Essais historiques

Essais historiques

Retrouvez dans ce diaporama les essais historiques parus depuis septembre 2012.

À noter : ce diaporama n'est pas exhaustif et sera régulièrement mis à jour.

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La Grande Guerre si loin, si proche. Réflexions sur un centenaire, Jean-Noël Jeanneney.

La Grande Guerre si loin, si proche. Réflexions sur un centenaire, Jean-Noël Jeanneney. Paris, Seuil, 2013.

Résumé de l'éditeur : La Grande Guerre a cent ans. On annonce une déferlante éditoriale, des dizaines d’expositions et d’initiatives locales. D’où naît, au-delà du consensus mémoriel, l’envie de poser une question simple : pour quoi faire ? Faut-il se satisfaire de communier après coup avec les souffrances des combattants, perçus essentiellement comme des victimes ? Quel lien établir avec cette Grande Guerre vieille d’un siècle, alors que le pays d’aujourd’hui a tant changé par rapport à celui de la Belle Époque ? Plus d’armée de conscription, mais une armée de métier ; un nationalisme et un patriotisme devenus souvent si incompréhensibles qu’on célèbre plus volontiers les fusillés et les mutinés que les combattants ordinaires ; des femmes qui ont le droit de voter et de porter les armes ; une décolonisation qui a pratiquement ramené la France aux dimensions de la métropole.

Les Oubliés de la Somme, Pierre Miquel. Coll « Texto », octobre 2013, Taillandier (réédition).

Résumé de l'éditeur : De juillet à novembre 1916, un million de soldats britanniques, allemands et français, tombent, morts ou blessés, dans la boue du front de la Somme. Pourtant en France, cette bataille a longtemps été oubliée, presque éclipsée. Le 1er juillet 1916, les armées britanniques et françaises lancent une offensive d’une ampleur sans précédent sur le front de la Somme entre Bapaume, Péronne et Chaulnes. C’est la grande attaque de 1916 voulue par les généraux anglais et français, Haig et Joffre, et retardée par la bataille de Verdun. Au premier instant, la vague se brise : 30 000 hommes sont tombés à la première heure, 60 000 au premier jour. Le massacre va se poursuivre jusqu’au 28 novembre.  
 

Cinq deuils de guerre, Stéphane Audoin-Rouzeau. Coll « Texto », octobre 2013, Taillandier (réédition).

Résumé de l'éditeur : Entre 1914 et 1918, la Grande Guerre a fauché près de dix millions d’Européens. La mort de masse fut souvent une mort sans sépulture, privant les survivants du corps de leurs proches. Ainsi a-t-elle souvent suscité des deuils interminables, dont la trace n’est pas tout à fait effacée, aujourd’hui encore, un siècle après la fi n des combats. Ces cinq récits de vies endeuillées renvoient aux portraits jaunis conservés dans nos familles, au souvenir des femmes vêtues de noir, à une mémoire de la souffrance pudiquement enfouie : la nôtre.
 

De Gaulle-Pétain, Frédéric Salat-Baroux. Coll « Texto », novembre 2013, Taillandier.

Résumé de l'éditeur : De Gaulle et Pétain se sont rencontrés dès 1912. Ils ont d’abord été unis par une complicité et une admiration réciproque, avant de devenir les porte-drapeaux de ces deux France qui n’ont cessé de s’opposer depuis la Révolution.

Charleroi, 21-23 août 1914, Damien Baldin et Emmanuel Saint-Fuscien. Septembre 2012, « l’histoire en batailles », Taillandier.

Résumé de l'éditeur : La bataille de Charleroi n’est ni Verdun, ni la Somme. Presque occultés par la longue guerre des tranchées qui s’en suivit, ces trois premiers jours de combat sont pourtant les plus meurtriers de la Première Guerre mondiale pour l’armée française. Opposant la 5e armée du général Lanrezac à la Ière, IIe et IIIe armées allemandes entre Sambre et Meuse, Charleroi ouvre la voie à l’invasion du Nord de la France. En ce vendredi 21 août 1914, sous une chaleur écrasante, des milliers de soldats tout juste mobilisés et engoncés dans leurs pantalons garances vivent là leur baptême du feu. Sous la puissance de feu inédite de l’artillerie allemande, l’armée française vit les heures les plus meurtrières de son histoire – près de 7 000 soldats français sont tués le 22 août à Charleroi, presque 40 000 entre le 21 et 23 août sur l’ensemble du front. La violence des combats n’épargne pas non plus les civils. Pour la première fois, les combats s’engagent dans les rues, les maisons, les usines. Désorganisée, l’armée française recule à l’intérieur de ses frontières. Ni prévue, ni anticipée, la bataille signe l’échec du plan stratégique, tourné vers l’offensive, conçu par des généraux, dont les postures sont héritées du XIXe siècle, quand Charleroi est « la première bataille du XXe». Cette crise du commandement trouve son épilogue dans le renouvellement massif des chefs mené par Joffre début septembre.

La Journée la plus meurtrière de l’histoire de France, 22 août 1914, Jean-Michel Steg. Octobre 2013, Fayard.

Résumé de l'éditeur : 27 000 Français sont tués le 22 août 1914, le jour le plus sanglant de l’histoire de France. C’est quatre fois plus qu’à Waterloo, autant que durant les huit années de la guerre d’Algérie. Avant même la bataille de la Marne, Verdun ou le Chemin des Dames. Où donc ces hommes ont-ils disparu ? Dans quelles circonstances ? Un nombre de tués en une seule journée, sans précédent dans l’histoire de France et sans exemple depuis, ne peut être une simple bizarrerie statistique. C’est l’ambition de ce travail d’apporter quelques explications. Ce cataclysme meurtrier au tout début du conflit traduit-il les conséquences de choix individuels et collectifs, tactiques, stratégiques ou organisationnels erronés, ou tout simplement malheureux ? Comment les militaires en viendront-ils à accepter que, face à la létalité du feu au XXe siècle, le soldat ne peut plus mener la guerre dressé sur le champ de bataille, comme il le faisait depuis l’Antiquité, mais doit désormais combattre enterré et dissimulé ? Pour le savoir, il faut suivre Jean-Michel Steg dans les Ardennes belges le matin 22 août 1914.

La Grande Guerre. Une histoire franco-allemande, JJ Becker et G. Krumeich. Novembre 2012, coll Texto, Taillandier.

Résumé de l'éditeur : La guerre de 1914 fut très tôt baptisée la Grande Guerre : les proportions inouïes du conflit, qu’il s’agisse du nombre des combattants et de victimes ou de l’importance des moyens engagés, ne pouvait que justifier cette dénomination. Elle impliqua toutes les parties du monde, d’où son autre nom – trompeur – de Première Guerre mondiale. Car elle fut une guerre européenne, et particulièrement une guerre franco-allemande : les batailles décisives se déroulèrent, pour la plupart, sur le sol français, et les armées française et allemande en furent les acteurs principaux. Surtout, elle n’aurait pu durer quatre ans et demi si les peuples allemands et français n’avaient eu la volonté de combattre jusqu’à la victoire, quelles que fussent la cruauté des pertes et l’ampleur des sacrifices. Deux historiens de 14-18, un Français et un Allemand, revisitent sous un angle inédit, franco-allemand, le conflit qui a donné naissance au tragique XXe siècle. Ils s’attachent, par-delà les événements militaires, à la vie des soldats et des civils, à l’évolution des systèmes politiques, à la mobilisation des sociétés et des économies, aux fluctuations du moral et à la naissance de « cultures de guerre ». Cette approche fondée sur le dépassement des visions nationales et sur la compréhension de l’autre jette un regard neuf sur le cataclysme qui a marqué durablement le destin des deux peuples et, par-delà, celui de l’Europe.

14-18. Vivre et mourir dans les tranchées, Rémy Cazals et André Loez. Octobre 2012, coll Texto, Taillandier.

Résumé de l'éditeur : Alors que tous les combattants français de 1914-1918 ont disparu, ce livre s’attache à faire revivre et comprendre leur expérience. Rémy Cazals et André Loez s’intéressent aux hommes des tranchées, aux fantassins, ils explorent tous les aspects de leur terrible quotidien. Une telle plongée dans l’univers du conflit est rendue possible par les nombreux témoignages que ces hommes ont laissés, carnets, souvenirs et lettres, et qui sortent depuis quelques années des tiroirs où ils dormaient. Ce livre veut donner la parole à ces hommes directement : ils ne sont pas vus et racontés ici par leurs chefs, par des observateurs prudemment restés à l’arrière, ou par ceux qui étaient sur le front avec l’intention de produire une œuvre littéraire. Ces hommes ordinaires disent avec précision, parce qu’ils l’ont vécue, l’horrible réalité de la vie matérielle, dans la boue, sous les obus ou face aux balles des mitrailleuses, leurs réactions à la violence commandée et subie, l’expression de leurs sentiments, de leurs espoirs, de leur désespoir. Ce qu’ils pensent de la guerre et de la paix, de leurs chefs et des gens à l’arrière. Comment ils se comportent vis-à-vis de leurs ennemis. Les valeurs qui apparaissent dans leurs récits sont celles de la vie civile en temps de paix, confrontée aux exigences d’une guerre inhumaine.

Fusillés pour l’exemple (1914-1915), Général André Bach. Mars 2013, Taillandier.

Résumé de l'éditeur : Pour beaucoup, 14-18, c’est la Grande Guerre des Français, la nation portée par un même élan patriotique pour défendre le territoire, reconquérir l’Alsace-Lorraine… C’est une guerre qui a pourtant laissé des marques dans l’inconscient collectif, à travers des épisodes peu glorieux qu’on souhaiterait oublier. Les poilus ne sont pas tous tombés au champ d’honneur, fauchés par les balles allemandes ou par un obus de 155 mm fabriqué dans une usine de la Ruhr. Certaines de ces armes étaient françaises, elles avaient pour «ambition» de rétablir la discipline, de faire passer l’envie aux survivants de baisser les armes, de crier leur lassitude d’une guerre qui les laminait… La condamnation puis l’exécution de soldats français restent associées aux mutineries de l’année 1917, après l’échec de l’offensive du Chemin des Dames. En réalité, cette justice d’exception a été appliquée dès les premiers temps du conflit, après la Marne, lorsque l’état-major redoutait de voir les hommes flancher face à l’enlisement du conflit… André Bach est le premier historien à avoir eu accès à l’ensemble des dossiers militaires de ces «poilus de la honte». Fusillés pour l’exemple revient sur la fin tragique de ces hommes— mutilés volontaires, mutins, déserteurs — brisés par une guerre absurde et qui, bien souvent, n’ont pas pu défendre leur position face à des juges inflexibles… Dans cet ouvrage appelé à marquer l’historiographie du premier conflit mondial, André Bach exploite et analyse une quantité d’informations jamais utilisées à ce jour ; il nous propose, après dépouillement de plus de trois mille dossiers de condamnation, de nombreux tableaux et diagrammes permettant de prendre conscience de l’ampleur réelle des exécutions.

Six mois qui incendièrent le monde, juillet-décembre 1914, François Roth. Mars 2014, Taillandier.

Résumé de l'éditeur : 28 juin 1914 : lorsque l’assassinat de François-Ferdinand allume la mèche, la guerre, que l’on croyait pouvoir limiter aux Balkans, s’internationalise par le jeu des alliances. Alors que certains pays se tournent vers la neutralité, d’autres, comme la France, l’Allemagne, la Russie et l’Autriche-Hongrie, mobilisent plusieurs millions d’hommes. Les premiers combats aux frontières déjouent les prévisions : résistance des Belges, victoire allemande imprévue à Tannenberg, échec de l’offensive française en Alsace et Lorraine, échec du plan Schlieffen dont l’Allemagne attendait la victoire en moins de quarante jours, sursaut français sur la Marne. La guerre se prolonge et s’étend au Proche-Orient, sur les mers, dans les airs, aux colonies. Tous espéraient une guerre courte, finie au plus tard pour Noël ; il faut maintenant s’engager dans une guerre longue. Sur des fronts continus, les combattants s’enterrent dans des tranchées ; c’est une situation qui déconcerte des états-majors impuissants. 1914, ce sont six mois qui s’achèvent par l’enlisement et le piétinement sur place, six mois qui conduisent à un face-à-face défensif et meurtrier, six mois qui engagent les belligérants dans une guerre mobilisant toutes leurs ressources humaines, économiques et morales, six mois qui mènent à une Grande Guerre dont les contemporains ne peuvent prévoir ni la fin ni le résultat. L’assentiment des peuples se fait dans l’effroi d’une conscience de la généralisation du conflit à l’ensemble du monde.

L’Agonie d’une monarchie, Jean-Paul Bled. Mars 2014, Taillandier.

Résumé de l'éditeur : Bâti sur les décombres de l’Europe napoléonienne, réformé en 1867 pour donner un rôle accru à la Hongrie, l’Empire austro-hongrois pouvait sembler, en 1914, l’une des puissances les plus solides du continent. C’était un empire à l’ancienne, c’est-à-dire qu’il avait l’ambition de fédérer de nombreux peuples hétérogènes. Dans les faits, une majorité d’Allemands et de Hongrois régissaient les destinées de Slaves (Tchèques, Polonais, Slovènes, Croates, etc.) de Roumains et d’Italiens – lesquels cohabitaient d’ailleurs plutôt mal entre eux. C’est à la suite de l’assassinat de son prince héritier François-Ferdinand que le vieil empereur François-Joseph s’est laissé entraîner dans la guerre, aux côtés de l’Allemagne. Déchiré entre des nationalités différentes, des religions antagonistes, véritable tour de Babel linguistique, l’empire n’a pas supporté le choc. Cinq ans après Sarajevo, ce sont cinq pays nouveaux, fondés sur le principe des nationalités, qui remplacèrent la Double Monarchie. En Autriche même, devenue un État croupion, le jeune empereur Charles Ier (qui avait succédé à François-Joseph en 1916) dut renoncer. Jean-Paul Bled retrace avec minutie l’agonie d’une monarchie qui n’a pas su s’adapter aux temps nouveaux en dépit des atouts non négligeables qu’elle détenait. Cette page capitale de l’histoire de l’Europe n’a jamais été racontée dans son ensemble.

 

L’année 14, Jean-Jacques Becker. 2e édition (poche), mars 2013, Armand Colin.

Résumé de l'éditeur : Dans l’histoire des hommes, quelques dates marquent des ruptures indélébiles. 1914 est de celles-là. On donna par la suite – à tort – le nom de Première Guerre mondiale à ce conflit, dont on connaît le terrible bilan : 10 millions de morts, un désastre économique et culturel, et l’avènement des régimes totalitaires. Cette guerre était-elle évitable ? La Grande Guerre aurait-elle pu ne pas avoir lieu et le XXe siècle en être totalement transformé ? Quels furent les objectifs et les arrière-pensées des acteurs, au jour le jour, dans les capitales européennes ? Quel était, au-delà de l’image d’Épinal, l’état d’esprit des populations ? Autant de questions auxquelles répond ce livre, dans un récit au quotidien des premiers mois du drame.

11 Novembre, Du Souvenir à la Mémoire, Rémi Dalisson.

Chaque automne revient en France la même fête nationale, le 11 Novembre, anniversaire de l’armistice qui mit fin à la Grande Guerre. Elle fait la Une des journaux locaux, rassemble les autorités, les enfants des écoles, les Anciens combattants et l’armée autour des 36 000 monuments aux morts du pays. Le 11 Novembre, reconnaissable entre toutes les fêtes, si bien intégré au calendrier mémoriel, semble pourtant en déclin. Ainsi les affluences y sont maigres, les Poilus ont disparu et son message patriotique n’a plus guère d’écho à l’heure de l’Europe et de la mondialisation.
La loi de 2012 en a donc fait, non plus l’hommage aux seuls héros de la Grande Guerre, mais l’hommage aux morts de toutes les guerres, passées, présentes et à venir. Un tel bouleversement renvoie à sa fonction de commémoration nationale, née du souvenir des massacres de 14-18 et de la victoire et qui n’a, paradoxalement, jamais été objet de consensus. Dès sa création, elle fut le réceptacle de toutes les passions françaises. Cependant, elle a survécu à tous les régimes politiques, à toutes les crises, coloniales ou sociales et à toutes les concurrences dont le 8 Mai. L’histoire du 11 Novembre permet alors de comprendre le rapport si particulier des Français au souvenir et à la mémoire de cette Grande Guerre qui fonde une partie de leur identité.

Lectures de poilus, Benjamin Gilles. Paris, Autrement, 2013.

Résumé de l'éditeur : Malgré la boue, le froid et l'omniprésence de la mort, les poilus ont beaucoup lu, autant la presse que des livres. Pour s'informer, pour lutter contre l'ennui et la peur, pour mettre des mots sur l'indicible. Guerre et Paix de Tolstoï ou Le Feu de Barbusse, succès dès sa parution en 1917, rappellent aux soldats leur expérience vécue ; les oeuvres de Jammes ou de Loti offrent une évasion bienvenue... Du côté de la presse, la guerre renforce la prééminence des grands quotidiens nationaux, mais les soldats lisent aussi la presse illustrée, notamment La Vie parisienne, qui apporte un peu de légèreté. Croisant les sources officielles, les archives d'éditeurs et les témoignages, Benjamin Gilles nous permet d'être au plus près du ressenti des soldats. Se dessine ainsi un portrait renouvelé de nos poilus, plus érudits que l'on a tendance à le penser, bien moins sensibles au « bourrage de crâne » qu'on ne l'a dit, et travaillés sans cesse par le besoin de comprendre. Une plongée au coeur de la vie dans les tranchées et de l'époque tout entière.

