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Loin des tranchées, la plage (1/3)

La grande plage de Quiberon photographiée lors de l’été 1917 par le préfet de l’Indre, Émile Pugeault.
© Archives départementales du Morbihan, 74 Fi, Fonds Émile Pugeault.
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

La Grande Guerre n'a pas été une parenthèse au développement du tourisme, bien au contraire. C'est ce qui ressort, à travers l'exemple du tourisme balnéaire dans le Morbihan, d'une étude publiée dans l'ouvrage collectif Les Morbihannais à l'épreuve de la Grande Guerre. Chaque semaine au cours du mois d'août, retrouvez sur Centenaire.org un nouvel extrait de ces travaux menés par Yves-Marie Evanno et Johan Vincent.  

Dans la première moitié du 19e siècle, les premières implantations de baigneurs et les tours d’écrivains célèbres ont contribué à ouvrir le Morbihan au tourisme1. Ainsi, en 1914, le phénomène est connu depuis plusieurs générations, s’inscrivant dans une réalité économique et sociale indéniable.

Le déclenchement des hostilités aurait pu condamner la pratique touristique tant l’oisiveté paraît contraire à l’austérité qu’imposerait la guerre. Cette intuition malheureuse explique probablement pourquoi les historiens se sont encore peu intéressés à cette question, bien que ces recherches fassent de grands progrès depuis quelques années dans le cadre des manifestations du centenaire de la Grande Guerre2. Il n’est pas impossible non plus que nos représentations soient faussées par les conclusions hâtives de l’impact de la Seconde Guerre mondiale sur le tourisme : Occupation, désintérêt supposé du régime de Vichy, restriction puis interdiction de l’accès au littoral en mai et octobre 19413. Admettre de tels postulats c’est oublier les enjeux liés au développement du tourisme. Ainsi, entre 1940 et 1944, d’intenses réflexions aboutissent à la création des Comités régionaux du tourisme (12 janvier 1942) et, plus localement, au Comité consultatif de Bretagne qui formule rapidement le souhait de développer l’équipement touristique de la région tout en préservant l’originalité bretonne4. C’est enfin omettre que des pratiques touristiques se poursuivent dans le Morbihan dès l’été 1940, notamment dans l’arrière-pays et de façon plus ou moins surveillée par les Allemands5.

La guerre n’est donc pas une parenthèse au développement du tourisme, bien au contraire6. Pour mieux appréhender ce processus, il convient donc de s’intéresser aux conséquences des conflits qui ont bouleversé le 20e siècle, en ce qui nous concerne ici, la Première Guerre mondiale. Comme le remarque l’historien P. Harismendy, le passage, sans aucune transition, d’un tourisme né de la classe de loisir au 19e siècle à un tourisme de masse au 20e siècle demeure encore un angle mort, comme si le passage de l’un à l’autre était naturel7. On peut alors se demander si ce n’est pas la guerre elle-même qui a favorisé le tourisme de masse à long terme, en aiguisant la prise de conscience des acteurs (aussi bien celle des touristes que des professionnels). Après avoir montré le retour progressif des touristes habituels puis l’apparition d’un tourisme pragmatique, notre réflexion s’attardera sur les nouveaux modes de survie de l’économie touristique et la continuité du développement du tourisme dans le département.

Une activité qui perdure durant la Grande Guerre

À la veille du déclenchement des hostilités, le Morbihan accueille déjà de nombreux touristes. Chaque station balnéaire du Morbihan reçoit entre quelques centaines et quelques milliers de baigneurs (terme par lequel on désignait à l’époque les vacanciers venus se baigner sur le bord de mer) ; beaucoup moins dans l’intérieur des terres. Si l’entrée en guerre stoppe brutalement la saison estivale, l’activité reprend les années suivantes par le biais de touristes plus ou moins conventionnels.

