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Se distraire en améliorant l’ordinaire : les exemples de la chasse et de la pêche

Carte postale, photographie allemande. Les résultats d'une pêche miraculeuse aux environs de Vailly-sur-Aisne.
© Collection privée
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Lorsqu’ils stationnent à l’arrière, de nombreux combattants mettent à profit une partie de leur temps libre pour introduire de la variété dans leur alimentation.

Si l’occasion se présente, les plus fortunés ou ceux qui ont patiemment épargné se paient, avec leurs relations proches, les « copains », un repas au café voire au restaurant, si un tel établissement existe à proximité du cantonnement. Selon des fréquences variées qui dépendent de l’état des finances, les mêmes soldats ou d’autres, peuvent préparer individuellement ou collectivement, leur propre repas. Ils  mutualisent couramment les victuailles reçues par colis ou bien s’en procurent auprès de commerçants locaux. Ces derniers se composent de débitants et épiciers professionnels déjà implantés avant la guerre, auxquels s’ajoutent des particuliers habitant dans la zone des armées et pratiquant du commerce. Qualifiés de « mercantis » par les soldats, de nombreux débitants professionnels ou improvisés profitent de l’attrait de leur marchandise pour en augmenter exagérément les prix1.

Faute d’argent, des soldats utilisent aussi une partie de leur temps libre pour se mettre en quête de ressources alimentaires locales. Dans certaines unités, lors des périodes de repos, des officiers incitent leurs hommes à faire du jardinage. Mais cette activité ne rencontre pas un très grand succès, car avec le jeu des relèves, les combattants qui sèment ne sont pas assurés d’être ceux qui récolteront. Les témoignages évoquent plutôt des légumes récupérés dans des jardins abandonnés ou le ramassage des pissenlits, consommés sous forme de salades. Renouant avec leur vie antérieure, des soldats se promènent aussi dans les bois à la recherche de champignons et initient leurs camarades à la cueillette : « L'hiver avait filé son train-train habituel et la nature avait repris ses droits. Mijoin m'emmena un jour à la recherche de morilles. Je n'avais jamais goûté à cela et ce fut une occasion pour en tâter car nous en avions ramené de quoi régaler les copains2. »

La chasse

Les écrits des combattants montrent que la chasse et le braconnage sont extrêmement répandus dans toutes les armées. François Cochet a noté la grande imprégnation de la chasse au sein de la société française en 19143où l’on compte alors plus de 600 000 porteurs de permis4. Cette activité, revendiquée dans les cahiers de doléances des paroisses rurales en 1789, ne serait-ce que pour protéger les productions agricoles, apparaît encore comme un acquis de la Révolution que l’on se doit de maintenir et perpétuer. Pour beaucoup de ruraux, la chasse représente le principal loisir qui s’étale sur une saison plus longue qu’aujourd’hui. Les proies traquées par les combattants et mentionnées dans leurs récits correspondent à tout ce qui peut être consommé : mésanges, étourneaux, grives, faisans, perdrix, lièvres, lapins de garenne, poules d’eau, canards, oiseaux migrateurs, chevreuils ou encore sangliers (illustrations n° 1 et 2 - pdf).

Cette chasse se pratique selon différents moyens qui s’adaptent aux circonstances. Les soldats utilisent parfois un fusil de chasse5, éventuellement trouvé dans une maison inhabitée, ou plus souvent leur fusil de guerre, dont l’usage peut s’avérer dangereux du fait des balles perdues : « Depuis Somme-Vesle, le braconnage avait pris de l’extension : maintenant, les poilus chassaient au fusil. De temps en temps, l’on entendait des balles siffler dans tous les sens ; l’une d’elles vint même  frapper dans les volets de la demeure du général et provoqua, de suite, des mesures très sévères. De ce fait, les « éclaireurs » du régiment parcoururent à cheval la campagne à la poursuite des poilus-chasseurs ; bon nombre écopèrent de huit jours de prison ! La chasse au fusil s’arrêta et les collets reparurent6 ! »