Combats de femmes, 1914-1918, Evelyne Morin-Rotureau. Autrement, 2014.

Résumé de l'éditeur : Aux champs, dans les usines, dans les hôpitaux, les Françaises ont participé massivement à l'effort de guerre. Elles doivent gérer seules le quotidien et soutenir le moral des soldats. Certaines ont décidé de résister au patriotisme aveugle en s'opposant au militarisme et à la guerre, en dénonçant des conditions de travail pénibles, dangereuses et sous-payées, ou en s'opposant à ce que les enfants soient embrigadés comme « graines de poilus ». La Grande Guerre a marqué un tournant dans l'émancipation féminine en France. Cependant, ce sont les hommes qui sont morts dans l'horreur des tranchées et les femmes ont le sentiment plus ou moins conscient d'une dette envers eux. Dès l'armistice, chacun reprend sa place et les femmes demeurent exclues de la citoyenneté. Contrairement à leurs voisines danoises, allemandes, autrichiennes et anglaises, il leur faudra attendre presque trente ans pour avoir accès au droit de vote...

Tromper l’ennemi – L’invention du camouflage moderne en 1914-1918, Cécile Coutin. Octobre 2012, Pierre de Taillac.

Résumé de l'éditeur : En août 1914, les soldats français partent au combat dans des tenues voyantes inadaptées à la guerre moderne, provoquant une hécatombe. Contre toute attente, ce sont des artistes qui trouvent des solutions et jettent les bases d’une nouvelle arme : le camouflage. Officiellement créée le 4 août 1915, la section de camouflage de l’armée française regroupe des artistes de tous horizons, particulièrement des décorateurs de théâtre rompus aux effets de trompe-l’oeil, et des peintres cubistes aptes à la déformation de la réalité.

Feu sur Paris ! L’histoire vraie de la Grosse Bertha, Christophe Dutrône. Avril 2012, Pierre de Taillac.

Résumé de l'éditeur : Le 23 mars 1918, c’est la stupéfaction ! Des obus allemands frappent Paris alors que le front se trouve à 100 km et que la portée maximale des canons ne dépasse pas 40 km… Et pourtant, ces bombardements se poursuivent, causant des dégâts considérables. Très vite, ce super canon allemand est surnommé la Grosse Bertha. Cette arme secrète pilonne la capitale jusqu’en août 1918 puis disparaît complètement, au grand dam des Alliés qui voulaient en percer les mystères. C’est cette histoire étonnante, celle des Grosses Berthas qui pilonnèrent la capitale, que nous fait revivre Feu sur Paris !

Le Soldat et la Putain – Histoire d’un couple inséparable, Christian Benoit. Octobre 2013, Pierre de Taillac.

Résumé de l'éditeur : Les prostituées de 14-18 demeurent les grandes oubliées de l’histoire officielle de la guerre. Pourtant, la prostitution se développe dès le début du conflit. Des milliers de femmes exercent ainsi auprès des soldats. De plus en plus de soldats sont malades, l’État n’arrive pas à contenir le « péril vénérien ». Voyant sa main d’oeuvre atteinte, l’armée décide bientôt d’organiser la prostitution et ouvre des maisons closes sous contrôle militaire qui seront rapidement appelées BMC. Fruit de dix années de recherche dans les archives de l’armée, des hôpitaux et de la police, cette étude porte à la connaissance du public des faits jusqu’ici ignorés.

Encyclopédie de la Grande Guerre (tome 1 et 2), Stéphane Audouin-Rouzeau et Jean-Jacques Becker (dir.). Réédition, octobre 2012, Perrin.

Résumé de l'éditeur : La Grande Guerre - on l'appelle ainsi dès 1915 - constitue un événement qui non seulement résiste au temps mais bénéficie aujourd'hui d'un vif regain d'intérêt. Loin d'être reléguée aux archives de la mémoire collective, la Première Guerre mondiale continue d'être présente, au sens plein du terme, dans les sociétés occidentales contemporaines. Les changements d'orientation des recherches historiennes participent de cette étonnante "survie" historique : l'histoire nationale, militaire et événementielle de la guerre de 1914-1918 est aujourd'hui achevée ; restait à écrire une histoire internationale et totale de la Grande Guerre, et l'ambition de cet ouvrage est d'y contribuer. La Grande Guerre est le fruit d'un travail collectif de plusieurs années. Il rassemble une centaine d'articles signés par les meilleurs spécialistes mondiaux du sujet, écrits dans la perspective d'une approche nouvelle de la guerre.

Le Chemin des Dames, Nicolas Offenstadt (dir.), réédition poche. Octobre 2012, Perrin.

Résumé de l'éditeur : « C'est l'enfer [...]. Il faut y être passé pour comprendre », écrit le soldat Clerfeuille après le début de la terrible offensive d'avril 1917. Le conflit dure alors depuis plus de deux ans et le plan grandiose du général Nivelle ne vise rien moins qu'à terminer la guerre en perçant le front sur le plateau du Chemin des Dames. Près d'un million d'hommes sont rassemblés pour cette immense opération qui se solde par un échec sanglant : en quinze jours, plus de cent mille d'entre eux sont hors de combat.
Pour saisir toute la portée de cet événement, une équipe d'historiens, entre archives et témoignages, a mené une enquête de grande ampleur abordant toutes les facettes du Chemin des Dames : histoires, combats, traces, mémoires... Ils proposent, sous la direction de Nicolas Offenstadt, la somme attendue sur l'un des affrontements clés de la Première Guerre mondiale.

Les soldats de la honte, Jean-Yves Le Naour, réédition poche. Octobre 2013, Perrin.

Résumé de l'éditeur : Confrontés au spectacle quotidien de l'horreur, les poilus ne se sont jamais remis de cette épreuve de l'épouvante. Certains ont été retrouvés sur le front, errant hagards ou hurlant sans raison apparente ; d'autres, conscients, sont devenus sourds ou, pliés en deux, incapables de se relever. En Angleterre, on appellece syndrome : le shell shock. Ces blessés-là furent si nombreux qu'on les estime en France à 100 000 au moins. Pour les médecins français, pourtant, ces soldats sont des resquilleurs qui jouent la comédie et ne méritent pas la pension d'invalidité qu'ils réclament. Afin de le prouver, l'un d'eux imagine de les soigner à l'électricité : c'est le « torpillage », un choc pour un autre choc ! Il opère en public lors de séances à valeur d'exemple même si elles sont traumatisantes par la brutalité de la souffrance administrée... Baptiste Deschamps, qui n'est ni un traître ni un fou, refuse le soin. L'affaire s'ébruite, un député vient à son secours et déclenche en pleine guerre une tempête médiatique, qui rappelle un temps celle de l'affaire Dreyfus. Le soldat gagnera son procès mais la médecine, têtue, poursuivra ses expériences avec le soutien de l'Etat. Peu importe si, outre-Rhin, un certain Freud pour qui seule la guerre explique ces névroses nouvelles plaide leur innocence. Mais n'est-il pas autrichien ? Et la folie n'est-elle pas dans le camp des Allemands ?

1914 : La grande illusion, Jean-Yves Le Naour. Novembre 2012, Perrin.

Résumé de l'éditeur : A la lumière des recherches les plus récentes, 1914 offre une synthèse des évènements qui ont précédé et suivi l'entrée en guerre de l'Europe. Dans une approche très concrète,nourrie d'archives, Jean-Yves Le Naour y restitue la façon dont cette année a été vécue par les contemporains, loin des antichambres ministérielles ou princières. Il montre la France plongée en situation de tension extrême, sensible à la moindre rumeur : les plaques de publicité Maggi ou du bouillon Kub auraient servi d'indications à l’armée allemande en marche, les Russes auraient débarqué au Havre, des espions allemands distribuent des bonbons empoisonnés, les soldats allemands coupent les mains des enfants durant l’invasion, etc.… Mais ce volume revisite évidemment les grands événements de 1914 comme l’attentat de Sarajevo, l’assassinat de Jean Jaurès et la bataille de la Marne. Il fait place à des évènements ignorés habituellement de l’historiographie : l’hésitation du gouvernement qui, partant pour Bordeaux, a failli décréter Paris « ville libre », sans défense, afin d’éviter sa destruction dans des combats ; l’incroyable réception de la célèbre voyante, Mme Fraya, en pleine nuit du 1er août devant une assemblée de ministres angoissés qui s’en remettent à l’irrationnel pour se rassurer ! Ou pourquoi Joffre a laissé les Allemands passer par la Belgique (contrairement à la version officielle, on savait que les Allemands passeraient par là !). L'auteur revient sur la fameuse « Union sacrée » qui ne restera qu'un rêve : les querelles se poursuivent, à fleurets mouchetés...

1915 : l'enlisement. Jean-Yves Le Naour. Octobre 2013, Perrin.

Résumé de l'éditeur : Avec 1915, l'enlisement, second volume de sa série consacrée à la Grande Guerre, Jean-Yves Le Naour continue de retracer au plus près le quotidien des Français durant ces quatre années de malheur. Alternant les points de vue d'en haut et d'en bas, s'attachant aux rumeurs comme aux faits établis, au ressenti aussi bien qu'au vécu, l'auteur nous livre un récit haletant. En 1915, le conflit entre dans une phase particulièrement meurtrière, marquée par des offensives aussi terribles qu'inutiles, rendues plus cruelles encore depuis l'usage des gaz asphyxiants. La guerre est partout : à Londres ou à Paris, sous les bombardements des zeppelins, sur la mer, en Afrique et au Moyen-Orient où les Turcs ont lancé le djihad contre les Alliés, au nom du panislamisme, tout en se livrant au génocide des Arméniens... Tandis que les Allemands étrillent la Russie et écrasent la Serbie, les Alliés enchaînent les échecs. Sourd aux critiques, le général Joffre conduit la guerre comme il l'entend : 320 000 Français sont ainsi sacrifiés en pure perte. La crise politique et la lassitude grandissent sur les décombres d'une Union sacrée qui a vécu, comme en témoignent les archives des Renseignements généraux jusqu'ici inexploitées. Pour les Français, 1915 est bien l'année la plus dramatique de toute la guerre, celle des horizons bouchés.

La Grande Guerre des civils, Eric Alary. Octobre 2013, Perrin.

Résumé de l'éditeur : En août 1914, l'existence de millions d'hommes et de femmes a basculé avec l'ordre de mobilisation générale. Or, jusqu'à aujourd'hui, aucun ouvrage, parmi les milliers consacrés à la Grande Guerre, ne s'est penché sur le quotidien de ces 36 millions de civils ? pour environ 6 millions de militaires ? qui ont vécu le conflit en dehors des tranchées, à l'arrière ou dans les zones occupées par les Allemands, entre 1914 et 1918. Ces civils sans qui la guerre n'aurait pu être gagnée. Avec cet ouvrage très documenté, Eric Alary comble enfin un vide historiographique de taille. Mêlant histoires intimes et analyses de l'historien, il raconte les séparations, les évacuations, les exodes, les deuils infinis, la place nouvelle de millions de femmes et d'enfants dans une société recomposée, les privations matérielles et alimentaires, les grèves, les bombardements aériens, la lente démobilisation des hommes entre 1918 et 1920, sans oublier le retour difficile des blessés et des mutilés dans leurs foyers et les terribles ravages de la grippe espagnole.

La Grande Guerre, fin d'un monde, début d'une époque. François Cochet. Janvier 2014, Perrin.

Résumé de l'éditeur : La guerre de 1914-1918 ouvre tragiquement le XXe siècle, souvent nommé le "siècle de la guerre". Mais ce conflit n'a pas soudainement éclaté à l'été 1914 pour s'interrompre tout aussi brutalement en 1918 : il s'inscrit mentalement dans des comportements issus d'un long XIXe siècle, tout autant qu'il innove et ouvre la voie aux affrontements du XXe siècle. Sondant les mentalités, l'action des chefs comme des humbles, des civils comme des militaires, interrogeant les attitudes de ceux qui décident, autant que de ceux qui vivent la guerre dans le froid des usines ou dans la boue des tranchées, l'auteur envisage, sans parti pris, toutes les dimensions - militaires, économiques, sociales et politiques - de ce conflit total. Il aborde aussi bien le monde des combattants que celui des arrières, les fronts européens qu'asiatiques ou africains. Synthèse d'ampleur, l'ouvrage répond à toutes les questions que l'honnête homme se pose sur cet affrontement parfois dantesque. Refusant de céder à une lecture partisane et exclusivement hexagonale, il se place résolument dans une approche comparative de la première des deux guerres mondiales, un conflit qui a profondément marqué les sociétés contemporaines et demeure, pour les Français, LA Grande Guerre par l'ampleur des pertes, des destructions et des deuils.

La première guerre d'Hitler, Thomas Weber. Mars 2012, Perrin.

Résumé de l'éditeur : Adolf Hitler déclara à de nombreuses reprises que la Première Guerre mondiale fut l'expérience la plus formatrice de sa vie. Pourtant, l'histoire du « soldat Hitler » sur le front occidental entre 1914 et 1918 n'avait encore jamais été écrite. Tout ce que nous connaissions de ses années de guerre et de son régiment reposait sur Mein Kampf et sur les souvenirs arrangés de certains de ses frères d'armes. Reprenant toutes les pièces du dossier et grâce à des sources inédites, Thomas Weber invalide un lot de contrevérités léguées par la propagande du IIIe Reich. Engagé volontaire en juin 1914, Hitler servait comme estafette et n'a jamais été caporal. Affecté au QG régimentaire, il ne fut que rarement en première ligne. Préservé de l'horreur des tranchées, il fut d'ailleurs souvent qualifié de « cochon de l'arrière » par ceux qu'il présentera plus tard comme ses meilleurs camarades. Contrairement à la mystique nazie, il n'a montré aucune aptitude au commandement et son régiment n'était pas constitué de soldats antisémites aux idées pangermanistes.

La Première Guerre mondiale : combats (tome 1), Jay Winter (dir.). Octobre 2013, Fayard.

Résumé de l'éditeur : Véritable œuvre transnationale, et manifeste d’une génération d’historiens, ce livre englobe tous les espaces et les temps de la guerre qui, si elle est née en Europe, devient très vite mondiale par le jeu des Empires coloniaux des grandes puissances. Premier volume d'une trilogie, Combats montre que la guerre, pensée en différents fronts, a été par bien des aspects totale : les combats, terrestres, aériens, navals et les soldats ne peuvent se comprendre sans les fronts « domestiques », d’occupations, de prisonniers et de réfugiés, dans les usines, les champs et les écoles

 

1914, enquête sur une guerre programmée, Gérard Chauvy. Janvier 2014, Pygmalion.

Résumé de l'éditeur : "Bonne année !" : c'est par ces mots traditionnels, écrits ou prononcés par des millions d'individus au même instant, que Gaston Calmette, le directeur du quotidien Le Figaro, salue l'avènement de l'année 1914 à la une de son journal. Comment pouvait-il savoir que, peu après sa brutale et tragique disparition, le monde qui l'entourait allait basculer à son tour dans les ténèbres? Pour entrer dans une nouvelle ère, engendrée par un monstrueux chaos guerrier, annonciateur des autres brisures qui hacheront le XXe siècle. Dans une puissante Europe secouée récemment par plusieurs crises localisées qui ont menacé de dégénérer, les grands acteurs - France, Russie, Grande-Bretagne, d'un côté, Allemagne et Autriche-Hongrie de l'autre - accompagnés de leurs satellites, vont finalement en découdre. Les ferments de la guerre ? On peut les rattacher à diverses causes : prédominance du sentiment national, nationalismes exacerbés, rivalités économiques, financières et coloniales.

Les somnambules, Christopher Clark. Août 2013, Flammarion.

Résumé de l'éditeur : Le 28 juin 1914, dans Sarajevo écrasée de soleil, un certain Gavrilo Princip se réfugie à l'ombre d'un auvent pour guetter le cortège officiel de l'archiduc François-Ferdinand... Cinq semaines plus tard, le monde plonge dans une guerre qui entraînera la chute de trois empires, emportera des millions d'hommes et détruira une civilisation. Pourquoi l'Europe, apparemment prospère et rationnelle, était-elle devenue si vulnérable à l'impact d'un unique attentat perpétré à sa périphérie ? Quels formidables jeux d'alliances géopolitiques toujours fluctuantes et d'intérêts nationaux contradictoires se mêlaient-ils ? Quelles craintes ancestrales, quelles mythologies nationales animaient les opinions publiques et influencèrent les décisions des diplomates ? C'est ce que raconte cette fresque magistrale. Multipliant les points de vue et faisant dialoguer avec brio études classiques et sources inédites (en anglais, allemand, français, bulgare, serbe et russe), Christopher Clark replace les Balkans au coeur de la crise la plus complexe de l'histoire moderne et en décrit minutieusement les rouages. Plus clairement que jamais, il montre que rien n'était écrit d'avance : l'Europe portait en elle les germes d'autres avenirs, sans doute moins terribles. Mais de crise en crise, les personnages qui la gouvernaient, hantés par leurs songes et aveugles à la réalité des horreurs qu'ils allaient déchaîner, marchèrent vers le danger comme des somnambules.

