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Le Japon dans les collections de l'ECPAD

Ablain-Saint-Nazaire (Pas-de-Calais), vue de l’Éperon de Lorette : la mission japonaise en Artois, novembre 1915. Photographe : Édouard Brissy
© ECPAD
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

La première guerre mondiale ne fut qu’une « petite guerre » pour le Japon, un conflit éloigné, sans commune mesure avec la seconde guerre mondiale. S’étant déclaré initialement neutre, le Japon, lié à la Grande-Bretagne depuis l’alliance du 30 janvier 19021, se devait néanmoins d’apporter son assistance à cette dernière, entrée en guerre contre l’Allemagne le 4 août 1914.

Cet appel britannique constitua un bon prétexte pour les ambitions coloniales du gouvernement japonais, saisissant alors l’occasion de chasser définitivement l’Allemagne des zones qu’elle occupait dans la presqu’île chinoise du Shandong (Quingdao) et en Micronésie (partie des îles Mariannes, Carolines et Marshall), dans le but d’exercer sa souveraineté sur ces territoires.

Après un ultimatum, resté sans réponse, qui exigeait de l’Allemagne un retrait rapide de ses possessions au profit du Japon, l’archipel déclara la guerre à l’Empire allemand le 23 août 1914. La confrontation militaire, essentiellement maritime, entre Japonais et Allemands se termina au bout de quelques mois, assurant au Japon victorieux l’élargissement de sa sphère d’influence sur le continent chinois. Ce succès facile contre les troupes coloniales allemandes à la fin de l’année 1914 marqua la fin de la première guerre mondiale pour le Japon et fit de ce dernier la nouvelle grande puissance de l’Extrême-Orient. La résolution précoce du conflit entre l’Allemagne et le Japon dans les derniers mois de 1914, ainsi que son éloignement géographique, explique l’absence d’images fixes et animées relatives à ces événements dans les archives de la SPCA. De fait, après 1914, le Japon ne participa plus réellement à la guerre elle-même.

Les fonds de la SPCA traitant du Japon concernent donc surtout d’une part la visite des missions militaires et des officiers japonais sur le front, celles du colonel Nagaï et Ogata en particulier, d’autre les délégations de personnalités diplomatiques et politiques, à l’instar du ministre Hisciro Matsui, à l’occasion des conférences alliées en 1917 et de la signature du traité de paix à Versailles en 1919.

Le Japon est également représenté dans les archives de la SPCA par sa marine, spécialement dans le pourtour du bassin méditerranéen (Port-Saïd, Salonique). En effet, sous la pression politique des alliés, la marine japonaise se décida à envoyer quelques destroyers en Méditerranée. Toutefois, ces navires, ayant pour mission d’observer les opérations, n’étaient pas censés prendre part aux combats2.

Quelques archives peuvent être signalées pour leur intérêt documentaire sur le Japon, notamment le reportage de Georges Dangereux sur l’hôpital japonais (SPA 3 K) ainsi que deux films d’actualités de 1919 comportant des sujets à caractère culturels et touristiques tournés dans l’Archipel (the Pictorial news no 389 et 394).

Enfin, le fonds privé Rosier (D31) renferme un bel ensemble de tirages consacrés aux anciennes possessions allemandes de Qingdao en 1919 (enjeu stratégique d’importance pour la Chine et le Japon) ainsi qu’à la visite à Tien-Tsin du maréchal Joffre. Devenu diplomate, celui-ci est chargé en 1921 de porter le salut du gouvernement français aux chefs d’États d’Extrême-Orient qui ont participé à la Grande Guerre. À ce titre, il visite successivement l’Indochine, le Siam, le Japon, la Chine et les États-Unis.

Les archives de la SPCA sur le Japon
Nombre de photographies : 118
Nombre de films comportant des séquences montrant des Japonais : 26

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Notes

1 Wolfgang Schwentker, « l’Asie du Sud-Est avant et pendant la guerre » dans Encyclopédie de la Grande Guerre [dir. S. Audoin-Rouzeau, J.-J. Becker], Paris, 2004, p. 906 : « L’alliance anglo-japonaise signée le 30 janvier 1902 devait garantir l’intégrité territoriale de la Chine ; en réalité, il s’agissait bien là aussi de délimiter et de garantir leurs sphères d’influences réciproques. […] De surcroît, selon les termes de l’alliance, si un des belligérants en guerre avec l’un des deux signataires devait être soutenu par un pays tiers, le second signataire devait porter assistance au premier ».

2 Id., p. 909.