Dans certains cas, la chasse devient même une transposition de la guerre. Lors des périodes de grands repos, certains officiers, avec la participation de leurs hommes, organisent de véritables battues, menées comme des opérations militaires avec une puissance de feu inconnue en temps de paix : « Par contre des parties de chasse seront organisées et préparées comme de véritables manœuvres. Le tir du gibier : chevreuils, sangliers, se fera avec des mitrailleuses installées sur les grands chemins forestiers et dont les « plans de tir » auront été soigneusement étudiés. Des gradés conduiront les traqueurs afin d’éviter les accidents. Le grand directeur sera toujours le commandant Prince, officier légendaire du régiment, qui par ce moyen, peut améliorer considérablement l’ordinaire, à la grande satisfaction de tous et aussi, sans doute, de sa jeune et jolie femme, qui, comme d’habitude, est venue le rejoindre7

Lorsque les commandants d’unité font respecter l’interdiction de chasser, des soldats braconnent en utilisant des collets. Le caporal Morin du 60e R.I, chasseur dans l’âme, qui se trouve alors au repos dans la vallée de l’Aisne, envie les soldats sédentarisés : « Que de succulents civets nous voyons ainsi nous échapper ! Nos regrets sont d’autant plus amers que nous savons que les troupes à demeure à l’arrière (artilleurs, génie, services divers), posent clandestinement des collets8

D’ingénieux combattants construisent également des pièges efficaces plus  sophistiqués : « Le plus pénible est de monter la garde, baïonnette au canon, avec interdiction de tirer une balle de fusil sur les sangliers affamés qui viennent rôder autour des cuisines en plein air. Un jour, mon copain Nouallet repère sur la neige des traînées de sangliers avec leurs marcassins ; il faut faire vite pour préparer un piège posé à même le sol, sous la neige, relié à un baliveau en chêne replié jusqu’à environ 80 cm du sol. Toute la nuit, chacun à son tour, nous montons la garde. Un matin, une laie se trouve pendue par le ventre avec la remontée du baliveau, entourée de ses trois petits9

Le très large éventail des appartenances sociales des soldats-chasseurs reproduit celui des chasseurs d’avant-guerre. On trouve à la fois des soldats qui vivent habituellement à la marge dans les sociétés rurales et qui poursuivent leur pratique du braconnage, des paysans, des employés, des membres de la bourgeoisie et des aristocrates. Dans cette activité, les combattants sont de tout grade, de celui de simple soldat à celui de général. Certains s’adonnent à leur passion sans retenue. Tel sous-officier d’artillerie dans les Vosges, installé à Girmont, est soupçonné d’avoir tué presque tous les faisans du pays ainsi qu’un chevreuil, et de prendre au collet lièvres et perdreaux10. Le bois de Beaumarais au sud de Craonne, avant l’offensive du 16 avril 1917, devient le terrain de chasse de prédilection d’un commandant d’infanterie : « Quelques vieux fusils venaient jeter le trouble parmi les hôtes de la forêt. Un commandant de compagnie fut frappé de trente jours d’arrêts pour avoir commis cet acte criminel. Il ne s’en plaignit pas ; bien au contraire, il me disait : « Pour avoir mangé du faisan tous les soirs depuis un mois et avoir garni mon tableau de renards, de faons et de sauvagines, ce n’est pas trop cher11. »

Plus à l’arrière, gendarmes et gardes-forestiers hésitent grandement à intervenir face à des soldats armés qui n’hésitent pas à les intimider. En Alsace, dans le secteur de Mittlach, c’est même un officier qui menace directement de mort un garde forestier qui s’en était pris à ses hommes chassant des chevreuils12.