L'enfant de l'ennemi, Stéphane Audouin-Rouzeau. Août 2013 (réédition poche), Flammarion.

Résumé de l'éditeur : L'Enfant de l'ennemi Les « enfants de l'ennemi » : ainsi appela-t-on en France, pendant la Grande Guerre, les fruits des viols perpétrés par des soldats allemands. Mais quel avenir reserver à ces enfants ? Seraient-ils capables de devenir de bons Français ? Était-il permis, voire recommandé, de s'en débarrasser ? Dans ce livre devenu un classique, Stéphane Audoin-Rouzeau dévoile des aspects méconnus du conflit et nourrit la réflexion sur la façon dont se forge une « culture de guerre ». Entre 1914 et 1918, des interdits sémantiques sont levés, el le récit des viols aide à la construction d'un ennemi désormais animalisé. Le débat autour des enfants à naître révèle une opinion française traumatisée par une violence de guerre sans précédent, dans laquelle les normes morales sont bouleversées.

La Grande Guerre des gendarmes, Louis N. Panel. Juin 2013, Nouveau monde Editions.

Résumé de l'éditeur : Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, la gendarmerie apparaît comme une «armée de l'intérieur», assurant la défense nationale et la protection des civils fragilisés par le conflit. Une mission pourtant bien loin de ce que vivent les soldats partis au front : obéissant à l'ordre de les maintenir au combat quoiqu'il advienne, «forçant, au besoin, leur obéissance», les gendarmes deviennent pour eux «la police des débineurs», des lâches restés à l'arrière. Invisibles aux yeux des troupes, ils sont pourtant bien présents dans les tranchées, mais peu nombreux, leurs effectifs déjà limités étant accaparés par les multiples missions de l'intérieur, indispensables à la survie de l'armée comme à celle des civils. Déterminante pour l'avenir de l'institution, la guerre d'usure change le regard porté sur la gendarmerie dont le rôle est devenu à la fois protecteur et répressif. Exposée au mépris des soldats en permission, elle subit également la transformation chaotique mais décisive de son institution, au gré des crises internes et des réformes. Lorsque la Grande Guerre prend fin, le gendarme a gagné en autonomie, mais doit faire face à une impopularité certaine.
Grâce à des recherches approfondies et à une analyse à la fois historique et sociologique, Louis N. Panel nous plonge dans le quotidien des gendarmes, mettant en lumière le travail et les conditions de vie de ces oubliés de la Grande Guerre.

1914, Luciano Canfora. Avril 2014 (traduction), Flammarion.

Résumé de l'éditeur : Et si l'on concevait la tâche de l'historien comme l'enquête d'un Sherlock Holmes? Si la guerre pouvait être assimilée à un crime, les coupables se dissimulant, les alibis étant invoqués, des innocents désignés du doigt? Dans cet ouvrage - ni «livre édifiant» ni «commémoration» -, Luciano Canfora aborde la guerre non comme un monument, mais comme un événement vivant qu'il s'agirait de retourner dans tous les sens pour comprendre «ce qui s'est vraiment passé». L'enquête menée au fil de ces pages - puisqu'il s'agit bien d'une enquête - se déroule en une vingtaine de courts chapitres, tirés de conférences à la radio publique italienne, à lire d'une traite comme autant de petites histoires. Les idées reçues - surtout celles qui ont court dans les pays vainqueurs - ne survivent pas à l'examen. La fin ne nous livre pas un unique coupable, mais nous laisse vaccinés contre les reconstructions apologetiques.

1914, la guerre n’aura pas lieu, Philippe Conrad. Mars 2014, Genèse édition.

Résumé de l'éditeur : La Première Guerre mondiale était-elle inéluctable ? Contrairement aux assertions ultérieures des historiens, estime Philippe Conrad, plusieurs scenarii étaient possibles. À côté des tensions belligènes manifestes, l’auteur montre que de nombreux éléments étaient susceptibles d’assurer le maintien de la paix.

Tous unis dans la tranchée, Nicolas Mariot. Septembre 2013, Seuil.

Résumé de l'éditeur : Guillaume Apollinaire, Henri Barbusse, Marc Bloch, Maurice Genevoix, Georges Duhamel ou Léon Werth : les intellectuels combattants ont laissé à la postérité des textes où la guerre est superbement décrite et analysée. Nicolas Mariot relit les carnets, correspondances et autres témoignages abondamment cités par les historiens non comme des illustrations exemplaires de l'Union sacrée mais au contraire pour y repérer les très nombreux décalages entre leur expérience de la Grande Guerre et celle de la grande majorité des combattants.

Si nous vivions en 1913, Antoine Prost. Mars 2014, Grasset.

Résumé de l'éditeur : Transportons-nous cent ans en arrière et découvrons le quotidien des Français de 1913 : des scènes de ménages aux langes des enfants, de la vie de château à celle du meunier, des odeurs aux premiers HLM, du certificat d’études aux usines Renault, du goût du pain à l’idée de la « République ». Sans omettre la marche à pieds qui était le moyen de locomotion le plus courant, l’usage de l’écriture et du papier à lettre qui régissaient tout le système de communication ou encore la grande « question religieuse » qui divisait la France. A travers une série de chroniques originales et passionnantes qui réveillent le passé dans tout ce qu’il a de plus ordinaire, Antoine Prost nous dresse un portrait de la société française en 1913 tel qu’on ne l’apprend pas dans les manuels scolaires. Une façon d’entrer dans la grande Histoire par une petite porte. Un livre qui nous en dit long sur cette « Belle Epoque ».

La catastrophe allemande, Nicolas Patin. Janvier 2014, Fayard.

Résumé de l'éditeur : Ils étaient 1 674 parlementaires représentant l’Allemagne sous la république de Weimar. Ils ont vécu la destruction d’une démocratie éclatante et le triomphe d’un régime politique criminel qui justifia l’invention du mot « génocide ». Quelles ont été leurs responsabilités dans ce tournant du siècle ? Comment ces femmes et ces hommes ont-ils traversé la Catastrophe allemande ? Pendant quatre ans, Nicolas Patin a étudié les archives allemandes et internationales pour comprendre les parcours de chacune de ces personnalités. Son enquête décrypte les destins atypiques de ces élus du peuple allemand : simples soldats de la Première Guerre mondiale puis militants politiques, martyrs assassinés dans les camps ou bourreaux nazis dominant l’Europe occupée.

Vers la grande Guerre. Comment l’Europe a renoncé à la paix, Margaret MacMillan. Janvier 2014, Autrement.

Résumé de l'éditeur : Rivalités de tous ordres, course aux armements, impérialisme : quelle est la part de responsabilité de chaque pays dans le déclenchement de la Grande Guerre ? En Europe, une poignée de dirigeants, diplomates et responsables parfois inconnus ont aussi, à un moment précis, fait le choix de la guerre. Quelle a été la part humaine, donc émotionnelle et irrationnelle, dans ce choix ? De tempérament faible, le tsar Nicolas II pouvait-il résister aux généraux russes ? Si le chancelier allemand n'avait pas perdu sa femme au début de l'été 1914, aurait-il été moins fataliste ? Le chef d'état-major des armées austro-hongroises voulait la gloire pour son propre pays, mais peut-être aussi pour la femme qu'il voulait épouser ? La fresque de Margaret MacMillan décrit magnifiquement les mécanismes politiques, technologiques, stratégiques, mais aussi humains, qui ont mené à ce moment de l'été 1914 où la guerre est devenue plus probable que la paix.

Articles et discours de guerre – Georges Clemenceau, présenté par Jean-Jacques Becker. Avril 2012, Pierre de Taillac.

Résumé de l'éditeur : La Grande Guerre fut, pour Georges Clemenceau, l’occasion d’écrire certains de ses articles et de ses discours les plus importants. Mieux qu’aucun autre, il sut utiliser le verbe pour soutenir le moral des Français et les mener à la victoire. Lire aujourd’hui ces textes remarquables, écrits dans le feu de l’action « sur le vif » pour reprendre le titre de l’un des journaux les plus populaires de 14-18, c’est faire un voyage étonnant dans le passé, c’est découvrir la Première Guerre mondiale à travers les yeux de l’un de ses principaux acteurs : Georges Clemenceau.

Le monde selon Jaurès. Polémiques, réflexions, discours et prophéties, Bruno Fuligni. Février 2014, Tallandier.

Résumé de l'éditeur : Qui est vraiment Jaurès ? Quel monde veut-il, cet homme assassiné le 31 juillet 1914, alors qu'il tente « avec une sorte de désespoir » d'empêcher une guerre dont il a pressenti la puissance destructrice ? Ses partisans comme ses adversaires ont salué sa voix d'airain, sa parole ailée, sa force de conviction, son intégrité, mais aussi ce « sens cosmique » par lequel cet intellectuel qui se jette dans le combat politique apporte à la République une pensée originale de l homme et de l univers. Orateur hors pair, capable de parler pendant trois heures sans notes, philosophe engagé, Jean Jaurès a prononcé des discours mémorables : sur l'école, le travail, les retraites, la finance, la corruption, la violence, la justice, les relations franco-allemandes, la place des religions dans la Cité, celui qui voulait changer la société nous a laissé, dans une langue superbe, des analyses stimulantes qui sont toujours d'actualité.

500 témoins de la Grande Guerre, sous la direction de Rémy Cazals. Septembre 2013, Editions Midi-Pyrénées.

Résumé de l'éditeur : 80 ans après l’œuvre magistrale de Jean Norton Cru, la question du témoignage de la Grande Guerre a largement évolué. La publication par François Maspero des Carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier, dont le tirage va atteindre en 2014 les cent mille exemplaires, a suscité une véritable floraison. Carnets personnels et correspondances ont été extraits des armoires familiales et publiés, faisant ainsi apparaître le témoignage d’hommes et de femmes qui n’étaient pas, pour la plupart, des professionnels de l’écriture. Les auteurs de ce livre ont eux-mêmes participé à ce phénomène éditorial et leurs analyses, dans le cadre des activités du CRID 14-18, ont permis de composer un dictionnaire présentant 500 témoins, soldats de toute arme et de tout grade, du 2e classe au général, civils et civiles, notamment celles qui ont tenu un journal en pays envahi. Chacune et chacun est placé dans son contexte : qui était le témoin ? dans quelles conditions a-t-il rédigé son témoignage ? quels sont les principaux aspects de son contenu ? Des index permettent de retrouver les noms de personnes et de lieux, les thèmes traités et les numéros des unités pour les militaires. Les nombreuses illustrations donnent à voir des portraits, des groupes familiaux ou de camarades, ainsi que les thèmes favoris des témoins photographes. Car la photo, aussi, fait partie du témoignage de la Grande Guerre.

La camaraderie au front, Alexandre Lafon. Armand Colin, avril 2014.

Résumé de l'éditeur : Si l'autorité militaire et le discours dominant du temps de guerre évoquent la «camaraderie» des hommes et leur solidarité patriotique face à un ennemi barbare durant la Grande Guerre, qu'en a-t-il vraiment été sur le front ? Sur le terrain, c'est en effet tout un univers relationnel complexe qui se met en place à travers une triple identité : sociale, militaire et combattante. Qui est alors réellement le camarade ? Les anciens combattants ont développé après guerre l'idée d'une «fraternité des tranchées» pour donner un sens à leur expérience collective de la guerre. Les témoignages privés de combattants, écrits ou photographiques (parmi lesquels ceux des écrivains Dorgelès, Barbusse ou Genevoix) donnent à lire, au-delà de la violence de la situation, ce que les soldats ont pu vivre, ressentir et penser de l'égalité tant promise par la République et que la guerre a mise à l'épreuve.

L'invention de la guerre moderne, du pantalon rouge au char d'assaut 1871 - 1918, Michel Goya. Tallandier, avril 2014.

Résumé de l'éditeur : Fonctionnant encore comme une armée du XIXe siècle en 1914, l’armée française est devenue en 1918 la plus moderne au monde. Comment une telle évolution fut-elle possible ? Quels en furent les acteurs ? Une génération d’officiers, humiliés par la défaite de 1870, s’est efforcé de préparer scientifiquement la guerre. En vain. En 1914, c’est en pantalon rouge et avec des escadrons de lanciers que la France entre en guerre. Or, à partir de 1916, la guerre s’industrialise. L’emploi massif des mitrailleuses, des chars d’assaut, des aéroplanes et du camouflage révolutionne la pratique de la guerre.

La Bataille d'Occident, Eric Vuillard. Actes Sud, Mars 2014.

Résumé de l'éditeur : « La Bataille d’Occident est l’un des noms de nos exploits imaginaires. C’est un récit de la Grande Guerre, celle de 14-18, où nos différentes traditions de « maîtres du monde » manifestèrent ouvertement leur grande querelle. Il en résulta un charnier sans précédent, la chute de plusieurs empires, une révolution. Et tout cela fut déclenché par quelques coups de révolvers ! » Eric Vuillard revisite à sa manière historique, politique et polémique le premier conflit mondial.

Les Anciens combattants, 1914-1940, Antoine Prost. Folio, février 2014.

Résumé de l'éditeur : Ce grand livre, consacré aux «gueules cassées» de la Grande Guerre, n'est pas seulement le mémorial des survivants des tranchées. Construit à partir de témoignages de tous ordres, il est aussi un livre d'analyse : il dresse la première évaluation du poids politique réel dans l'entre-deux-guerres d'une France décimée. Les Anciens Combattants, moins acteurs que témoins, pèsent par leurs réactions, leurs opinions, leur comportement collectif, et d'abord leur existence même, qui atteste de l'ampleur du traumatisme de la guerre. Ils révèlent ainsi des attitudes et des mentalités largement partagées par les Français des années trente. À travers eux s'expriment le souvenir durable d'un massacre sans précédent, des formes de sociabilité, des convictions morales et politiques, des manières d'être qui semblaient naturelles, charriées par un mouvement de masse - ils sont plus de trois millions d'adhérents. À l'image de la nation en armes, on rencontre chez eux des réactionnaires, des autoritaires, quelques révolutionnaires ; mais aux antipodes de l'image qu'on en donne habituellement, loin de l'esprit militaire, des ligues ou du fascisme, ils sont dans leur immense majorité, comme le pays, républicains, patriotes et pacifistes.

La Première Guerre mondiale, tome 2. États, Jay Winter. Fayard, avril 2014.

Résumé de l'éditeur : La Première Guerre mondiale a cent ans : entre 1914 et 1918, pour la première fois de l’histoire, le monde entier participait à une guerre vorace en hommes, en ressources matérielles, en énergies, en loyautés, en ferveurs, en horreurs. A guerre mondiale, histoire mondiale : à partir de l’idée, et sous la direction de Jay Winter, épaulé par le Centre international de recherche de l’Historial de la Grande Guerre, des historiens issus du monde entier ont rédigé trois volumes qui rendent compte des avancées les plus récentes de l’histoire de la Grande Guerre. Chacun des chapitres offre une synthèse transnationale, englobe tous les espaces et les temps de la guerre. Les chapitres réunis dans ce deuxième volume, Etats, fait suite au premier volume déjà paru, Combats, et sera suivi par un troisième volume : Sociétés. De la même façon que le premier volume, Etats se place au cœur du cyclone, en privilégiant d’abord la compréhension par les fronts militaires, celles des chefs d’Etat, des diplomates et des forces armées, logistiques et technologiques, sans jamais oublier les hommes, leur endurance et leurs refus. L’étude des économies de guerre se place au plus près des ouvriers, des paysans, des financiers. Tous ont cru que la paix – et parfois la révolution – couronnerait leurs efforts. Mais la guerre n’a pas pris fin partout dans le monde en novembre 1918, loin de là.

Après la Grande Guerre. Comment les Amérindiens des États-Unis sont devenus patriotes (1917-1947), Thomas Grillot. EHESS, mai 2014.

Résumé de l'éditeur : Comment la Première Guerre mondiale a-t-elle transformé la vie politique, sociale et culturelle des Amérindiens des États-Unis ? Deux histoires jusqu’ici séparées sont pour la première fois reliées : celle de la guerre de 1914- 1918 et celle des Indiens des Plaines. Thomas Grillot, en focalisant son attention sur les vétérans appartenant aux principales tribus des Plaines, révèle comment le conflit mondial a transformé la vie politique, sociale et culturelle des réserves indiennes.A travers les archives militaires, les organisations de vétérans, les monuments aux morts, les cérémonies patriotiques, les funérailles ou les powwows, la mémoire de guerre dessine un demi-siècle d’histoire oublié, où se réinvente le rapport des Indiens à la nation américaine.
Refusant une vision progressiste de l’histoire des Indiens allant de la colonisation à l’émancipation, Thomas Grillot souligne toute la complexité du rattachement des autochtones à la nation américaine. Les débats sur le patriotisme traduisent des luttes idéologiques très vives, d’une génération à l’autre, sur la place des Amérindiens aux États-Unis, sur le respect ou non des cultures tribales et, en définitive, sur l’assimilation à la nation, en dehors de toute tutelle coloniale. Car Après la Grande Guerre pose aussi une question centrale : pourquoi et comment des peuples colonisés répondent-ils à l’injonction de défendre l’État colonial ?

La Grande Guerre au petit écran. Les imaginaires télévisuels de la Première Guerre mondiale, Ariane Beauvillard et Laurent Bihl, coll. « Penser les médias », avril 2014.

