Étape du dimanche 13 juillet : Gérardmer > Mulhouse

Étape du dimanche 13 juillet : Gérardmer > Mulhouse

Dans le Haut-Rhin et les Vosges, dans le cadre spectaculaire du Massif des Vosges, Allemands et Français, de 1914 à 1918, se sont affrontés dans une guerre de montagne, bien différente de celle menée dans les autres régions du front occidental. La grande proximité des lignes ennemies, les tranchées, les sapes, les abris, tout ici a été conditionné par les contraintes du climat et du relief. Aujourd’hui, leurs nombreux vestiges se découvrent à travers de passionnantes randonnées, le long de l’impressionnante barrière bétonnée qui s’étend sur une centaine de kilomètres, du Col de la Chapelotte jusqu’au Sundgau. Cette neuvième étape parcourt le front Vosges 14-18.

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Neuvième étape, Dimanche 13 juillet 2014, Gérardmer > Mulhouse, 170 km.

Tracé de la neuvième étape du dimanche 13 juillet 2014, Gérardmer > Mulhouse, 170 km.

1-La Tête des Faux, Lapoutroie.

La Tête des Faux abrite un champ de bataille réduit mais très concentré en matière d’architecture militaire allemande. Le 2 décembre 1914, les 28e et 30e BCA (Bataillons de chasseurs alpins) et un bataillon du 215e régiment d’infanterie, prennent d’assaut la Tête des Faux, culminant à 1 220 mètres, délogeant les unités bavaroises. La nuit de Noël 1914 voit le sommet s’embraser une nouvelle fois alors que les Allemands lancent une vigoureuse contre-attaque. La bataille, menée dans des conditions extrêmes dans une épaisse couche de neige, entre bientôt dans la légende. Son bilan est lourd : 600 hommes des deux armées sont mis hors de combat en une seule nuit. Les Allemands s’installent juste en contre-bas et construisent sur le flanc est d’impressionnantes fortifications qui figent définitivement la situation.

© ADT 68

2-Cimetière militaire français Duchesne, Orbey.

Le cimetière Duchesne, au sud et celui de l’Étang du Devin, au nord, tous deux créés en 1915, restent parmi les plus authentiques de la région.

3-Nécropole nationale française du Wettstein, Orbey.

La nécropole nationale française du Wettstein également appelée cimetière des Chasseurs ou du Linge, a été inaugurée le 13 août 1939 et a fait l’objet d’une réfection totale en 1965. 3 600 soldats français y reposent.

© Bernard Chenal

4-Le Linge, Orbey.

Dès le mois de septembre 1914, la région de Munster est le théâtre de combats sanglants, sur le Hohrodberg, le Reichackerkopf et Metzeral, où les Français arrachent la victoire en juin 1915. Une nouvelle offensive de grande ampleur débute le 20 juillet pour ne s’achever que fin octobre 1915. L’affaire aura coûté 17 000 vies sans aucune avancée de part et d’autre. Classé en 1921, le champ de bataille du Linge retrouve un intérêt à partir de 1968. Depuis 1981, un musée installé au coeur des tranchées où les deux armées se faisaient face à quelques mètres l’une de l’autre, met l’accent sur la spécificité du conflit dans la région : la guerre de montagne.

5-Cimetière militaire allemand du Baerenstall, Orbey.

Le cimetière allemand du Baerenstall, créé en 1930 pour regrouper les sépultures de 2 438 soldats allemands du secteur du Linge, était auparavant installé sur le versant opposé au niveau du monument pyramidal, construit en 1916.

© Félix Potuit

6-Cimetière militaire roumain de Soultzmatt.

Le cimetière militaire de Soultzmatt, inauguré en 1924 par le roi Ferdinand et la reine Marie de Roumanie, contient la plus grande nécropole militaire roumaine de France. Les 678 soldats roumains qui y reposent, étaient prisonniers de l’armée allemande et chargés de construire des routes et des abris, principalement entre 1916 et 1917. C’est en 1920 que la commune de Soultzmatt-Wintzfelden fait don à la Roumanie du terrain nécessaire à l’aménagement du cimetière sur les hauteurs de la Gauchmatt, au Val du Pâtre.