De leur côté, selon les unités et les lieux, les autorités militaires ont tendance à faire preuve d’un certain laxisme. Elles interviennent généralement en cas de multiplication des plaintes émanant des autorités civiles, ou lorsque que le phénomène prend une telle ampleur qu’il en devient dangereux. Différentes raisons motivent une telle attitude. Comment rester crédible et juste si l’on veut imposer une interdiction que des officiers eux-mêmes ne respectent pas ? Pourquoi les officiers, en endossant le rôle ingrat de gendarmes, interdiraient-ils l’abattage du gibier alors que dans le même temps ils recommandent – et décorent pour cela ! – de tuer le plus d’ennemis possible ? Des officiers de contact ont conscience que la chasse sert de détente à certains de leurs hommes, heureux de renouer avec leurs passe-temps. Ils savent aussi que le gibier contribue à améliorer l’ordinaire et que tout le monde s’y retrouve, y compris eux-mêmes.

Après avoir tué une laie et ses trois petits grâce à piège fabriqué parce qu’il était interdit de tirer, les fantassins Nouallet et Perrin, cités précédemment, apportent leurs prises aux cuisines : « Les cuistots nous régalent ; il y en a pour toute la section et pour les officiers. « Pour cet exploit, pas de croix de guerre, pas de citation, mais des félicitations13 ! » Cette scène résume bien la position assez ambiguë de bon nombre d’officiers, garants certes du respect des lois, mais également soucieux de laisser une certaine latitude à leurs hommes, tant que cela ne nuit pas à la bonne marche du service. Parfois, des soldats-chasseurs monnayent leurs prises, en bénéficiant là encore d’une certaine tolérance des officiers qui peuvent ainsi améliorer le menu de leur « popote » : « La chasse est interdite dans la zone des armées, ce qui n’empêche pas qu’on se procure tout le gibier qu’on désire. Collets, fusils ne chôment guère. Il y a un marché de gibier dans les bois de Guyencourt où on commande faisans, lièvres et perdrix14. »

Mais l’on ne chasse pas qu’au repos, et assez fréquemment, le gibier se trouve aussi sur le front, entraînant des concours de tirs « internationaux » : « Comme nous allons reconnaître le secteur et prendre les consignes, nous sommes alertés par une vive fusillade à laquelle vient de se mêler un crépitement de mitrailleuses ; le bruit semble se rapprocher en grandissant et c’est en levant la tête que nous apercevons l’objet de ce tumulte : une bande de canards qui passe au-dessus de nos positions et qui après avoir subi le tir de l’ennemi essuie maintenant notre feu. Sans dommage aucun semble-t-il malgré la puissance des moyens mis en œuvre15 ! »

Les officiers à l’arrière, mal informés et entendant ces fusillades, peuvent quelquefois faire donner l’artillerie, pensant qu’il s’agit d’une attaque. Le front s’embrase alors, de quelques minutes à quelques heures… Tous les animaux n’ont pas la chance de ces canards et ceux qui tombent dans le no man’s land suscitent les convoitises des deux camps : « Pris entre deux feux le gibier n’échappe pas toujours. Alors quels complots pour recueillir son butin ! Au soir d’une chasse fructueuse, les patrouilleurs ne manquent pas. Et ils sont pressés de sortir ; car sans doute dans la tranchée allemande les chasseurs aussi vont réclamer leur proie. Ce sera tout ou rien pour l’un des deux camps. On se pique au jeu ; on veut avoir le dessus. Pour ramasser une perdrix dix hommes se feraient tuer. On est si heureux de rapporter son lièvre : c’est bien une petite victoire. Les chefs ferment les yeux ! Evidemment ce n’est pas pour tuer les lapins qu’on fabrique des balles ; mais celles-là même qu’on gaspille à la chasse ne sont pas perdues, puisqu’avec elles partent les rires, et qu’elles réchauffent la belle humeur16. »