Résumé de l'éditeur : Longtemps, la Grande Guerre fut célébrée directement par une majorité de Français, en une commémoration collective et cérémoniale devant le monument aux morts de la commune. Puis, peu à peu, la télévision est venue, sinon remplacer, du moins renforcer le 11 novembre. Le traitement télévisuel de celles-ci connaît un infléchissement notable depuis le début des années 1960, notamment par la présence de plus en plus marquée des anciens combattants, des historiens et des archives. Dans le même temps, la télévision apporte par la fiction sa contribution à l’élaboration d’un regard rétrospectif commun porté sur le conflit. Véhiculant tour à tour une fierté, un devoir de mémoire ou un traumatisme, elle constitue (souvent avec un temps de retard) une chambre d’échos des tensions polémiques autour des symboles inscrits contradictoirement dans le récit de guerre, la peinture des tranchées ou du « front arrière », l’émergence de personnages complexes ou au contraire simplifiés à l’extrême.

S’adressant au départ à un public ayant éprouvé les souffrances fort distinctes des deux conflits mondiaux, la petite lucarne doit s’adapter à l’évolution des téléspectateurs, de leur culture ou de leurs attentes en matière de mélodrames ou de reconstitutions. Bien sûr, la télévision n’est pas « historienne », mais sa vision de l’histoire implique des problèmes et des enjeux qui touchent un imaginaire reconstruit partiellement par des fictions touchant une large part d’entre nous. Des Dames de la côte à Blanche Maupas en passant par le fameux Pantalon d’Yves Boisset, cette redécouverte nous convie à une promenade au milieu des instants les plus évocateurs des soirées familiales, rapprochant (ou isolant?) les générations entre elles. Le manque, jusqu’ici, du moindre livre portant sur les relations entre la Première Guerre et le média télévisuel au regard de l’abondante bibliographie consacrée à son traitement cinématographique atteste d’une zone d’ombre, aujourd’hui comblée par ce projet pionnier : il s’efforce d'établir la première synthèse existant sur le sujet, afin d'appréhender les images et les récits de la guerre de 14-18 diffusés par le petit écran des années 1960 à nos jours.

Les Derniers Feux de la Belle Epoque. Chronique culturelle d'une avant-guerre (1913-1914), Michel Winock. Seuil, mai 2014.

Résumé de l'éditeur : En 1913, et même en 1914, on a vécu dans ce qu’on pourrait appeler l’inconscience ? un mot que seul notre savoir postérieur permet. Il faut donc faire preuve d’imagination : la guerre de Troie, pour plagier Giraudoux, pouvait ne pas avoir lieu. Mieux, aux yeux de beaucoup, elle n’était guère imaginable.
On peint, on écrit des pièces, on fait des romans, on applaudit à l’Opéra, on goûte les joies de la bicyclette et, pour les plus aisés ? une minorité, certes, mais ils donnent le ton ?, les sensations de l’automobile, celles plus récentes de l’aviation. De partout, écrivains, peintres, musiciens accourent à Paris, Ville lumière sans doute à son apogée, et qui résonne de tous les courants de la culture mondiale. “Belle Époque”, oui, dans le domaine de la création artistique, littéraire, musicale, scientifique et technique, dont l’avant-guerre 1913-1914 est le point d’orgue.

Le Service de santé 1914-1918, Marc Morillon et Jean-François Falabrègues. Éditions Bernard Giovanangeli, février 2014.

Résumé de l'éditeur : Ce livre, bien au-delà de l’histoire du Service de santé militaire, évoque toutes les professions de santé mobilisées au cours de la Grande Guerre. Avec plus de quatre cents images dont la plupart sont inédites, l’ouvrage illustre la guerre des médecins, pharmaciens, dentistes, officiers d’administration, brancardiers, infirmières et aumôniers, tous dévoués au secours des blessés. Il permet de suivre et de comprendre le parcours des soldats depuis leur relèvement sur le champ de bataille jusqu’aux hôpitaux de ’arrière. Il sera utile à tous ceux qui, amateurs de la grande histoire ou simplement curieux de leur histoire familiale, voudront décoder les photographies et documents laissés par un aïeul, que celui-ci ait été soignant ou blessé. Les photographies d’époque, les objets et les uniformes ainsi que les peintures et dessins dus à des artistes combattants permettent d’appréhender ce qui fut le quotidien de ces hommes et de ces femmes pendant plus de quatre années.Pour les amateurs de militaria et les collectionneurs, il comblera un vide, ce sujet n’ayant été jusqu’à présent abordé que de façon très succincte. Un tel panorama démontre à quel point la Grande Guerre a été une rupture entre deux époques historiques. Commencé dans le style et le costume des armées du xixe siècle, le conflit se termine sur de grands changements. Forcés par la nécessité, les progrès de la médecine et des techniques de soin ont été considérables. Même s’ils furent prolongés par d’autres importantes améliorations au cours du siècle qui a suivi, nous y retrouvons aujourd’hui des notions intangibles de la médecine et de la chirurgie de guerre.

Le poids de la guerre. Les poilus et leur famille après 1918, Dominique Fouchard. Presses universitaires de Rennes, avril 2013.

Résumé de l'éditeur : 11 novembre 1918 : l'armistice met fin à quatre années de guerre. Quatre années d'un conflit qui a violenté comme jamais les corps et les âmes et qui a entraîné la brisure brutale des liens conjugaux et familiaux. Mais les cloches annonçant la fin du conflit sonnent-elles pour autant la fin de la guerre dans les vies de celles et ceux qui se retrouvent alors ? Quelles traces, quelles empreintes, les expériences vécues pendant la longue séparation laissent-elles dans les familles une fois la paix revenue ? L'ambition de ce livre est de lever le voile sur le retour des combattants dans leur monde affectif, amoureux, familial, de pousser la porte des maisons pour tenter d'entendre une histoire relationnelle, celle des liens qui se tissent entre les membres du groupe familial, et dans laquelle, de toute évidence, la guerre est fondatrice. L'espace intime, qui se laisse approcher pour peu que l'on décide de lui prêter attention et considération, est le révélateur de l'immense impact de la guerre et de ses suites sur les relations nouvelles qui se dessinent alors. En s'appuyant sur un corpus d'archives vaste et varié, sur des sources qui ont la diversité de la vie, cette étude scrute la société dans ses profondeurs, dans ses tensions entre intime et collectif, en privilégiant une approche systémique de la famille et en donnant aux corps la place essentielle qu'ils occupent dans les liens qui nous unissent et dans la construction identitaire dont ils sont porteurs.

Oublier l'apocalypse ? Loisirs et distractions des combattants pendant la Grande Guerre, Thierry Hardier et Jean-François Jagielski. Imago, mars 2014.

Résumé de l'éditeur : Distraire les soldats en guerre n’a jamais été une priorité des états-majors. Pourtant, durant la Grande Guerre, à l’arrière comme au front, nombreux furent les moments où les combattants — confrontés à la peur et à la mort, mais aussi à l’angoissante attente —, s’efforcèrent de s’occuper, de renouer avec la vie au travers de gestes simples et de partages fraternels avec leurs camarades.
S’appuyant sur de multiples témoignages et sur une riche iconographie, Thierry Hardier et Jean-François Jagielski dévoilent l’envers d’un quotidien jusqu’alors ignoré et répondent à diverses interrogations. Dans les tranchées, les Poilus ont-ils vraiment des temps de répit ? À quelles activités manuelles et intellectuelles se livrent-ils spontanément ? Comment le commandement, surpris par un interminable conflit, considère-t-il les besoins croissants de distractions au sein de leurs troupes ? Quand et sous quelles formes les divertissements encadrés par l’armée surviendront-ils ? Et dans quelle mesure les instants dérobés à la folie meurtrière aideront-ils les acteurs du drame à « tenir » ?
Apport majeur à l’historiographie de la guerre 14-18, cet ouvrage nous permet d’approcher au plus près ces hommes perdus dans la tourmente et tentant malgré tout d’y échapper, ne serait-ce qu’un bref moment. « Il faut bien se distraire ! Eh oui ! Il le faut, pauvre âme », écrivait Georges Duhamel en 1918…

Dire la guerre. Le discours épistolaire des combattants français de 14-18, Sylvie Housiel, Editions Lambert-Lucas, Limoges, avril 2014.

Résumé de l'éditeur : Cette étude s’est donné pour corpus quelques 7 630 lettres, dont 1 600 inédites, adressées à leurs proches par les combattants français de la guerre de 1914-1918. Elle fait appel aux instruments de l’analyse du discours, de l’argumentation et de la linguistique de l’énonciation pour éclairer les comportements humains en situation de guerre et examiner non seulement le monde qui se reflète dans les correspondances, mais aussi et surtout ce qui s’y construit. Au-delà de l’analyse du témoignage venu de « gens d’en bas » sur les événements historiques, cette approche permet d’accéder à leurs représentations et à leurs motivations. Les procédés énonciatifs – éthiques, logiques et pathémiques – mis en place pour partager la guerre vécue au front avec l’« arrière » donnent accès au « moral des troupes ». Comment les poilus ont-ils fait pour « tenir » ? Leur engagement au combat était-il contraint ? Leur patriotisme était-il un héritage de l’École de la République ou le résultat du « bourrage de crâne » d’une presse de propagande ? Cinq années durant, de l’enthousiasme des premiers jours jusqu’à l’écœurement de la fin, depuis les simples paysans jusqu’aux officiers supérieurs, l’analyse du courrier des combattants offre un regard nouveau sur leur rapport à la guerre.

Histoire religieuse de la Grande Guerre, Xavier Boniface, Fayard, mai 2014.

Résumé de l'éditeur : Les religions se sont largement impliquées dans la Grande Guerre. Leurs responsables, qu’ils soient chrétiens, musulmans ou juifs, ont accompagné toutes les dimensions du conflit : de la légitimation de la guerre au soutien à la mobilisation des peuples belligérants, en passant par la charité à l’égard des victimes, voire des appels à la paix. Or, jusqu’à présent, aucun historien n’avait traité ce thème à l’échelle du monde en guerre, un défi que Xavier Boniface a relevé. Dans les deux camps en présence, l’auteur observe les évolutions spirituelles des combattants et des civils, ainsi que les attitudes des hiérarchies confessionnelles. Il montre les initiatives religieuses, comme celles du Vatican, en faveur de la paix et du respect des populations. Mais il pointe aussi le rôle parfois ambigu des hommes de foi, prompts à justifier la guerre et ses horreurs. En privilégiant le fait religieux, à travers ses composantes géopolitique, sociale, politique, culturelle et théologique, il décale notre regard sur la Grande Guerre.

La Grande Guerre en musique, Florence Doé de Maindreville, Stéphan Etcharry (sous la direction de). 

Résumé de l'éditeur : qu’elle permette d’oublier les horreurs vécues, de donner du courage aux soldats et à leur famille, de souder une nation face à l’ennemi, d’accompagner la mémoire des disparus et de réconforter les survivants, la musique a occupé une place importante durant la Grande Guerre. Inscrit dans une dynamique de recherche scientifique, ce livre propose des enquêtes originales sur la vie musicale au front et à l’arrière. Centré sur la création artistique, il apporte des éclairages inédits, notamment sur la façon dont les compositeurs et les interprètes ont vécu leur art dans un moment aussi critique de l’histoire, et soulève de nombreuses questions : quelles sont les motivations des musiciens à poursuivre leur activité dans un contexte aussi dramatique ? La musique est-elle vécue comme engagement offensif ou comme échappatoire ? Comment les musiciens sont-ils perçus au front par les autres soldats ? Comment les compositeurs, à l’avant comme à l’arrière, se positionnent-ils face à la création ? Voici quelques-unes des questions qui traversent ce livre, lequel, au fil des chapitres consacrés tour à tour à des acteurs plus ou moins célèbres du monde artistique, à des œuvres, au problème de l’édition ou encore à la vie culturelle à Paris et en province, trame un panorama musical de cette France en guerre.

État de guerre. L'année 1914 à travers les publications officielles, Audoin-Rouzeau Stéphane, Becker Jean-Jacques, Baldin Damien, Nicolas Beaupré, Pignot Manon, La Documentation Française, Paris 2013. 

Résumé de l'éditeur : août 1914, la France et les puissances européennes entrent en guerre. Les belligérants pensent que le conflit sera court. À la fin de l'année, à l'Ouest, les adversaires se font face sur un front courant de la mer du Nord à la Suisse. La Grande Guerre, déjà extrêmement meurtrière, ne fait que commencer.

Comment l'État républicain réagit-il aux événements, lors de ces premiers mois cruciaux ? Entrée en guerre, invasion du pays, gestion du quotidien, contrôle de l'information, soutien du moral des troupes et de l'arrière... Entre textes légaux et réglementaires extraits de Journaux officiels, contributions de personnalités politiques, littéraires, scientifiques ou d’anonymes tirées du Bulletin des armées de la République, ce livre, abondamment illustré, nous replonge dans l'atmosphère de l'époque.

S'écrire pendant la Grande Guerre : lettres et colis des tranchées, Jean-François Saint-Bastien, éditions Sutton, 2013.

Résumé de l'éditeur : ce sont de six à sept milliards de cartes ou de lettres que les soldats et leurs proches ont échangées pendant la première guerre mondiale, soit une moyenne de près de mille lettres par soldat. Ces échanges entre le front, les camps de prisonniers et l’arrière ont été un élément prépondérant pour supporter les horreurs de la guerre. Les soldats s’échappaient de l’enfer pendant un court moment. Pour les civils, le courrier était une « preuve » que les hommes de la famille étaient toujours vivants et il permettait de partager à distance leur quotidien. Cette correspondance constituait donc un lien vital. La carte postale était alors un moyen simple et populaire de s’écrire, gratuit pour les soldats. Plus de 10 000 modèles de cartes furent créés lors du conflit. L’auteur en a réuni ici plus de 300, essentiellement françaises, avec quelques exemples de cartes allemandes ou anglaises. Editées par des organismes officiels, véhicules de propagande, messages d’amour, rappels d’un événement festif ou du sentiment patriotique, ces cartes postales nous renseignent sur l’état d’esprit des belligérants, les conditions de vie des soldats ou des prisonniers. Des extraits de lettres, d’ouvrages, d’articles de journaux de tranchées nous montrent combien ces échanges étaient cruciaux. Très illustré et documenté, cet ouvrage livre une approche originale de la première guerre mondiale.

Pourquoi nous battons-nous ? 1914-1918, les écrivains face à leur guerre, Emmanuel Godo, éditions du Cerf, Paris, 2014.

Résumé de l'éditeur : comment survivre à l'enfer ? Comment expliquer philosophiquement, politiquement, spirituellement, une telle boucherie ? Comment demeurer un homme au sein du chaos ? Le vertige de la Grande Guerre nous est devenu insaisissable. Le livre d'Emmanuel Godo rend la parole à ceux qui l'ont vécu. Ce sont eux qui nous racontent leur départ au front, au nom des idéaux patriotiques ; leur épreuve du feu, du fond des tranchées ; leur quête de signification, face à l'abîme entre les doctrines et les faits. Français, Allemands, Américains, Anglais, Tchèques..., ce sont tous des écrivains, des intellectuels, des militants. Chacun essaie, à sa façon, de donner sens à l'insensé. Pour le socialiste Barbusse, il s'agit de faire la guerre à la guerre. Pour l'agnostique Jünger, de construire un homme nouveau. Pour le catholique Teilhard de Chardin, de redécouvrir le prix de la foi. Pour eux, comme pour tous les autres témoins convoqués dans ce livre, il faut humaniser l'inhumanité. Nourri d'une riche documentation, porté par un vrai souffle, cet essai répond aux questions que nous ne cessons de nous poser un siècle après 1914.

Expériences de la folie. Criminels, soldats, patients (XIXe-XXe siècle), Laurent Guignard, Hervé Guillemain, Stéphane Tison, Rennes, PU Rennes, 2013. 

Résumé de l'éditeur : comment écrire aujourd'hui l'histoire de la folie ? Longtemps assimilée au seul discours de la médecine psychiatrique, celle-ci prend désormais de nouveaux chemins. Inscrite dans un champ social plus large, explorant la période méconnue du XXe siècle, et plaçant les individus au premier plan, l'histoire proposée dans ce volume s'applique à renouveler la description de l'"expérience psychiatrique" sous ses diverses formes. A partir de trois situations institutionnelles différentes - judiciaire, militaire, hospitalière - exposées dans leur contexte historique des XIXe et XXe siècles, les auteurs de ce volume s'appliquent à saisir les trajectoires singulières des patients dans leurs interactions avec les configurations institutionnelles de la psychiatrie et les catégories médicales qui définissent la maladie mentale. Comment émerge la figure "limite" du fou dangereux au point de contact de la justice et de la psychiatrie ? Comment les troubles psychiques de la Grande guerre ont-ils été pensés et pris en charge ? Quelle l'ut la place des patients dans l'hôpital psychiatrique du XXe siècle ? A partir de ces trois questions se dessine une autre histoire de la folie dans laquelle les médecins sont acteurs au même titre que les juges, les militaires ou les patients.

La folie au front. La grande bataille des névroses de guerre, Julien Bogousslavsky et Laurent Tatu, IMAGO, Paris, septembre 2012.

