille de la Marne (Glannes). Photographie de presse / Agence Meurisse, 1915.
© Gallica/BnF
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

La bataille de la Marne oppose l’armée allemande aux armées française et britannique. Elle se déroule du 6 au 12 septembre 1914 sur un front d’environ 300 km qui court du nord de Meaux à Verdun. Depuis l’échec de la bataille des frontières en Belgique et en Lorraine fin août 1914, l’armée française a été obligée de reculer jusqu’au sud de la Marne, poursuivie par l’armée allemande. C’est à partir de cette position que le Général Joffre décide de lancer une contre-offensive qui débute le 6 septembre et deviendra la bataille de la Marne.

Celle-ci ne se résume pas à un seul affrontement en un lieu unique. Elle est, dans les faits, un ensemble de combats simultanés tout au long de cette ligne de front. A l’issue de la bataille, les armées allemandes décrochent : l’invasion de la France est stoppée. C’est également l’échec du plan allemand qui prévoyait une victoire rapide contre la France pour se retourner au plus vite contre la Russie.

Fin août, l’armée allemande est amputée de certaines unités transférées sur le front Est pour contrer l’avancée russe en Prusse orientale. Elle doit, de plus, faire face à l’étirement de ses lignes arrière et à la résistance de certaines places fortes comme Anvers ou Maubeuge. Pour accélérer l’encerclement de l’armée française, il est donc décidé que la Ière armée, dirigée par le général von Kluck, au lieu de contourner Paris par le Sud avant de se rabattre sur l’Est, infléchisse sa marche vers le Sud-Est en passant par le Nord de Paris. Ce faisant, elle offre son flanc à la 6ème armée française, nouvellement constituée et placée sous le commandement du Général Maunoury. Cette découverte, permise notamment par l’observation aérienne, décide Joffre à reprendre l’offensive.

Le 6 septembre, une contre-attaque dénommée bataille de l’Ourcq est donc lancée au nord de Meaux par la 6ème armée. C’est à cette occasion que quelques milliers d’hommes sont emmenés sur le théâtre d’opérations par des autobus et les fameux taxis de la Marne. Au même moment, un peu plus au sud, le corps expéditionnaire britannique, commandé par le maréchal French, et la 5ème armée avancent en s’infiltrant entre les Ière et IIe armées allemandes : c’est la bataille des Deux Morin. Plus à l’Est, l’armée française doit au contraire contenir les offensives allemandes autour des marais de Saint-Gond et de Vitry-le-François et dans la région de Verdun, autour de Revigny et de la Vaux-Marie.

Du 6 au 8 septembre, les combats sont particulièrement intenses et l’issue indécise. Mais du 9 au 11 septembre, toute la ligne de front allemand se replie plus au nord. Les armées alliées, meurtries et exténuées par des combats qui durent depuis la mi-août, ne peuvent exploiter ce recul. Le 12 septembre, l’armée allemande résiste sur sa nouvelle ligne qui court le long de l’Aisne, de Verdun à Noyon. Personne n’imagine alors que ce front restera identique pendant plus de quatre années de guerre.

S’il est impossible de connaître précisément les forces en présence et les pertes, on peut estimer qu’environ 2 million de soldats français, allemands et britanniques se sont affrontés lors de la bataille de la Marne. Les progrès technologiques du dernier tiers du XIXe siècle qui ont permis de démultiplier la puissance létale des armes à feu – canons, mitrailleuses, fusils – et la configuration d’une guerre de mouvement et d’offensive ont rendu les combats particulièrement meurtriers et parmi les plus violents de toute la guerre : environ 230 000 Français ont été tués ou portés disparus entre août et septembre 1914.