Le cas particulier de l’été 1914

Avant 1914, il n’existe pas de statistiques fiables pour mesurer la fréquentation du secteur touristique encore peu considéré par l’État. Il est donc difficile de connaître l’affluence estivale dans chaque ville ou village, en particulier dans l’intérieur du département. Seuls, en 1910, la création d’un Comité national du tourisme et le vote d’une taxe de séjour, dénommée cure-taxe, sur le modèle allemand, montrent une considération plus forte envers cette activité au niveau national. L’importance de la fréquentation est donc connue de façon détournée, à travers des enquêtes relatives à d’autres enjeux ou des récriminations locales, afin de justifier le discours. En 1908, une enquête sanitaire nationale est menée dans les communes recevant une importante population saisonnière et dans les grandes villes. Nous avons les réponses pour neuf communes littorales : Damgan, La Trinité-sur-Mer, Étel, Saint-Pierre-Quiberon, Quiberon, Palais, Sauzon, Port-Louis et Larmor-Plage (dépendant alors de Ploemeur), avec des affluences allant de 200 à 2 000 personnes8. En 1914, pour appuyer une demande de classement du chemin reliant le bourg à la côte, la municipalité de Carnac annonce la venue de 5 000 touristes chaque année.

Les chiffres peuvent être sujets à caution : ainsi, à Étel, la même année, la population flottante est évaluée à 300 personnes dans un document, à 2 000 dans un autre. De plus, la fréquentation touristique est plus générale sur les côtes morbihannaises, puisque des baigneurs séjournent aussi, parfois depuis des dizaines d’années, à Saint-Gildas-de-Rhuys, à Vannes, à Lorient... Ces chiffres nous donnent donc un ordre d’idée de la fréquentation et, même s’ils peuvent nous paraître modestes, il faut les mettre en rapport avec la population sédentaire et ses moyens commerciaux souvent limités dans les bourgs ruraux. Ils peuvent représenter jusqu’au triplement de la population de la commune ; la population est même multipliée par six à Carnac mais le conseil municipal a pu exagérer le nombre de baigneurs pour retenir l’attention de l’administration.

Quand la mobilisation intervient, en plein été 1914, le départ des vacanciers et des professionnels est donc visible. En effet, alors que la guerre devient inéluctable à la fin du mois de juillet, « presque tout le monde fout le camp » des stations balnéaires selon Guillaume Apollinaire, lui-même en villégiature près de Deauville9. De telles scènes se produisent partout sur le littoral français, notamment en Bretagne10. Et pour cause : les hommes mobilisés gagnent leurs casernes, les étrangers tentent de quitter le territoire… Comme les autres secteurs de l’économie, le tourisme s’effondre en août 1914. Dans l’excitation de la préparation de la guerre, les journaux morbihannais ne font guère état de ces départs mais quelques témoignages nous les confirment. L’archéologue Zacharie Le Rouzic rapporte : « le jeudi 31 [juillet], tous les baigneurs et touristes avaient disparu de Carnac. Tout était calme et triste. On ne parlait que de guerre »11. Naturellement la situation ne s’améliore pas durant le mois d’août. Désormais, seules « les familles font leur petite promenade habituelle du dimanche » constate un instituteur alréen tout en précisant que « les hommes sont rares »12.

Une fréquentation touristique ordinaire durant le conflit

La faible activité du mois d’août 1914 laisse craindre le pire aux professionnels du tourisme. Pourtant, malgré la frivolité présumée des loisirs en temps de guerre, le littoral redevient progressivement un lieu de plaisir et villégiature. La Manche et l’Océan sont d’autant plus accessibles pour les Parisiens qu’un service de trains est de nouveau assuré, à partir de juillet 1915, vers les principales stations balnéaires « dans la mesure où il a été possible de le faire en tenant compte des besoins militaires »13. Bien qu’aucune destination morbihannaise ne soit citée pour ce service ferroviaire, de nombreux touristes arrivent dans le courant de l’été. C’est le cas de la célèbre cantatrice de l’opéra de New-York, Eva Grippon. Cette dernière, accompagnée de son mari George, rédacteur dans différents quotidiens nationaux – dont Le Figaro, Le Matin et L’Information14 –, profite de la période estivale au Grand Hôtel Penthièvre de Quiberon lors de l’été 191515. Le couple n’est pas le seul à se rendre dans le département. À Carnac-Plage, quelques kilomètres plus loin, de nombreuses villas sont également louées16.