Résumé de l'éditeur : cet ouvrage aborde les aspects historiques et médicaux de la question des psychonévroses de la Grande Guerre dont la nature et les causes lésion nerveuse, trouble psychique ou simulation... ont divisé les médecins de l'époque. L’omniprésence de la suspicion de simulation autorise la mise en place d'un vaste champ d'expérimentation médicale. On adapte à la médecine de guerre des méthodes thérapeutiques, déjà employées en temps de paix, mais désormais utilisées de manière beaucoup plus agressive. C'est ainsi que le « torpillage » mis au point par Clovis Vincent ou la méthode psychofaradique développée par Gustave Roussy deviennent la base d'une psychothérapie répressive. Certains soldats refusent ce type de traitement, et des affaires célèbres, comme celles du zouave Deschamps ou du procès de Besançon, font alors émerger la question du droit des blessés militaires. Une collusion médico-militaire s'installe. Les soldats suspects de simulation, consciente ou inconsciente, sont renvoyés au front, au nom du patriotisme, par des médecins militaires. D'autres combattants, dont les troubles psychiques n'ont pas été identifiés, sont conduits par des médecins devant les conseils de guerre et fusillés pour désertion. Les dérives liées à la prise en charge des psychonévroses de la Grande Guerre sont cependant à l'origine d'une importante évolution des conceptions médicales qui aboutissent à la définition moderne du post-traumatic stress disorder.

Marie Curie et la Grande Guerre, Anaïs Massiot et Natalie Pigeard-Micault, éditions Glyphe, Paris, 2014. 

Résumé de l'éditeur : Été 1914, Marie Curie aménage son laboratoire dans le tout nouvel Institut du radium. Mais l’histoire est en marche et la Première Guerre mondiale éclate.
Ses collaborateurs au front, Marie Curie ne s’enferme pas dans son laboratoire. Au contraire, elle en sort et fait tout ce qui est en son pouvoir pour se rendre utile. Elle met au service de la France ses connaissances scientifiques, au travers de la radiologie et la radiumthérapie. Elle va plus loin et mobilise les ressources humaines, matérielles et financières au profit des blessés. Elle s’inquiète de ses proches, fait circuler les nouvelles.

L'Afrique dans l'engrenage de la Grande Guerre (1914-1918), Marc Michel, Paris, Karthala, 2013.

Résumé de l'éditeur : L’Afrique théâtre de guerre, les Africains acteurs de la Grande Guerre... Ce livre ne traite pas seulement de la participation des Africains à la Grande Guerre, même s’il rappelle tout ce que la France a dû aux soldats et aux paysans d’Afrique noire et d’Afrique du Nord dans sa lutte contre l’Allemagne et comment les mémoires contemporaines en ont été profondément marquées. Il démontre surtout que le continent africain fut le théâtre de conflits acharnés provoqués par la conquête des colonies allemandes et l’extraordinaire pugnacité des Allemands dans la défense de leurs possessions, Togo, Cameroun, et surtout Afrique de l’Est et Afrique du Sud Ouest ; ainsi leur héros en Afrique de l’Est, Paul-Emil Lettow-Vorbeck, réussi-t-il à tenir tête à des forces alliées dix fois supérieures, jusqu’au 25 novembre 1918. Il montre aussi comment la Grande Guerre représenta un tournant majeur dans l’histoire contemporaine de l’Afrique ; elle fait apparaître là, en Afrique du Nord, les premiers éléments des nationalismes ultérieurs, ailleurs en Afrique du Sud, elle enracine la ségrégation ; ailleurs encore, elle fait naître une prise de conscience raciale de la condition noire dont le Premier Congrès panafricain à Paris en 1919 est l’expression la plus spectaculaire. Au total, le livre couvre les différentes façons dont toute l’Afrique s’est trouvée prise au piège de l’engrenage de la guerre.

La vie culturelle dans la France occupée (1914-1918), Gavin Bowd, Paris, L'Harmattan, 2014. 

Résumé de l'éditeur : L'occupation allemande de la France en 1914-1918 a revu le jour tout récemment dans les travaux d'historiens. Ce livre explore les divers aspects d'une vie culturelle qui subsista malgré et à cause de l'occupation allemande : littérature, théâtre, cinéma, musique, sport, enseignement, et religion. Pour ce faire, il analyse des mémoires d'occupés, les œuvres littéraires publiées pendant et après le conflit, la presse de propagande allemande et la presse clandestine, ainsi que les travaux de recherche récents.

L'adieu à l'Europe. L'Amérique latine et la Grande Guerre (Argentine et Brésil, 1914-1939), Olivier Compagnon, Paris, Fayard, 2013. 

Résumé de l'éditeur : Il est temps que l’histoire de la Grande guerre devienne véritablement mondiale. Elle n’est le plus souvent qu’une histoire européenne, à l'exception de l’entrée en guerre des Etats-Unis. L’Amérique latine semble n’y avoir aucune place, comme si elle s’était tenue en marge du conflit. Pourtant l'Argentine et le Brésil ont bien été confrontés à la guerre. Les populations, largement composées d’immigrants européens, se sont senties concernées par l’issue des combats, d’autant que de nombreuses communautés étaient appelées à rejoindre leur patrie en Europe et à prendre les armes. L’impact de la guerre se fit sentir aussi dans le domaine économique et transforma en profondeur les sociétés latino-américaines. Spectatrices à distance du suicide de l’Europe, elles ont été choquées par cet effondrement d’une civilisation qu’elles admiraient. Les intellectuels, jusque-là convaincus de la nécessité d’imiter la culture européenne, s’en sont détournés pour la seconde fois, après les indépendances du début XIXe siècle, et ont commencé à promouvoir d’autres modèles, d’autres idéaux culturels, du panaméricanisme à l’affirmation nationale. Il n'est pas ici question des sempiternelles histoires de poilus ou des débats sur les résistances à l'effort de guerre. L'Adieu à l'Europe propose une histoire décentrée, depuis cet ailleurs si proche et si lointain qu'est l'Amérique latine. A ce titre, il ne se contente pas de renouveler notre géographie de la guerre, il offre aussi un plaidoyer pour une autre histoire du XXe siècle latino-américain.

Août 14 : La France entre en guerre, Bruno Cabanes, Paris, Gallimard, 2014.

Résumé de l'éditeur : 1er août 1914, la guerre fait irruption dans la vie de millions de Français. En quelques semaines, à Paris, dans les villes et les campagnes, tout a été bouleversé. Brutalement séparés, couples et familles ignorent tout de l'avenir qui les attend. Les hommes partent au front avec l'idée d'un conflit court et la certitude d'une guerre juste. Trois semaines plus tard, une défaite militaire aux frontières fera planer le spectre d'une déroute, tout juste évitée grâce à la victoire sur la Marne début septembre.

Pour saisir la fébrilité de ce premier mois de la Grande Guerre, Bruno Cabanes interroge les témoignages des contemporains, des mémoires et des correspondances jusqu'ici inexplorés, les rapports des préfets ou les relations de police. Il restitue les émotions de l'entrée en guerre, les espoirs, les épreuves, les incertitudes et les rumeurs qui forment les différents paysages de la mobilisation.

Août 14 renouvelle l'interprétation du basculement dans la guerre totale. On situe souvent le premier tournant de 1914 à l'automne, quand la guerre de mouvement fit place à la guerre des tranchées. Or, les premières semaines ont été de loin les plus meurtrières : l'histoire de ce mois d'août est déjà une histoire de la mort de masse et des deuils familiaux. Il ne fallut que quelques jours, au plus quelques semaines, pour que la France entre déjà pleinement dans la guerre.

Voir et montrer la guerre. Images et discours d'artiste en France (1914-1918), Christophe Prochasson, Philippe Vatin, Paris, Les presses du réel, 2013.

Résumé de l'éditeur : Depuis les années 1990, l'histoire de la Première Guerre mondiale promeut l'approche culturelle du conflit. Une petite révolution documentaire fut nécessaire. Aux sources et archives traditionnelles s'ajoutèrent des pièces souvent négligées auparavant : journaux, carnets, correspondances, objets et artisanat des tranchées. Les méthodes de l'archéologie furent aussi mobilisées. Il faut y ajouter l'iconographie au cœur de cet ouvrage. Inaugurale d'un siècle triomphal de l'image, la Grande Guerre abreuva les sociétés participantes d'une foison d'images pour témoigner, encourager les combattants, informer ou éduquer le front de l'intérieur, parfois imaginer ou dénoncer la guerre, voire y participer dans le cadre des sections de camouflage. Tout le monde a vu la guerre, à sa façon. La montrer fut plus délicat. Que peut ou ne peut pas montrer un croquis, une carte postale, une image enfantine, une affiche, un dessin ou une peinture ? Que veut montrer son auteur, son producteur, son commanditaire ? Que croit y voir son récepteur, son destinataire, son client, son public ? Qui plus est, le besoin de voir et montrer la Grande Guerre a évolué de 1914 à nos jours.

 

La France occupée 1914-1918, Philippe Nivet, Paris, Armand Colin, 2014 (2e édition).

Résumé de l'éditeur : Pendant la Première Guerre mondiale, dix départements français, de l’Est et du Nord, ont été totalement ou partiellement occupés. Deux millions de Français environ ont vécu sous la domination allemande. Fondé sur de multiples sources d’archives publiques et privées, cet ouvrage est l’une des premières synthèses sur cette occupation, longtemps occultée dans l’historiographie par l’écran de la Seconde Guerre mondiale. Il met en valeur la germanisation administrative, culturelle et économique du territoire envahi. Il montre ce que fut la vie de ces civils, privés de liberté, soumis au travail forcé, victimes des pénuries alimentaires et subissant les conséquences des opérations militaires. Il s’interroge sur l’attitude qu’ils adoptent vis-à-vis des Allemands : résistance, rapprochement ou collaboration ? Enfin, il accorde une large part à la sortie de l’occupation en montrant comment se met alors en place, parallèlement à la reconstruction matérielle, une reconstruction morale, avec les hommages rendus aux résistants et la mise en cause, y compris judiciaire, de ceux qui ont été proches des occupants. Des documents accompagnent l’étude.

La victoire endeuillée. La sortie de guerre des soldats français, 1918-1920, Bruno Cabanes, Points histoire, réédition poche, 2014.

Résumé de l'éditeur : Le 11 novembre 1918 marque l'arrêt des combats sur le front occidental. Mais, pour cinq millions de soldats français, ce n'est pas encore la fin de la guerre. Il leur faut attendre longtemps avant d'être démobilisés et pouvoir revenir dans leur famille. Cette histoire de la sortie de guerre, jusqu'ici méconnue, nous permet de découvrir des combattants épuisés, impatients de rentrer chez eux, et résolus cependant à ne pas accepter une paix hâtive. La haine de l'ennemi se manifeste alors avec force, et la violence de la " culture de guerre " est portée à son apogée. On imagine les soldats et les civils communiant dans la joie de la victoire. Il n'en est rien, et la fracture entre le front et l'arrière n'a jamais été aussi forte. L'armée française en 1918 est une armée victorieuse. C'est aussi, avant tout, une armée en deuil.

Dans la mêlée des tranchées. Le rugby à l’épreuve de la grande Guerre, Francis Meignan, Le Pas d’oiseau, 2014.

Résumé de l'éditeur : Au moment du déclenchement de la Grande Guerre, le rugby – ce sport si souvent présenté comme une métaphore du combat et de la solidarité – est en France très populaire, et pas seulement dans le Midi. Francis Meignan analyse la contribution et le sort des rugbymen dans la guerre. Avec ce précieux travail, il nous livre une vraie encyclopédie du rugby entre 1914 et 1919, dressant le portrait des joueurs emblématiques de l’époque, en particulier des internationaux, mais aussi des dirigeants. Quel impact cette guerre a-t-elle eu sur la pratique du rugby ? Comment les plus illustres de ses pratiquants s’y sont-ils comportés ? Quelle était la place de ce sport dans la vie quotidienne des Français en 1914 ? Quel prix le rugby a-t-il payé ? Comment a-t-il survécu au conflit et quelles traces celui-ci a-t-il laissées dans ses institutions et dans la mémoire des joueurs et des spectateurs ? Comment le premier conflit mondial – notamment en favorisant le contact avec les Alliés anglo-saxons et néo-zélandais – a-t-il pu influencer durablement la pratique du rugby ?

Misères de l'héroïsme, Gislinde Seybert et  Thomas Stauder, Peter Lang International Academic Publishers, 2013.

Résumé de l'éditeur : Cent ans après le début de la Première Guerre mondiale, plus de soixante-dix contributions en allemand, français et anglais jettent un nouveau regard, inspiré par les méthodes actuelles des études culturelles, sur ses traces intellectuelles, littéraires et artistiques dans la mémoire collective des nations européennes.

Bouleversements démographiques de la Grande Guerre, Jean-Marc Rohrbasser, Paris, INED, 2014.

Résumé de l'éditeur : Le conflit qui fit entrer le monde dans le XXe siècle est toujours, cent ans après, considéré comme l'un des plus grands traumatismes de l'histoire de l'humanité. Le cataclysme démographique qu'il a engendré, ne serait-ce que par le nombre de morts, plusieurs millions, mais aussi par ses conséquences sur les générations suivantes, n'a sans doute pas encore révélé toute son ampleur. On connaît le phénomène des « classes creuses », mis en évidence par les pyramides des âges, conséquence de décès massifs de jeunes partis trop tôt sans laisser de descendance.
Le deuil a été vécu de façon massive et brutale par la plupart des familles. Il a eu pour effet de retarder les mariages et de faire chuter la fécondité. Des transformations qui, accentuées par un contexte économique chaotique, ont laissé de profondes traces au sein de la société.
Moins connu est l'impact de la guerre sur la mortalité infantile, que les pénuries et les maladies dues aux conflits ont aggravé. Autres grandes victimes de la guerre, les veuves, obligées de s'adapter à une nouvelle vie. Mais au-delà du sacrifice, les chiffres et leurs évolutions montrent aussi la capacité de la société à faire face.
Cet ouvrage rassemble une série de textes, articles et extraits d'ouvrages déjà parus, qui permet de faire un bilan démographique, cent ans après le début de la Première Guerre mondiale, sur les conséquences que ce conflit majeur a eu notamment sur la population française.

Voir la Grande Guerre. Un autre récit, Annette Becker, Paris, Armand Colin, 2014.

Résumé de l'éditeur : Ce livre est un manifeste d’historienne. Pour dire la guerre mondiale, souvent totale, il prouve que d’autres ressources que celles de l’écrit sont nécessaires, d’où ce récit placé à hauteur d’œil, dans le regard des années de guerre. Qu’ont perçu les combattants et les civiles du monde entier des fronts militaires et des fronts domestiques ? Qu’ont fait passer de la tragédie globale et des tragédies singulières, dessinateurs, cinéastes, peintres, photographes, artisans d’objets de guerre ? nous saisissons le conflit à travers les images, celles qui furent publiées ou exposées comme celles qui demeurèrent dans la sphère privée. Trois chapitres construits autour de la photographie et du cinéma, des caricatures et du camouflage militaire – paradoxalement né en partie autour des avant-gardes – réactivent souffrances, consentements, désespoirs, refus, courages. De nombreux contemporains pensaient que la douleur serait infinie ; le quatrième chapitre, « deuils » permet de suivre le prolongement des images du temps de guerre dans le siècle : les pratiques commémoratives ont transformé les paysages et les espaces mentaux, jusqu’aux artistes les plus résolument contemporains. Un écrivain, Pierre Bergounioux, conclut le récit.

La chanson de Craonne, Guy Marival, Regain de lecture, 2014.

Résumé de l'éditeur : La Chanson de Craonne (du nom du village de Craonne) est une chanson contestataire, chantée par des soldats français durant la Première Guerre mondiale, entre 1915 et 1917. Elle est interdite par le commandement militaire qui la censure en raison de ses paroles antimilitaristes (" on s'en va là-bas en baissant la tête ", " nos pauvr' remplaçants vont chercher leurs tombes "), défaitistes (" c'est bien fini, on en a assez, personne ne veut plus marcher ") et subversives incitant à la mutinerie (" c'est fini, nous, les troufions, on va se mettre en grève ") alors qu'une guerre est en train de se livrer sur le territoire national. Cette chanson politiquement engagée (à l'extrême-gauche) a des visées anticapitalistes quand elle fustige " les gros ", " ceux qu'ont le pognon " et " les biens de ces messieurs là ". Elle est contemporaine de la révolution bolchevique de 1917 qui a entraîné, en France, la mutinerie des soldats communistes russes à La Courtine et, sur le front de l'Est, la débandade et le retrait des troupes russes (alors alliées à la France).Une des versions de cette chanson censurée est publiée, après la guerre, en 1919 par l'écrivain Raymond Lefebvre sous le titre de Chanson de Lorette.

Le feu aux poudres. Qui a déclenché la guerre en 1914 ?, Gerd Krumeich, Belin, 2014.

Résumé de l'éditeur : La question des origines de la Grande Guerre préoccupe les historiens. Pour deux raisons majeures : parce qu’elle est la première guerre totale de l’histoire ; parce que, détruisant un ordre ancien, elle inaugure l’ère des totalitarismes. Le débat a été récemment relancé par la publication d’ouvrages qui s’inscrivent dans la lignée des Somnambules de Christopher Clark (traduit en français par Flammarion, en 2013), et qui tentent d’affranchir l’Allemagne et l’Autriche- Hongrie du reproche qui leur est traditionnellement fait d’avoir déclenché le conflit. Gerd Krumeich soutient la thèse contraire et entend rétablir les faits à l’appui d’un examen minutieux de la diplomatie internationale et de son rôle fondamental lors de la crise de juillet 1914. La guerre est due aux jeux et contraintes des Alliances : c’est l’action de l’Autriche-Hongrie contre la Serbie et le soutien inconditionnel que l’Allemagne apporte à cette politique offensive qui ont joué un rôle décisif. Il faut également prendre en compte le choc entre les États-Nations et les Empires et l’obsession permanente du complot belliqueux : l’Allemagne entend ainsi rompre avec l’encerclement que lui font, selon elle, subir la France et la Russie, aidées de l’Angleterre.