La pêche   

Les armées se faisant face comptent aussi dans les rangs plusieurs centaines de milliers d’hommes qui s’adonnaient, avant la guerre, aux plaisirs de la pêche à la ligne. Or, les cours d’eau et les étangs des secteurs où stationnent les armées sont plus ou moins poissonneux. Le corpus de  témoignages à notre disposition signale notamment la présence de gardons, truites, truites saumonées, brochets, carpes, barbeaux ou encore perches. Toutefois, par rapport aux soldats-chasseurs qui disposent de leur fusil de guerre et de fils électriques ou téléphoniques pour faire des collets, les amateurs de pêche peuvent plus difficilement compenser l’absence de leur nécessaire habituel, à savoir une canne, des hameçons et surtout du fil17. C’est très vraisemblablement pour cette raison que les écrits des soldats ne rapportent qu’assez rarement des pratiques de pêche traditionnelle. Elles se produisent lorsque les soldats trouvent du matériel sur place. L’aumônier militaire Schuhler, à l’aide d’un canot, relève ainsi, dans les marais traversés par les méandres de la Somme, des poissons pris dans des nasses18.

Les combattants voulant attraper des poissons, qu’ils aient été ou non antérieurement des pêcheurs, recourent alors à des procédés beaucoup plus radicaux qui leur permettent d’assurer de grosses prises (illustrations n° 3 et 4 - pdf). En Alsace, une compagnie de chasseurs, dans le secteur de Mittlach, détourne la Fecht et fait « un terrible massacre de truites19 ». Mais le plus souvent, la pêche se pratique soit avec des bâtons de dynamite pour les hommes du génie, soit à la grenade pour les fantassins : « Les débrouillards de la compagnie améliorent l’ordinaire par la pêche dans la Largue, où il y a des truites saumonées exquises et des carpes. Ils lancent deux ou trois grenades dans la rivière, se jettent à l’eau et ramassent tout ce qui flotte, plongent au besoin pour attraper les grosses pièces seulement étourdies par l’explosion. Ils ont rapporté au village un vieux fourneau, et font frire leurs 15 kilos de poissons dans la graisse de bœuf mise de côté à dessein. Il faut voir ces grands gosses, à poil sous leur capote, les jambes pileuses au soleil, et rigolant autour de la poêle20

Le lieutenant Marot, qui porte ici un regard bienveillant sur ses hommes, montre que cette activité a la vertu de resserrer les liens au sein de l’unité, en suscitant chez tous de la bonne humeur. Comme pour la chasse, les officiers tolèrent aussi la pêche sous toutes ses formes, bien qu'elle soit normalement interdite. Même cet aumônier militaire parvient à trouver des excuses, à la fois religieuses et sanitaires, pour justifier la transgression de l’interdit : « Entre-temps, divers incidents comiques et joyeux viennent rompre la monotonie de cette vie dont le calme contraste avec l’enfer de Verdun. C’est la pêche miraculeuse de l’étang de Presle, où carpes et brochets frétillent dans la vase ensoleillée, avant de figurer sur la table du G.B.D. Et par ce temps de carême – où il s’agit, au spirituel de faire pénitence, et au corporel d’éliminer les toxines et de remédier à l’insuffisance hépatique – ils sont les bienvenus21

La pratique de la pêche à la grenade comporte tout de même des inconvénients majeurs. Elle engendre parfois des accidents mortels parmi ceux qui n’ont pas l’habitude de manipuler les engins explosifs : « Les deux ponts sur l'Aisne étaient gardés par des territoriaux : un matin, on trouva l'un de ceux-ci le ventre ouvert. L'enquête établit que des soldats quittaient, la nuit, la tranchée où aucune attaque n'était à craindre, pour se rendre à Soissons. Comme les territoriaux ne les auraient pas laissés passer, ils payaient leur passage au moyen de grenades que les autres utilisaient en les jetant dans l'eau pour tuer du poisson ; ils pratiquaient ainsi la pêche à la grenade, sévèrement défendue et abondamment faite. C'était l'une de ces gre­nades qui avait explosé entre les mains d'un pêcheur maladroit22. »

De plus, la méthode employée apparaît particulièrement destructrice pour la faune aquatique23, et son usage répété entraîne une raréfaction des poissons : « Ces jours-ci, ayant furtivement glissé vers la Scarpe, j’ai bombardé la rivière avec quelques-unes des grenades qu’on m’a données en garde. Sur plusieurs milliers il n’y paraissait pas. Je n’ai rien pris. Les artilleurs et le génie qui n’ont guère qu’à se tourner les pouces et qui habitent dans les environs ont dû me précéder dans ce sport nouveau24. »  

Enfin, les explosions et l’obligation d’aller chercher les poissons dans l’eau, car ils ne sont souvent qu’étourdis par les déflagrations, exposent davantage les contrevenants à la maréchaussée.

