Étape du mardi 8 juillet : Le Touquet-Paris-Plage> Villeneuve-D'ascq Lille Métropole

Étape du mardi 8 juillet : Le Touquet-Paris-Plage> Villeneuve-D'ascq Lille Métropole

Dès le mois d’août 1914, le Nord-Pas de Calais se retrouve au coeur des premiers combats. Il le reste jusqu’en novembre 1918. C’est ici que s’installe, face aux Allemands, une très grande partie des troupes du Royaume-Uni et de son empire. De leur présence et de leurs affrontements demeure aujourd’hui un patrimoine riche et méconnu : nécropoles militaires, mémoriaux et vestiges en sont des témoins, poignants et silencieux. En invitant à la découverte de ces sites, les Chemins de mémoire de la Grande Guerre en Nord-Pas de Calais qui jalonnent en partie cette quatrième étape du Tour de France permettent à la fois de comprendre ces pages majeures de l’histoire européenne et mondiale et de rendre hommage aux hommes et aux femmes qui, venant parfois des antipodes, reposent désormais dans la région.

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Quatrième étape, Mardi 8 juillet 2014, Le Touquet-Paris-Plage > Villeneuve-D'Ascq Lille Métropole, 163,5 km.

Tracé de la quatrième étape du mardi 8 juillet, Le Touquet-Paris-Plage > Villeneuve-D'Ascq Lille Métropole, 163,5 km.

1-Étaples Military Cemetery, Étaples-sur-mer.

Comptant aujourd’hui près de 11 500 tombes, l’Étaples Military Cemetery (le plus grand cimetière du Commonwealth de France) jouxtait durant la Grande Guerre un important complexe d’une vingtaine d’hôpitaux – offrant au total 20 000 lits – destinés à soigner les Tommies blessés évacués du front. La ville d’Étaples est également devenue le plus grand camp d’entraînement des recrues arrivant de tout l’Empire britannique : quarante casernes ont vu défiler des millions d’hommes avant leur départ vers le Front.

© A.S. Flament

2-Saint-Étienne-au-Mont-Communal Cemetery, Saint-Étienne-au-Mont.

Dans le cimetière communal, une stèle au toit de pagode marque l’entrée du carré où reposent 160 « travailleurs » chinois et quelques Sud-Africains. Regroupés dans des Labour Corps (Corps de travail), ces hommes non-combattants assurent sous autorité militaire les tâches logistiques dans les ports et les dépôts de l’armée britannique à l’arrière du front. Fin 1919, près de 80 000 Chinois participent encore aux déblaiements des zones de combat et à l’ensevelissement des corps des soldats morts sur le Front.

© A.S. Flament

3-Statue équestre du Field Marshal Douglas Haig, Montreuil-sur-Mer.

La statue équestre du Maréchal Haig demeure aujourd’hui l’un des rares témoins de la présence britannique dans la cité durant la Grande Guerre. C’est pourtant là que Douglas Haig, Commandant en chef des armées britanniques installe son Grand Quartier Général entre 1916 et 1919. Montreuil devient alors la tête d’un important dispositif logistique s’étirant tout au long du Littoral, destiné à soutenir et à alimenter en hommes et en matériel le Front tout proche, en Flandre, en Artois ou dans la Somme.

© A.S. Flament

4-Statue équestre du Maréchal Foch, Cassel.

Ce monument équestre se trouve dans le jardin public. La statue est l’oeuvre de Georges Malissard et Edgar Boutry réalise le socle. Il est inscrit sur ce dernier la phrase suivante : « Au Maréchal Foch, la ville de Cassel et les Flandres reconnaissantes ». L’inauguration eut lieu le 7 juillet 1928 en la présence du Maréchal. Le Maréchal Ferdinand Foch (1851-1929) installa à Cassel son quartier général d’octobre 1914 à avril 1915. Sa mission est de coordonner les armées françaises, anglaises et belges sur le front Belge, entre Ypres et le secteur de l’Yser. C’est de son bureau dans une salle de l’ancienne châtellenie qu’il dirigea notamment la bataille de l’Yser. De sa propre expression, il passa à Cassel « les heures les plus angoissantes de sa vie ».

© Les amis de la Collégiale de Cassel

5-Ville de Bailleul.

Épargnée par les combats depuis le début de la guerre, la ville de Bailleul va être ravagée par l’artillerie lors de l’offensive allemande du printemps 1918. Pour sa reconstruction, les édiles de la cité appellent des architectes régionalistes, dont Louis-Marie Cordonnier, à qui ils demandent d’appliquer les principes modernes d’urbanisme tout en renouant avec l’architecture flamande traditionnelle. Suivant ces préceptes, la reconstruction des édifices publics et privés a fait de Bailleul la ville flamande idéale.

© P. Morès

6-Hôtel de Ville et Grand' Place de Béthune.