La Première Guerre mondiale, tome3, sous la direction de Jay Winter et Annette Becker, Paris, Fayard, 2014.

Résumé de l'éditeur : Sous la direction de Jay Winter, professeur à l’université de Yale, avec le Centre international de recherche de l’Historial de la Grande Guerre et coordonné par Annette Becker, il réunit les plus grands spécialistes internationaux du confl it. Il paraît simultanément chez Fayard et dans la très prestigieuse collection « Cambridge History », au Royaume-Uni. Véritable oeuvre transnationale, et manifeste d’une génération d’historiens, ce livre englobe tous les espaces et les temps de la guerre qui, si elle est née en Europe, devient très vite mondiale par le jeu des Empires coloniaux des grandes puissances. Après le volume 1, Combats, qui déclinait les campagnes sur tous les fronts militaires et s’arrêtait sur les atrocités particulières dont le génocide dans l’Empire ottoman, et le volume 2, États, qui entrait dans la logique de la guerre totale telle que menée par tous ceux qui participent à l’effort de guerre et le fi nancent, dans les usines, les villes et les campagnes, le volume 3, Sociétés, montre que la guerre a bouleversé les sociétés encore largement traditionnelles. Les femmes, les enfants, les minorités, les réfugiés, sont pris dans le mouvement d’un confl it qui innove sur tous les terrains : nouvelles blessures, physiques et mentales, nouveaux rapports sociaux, nouvelles formes d’expression culturelle de la guerre et du deuil. À l’heure du centenaire, ce livre, appelé à faire date, porte la plume d’une mémoire encore à vif, en deuil de près de 10 millions de combattants et de centaines de milliers de civils. Il soulève le voile des illusions perdues pour retrouver la guerre, telle qu’elle fut.

L’Inde dans la Grande Guerre. Les Cipayes sur le front de l’Ouest, Santanu Das, Gallimard, Ministère de la Défense–DMPA, Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale, 2014.

Résumé de l'éditeur : au matin du 26 septembre 1914, sous un ciel automnal et par une douce brise, les bateaux transportant les premières troupes indiennes de la division Lahore firent leur entrée dans le port de Marseille. À peine l’ancre jetée, on vit apparaître sur le pont un groupe d’Indiens – débraillés, souffrant du mal de mer, mais très excités. Les sapeurs et les mineurs de la 20e Compagnie de la Lahore Division et du 129e Baluchis se disputaient le privilège de poser les premiers le pied sur le sol français. Quoi qu’il en soit, l’Indian Expeditionary Force A était arrivée. L’Inde, du fait de son appartenance à l’Empire britannique, fut largement impliquée dans la Première Guerre mondiale, au point d’envoyer servir outre-mer plus d’un million d’hommes. Environ 140 000 d’entre eux, combattants et non combattants, arrivèrent ainsi en France et en Belgique entre septembre 1914 et octobre 1918. Ce livre parle de ces hommes : il se veut un témoignage visuel de leur existence en Europe – dans les tranchées, les champs, les fermes, les cantonnements, les villes, les gares, les hôpitaux, les camps de prisonniers –, ainsi que du monde qu’ils ont laissé derrière eux, en Inde, et de l’interminable monotonie de leur voyage et de notre façon d’entretenir leur mémoire.

Couples dans la Grande Guerre. Le tragique et l'ordinaire du lien conjugal, Clémentine Vidal-Naquet, Les Belles Lettres, 2014.

Résumé de l'éditeur : La séparation massive des couples pendant la Grande Guerre invite à faire l'histoire du lien fragile créé entre les conjoints malgré le conflit. À la croisée de l’histoire culturelle de la guerre, de la vie privée, du genre et des sensibilités, ce livre interroge les répercussions de la guerre sur la sphère intime.
Si, dans le souhait de rendre compte à la fois des aspects collectifs et singuliers de ces expériences conjugales, de nombreuses archives sont mobilisées, l’auteur présente surtout les correspondances comme une source incomparable pour saisir l’expression des sensibilités. Elle aborde ainsi des thèmes essentiels permettant de comprendre l'agissement, en profondeur, de ce premier conflit mondial : le remplacement des hommes par leurs femmes aux affaires et dans la gestion du foyer et les difficultés économiques nouvelles rencontrées ; l’ébranlement de l'institution maritale ; l’omniprésence, pour la première fois dans l’histoire, de l’échange épistolaire.
La recherche d’une quotidienneté perdue, le partage des émotions, l’expression de l’amour ou du désir, façonnent le pacte épistolaire de guerre scellé entre les conjoints. Par la correspondance, il s’agit aussi bien de faire perdurer que d’inventer la normalité du quotidien conjugal. Mais dans le conflit, la relation se transforme sous l’effet de la menace constante de la mort. L’essentiel se situe dans cette tension qu’impose la proximité de la disparition : aimer mieux grâce à la guerre, risquer le pire et dire le quotidien, penser l’avenir lorsqu’il est incertain. En somme, vivre simultanément le tragique et l’ordinaire.

Les étrangers et la Grande Guerre, Laurent Dornel, Musée de l'Histoire de l'Immigration, La Documentation française, 2014.

Résumé de l'éditeur : Quand la Première Guerre mondiale éclate, la France est déjà un pays d’immigration. Les étrangers, dont les situations sont très contrastées, sont immédiatement et durablement affectés. Mais la guerre provoque aussi l’arrivée de centaines de milliers de soldats et de travailleurs, recrutés dans les pays limitrophes ou dans les colonies pour combler les besoins humains devenus considérables. Cet ouvrage analyse l’histoire peu connue de ces étrangers aux statuts et aux origines très divers, mais aussi leurs relations avec les armées et la société française. L’après-guerre hérite de la mise en place d’une politique racialiste qui se déploie notamment dans le monde du travail.

1914-1918 : les juifs dans la tourmente à travers la carte postale, Gérard Silvain, Berg International, 2014.

Résumé de l'éditeur : Au début de la Grande Guerre, la nation devient une valeur supérieure aux classes sociales comme aux religions. Partout, le curé, le pasteur, le rabbin et l’iman des colonies bénissent ensemble les troupes mobilisées. Tant et si bien que la guerre va opposer les juifs des deux camps. Patriotes en chacun des pays belligérants, ils n’expriment pas de pensée propre sur la guerre. Ils ne se distinguent que dans les pays où ils subissent des persécutions. Néanmoins, l’antisémitisme que les unions sacrées avaient relégué au second plan revient rapidement tandis qu’en Russie, et surtout en Ukraine, la guerre civile qui annonce la révolution d’Octobre 1917 s’accompagne de pogroms. En Allemagne et dans la petite Autriche réduite à elle-même, la défaite et les convulsions qui en découlent préparent directement le nazisme. Le Parlement allemand réuni à Weimar proclame la République et celui de Vienne fait le même choix. Dans les deux nations germaniques, les juifs placent leurs espoirs en ces nouveaux régimes fondés sur la démocratie. Ils accèdent à des responsabilités politiques. Il s’en trouve, aussi, à la tête des mouvements révolutionnaires qui tentent d’établir une jonction entre la révolution russe, la révolution allemande et les insurrections qui éclatent dans l’Empire austro-hongrois. Les conséquences seront tragiques. Radicalisés par la défaite, des officiers et sous-officiers forment des Corps Francs. Ils enlèvent et assassinent Rosa Luxemburg à Berlin et se chargent à Munich de liquider Kurt Eisner, président d’une éphémère République des Soviets de Bavière. Ces Corps Francs, tolérés par les dirigeants sociaux-démocrates et libéraux de la République de Weimar préfigurent l’avenir. On y trouve le capitaine Rhöm, fondateur du parti nazi, Rudolf Hess, Reinard Heydrich et Martin Borman.

1916: l'enfer, Jean-Yves Le Naour, Perrin, 2014.

Résumé de l'éditeur : Après les cruelles désillusions de 1914 et les offensives répétées, aussi meurtrières que vaines, de 1915, les stratèges tirent en 1916 les leçons de la guerre des tranchées et envisagent désormais de mener le conflit en scientifiques : finies les attaques à outrance de l'infanterie, place au feu roulant de l'artillerie, aux orages d'acier qui doivent tout annihiler sur leur passage. Et pourtant, malgré les dizaines de millions de bombes lancées sur Verdun ou sur la Somme, le sacrifice des soldats français ou allemands a raison des espoirs placés dans ces batailles de matériel.
Les opinions s'émeuvent, les députés ruent dans les brancards, l'Autriche-Hongrie s'épuise, la Russie se disloque, la Roumanie est écrasée, le pacifisme relève la tête et les poilus commencent à affirmer qu'ils en ont assez ! Mais comment sortir de l'abîme ? Tandis que la Grande-Bretagne est prête à se battre jusqu'au dernier Français, l'Allemagne affamée hésite entre une paix négociée et le jusqu'auboutisme de la guerre sous-marine, et les États-Unis, en embuscade, se verraient bien en faiseurs de paix sur le Vieux Continent.

Correspondances conjugales : 1914-1918, Clémentine Vidal-Naquet, Robert Lafont, 2014.

Résumé de l'éditeur : Comment, à l’échelle des couples, est vécue la Première Guerre mondiale ? Comment se construisent et se transforment les liens qui unissent les conjoints alors que le conflit impose aux mobilisés et à leurs femmes de vivre à distance et sous la menace omniprésente de la mort et de la séparation définitive ? Quelles formes prend une relation entièrement vécue par l’écrit ? Que devient le quotidien conjugal quand il est bouleversé par la séparation ? Et de quelle façon la guerre contraint-elle à l’écriture des sentiments amoureux et du désir sexuel ? Correspondances conjugales 1914-1918 permet de mesurer le poids des échanges épistolaires dans les relations sociales et parmi elles, les relations amoureuses, entre le front et l’arrière pendant les quatre années de guerre.

Marie Curie. Portrait d'une femme engagée 1914-1918, Marie-Noëlle Himbert, Actes Sud, 2014.

Résumé de l'éditeur : Marie Curie était une femme insaisissable, cadenassée. Le récit de ses activités, parfois clandestines, durant la Première Guerre mondiale, éclaire d’un jour nouveau la face méconnue de ce personnage célèbre : son engagement et son humanité. En août 1914, Marie Curie est une femme seule. Ses découvertes, ses deux prix Nobel sont derrière elle, et son époux Pierre est mort depuis huit ans. Ce qu’elle va entreprendre durant ces quatre années de guerre, sur les lignes de front, au plus près des blessés, la rappelle à la vie.
Elle fait acheminer vers l’avant, malgré le risque et contre les autorités, le matériel et les techniques des rayons X qui vont permettre la localisation, et donc l’extraction, des éclats d’obus.
Mais pour y parvenir, il lui faut tricher, défier les règles, se battre, et oser emmener sa fille Irène, dix-sept ans, sur les routes en guerre, puis la lâcher, seule, dans des hôpitaux de l’avant.
Bilan de cette guerre de Marie Curie : vingt voitures radiologiques sur le front, plus de deux cents postes fixes dans les hôpitaux, cent quatre-vingts manipulatrices radio formées dans son école. Plus d’un million de soldats furent secourus par ses installations, mille d’entre eux de ses propres mains. Elle révèle dans un texte inédit ce que ces faits de guerre lui ont apportés : “une grande douceur”.
Bien des archives consultées par Marie-Noëlle Himbert n’avaient jamais été exploitées ; certaines, issues des documents personnels de la famille du Pr Claudius Regaud, étant même jusqu’ici inconnues. Cent ans après, Marie Curie, sa fougue, son insolence, son génie viennent encore nous toucher.

Des vietnamiens dans la Grande Guerre. 50 000 recrues dans les usines françaises, Mireille Le Van Ho, Paris, Vendémiaire, 2014.

Résumé de l'éditeur : En 1915, alors que la France s'enlise dans la guerre, augmentant sans relâche sa production d'armement, les ouvriers manquent et le recours à l'Empire semble s'imposer : de 1916 à 1919, 50 000 Vietnamiens seront recrutés, parmi les paysans les plus pauvres du delta du Fleuve rouge. Pour ces hommes déracinés, la découverte de l'Occident sera brutale : cadences infernales, manipulation d'explosifs, travail à la chaîne, acculturation forcée... Précipité dans la guerre industrielle, ce prolétariat en formation accélérée croisera nénamoins des ouvriers organisés, découvrira la démocratie, la ville moderne et - expérience décisive - fréquentera les femmes françaises, toutes choses inimaginables dans la colonie.

Dès lors, les retours en Indochine ne se feront pas sans heurts : en échange des sacrifices consentis, beaucoup aspireront à une légitime reconnaissance et réclameront, dans le sillage du futur Ho Chi Minh, une participation effective à la vie politique de leur pays. Au plus près des sources, l'auteur explore et retrace le parcours méconnu de ces hommes qui nourriront la contestation anticolonialiste.

 

La Grande Guerre oubliée, Russie 1914-1918, Alexandre Sumpf, Perrin, 2014.

Résumé de l'éditeur : La Marne, Verdun, le Chemin des Dames... On connaît tout ou presque de la Grande Guerre en France. Au même moment, à l'autre bout de l'Europe, 15 millions de soldats du tsar affrontaient seuls trois empires. Sait-on ce qu'ils ont expérimenté, pensé et subi, comment s'est organisé l'effort de guerre, combien la population a souffert des disparitions, des déportations et des occupations ? Il faut aussi imaginer une société civile s'imposer à un pouvoir qui la méprise par son engagement patriotique, économique et philanthropique ; un empire où les peuples aspirent à se libérer de la domination russe ; une capitale où les partis politiques trament la fin de l'autocratie. Cette guerre « catalyseur de l'histoire », selon Lénine, débouche enfin sur deux révolutions – Février et Octobre 1917 – qui enfantent la citoyenneté, bouleversent les campagnes et scellent le refus de combattre sur le front. Archives inédites, témoignages, documents iconographiques et audiovisuels d'époque permettent à cet ouvrage fondé sur la plus récente historiographie de ranimer cette histoire à la fois singulière et profondément européenne.

14-18 insolite. Albums-photos des soldats au repos, Joëlle Beurrier, Nouveau Monde Edition, 2014.

Résumé de l'éditeur : Que sait-on précisément des moments de pause et de décompression durant la guerre de 14-18 ? Des soldats photographes amateurs ont immortalisé des clichés du repos, loin des combats. Constitués en albums, ils montrent la face cachée d'une guerre célèbre pour sa violence totale. Ils évoquent des moments collectifs dédiés à la lessive et la toilette, à la musique ou aux repas, qui disent une immense soif de paix et de normalité. Tous fonctionnent comme autant de rituels qui soudent les individus en les agrégeant les uns aux autres.
Pour qui cherche à comprendre le caractère exceptionnel de l’endurance à la violence extrême, omettre la banalité du repos parce qu’elle n’est pas sensationnelle conduirait à un contresens historique. La résistance, le courage et le sacrifice ne sont possibles que parce qu’ont existé, dans les interstices de la brutalité totale, des espaces de moindre relief et de relâchement, repas collectifs, divertissements puérils et parties de pêche entre hommes. Cette dimension, seuls les clichés d’amateurs en délivrent une image. Ils restituent alors la complétude des « bonshommes » de 14-18, dont les expériences intenses ne se limitèrent pas à l’insoutenable. Constitués comme des albums de famille aux codes visuels spécifiques, ces recueils témoignent combien le rire, le plaisir et le jeu fondèrent l’identité combattante autant que la mort.

Les travailleurs militaires italiens en France pendant la Grande Guerre, Hubert Heyriès, Presses universitaires de la Méditerranée, Montpellier, 2014.

Résumé de l'éditeur : À la fin de la Grande Guerre, entre 70 000 et 80 000 auxiliaires militaires italiens arrivèrent en France pour travailler à l’arrière et effectuer des travaux de défense à l’avant mais leur histoire a été en grande partie oubliée. Aussi, ce livre entend combler une lacune historiographique française et italienne à partir des fonds archivistiques, dont certains sont inédits (comme les rapports du contrôle postal italien) et des sources imprimées (débats parlementaires, mémoires, presse, et iconographie) militaires, politiques et diplomatiques, des deux pays. De fait, cet ouvrage, qui s’inscrit dans le renouvellement de l’histoire militaire en associant armée, guerre et mentalité, a l’ambition de retrouver la trace de ces soldats italiens en terre de France, dans leur complexité et leur diversité, indépendamment de leur origine, de leur affectation, et de leur condition, des soldats travailleurs certes, mais aussi, parfois, des combattants, et toujours des hommes tout simplement emportés dans l’une des tragédies majeures de l’histoire de l’humanité.

Les Éparges. DIE COMBRES-HÖHE (1914-1918). Français et Allemands face à face sur les Hauts de Meuse, Nicolas Czubak - Pascal Lejeune, Paris, éditions DACRES, 2014, 288 pages.