Le lieutenant Morin mentionne qu’un soldat de son unité, occupé à ramasser les poissons dans la Marne, se fait surprendre par deux gendarmes : le fautif remonte sur la berge et menace, avec une grenade, les agents de l’autorité qui estiment alors plus sage de faire demi-tour25. De son côté, le docteur Chagnaud, rapporte une situation plutôt rare, où les contrevenants sont des officiers composant l’état-major d’un régiment d’infanterie. La volonté de se distraire, un mois après avoir participé victorieusement à la prise de la caverne du Dragon sur le Chemin des Dames, n’est sans doute pas tout à fait étrangère à la transgression de la loi, initiée par le colonel en personne : « Un essai de pêche à la grenade ayant été hier soir cou­ronné de succès, une véritable expédition s'organise dans l'après-midi. Beau fournit cette fois-ci de puissants pétards destinés à faire sauter les ponts. Nous amenons une barque sur la nappe d'eau de l'écluse. Les meilleurs nageurs du régiment se mettent à l'eau, l'aumônier, moi. De la berge, le colonel dirige les opérations. Il nous encourage de la voix et du geste.  « Un coup par ici, Beau... A vous, Chagnaud, ce gros, là-bas ! »... Plusieurs rangs de soldats nous regardent amusés. Les pétards éclatent au fond, soulèvent l'eau en gros bouillons et aussitôt les poissons, étourdis, viennent à la surface, le ventre en l'air. Il y en a d'énormes ! Je me débats avec une carpe que j'ai de la peine à maintenir contre ma poitrine et à jeter dans le bateau. Le fond de la barque se remplit en quelques minutes d'une abondante friture que nous partageons entre les popotes. Dès le soir, le colonel a la visite des gendarmes. On les introduit, embarrassés, dans son bureau.  « Mon colonel, dit le plus ancien, quand vous recommencerez... hum !... hum !... à pêcher comme ce soir, prévenez-nous... Dites-nous votre heure et votre endroit... Nous nous arrangerons pour être ailleurs... très loin... » Allez donc dire après cela que la maréchaussée manque de finesse et d'à-propos !... Nous nous réconcilions du coup avec elle26. »

Au final, les combattants consacrent une partie non négligeable de leurs loisirs à l’amélioration de leur vie quotidienne. Ils mettent en œuvre divers moyens pour y parvenir : la recherche de soutiens matériels ou financiers à l’arrière, le recours au système D, l’utilisation légale ou illégale des ressources présentes localement. Mais les activités qu’ils déploient dans ces domaines ne mobilisent pas, loin s’en faut, tout leur temps libéré des contraintes de service.

Notes

1 Pour d’autres développements sur « les mercantis », cf. Thierry Hardier et Jean-François Jagielski, Oublier l’apocalypse ?..., op. cit., pp. 174-176.

2 Louis Leleu, Des Flandres…, op. cit., p. 166, vers Mourmelon,  printemps 1918.

3 François Cochet, Survivre au front 1914-1918, Saint-Cloud, éditions 14-18, 2005, p. 183.

4 Christian Estève, « Le droit de chasse en France de 1789 à 1914 », Histoire et sociétés rurales, 1/2004 (vol. 21). p. 108.

5 En janvier 1918, le sous-lieutenant Morin acquiert ainsi un vieux fusil de chasse à chiens – il ne dit pas comment – car il espère faire de beaux cartons lors de sa remontée en ligne en Lorraine, dans un secteur particulièrement giboyeux où abondent canards, lièvres et perdreaux ((Emile Morin, Lieutenant Morin. Combattant de la guerre 1914-1918,  Besançon, Cêtre, 2002, pp. 231-232, vers Valhey (Meurthe-et-Moselle).