Il n’est dès lors pas étonnant de revoir les promeneurs et les baigneurs. À Lorient, le conseiller municipal Guiet aperçoit, début juillet 1915, à la Perrière, des personnes se baignant avec un simple caleçon17. L’affaire nous est rapportée car elle provoque une incompréhension morale. Ce n’est pas tant le fait de voir des « embusqués » profiter des joies de la mer qui choque, mais bien le fait qu’ils se soient déshabillés à la vue de tout le monde, contrevenant ainsi à l’arrêté municipal du 5 août 190718. Le lourd contexte militaire ne détourne donc pas les préoccupations des promeneurs et des baigneurs qui se réapproprient progressivement le rivage19. Certains en oublient même quelques consignes de sécurité tel ce baigneur, pris de congestion et sauvé de la noyade à la Perrière par le quartier-maître Bonnec le 16 août 191520.

Les espoirs nés lors de l’été 1915 se concrétisent les saisons suivantes. La fréquentation touristique tend même à progresser, année après année. Ainsi, le curé de Quiberon estime qu’en juillet 1916 « les locations vont déjà bien mieux que l’année dernière »21. Cette tendance se confirme par l’occupation des plages, comme en ce mois d’août où un journaliste du Progrès du Morbihan évoque « les promeneurs et baigneurs nombreux que la coquette plage de Larmor avait attirés »22. Puis en 1917, le curé de Quiberon renchérit une nouvelle fois, estimant que la saison s’avère, selon lui, l’une des meilleures en termes d’affluence23. C’est bien parce que ces baigneurs sont de plus en plus nombreux qu’ils parviennent à influencer la modification des horaires des trains de Surzur et de Port-Navalo en 191724. Les photographies prises par le préfet de l’Indre, Émile Pugeault, lui-même villégiateur régulier, sont un précieux témoignage de cette effervescence25. En 1917, il photographie ses proches sur la Grande Plage de Quiberon, avec en arrière-plan de nombreux baigneurs. L’année suivante, il immortalise Port-Navalo et ses cabines. À quelques kilomètres, le 26 juillet 1918, à Saint-Gildas-de-Rhuys, devant « les baigneurs nombreux », un jeune homme, échappe de peu à la noyade près des rochers. Une fin heureuse pour ce touriste qui peut alors rejoindre l’hôtel où est descendue sa famille26.

De telles pratiques, tant elles sont intimes, paraissent difficiles à quantifier. Il serait donc présomptueux de prétendre pouvoir les confronter aux chiffres d’avant-guerre. Un indicateur nous semble néanmoins fondamental : l’évolution des recettes prélevées sur les cabines de bain. À Damgan, ces dernières, situées sur un terrain communal, représentent une part équivalente aux années d’avant-guerre dans le budget : entre 5,5 % et 7 % du total27. En proportion, elles sont même plus importantes que dans les années à venir de l’Entre-deux-guerres. Néanmoins, les sommes à recouvrer (entre un cinquième et un tiers du total), mentionnées dans les comptes, sont systématiques au cours des années de guerre, alors que les années de paix, à part 1905, 1919 et 1920, donnent lieu à des sommes déjà recouvrées quand elles sont inscrites sur les comptes28. Ce contretemps dénote tout de même des difficultés à se faire payer.

L’explication du retour des touristes tient, principalement, à la volonté de s’éloigner des zones de combat. Malgré la concurrence des militaires qui profitent des attributs du littoral pour faire manoeuvrer les jeunes conscrits (tir d’artillerie à la mer, exercices dans les dunes), le littoral apparaît comme une zone sécurisée. C’est la raison pour laquelle de nombreux Parisiens choisissent de s’y réfugier en 1914 et surtout en 1918, lorsque les bombardements allemands frappent la capitale. Aussi, les professionnels et les locaux présentent des garanties de quiétude et d’un approvisionnement plus ou moins facile. En ces temps de guerre, l’une des principales craintes est en effet de ne pas trouver des produits de première nécessité : charbon, bois, pétrole, et surtout denrées alimentaires. Le curé de Quiberon se veut rassurant auprès de ses « hôtes d’été » :