Résumé de l’éditeur : Les Éparges demeure un des hauts lieux de la Première Guerre mondiale situé à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Verdun. Bien connu des amateurs de ce conflit, la notoriété de ce site est due en grande partie à Ceux de 14, oeuvre magistrale de Maurice Genevoix qui a rendu compte avec une grande sensibilité et une grande précision des terribles combats qui s’y sont déroulés en 1915.
Les visiteurs et les pèlerins qui se rendent à l’heure actuelle sur la crête des Éparges cheminent jusqu’au monument du point X pour y embrasser du regard le magnifique panorama qui s’ouvre sur la plaine de la Woëvre. Si les nombreuses traces, dont les plus spectaculaires sont les entonnoirs de mines, le cimetière militaire et les monuments, rappellent la lutte acharnée, la « lecture » de ce champ de bataille n’est pas toujours aisée et on peine parfois à identifier les enjeux des combats qui ont eu lieu sur cette partie des Hauts de Meuse. Dans cet ouvrage, Nicolas Czubak et Pascal Lejeune proposent de présenter, à hauteur d’hommes, les différentes étapes de la lutte qui a opposé combattants français et allemands sur ce petit éperon entre septembre 1914 et septembre 1918. S’appuyant sur des archives françaises et allemandes non exploitées jusqu’alors, sur une riche iconographie, ainsi que sur de nombreux témoignages, souvent inédits, les auteurs apportent un regard nouveau sur ce face à face impitoyable où toutes les énergies et les techniques ont été déployées pour détruire l’adversaire… Un documentaire d’une soixantaine de minutes, supplément DVD vidéo joint au livre, permet de suivre les auteurs à la découverte de l’histoire sur les chemins des Éparges.

Images de la bataille de Verdun. Documents français et allemands, Jacques-Henri Lefebvre, Paris, éditions DACRES, 2014, 136 pages.

Résumé de l’éditeur : Presque tous les régiments français sont « montés » à Verdun. La première étape du calvaire des hommes était la relève. Une canonnade frénétique qui, à des dizaines de kilomètres de distance, faisait trembler le sol et, la nuit, surmontait lʼhorizon dʼune lueur palpitante et sans fin, attestait le champ de bataille. Avant même dʼavoir atteint les premières lignes, les troupes de renfort étaient prises par le canon allemand. Leur progression sʼaccomplissait, interminable, harassante, aveugle, au travers dʼun océan de boue débordant de cratères, parmi des éboulis de ruines jonchées de cadavres, et sous les fulgurations des éclatements. Combien de « Poilus » nʼatteignirent pas lʼemplacement de combat assigné ? La foudre des « gros noirs » les avait volatilisés en route... Basé sur des documents français et allemands, « Images de la bataille de Verdun » de Jacques-Henri Lefebvre est un ouvrage de synthèse, une découverte visuelle, un résumé simple et concis pour mieux appréhender ce qu’a pu être cette page célèbre et tragique de l’Histoire... et sa plus grande bataille.

France-Russie : 1914-1918: de l'alliance à la coopération, recueil d’articles scientifiques, éditions Encyclopédie politique, collection Première Guerre mondiale, 2015, Moscou

Résumé de l'éditeur : Le recueil comporte les textes des exposés présentés au colloque scientifique franco-russe « France-Russie : 1914-1918 : de l’alliance à la coopération » qui a eu lieu les 15-16 septembre 2014 à Yaroslavl (Russie) sous le patronage de Monsieur le Ministre Jean-Pierre Chevènement, membre honoraire du Parlement, représentant spécial du gouvernement français pour la Russie et Monsieur Serguey E. Narychkine, Président du Comité national d’organisation du centenaire de la Première Guerre mondiale, Président de la Société historique russe, Président de la Douma. Cet ouvrage a été réalisé sous la direction de la Renaissance française en Russie, la Société historique russe et l’Université d’Etat de Yaroslavl P.G.DEMIDOV.

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Verdun 1916, Antoine Prost et Gerd Krumeich, éditions Tallandier, novembre 2015.

Résumé de l'éditeur : Du 21 février au 19 décembre 1916, les armées françaises et allemandes s’affrontent à Verdun. Écrite par deux grands historiens de la Grande Guerre, l’un allemand, l’autre français, cette histoire de la plus célèbre des batailles est la première à croiser les deux points de vue.Verdun a été la bataille la plus longue, la plus dévastatrice – 700 000 pertes, dont 300 000 morts– et la plus inhumaine de la Première Guerre mondiale : violence extrême des combats, souffrances inouïes des soldats sur un terrain transformé en enfer, tout cela pour un résultat militaire dérisoire.Cent ans plus tard, la bataille de Verdun interroge toujours autant les historiens. Pourquoi a-t-elle eu lieu et a-t-elle duré presque un an ? Comment s’expliquent les premiers succès allemands ? Pourquoi et comment les Français ont-ils résisté ? Pourquoi cette bataille a-t-elle dans la mémoire française un statut si exceptionnel ? Avec finesse et perspicacité, Antoine Prost et Gerd Krumeich s’unissent pour suivre les soldats et leurs chefs des deux côtés de la ligne de front. En décrivant avec minutie leur quotidien et en suivant l’évolution de l’opinion publique, de 1916 à nos jours, ils racontent comment s’est construit le « mythe » Verdun, jusqu’à devenir le symbole même de la Grande Guerre.

La Grande Guerre des écrivains, sous la direction de Romain Vignest et Jean-Nicolas Corvisier, Rencontres n°137, Classiques Garnier, décembre 2015

Résumé de l'éditeur : La Première Guerre mondiale a bouleversé le rapport de la littérature au monde ; elle inspire encore la création littéraire et cinématographique. Les études ici rassemblées s’intéressent à la manière dont les auteurs, notamment français, ont, au fil du siècle, vécu, pensé, représenté la Grande Guerre.

Manger et boire entre 1914 et 1918, sous la direction de Caroline Poulain, bibliothèque municipale de Dijon, éditions Snoeck, janvier 2016

Résumé de l'éditeur : dans un contexte historiographique accorant une large place à la culture matérielle, au quotidien, aux hommes, à "l'histoire d'en bas", au corps, aux conditions de vie, aux témoignages, à l'histoire expérimentale, cet ouvrage apporte un éclairage spécifique à la Grande Guerre, sous l'angle de l'alimentation, grâce aux contributions d'historiens spécialistes de la période et de la bibliothèque municipale de Dijon, dont le fonds gourmand est une référence nationale.
 

La censure en France pendant la Grande Guerre, par Olivier Forcade, historien spécialiste de l'information et des relations internationales, éditions Fayard, coll. Histoire, novembre 2016.

Qu'ont su les Français des évènements quils traversèrent entre 1914 et 1919 ? A période exceptionnelle, attitude exceptionnelle : de droite ou de gauche, le patriotisme exigeait un soutien indéfectible au gouvernement. La propagande à ses côtés, la censure républicaine a occulté l'ampleur des destructions et des pertes, imposant silences ou vérités tronquées. Le sang coulat, l'encre était sèche.  Dèsles premiers d'août 1914, les pouvoirs publics et l'armée censuraient largement les informations diplomatiques et militaires auprès des agences de presse et des journaux. Prévu pour une brève période, ce contrôle préalable a étendu rapidement son empire à la vie politique, aux institutions et à tous les faits de guerre. Affaires de corruption, grèves, mutineries, révolution russe avaient disparu comme par enchantement.
La censure, qui remettait en question les avancées libérales républicaines d'avant-guerre, a enflammé les esprits. D'Apollinaire à Maurras, de Poincaré à Clemenceau, intellectuels, politiques et militaires ont été les protagonistes de cette histoire qu allait inspirer le guvernement de Vichy.

La Grande Illusion. Comment la France a perdu la paix (1914-1920), par Georges-Henri Soutou, professeur d'histoire contemporaine, spécialiste des relations internationales, éditions Tallandier, septembre 2016.

La grande illusion : que la guerre de 1914-1918 serait courte et mettrait fin à la position dominante occupée par l’Allemagne depuis Bismarck ; que la France récupérerait les territoires perdus depuis la Révolution française, mais aussi établirait une sphère d’influence de premier rang et une mainmise sur les régions rhénanes, voire remettrait en cause l’unité allemande ; et, pour finir, que les traités de paix réaliseraient au moins les principaux objectifs poursuivis et en tout cas garantiraient la sécurité à long terme.
Ces illusions, largement partagées, étaient portées par l’obsession de la sécurité face à l’Allemagne et par l’affirmation du modèle républicain face au « militarisme prussien ». Ceux qui tentèrent d’achever le conflit par la négociation furent écartés.
Paris a joué son rôle dans la marche à la guerre et a défini des buts qui ont largement contribué à déterminer le déroulement du conflit et ensuite la paix. Finalement, les dirigeants n’ont pas obtenu ce qu’ils souhaitaient, tout en compromettant, par leurs exigences et par leur vision biaisée des réalités, la restauration du système international. C’est ainsi que la France a perdu la paix.

Si loin... si proche, la Grande Guerre en Essonne, Les Archives Départementales de l'Essonne, 2016.

Grâce aux archives et aux dons personnels, les Archives départementales de l'Essonne ont pu racontrer l'histoire locale de la Première Guerre mondiale. Nourri d'objets numérisés, de journaux intimes, de photographies, de cartes postales, ce livre réussit à recréer l'atmosphère de la Grande Guerre et l'histoire de la base arrière que constituait l'Essonne à cette période. Il est issu d'une exposition créée en 2014. Il est aussi un aboutissement d'un travail collaboratif entre les personnels des archives et des étudiantes alors volontaires du service civique.

© CD91

Le Front d'Orient. Du désastre des Dardanelles à la victoire finale (1915-1918), par Max Schiavon, docteur en histoire, éditions Tallandier, août 2016.

Injustement méconnu, le front d’Orient a pourtant joué un rôle décisif dans l’issue de la Première Guerre mondiale. D’avril 1915 à fin 1918, les armées alliées d’Orient (britannique, française, italienne, serbe, russe puis grecque) affrontent dans des conditions effroyables les troupes turques, austro-hongroises, allemandes et bulgares. Au plus fort de la bataille, ce sont près de 600 000 hommes de part et d’autre qui s’opposent. Les débarquements et les combats des Dardanelles débutent en avril 1915, avec l’objectif de prendre Constantinople. Décevants, sanglants, ils vont durer neuf mois, au terme desquels les Alliés prennent conscience de l’ampleur du désastre et de l’échec de l’opération.

Ecrire en guerre 1914-1918, des archives privées aux usages publics, sous la direction de Philippe Henwood et Paule René-Bazin, éditions Presses Universitaires de Rennes coll. Histoire, janvier 2017

Nombre de familles, en France et dans les différents pays ayant participé à la Grande Guerre, conservent des archives de cette période. Cent ans après, ces archives privées éveillent la curiosité émue des générations actuelles et retiennent l'attention des historiens. Les auteurs tentent de répondre aux questions suivantes : Qui conserve aujourd'hui ces archives privées?  En quoi consistent-elles? Qui furent leurs auteurs?  Quels ont été leurs usages successifs depuis la Guerre jusqu'à aujourd'hui? Les détenteurs d'archives familiales qui s'interrogent sur le sort à réserver aux documents hérités de leurs ancêtres auxquels ils souhaitent rendre hommage y trouveront de nombreuses réponses à leurs questions. Ce livre s'adresse aussi aux étudiants en histoire, aux chercheurs et, plus largement, à tous ceux qui ressentent le besoin d'en savoir plus sur les archives de ce conflit mondial qui a tant marqué notre histoire. Cette publication est issue d'un colloque conjointement organisé par La Société des Amis des Archives de France et les Archives nationales, en partenariat avec la Fondation Singer- Polignac ; il fait partie des événements commémorant le centenaire de la Grande Guerre (1914-1918) et a reçu le label de la "Mission du centenaire", chargée par l'Etat de coordonner l'ensemble des manifestations sur le territoire national. Les auteurs, français ou étrangers, universitaires ou archivistes, descendants ou non de poilus, sont tous directement impliqués dans l'usage public d'archives privées de la Première Guerre mondiale.

© PUR

Sur les traces d'un secret enfoui, enquête sur l'héritage toxique de la Grande Guerre, Daniel Hubé, Editions Michalon, 2016

Quatrième page de couverture: En 2011, lorsque surgit une question relative à la pollution des nappes phréatiques dans le nord de la France par une substance chimique - le perchlorate - retrouvée dans l'eau du robinet au niveau des anciens champs de bataille de 14-18, le doute s'installe : y aurait-il un lien avec la Grande Guerre ? Là-bas, près de Verdun, en pleine forêt, rien ne pousse. Exception visible, ou n'a-t-elle fait qu'échapper au crible de l'oubli ? Que se cache-t-il sous terre, entre preuves et soupçons ?

À la fin de la Première Guerre mondiale, on estime au total, plus d'1,5 million d'obus chimiques et 300 000 obus explosifs ont ainsi été éliminés dans la Meuse, près de Verdun. L'usage, la destruction et le recyclage de cet arsenal cyclopéen constituent aujourd'hui un héritage toxique centenaire. La Meuse n'est ni un cas ni un département isolé : ailleurs, d'autres lieux ont assimilé le traumatisme tellurique de la Grande Guerre.

L'enquête historique et environnementale de Daniel Hubé, géologue de métier mais surtout par passion, ne figure dans aucun livre. Sa mission ? Faire émerger du passé des questions enfouies. Ses pérégrinations l'ont conduit vers des spécialistes des munitions, puis à se plonger dans les archives, en France et à l'étranger, avant de s'armer de drones pour restituer l'un des derniers secrets de la Grande Guerre et, ainsi, "évaluer la matière à panser".
Un document unique qui pose, aujourd'hui plus que jamais, la question des pollutions de guerre et des désastres écologiques liés aux conflits du XXe siècle.

© Michalon

Les boys d'Alabama, la Rainbow Division er la Première Guerre mondiale, Nimrod Frazier, éditions du CNRS, 2016.

Les boys d’Alabama fait revivre l’épopée du 167e régiment d’infanterie de la division Arc-en-ciel. Composé de volontaires venus du Sud profond, ce dernier s’illustra par ses hauts faits d’armes sur les champs de bataille français durant la Première Guerre mondiale. La division Arc-en-ciel accomplira des prouesses sur le front de Champagne. La bataille de la Ferme de la Croix Rouge, le 26 juillet 1918, est restée dans la légende du 167e régiment tout comme la prise de la Cote de Chatillon, en Argonne, sous les ordres du célèbre Douglas MacArthur.
Impressionné par leur férocité et leur esprit de corps, mais exaspéré par leur exubérance, le général américain Plummer s’exclamera au sujet de ces boys : « En temps de guerre, envoyez-moi tous les Alaba- miens que vous pourrez trouver, mais en temps de paix, pour l’amour de Dieu, envoyez-les à quelqu’un d’autre ! »
Nourri d’archives inédites – journaux, lettres, rapports militaires – , Les boys d’Alabama nous rappelle l’héroı̈sme des soldats américains durant la Première Guerre mondiale, trop souvent occulté par l’engagement des boys sur le front de Normandie en 1944.

© CNRS

Le syndicalisme à l’épreuve de la Première Guerre mondiale, Jean-Louis Robert (dir.), David Chaurand (collab.), Presses Universitaires de Rennes, 2017

Le syndicalisme sort grandi de la première guerre mondiale. En ce sens il est un marqueur décisif de l’évolution des sociétés en guerre, mais aussi des perspectives de reconstruction à court et à long terme. Il est porteur d’une modernité dont les traces se retrouvent dans l’organisation internationale du travail, dans les programmes économiques et sociaux qui se développent dans tous les pays du monde au XXe siècle.

© Presses Universitaires de Rennes

De Tannenberg à Verdun, la Guerre totale, Jean-Paul Bled et Jean-Pierre Deschodt (dir.), Editions SPM, 2017

Quatrième de couverture: Quand la guerre éclate, chacun des belligérants est convaincu que le conflit sera court. Force leur est pourtant d’admettre après la bataille de la Marne qu’il n’en sera rien. La guerre s’enterre. Les tentatives de percée (offensive de la Somme, offensives de l’Isonzo, offensive sur Verdun) se soldent par des échecs. Les gains des Puissances centrales sur le front Est manquent d’être remis en cause par l’offensive Broussilov en juin et juillet 1916. L’attaque des Puissances centrales contre la Serbie en octobre 1915 est certes victorieuse,
mais sans que les grands équilibres en soient bouleversés. En quelques mois, la guerre devient totale. Elle l’est par l’entrée de nouveaux belligérants dans le conflit. Dès octobre 1914, l’Empire ottoman se joint aux Puissances centrales ; en mai 1915, l’Italie déclare la guerre à l’Autriche-Hongrie ; en octobre 1916, la Bulgarie rallie les Puissances centrales ; en août 1916, la Roumanie se joint à l’Entente. La guerre n’est plus seulement européenne. Elle devient mondiale. De nouveaux fronts s’ouvrent en Asie mineure, en Afrique, en Extrême-Orient. Les puissances coloniales trouvent dans leurs empires des réserves pour lever des troupes qui combattent dans
les tranchées. Aucun des belligérants ne s’était préparé à une guerre longue. La nouvelle donne les place dans l’obligation de mettre l’économie au service de l’effort
de guerre, ce qui ne manquera pas de poser à court terme le rôle de l’État. Il faut ensuite mobiliser les peuples, c’est-à-dire soutenir le moral de l’arrière. Pour cela, il faut inventer les rouages et les ressorts de la propagande, mettre en place la pratique de la censure, ce qui risque de poser le problème de la compatibilité de ces mesures avec l’État de droit. Autant de questions auxquelles s’efforce de répondre cet ouvrage constitué des dernières mises au point écrites par des historiens internationaux.