Lors de la bataille de la Lys au printemps 1918, l’armée allemande échoue à conquérir Béthune et embrase alors le centre de la cité à coups d’obus incendiaires. Sur la Grand’ Place, le beffroi du XIVe siècle est l’un des très rares édifices à avoir résisté. Au lendemain du conflit, les maisons autour de la place sont reconstruites en mêlant Art Déco, éclectisme et architecture néo-régionaliste. Dominant l’ensemble, l’hôtel de ville conçu par Jacques Alleman arbore les décorations de guerre reçues par la cité.

© P. Morès

7-Hôtel de Ville et Beffroi d’Armentières.

Longtemps ville de stationnement des troupes du Commonwealth engagées dans les batailles d’Ypres, comme en témoigne la chanson « Mademoiselle from Armentières », Armentières est sortie en décombres de la Grande Guerre. La reconstruction du centre ville donne l’occasion à l’architecte Louis-Marie Cordonnier de mettre en oeuvre ses idées régionalistes. Ainsi l’hôtel de ville et le beffroi, mais aussi le monument aux morts, la halle et l’église Saint-Vaast illustrent-ils cette « Renaissance flamande » de la cité.

© Chemins de mémoire 14-18 Nord-Pas de Calais

8-Le Trou Aid Post Cemetery, Fleurbaix.

Ceint de douves, couronné de saules pleureurs, le Trou Aid Post Cemetery est certainement l’un des plus beaux cimetières du Commonwealth dans la région. Situé à l’emplacement d’un poste de secours britannique, ce cimetière regroupe les corps de 356 soldats tombés sur le « Front oublié ». Loin des grandes zones stratégiques, ce secteur compris entre Armentières et la Bassée sera le théâtre de nombreuses offensives de faible envergure mais très meurtrières : Le Maisnil en 1914, Aubers et Loos en 1915, et Fromelles en 1916.

© A.S. Flament

9-Parc Mémorial Australien de Fromelles.

La statue du parc mémorial représente le Sergent Fraser portant secours à un de ses camarades implorant à l’aide dans le no man’s land. Au lendemain de la bataille déclenchée par l’armée britannique devant Fromelles en diversion de son offensive sur la Somme, on dénombre dans les rangs australiens 5 533 victimes. Pour la jeune nation australienne, la date du 19 juillet 1916 reste connue comme la première opération des soldats australiens sur le sol européen mais également comme l’un des plus tragiques épisodes de la Grande Guerre.

© E. Roose

10-Pheasant Wood Cemetery, Fromelles.

Le Bois du Faisan se trouve non loin de Fromelles. En venant du nord-ouest le long de la route départementale 22, rue de la Basse Ville, le bois s’étend juste au-delà du champ situé avant la première maison du village. Si la vue est aujourd’hui paisible, vers la mi-2009 le pré au sud du bois bourdonnait d’activité. En effet, c’est cette année-là que les dépouilles de 250 soldats australiens et britanniques de la Première Guerre mondiale furent alors délicatement exhumées d’une fosse commune creusée là par les Allemands après la Bataille de Fromelles en juillet 1916. Les unités chargées de recenser les tombes militaires durant l’après-guerre n’avaient pas trouvé ce site dans ces champs de bataille.

© Wernervc

11-Mémorial Indien de Neuve-Chapelle, Richebourg.

En octobre 1914, la Force Expéditionnaire Britannique reçoit le renfort de troupes arrivant de sa colonie des Indes. Stationné en Flandre, le Corps indien prend part à plusieurs batailles entre Ypres et la Bassée, dont l’assaut sur Neuve-Chapelle en mars 1915 au cours duquel il perdra 4 000 hommes. Avec sa colonne flanquée de deux tigres et coiffée de l’étoile des Indes, le Neuve-Chapelle Memorial demeure le seul lieu qui commémore, le long de l’ancien Front, l’engagement des soldats indiens dans la Grande Guerre.

© A.S. Flament

12-Cimetière Militaire Portugais de Richebourg.

Souhaitant marquer son soutien aux armées alliées, la jeune République portugaise constitue en 1916 un corps expéditionnaire. Placés sous commandement britannique, ces hommes sont affectés entre Laventie et Festubert en Flandre française. Le 9 avril 1918, les Portugais sont balayés par l’offensive lancée par l’armée allemande dans la plaine de la Lys. À Richebourg, dans l’unique cimetière militaire portugais le long du front, reposent les corps de 1 831 d’entre eux tombés au cours de l’année 1918.

© A.S. Flament

13-Monument à Léon Trulin, Lille.

Ce jeune homme dont la statue a pris place dans la rue qui porte son nom, près de l’Opéra de Lille, c’est « l’adolescent chargé de gloire ». Léon Trulin a 18 ans quand il s’engage au service des Britanniques. À partir de juin 1915, le jeune homme collecte avec une bande de copains – le plus jeune a 15 ans et les aînés à peine 18 – des renseignements sur l’occupant allemand en Belgique et dans le Nord. Arrêté près d’Anvers, Trulin sera fusillé le 8 novembre de la même année, dans les fossés de la Citadelle de Lille.