6 Ambroise Harel, Mémoires d’un poilu breton, Rennes, Editions Ouest-France, 2009, p. 125, Somme-Vesle, fin 1916, début 1917.

7 Emile Morin, Lieutenant…, op. cit., p. 219, à une dizaine de km de Joinville en Haute-Marne, nuit du 23 au 24 novembre 1917. Cette battue interdite a sans doute était organisée en prétextant une manœuvre auprès des autorités civiles.

8 Ibid., p. 52, vers Ambleny (Aisne), mai 1915.

9 Léon Perrin, Avec la piétaille 1914-1918. Mémoires d’un poilu bressan, Imprimerie de Trevoux, 1982, p. 83, forêt de Parroy, 1er février 1917.

10 Sur le Front occidental. Avec la 53e division d’infanterie. Tome II. Mai 1915 à fin août 1916. Besançon, éditions Séquania, 1935, p. 64, en repos dans les Vosges, 23 août 1915.

11 F.A. Vuillermet, Avec les Alpins, Lethielleux , 1918, p. 60, Chemin des Dames, Bois de Beaumarais, avant avril 1917.

12 Robert Dubarle, Lettres de guerre, Paris, Perrin, 1919, p 203, Alsace, 6 mai 1915.

13 Léon Perrin, Avec la piétaille…, op. cit., p. 83, forêt de Parroy, 1er février 1917.

14 Alexis Callies, Carnets de guerre (1914-1918), Eric Labayle, 1999, p. 279, Damery près d’Epernay, 8 novembre 1915.

15 J. Tézenas du Moncel, L’heure H. Etapes d’infanterie 14-18, Paris, Editions Valmont, 1960, p. 45, secteur de Lassigny (Oise), 10 mars 1916.

16 Joseph Raymond, Froc et Epée. Impressions de guerre d’un moine officier, Paris, Société d’éditions artistiques de tourisme et de sports, sd, p. 191-192.

17 Au repos à Poigny (près de Châlons-sur-Marne), au bord de la Marne, le sergent Morin signale que pour pêcher, les lignes « nous font défaut » (Emile Morin, Lieutenant…, op. cit., p. 121, fin septembre 1916).

18 Abbé J. Schuhler, Ceux du 1er Corps, Colmar, les Editions d’Alsace, 1933, pp. 25-26, 30 août 1915.

19 Robert Dubarle, Lettres de guerre, Paris, Perrin, 1919, p. 203, Alsace, 6 mai 1915.

20 Jean Marot, Belhumeur, Châlon-sur-Saône, Imprimerie du progrès de Saône-et-Loire, 1930, p. 73, secteur de Seppois, août-septembre 1916.

21 Abbé J. Schuhler, Ceux du 1er Corps…, op. cit., p. 126, 16 avril 1916.

22 Louis Lefebvre, Histoire de ma guerre pour mon fils, Paris, Les Etincelles, 1930, p. 157-158, environs de Soissons, été 1916.

23 Le lieutenant Morin, qui participe pourtant très activement à l’une de ces pêches miraculeuses  à la grenade, est cependant partagé par ce cas de conscience : « Nulle part je n’ai vu une telle destruction, à tel point que mon instinct de pêcheur se révoltait. » (Emile Morin, Lieutenant…, op. cit., p. 121,  Poigny, au bord de la Marne, fin septembre 1916).

24 Zacharie Bacqué, Journal d’un poilu août 1914 – décembre 1915, Imago, 2003, p 160, 17 août 1915. Ce fantassin éprouve lui aussi du ressentiment envers les soldats des autres armes, stationnés à demeure, plus à l’arrière. 

25 Emile Morin, Lieutenant…, op. cit., p. 122,  Poigny, au bord de la Marne, fin septembre 1916.

26 Chagnaud, Avec le 15-2, journal et lettres de guerre, Paris, Payot, 1933,  pp. 59-60, repos à Courthiezy (près de la rivière Marne), 30 juillet 1917.