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"STURMGRENADIERE à Bosmont - Histoire du Sturmbataillon N°7", Alain Nice Dirk Schoeters, avril 2017.

 
Inspiré du livre de F. Ristow « Sturmgrenadiere », paru en Allemagne en 1959, ce nouveau livre, en hommage à l’auteur, est le fruit de recherches complémentaires tant dans les archives françaises qu’allemandes. « Sturmgrenadiere », version 2, agrémenté d’une abondante iconographie souvent inédite (photographies allemandes, cartes, croquis, dessins…), retrace l’histoire du Sturmbataillon N°7. Ce bataillon d’assaut de la 7e armée allemande composé de soldats d’élite s’installa à Bosmont-sur-Serre, Tavaux et St Pierremont (canton de Marle, département de l’Aisne) de novembre 1916 à octobre 1918. En 1917 et 1918, ce bataillon combattit sur tout le front de la 7e armée et notamment au Chemin des Dames puis sur la Marne et en Champagne.  
Tous les aspects de l’histoire de ce bataillon d’assaut sont retracés dans ce livre : des origines en passant par la description du vaste camp d’entrainement de Bosmont et ses annexes, la formation des soldats de cette troupe d’élite, leur vie quotidienne, les visites de l’état-major ou celles de Guillaume II ainsi que les souvenirs de témoins directs, acteurs de cette guerre.  
Les raids et les nombreuses attaques auxquels ces soldats participèrent au Chemin des Dames en 1917 ou lors des offensives sur l’Aisne, la Marne et en Champagne en 1918 font l’objet d’un chapitre particulier. Les sources allemandes et françaises sont ainsi confrontées et mises en parallèle.  
L’arrivée de renforts venus du Sturmbataillon N°5 « Rohr » et la présence à Bosmont en 1918 du Württembergisches-Gebirgs-Regiment, une autre troupe d’élite de chasseurs de montagne, sont aussi racontées dans ce livre.  
En parallèle, ce livre évoque divers aspects de l’occupation allemande à Bosmont-sur-Serre, un petit village de la vallée de la Serre, mais aussi à Tavaux, notamment la vie quotidienne des civils sous occupation, les vexations, les punitions, le travail forcé… ainsi que les traces et les vestiges de la Grande Guerre encore bien visibles aujourd’hui, un siècle après, notamment à Bosmont « l’Abri du Kaiser » (1er vestige de la Grande Guerre classé Monument Historique dans le département de l’Aisne en 1921), les restes du camp d’entrainement du Sturmbataillon N°7, le dépôt de munitions...
 
voici les coordonnées pour le commander :
Mr Nice Alain
9 rue de la Tour du Pin
02250 Bosmont/Serre
nice.alain@orange.fr
 

Poilus tahitiens, les établissements français de l'Océanie dans la Grande Guerre, Jean-Christophe Shigetomi, 'Api Tahiti, mai 2017

Quatrième de couverture: Les années de commémoration du Centenaire de la guerre 1914-1918 ont déclenché dans la société polynésienne un désir d’en savoir plus sur ce conflit qui toucha les plus lointaines des colonies européenne. Les grandes lignes de l’histoire de l’Océanie durant ces quatre années sont connues et enseignées dans les programmes d’histoire. Alors pourquoi un livre sur la Grande Guerre en Polynésie Française était-il devenu nécessaire ?

Depuis que les historiens se sont penchés sur le rôle et l’engagement des populations des petites colonies françaises durant le conflit, les historiques régimentaires et les événements retenus dans les mémoires n’apparaissaient plus suffisants. En effet, la demande actuelle émane surtout des individus qui souhaitent que leur histoire familiale s’intègre dans l’histoire nationale, voire internationale.

Partir de l’histoire des soldats tahitiens, de leurs familles, de leur environnement permet de se comprendre aà travers l’histoire des hommes. Les derniers témoins directs disparus, reste une histoire familiale dans laquelle l’arrière-grand-père a côtoyé la Grande Histoire. Comment s’est-t-il trouvé engagé ? Dans quelles conditions a-t-il vécu le départ du pays, la vie sur les fronts des antipodes ? Mais aussi parfois, comment a-t-il trouvé la mort ? Les comment, où, pourquoi fusent à chaque leçon d’histoire en classe, à chaque documentaire présenté à la télévision ou à chaque conférence, colloque, article scientifique, ouvrage familial ou historique qui dévoile un peu plus de notre histoire durant la Grande Guerre.

Les poilus de Harlem, l'épopée des hellfighters dans la Grande Guerre, Thomas Saintourens, Tallandier, mai 2017

Résumé du livre: Ce livre raconte la formidable épopée des soldats noirs américains dans la Grande Guerre : les raisons de leur engagement, leurs hauts faits dans les rangs des Poilus et le décevant retour au pays. Relégués aux travaux manuels, les New-yorkais noirs, après une formation, combattront finalement sous commandement français, intégrés aux Poilus de la 4e armée, évitant ainsi à l'US Army de mélanger les couleurs dans ses rangs. Le régiment des « Hellfighters » multipliera les faits d'armes, tandis qu'entre les combats, leur formidable orchestre popularise le jazz sur le Vieux Continent. Thomas Saintourens raconte l'épopée française de ces soldats noirs américains, brossant les portraits de certaines figures : Arthur Little, l'éditeur de Brooklyn, le peintre Horace Pippin immortalisant ses compatriotes-soldats dans ses carnets, James Reese Europe, le chef d'orchestre de jazz talentueux, mais aussi de simples boxeurs ou porteurs de valises. Cette guerre sonnait pour eux comme un double combat, celui de la logique de ségrégation qu'ils espéraient enfin rompre en prouvant leur valeur sur les champs de bataille. À peine rentrés au pays, ils sont privés de la parade de la victoire et subissent les affres d'une ségrégation plus violente encore. Si le « 369th » a reçu les plus hautes décorations militaires françaises, il faudra attendre juin 2015 pour que le descendant de Henry Lincoln Johnson, le plus fameux d'entre eux, reçoive sa médaille d'honneur posthume des mains de Barack Obama. Commémorations en France à partir de juin 2017 (Brest, Saint-Nazaire) et grande exposition prévue à Paris en janvier 2018. Thomas Saintourens est journaliste pour la presse magazine (Usbek & Rica, Le Parisien, Géo) où il travaille en particulier sur les questions de société. Il est également l'auteur du Maestro, à la recherche de la musique des camps 1933-1945 (2012). Pour ce livre, il a eu notamment accès au dossier remis à la Maison Blanche pour faire obtenir la Medal of Honour posthume à Henry Lincoln Johnson.

© Tallandier

La Marine française 14-18, quand on n'a que son devoir, François Schwerer Temporis Editions, juin 2017

Pourquoi la Marine française, la 4ème flotte du monde, n’était-elle pas prête pour entrer en guerre ? Pourquoi cette curieuse « marine d’échantillons », résultat de choix industriels, techniques et stratégiques hasardeux ? Pourquoi ce soutien ambigu et méfiant du monde politique à son encontre, et tant de dissensions en son sein ?

Mais pour quelles obscures raisons aussi son rôle finalement déterminant fût-il victime d’une certaine injustice historiographique et ramené à une place trop modeste dans la mémoire collective ?

L’auteur, François Schwerer, répond avec pertinence et panache, mais sans complaisance, à ces questions, n’oubliant rien des discrets exploits de la Marine française, des tâches ingrates accomplies, du formidable engagement des marins français dans la défense du pays. Cantonnée aux seconds rôles dans l’alliance avec les anglais en Méditerranée, attendant vainement le « combat décisif «, elle marqua l’opinion publique grâce à l’héroïsme des fusiliers marins de Dixmude et par la désastreuse expédition anglo-française des Dardanelles.

Mais la guerre sous-marine à outrance l’obligea à s’adapter. La Marine intervint dans les Balkans et en Syrie, fût efficace pour sécuriser l’approvisionnement du pays, protéger les convois de navires marchands, les côtes et les ports français, l’arrivée des américains en 1917. Cela valait bien à la Marine française la reconnaissance de la Nation pour avoir aussi puissamment contribué à la victoire en défendant ardemment l’inébranlable vocation maritime de la France.

© Couverture du livre
  • La Grande Guerre si loin, si proche. Réflexions sur un centenaire, Jean-Noël Jeanneney.
  • Les Oubliés de la Somme, Pierre Miquel.
  • Cinq deuils de guerre, Stéphane Audoin-Rouzeau.
  • De Gaulle-Pétain, Frédéric Salat-Baroux.
  • Charleroi, 21-23 août 1914, Damien Baldin et Emmanuel Saint-Fuscien.
  • La Journée la plus meurtrière de l’histoire de France, 22 août 1914, Jean-Michel Steg.
  • La Grande Guerre. Une histoire franco-allemande, JJ Becker et G. Krumeich.
  • 14-18. Vivre et mourir dans les tranchées, Rémy Cazals et André Loez.
  • Fusillés pour l’exemple (1914-1915), Général André Bach.
  • Six mois qui incendièrent le monde, juillet-décembre 1914, François Roth.
  • L’Agonie d’une monarchie, Jean-Paul Bled.
  • L’année 14, Jean-Jacques Becker.
  • 11 Novembre, Du Souvenir à la Mémoire, Rémi Dalisson.
  • Lectures de poilus, Benjamin Gilles.
  • Combats de femmes, 1914-1918, Evelyne Morin-Rotureau.
  • Tromper l’ennemi – L’invention du camouflage moderne en 1914-1918, Cécile Coutin.
  • Feu sur Paris ! L’histoire vraie de la Grosse Bertha, Christophe Dutrône.
  • Le Soldat et la Putain – Histoire d’un couple inséparable, Christian Benoit .
  • Encyclopédie de la Grande Guerre (tome 1 et 2), Stéphane Audouin-Rouzeau et Jean-Jacques Becker,.
  • Le Chemin des Dames, Nicolas Offenstadt.
  • Les soldats de la honte, Jean-Yves Le Naour.
  • 1914 : La grande illusion, Jean-Yves Le Naour.
  • 1915 : l'enlisement. Jean-Yves Le Naour.
  • La Grande Guerre des civils, Eric Alary.
  • La Grande Guerre, fin d'un monde, début d'une époque. François Cochet.
  • La première guerre d'Hitler, Thomas Weber.
  • La Première Guerre mondiale : combats (tome 1), Jay Winter (dir.).
  • 1914, enquête sur une guerre programmée, Gérard Chauvy.
  • Les somnambules, Christopher Clark.
  • L'enfant de l'ennemi, Stéphane Audouin-Rouzeau.
  • La Grande Guerre des gendarmes, Louis N. Panel.
  • 1914, Luciano Canfora.
  • 1914, la guerre n’aura pas lieu, Philippe Conrad.
  • Tous unis dans la tranchée, Nicolas Mariot.
  • Si nous vivions en 1913, Antoine Prost.
  • La catastrophe allemande, Nicolas Patin.
  • Vers la grande Guerre. Comment l’Europe a renoncé à la paix, Margaret MacMillan.
  • Articles et discours de guerre – Georges Clemenceau, présenté par Jean-Jacques Becker. Avril 2012, Pierre de Taillac.
  • Le monde selon Jaurès. Polémiques, réflexions, discours et prophéties, Bruno Fuligni. Février 2014, Tallandier.
  • 500 témoins de la Grande Guerre, sous la direction de Rémy Cazals. Septembre 2013, Editions Midi-Pyrénées.
  • La camaraderie au front, Alexandre Lafon. Armand Colin, avril 2014.
  • L'invention de la guerre moderne, du pantalon rouge au char d'assaut 1871 - 1918, Michel Goya. Tallandier, avril 2014.
  • La Bataille d'Occident, Eric Vuillard. Actes Sud, Mars 2014.
  • Les Anciens combattants, 1914-1940, Antoine Prost. Folio, février 2014.
  • La Première Guerre mondiale. Etats, Jay Winter
  • Après la Grande Guerre Comment les Amérindiens des États-Unis sont devenus patriotes (1917-1947), Thomas Grillot
  • La Grande Guerre au petit écran Les imaginaires télévisuels de la Première Guerre mondiale, Ariane Beauvillard et Laurent Bihl
  • Les Derniers Feux de la Belle Epoque Chronique culturelle d'une avant-guerre (1913-1914), Michel Winock
  • Le Service de santé 1914-1918, Marc Morillon et  Jean-François Falabrègues.
  • Le poids de la guerre. Les poilus et leur famille après 1918, Dominique Fouchard
  • Oublier l'apocalypse ? Loisirs et distractions des combattants pendant la Grande Guerre, Thierry Hardier et Jean-François Jagielski
  • Dire la guerre. Le discours épistolaire des combattants français de 14-18, Sylvie Housiel, Editions Lambert-Lucas, Limoges, avril 2014.
  • Histoire religieuse de la Grande Guerre, Xavier Boniface, Fayard, mai 2014.
  • La Grande Guerre en musique, Doé de Maindreville, Florence / Etcharry, Stéphan (dir.)
  • État de guerre. L'année 1914 à travers les publications officielles, Audoin-Rouzeau Stéphane, Becker Jean-Jacques, Baldin Damien, Nicolas Beaupré, Pignot Manon
  • S'écrire pendant la Grande Guerre: lettres et colis des tranchées, Jean-François Saint-Bastien
  • Pourquoi nous battons-nous ? 1914-1918, les écrivains face à leur guerre, Emmanuel Godo
  • Expériences de la folie. Criminels, soldats, patients (XIXe-XXe siècle), Guignard, Laurent, Guillemain, Hervé, Tison, Stéphane.
  • La folie au front. La grande bataille des névroses de guerre, Julien Bogousslavsky et Laurent Tatu
  • Marie Curie et la Grande Guerre, Anaïs Massiot et Natalie Pigeard-Micault, éditions Glyphe, Paris, 2014
  • L'Afrique dans l'engrenage de la Grande Guerre (1914-1918), Marc Michel, Paris, Karthala, 2013
  • La vie culturelle dans la France occupée (1914-1918), Gavin Bowd, Paris, L'Harmattan, 2014.
  • L'adieu à l'Europe. L'Amérique latine et la Grande Guerre (Argentine et Brésil, 1914-1939), Olivier Compagnon
  • Cabanes Bruno, Août 14 : La France entre en guerre, Paris, Gallimard, 2014
  • Couverture du livre Voir et montrer la guerre : Images et discours d'artistes en France (1914-1918)
  • Couverture du livre La France occupée 1914-1918
  • Couverture de La victoire endeuillée. La sortie de guerre des soldats français, 1918-1920
  • Couverture de Dans la mêlée des tranchées. Le rugby à l’épreuve de la grande Guerre
  • Couverture de l'essai historique Misères de l'héroïsme
  • Couverture de l'essai historique Bouleversements démographiques de la Grande Guerre
  • Couverture de l'essai d'Annette Becker "Voir la Grande Guerre. Un autre récit" (2014)
  • Couverture de l'essai  de Guy Marival "La chanson de Craonne" (2014)
  • Couverture de l'essai "Le feu aux poudres. Qui a déclenché la guerre en 1914 ?"
  • Couverture du tome 3 "La Première Guerre mondiale"
  • Couverture de l'essai L’Inde dans la Grande Guerre. Les Cipayes sur le front de l’Ouest
  • Couverture de l'essai Couples dans la Grande Guerre. Le tragique et l'ordinaire du lien conjugal
  • Couverture de l'essai Les étrangers et la Grande Guerre de Laurent Dornel
  • Essai "1914-1918 : les juifs dans la tourmente à travers la carte postale" de Gérard Silvain
  • L'essai de Jean-Yves Le Naour "1916 : l'enfer"
  • Correspondances conjugales : 1914-1918 de Clémentine Vidal-Naquet
  • "Marie Curie. Portrait d'une femme engagée 1914-1918" de Marie-noëlle Himbert
  • L'essai "Des vietnamiens dans la Grande Guerre. 50 000 recrues dans les usines françaises"
  • Couverture du livre "la Grande Guerre oubliée, Russie 1914-1918"
  • Couverture de l'essai "14-18 insolite. Albums-photos des soldats au repos"
  • L'essai "Les travailleurs militaires italiens en France pendant la Grande Guerre"
  • Nicolas Czubak - Pascal Lejeune, Les Éparges. DIE COMBRES-HÖHE (1914-1918). Français et Allemands face à face sur les Hauts de Meuse
  • Jacques-Henri Lefebvre, Images de la bataille de Verdun. Documents français et allemands
  • L'ouvrage France-Russie : 1914-1918 : de l’alliance à la coopération
  • L'ouvrage Verdun 1916 de Gerd Krumeich et Antoine Prost
  • La Grande Guerre des écrivains, sous la direction de Romain Vignest et Jean-Nicolas Corvisier
  • Le livre Manger et boire entre 1914 et 1918
  • La censure en France pendant la Grande Guerre
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  • Couverture du livre
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  • Ecrire en guerre 1914-1918 des archives privées aux usages publics
  • Couverture du livre
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