14-Monument aux morts lillois, Lille.

Malgré les protestations des anciens combattants, c’est un monument dédié aux Lillois morts pour la Paix, et non pour la Patrie, que choisit le conseil municipal en 1924 sur proposition de l’architecte Jacques Alleman. Erigé place Rihour sur les vestiges de l’hôtel de ville incendié en 1916, le monument devient le point de départ d’un parcours commémoratif dédié aux grandes figures résistantes lilloises de la Grande Guerre, telles Louise de Bettignies, Léon Trulin ou les membres du Comité Jacquet.

© Velvet

15-Monument aux Fusillés lillois, Lille.

Quatre hommes debout dos au mur : le monument des Fusillés Lillois immortalise les membres dirigeants du Comité Jacquet quelques instants avant qu’ils ne soient exécutés dans les fossés de la citadelle de Lille. Tout comme Léon Trulin gisant à leurs pieds, Eugène Jacquet, Georges Maertens, Ernest Deceuninck et Sylvère Verhulst ont animé dans Lille occupée un réseau destiné à transmettre aux Alliés des informations sur l’armée allemande. Arrêtés, ils seront condamnés à la peine capitale et fusillés le 22 septembre 1915.

© P. Morès

16-Monument aux victimes de l’explosion de la poudrière des 18 ponts, Lille.

11 janvier 1916 : une explosion détruit le dépôt de munitions du bastion des 18 Ponts. Le bilan est lourd : 134 morts dont 104 civils et près de 400 blessés, 21 usines et 738 maisons détruites. Commémorée par un monument rue de Maubeuge, cette catastrophe marque les quatre « années terribles » d’occupation de Lille. Les Lillois, soumis à la loi martiale, survivent dans des conditions extrêmes. Les Allemands iront jusqu’à réquisitionner les matelas et à « déporter » 10 000 jeunes – surtout des femmes – dans des fermes de l’Aisne ou des Ardennes.

© Chemins de mémoire 14-18 Nord-Pas de Calais

17-Monument aux pigeons voyageurs, Lille.

À l’entrée du zoo de Lille, un monument dédié aux « 20 000 pigeons morts pour la patrie » et aux « colombophiles fusillés pour avoir détenu des pigeons voyageurs », rappelle l’importance du rôle joué par les oiseaux messagers pendant la Grande Guerre. Un pigeon sera même cité à l’ordre de la Nation française, à Verdun. Depuis, les ondes ont remplacé les ailes pour le transfert d’informations en temps de guerre mais la colombophilie est restée un loisir apprécié dans le Nord.

© Chemins de mémoire 14-18 Nord-Pas de Calais

18-Monument à Louise de Bettignies, Lille.

Louise de Bettignies s’engage en 1915 dans le Secret Intelligence Service britannique pour lequel elle anime le « réseau Alice » qui collecte des informations sur l’occupant allemand. D’abord circonscrit à la métropole lilloise, le réseau s’étendra avec l’aide de Marie-Léonie Vanhoutte à une zone allant jusqu’à Saint-Quentin. Arrêtée le 21 octobre 1915, Louise de Bettignies meurt le 27 septembre 1918 en captivité en Allemagne. La statue de celle que les Anglais ont surnommée la « reine des espions » veille toujours aux portes de Lille.

© Velvet
  • Quatrième étape, Mardi 8 juillet 2014, Le Touquet-Paris-Plage > Villeneuve-D'Ascq Lille Métropole, 163,5 km.
  • Étaples Military Cemetery, Étaples-sur-mer.
  • Saint-Étienne-au-Mont-Communal Cemetery, Saint-Étienne-au-Mont.
  • Statue équestre du Field Marshal Douglas Haig, Montreuil-sur-Mer.
  • Statue équestre du Maréchal Foch, Cassel.
  • Hôtel de ville et beffroi de Bailleul.
  • Façades sur la Grand' Place de Béthune.
  • Hôtel de Ville et Beffroi d’Armentières.
  • Le Trou Aid Post Cemetery, Fleurbaix.
  • Statue du Parc mémorial australien de Fromelles, Fromelles.
  • Pheasant Wood Cemetery, Fromelles.
  • Détail du Mémorial indien de Neuve-Chapelle, Richebourg.
  • Cimetière Militaire Portugais de Richebourg.
  • Monument à Léon Trulin, Lille.
  • Monument aux morts lillois, Lille.
  • Monument aux Fusillés lillois, Lille.
  • Monument aux victimes de l’explosion de la poudrière des 18 ponts, Lille.
  • Monument aux pigeons voyageurs, Lille.
  • Monument à Louise de Bettignies, Lille.
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