© ADT 68

7-Route des Crêtes, Markstein, Grand Ballon, Col Amic, Cernay.

Construite en 1915 par les troupes françaises des différentes divisions qui combattent sur les sommets, la route des crêtes est créée pour assurer les communications nord-sud du massif et connecter ainsi les différentes vallées vosgiennes. Elle forme un vaste réseau de routes qui relient camps, centres de résistance et places d’artillerie, formant ainsi une colonne vertébrale d’une importance majeure pour la guerre de montagne. Elle est également reliée à de nombreuses réalisations techniques telles que câbles transbordeurs, voies de chemin de fer de campagne et même téléphériques. Longue de près de 80 kilomètres, elle relie aujourd’hui Sainte-Marie à Cernay par le Grand-Ballon (1 424 m) avec son monument des Diables bleus, inauguré en 1927 par Raymond Poincaré.

© Mike Schulz Gossel

8-Champ de bataille et monument national du Hartmannswillerkopf, Wattwiller.

Le massif du Hartmannswillerkopf ou Vieil Armand, surplombant le sud de la plaine d’Alsace, occupa une position stratégique entre le 26 décembre 1914 et le 9 janvier 1916. Durant cette période, le sommet change huit fois de main. 250 000 obus tirés par l’artillerie française pendant la seule journée du 21 décembre 1915, transforment progressivement la forêt en paysage lunaire. Les estimations des pertes évoquent le chiffre de 30 000 morts dans les deux camps. Les aménagements, casemates, galeries et abris souterrains qui sont installés sont les plus imposants du massif des Vosges. Parmi les 6 000 abris construits, la moitié est encore visible, jalonnant un parcours de 90 kilomètres de tranchées. Le Monument National « Hartmannswillerkopf 14-18 » fait partie des quatre monuments nationaux de la Grande Guerre. OEuvre de l’architecte Robert Danis et du sculpteur Antoine Bourdelle, il a été inauguré en 1932 par le Président de la République, Albert Lebrun.

© ADT 68

9-Abri Mémoire, Uffholtz.

Ce poste de secours allemand est créé en 1916 dans la cave renforcée de l’auberge du village partiellement détruit par les bombardements. Comme la plupart des communes situées au pied de l’Hartmannswillerkopf, Cernay, Steinbach, Wattwiller et Uffholtz sont alors occupés. L’Abri-Mémoire d’Uffholtz a été aménagé en 2011 dans ses murs séculaires. Prévu pour accueillir des expositions temporaires et les événements artistiques, il dispose également d’un centre de ressources pédagogiques et culturelles. Sa vocation est de conserver le patrimoine de mémoire lié à la Grande Guerre en Alsace et dans les Vosges et de procéder à la collecte de documents mis à la disposition du public et des chercheurs.

© ADT 68

10-Cimetières militaires français et allemand de Cernay.

Le cimetière militaire allemand de Cernay, situé au pied du Hartmannswillerkopf, rénové dans les années 1979-1983 a accueilli l’essentiel des tombes de prisonniers allemands des différents fronts internés dans les camps français. 7 085 victimes allemandes de la Première Guerre mondiale y reposent.

  • Neuvième étape, Dimanche 13 juillet 2014, Gérardmer > Mulhouse, 170 km.
  • La Tête des Faux, Lapoutroie.
  • Cimetière militaire français Duchesne, Orbey.
  • Nécropole nationale française du Wettstein, Orbey.
  • Le Linge, Orbey.
  • Cimetière militaire allemand du Baerenstall, Orbey.
  • Cimetière militaire roumain de Soultzmatt.
  • Route des Crêtes, Markstein, Grand Ballon, Col Amic, Cernay.
  • Champ de bataille et monument national du Hartmannswillerkopf, Wattwiller.
  • Abri Mémoire, Uffholtz.
  • Cimetière militaire allemand de Cernay.
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