« Qu’ils viennent en toute confiance. Ils seront ravitaillés ici aussi bien que partout ailleurs et beaucoup de choses leurs coûteront moins cher qu’ailleurs. Ils trouveront notre baie plus animée que jamais, une belle mer toujours séduisante, un air pur, le calme, le repos, tout ce qu’il faut pour refaire les santés ébranlées par les dures épreuves de cette horrible guerre »29.

Pourtant il ne faudrait pas conclure trop vite à l’abondance des touristes dans le département. L’absence de millions d’hommes du front en est une raison évidente. Surtout, à de rares exceptions près, les permissionnaires ne profitent pas de leur temps libre dans le Morbihan autrement que pour y voir leur famille. La véritable ville des plaisirs des combattants au repos demeure Paris, là où ils contribuent, par leur présence massive, à relancer le marché des loisirs30.

L’apparition de touristes de « circonstance »

Dès la fin de l’été 1914, des milliers d’hommes et de femmes se replient dans le Morbihan en raison des affrontements. Près de 150 000 soldats blessés ou malades, près de 30 000 réfugiés, des milliers de conscrits, de militaires repliés des dépôts de l’Est, de travailleurs étrangers et de soldats américains arrivent ainsi durant le conflit31. Leurs conditions de vie, de ressources et d’accueil étant différentes, il est impossible de faire une généralité de tous ces profils. 

Ainsi, en juillet 1918, les Parisiens qui choisissent leur destination de repli séjournent dans de meilleures dispositions morales que les familles du Nord-Est de la France qui ont subi leur exode. C’est le cas de Guillaume Apollinaire qui envoie sa femme Jacqueline se réfugier à Damgan, près de la plage de Kervoyal où un de ses amis, Henri Chistian, possède une villa. Accompagnée de son amie Irène Lagut, elle loge dans une chambre louée par une veuve du pays au prix de 35 francs par mois. Habituées à la vie parisienne, les deux femmes s’ennuient : « ici toujours le même calme, rien de joli, pas de promenades et pas de pain pendant deux jours, heureusement il y a la mer où l’on va chaque jour ». Guillaume Apollinaire profite d’une permission pour rejoindre sa femme dès la fin du mois et jusqu’au 24 août. Lui s’enthousiasme pour le lieu, même s’il lui rappelle la vie dans la France du 17e ou 18e siècle : « le pays est riche, peu d’ombrages, belles plages, mais la guerre y rend la vie difficile »32.

Comme Apollinaire, nombreux sont ceux qui découvrent, au hasard de la guerre, le Morbihan. Les plus nombreux sont les soldats convalescents, sous réserve qu’ils soient aptes à se déplacer34. L’organisation des balades touristiques est régulièrement initiée par le personnel des hôpitaux du département. Dans le centre et le nord du Morbihan, c’est le côté « extrêmement pittoresque » qui est mis en avant par les hôpitaux complémentaires n°52 de Josselin et n°60 de Pontivy35. Un délégué du service de santé dresse en septembre 1916 un rapport « carte-postale » de la région :

« Distractions, promenades : Pontivy se trouve au coeur de la Bretagne et les promenades les plus pittoresques abondent dans ses environs. Dès la sortie de l’hôpital, le cours capricieux du Blavet […] fournissait aux nombreux amateurs de pêche à la ligne toutes les facilités souhaitables pour contenter leurs goûts tranquilles et donnait des goûts à ceux qui ne les avait jamais vus. Ajoutez que Pontivy a de très anciennes curiosités, maisons, un château historique de Rohan et que sous le Premier Empire toute une ville nouvelle y fut créée qui évoque bien la manière de l’époque. Les promenades urbaines n’étaient donc pas non plus sans intérêt »36.

En 1916, la Compagnie des tramways de Lorient permet aux soldats de visiter Ploemeur et Guidel « où des collations étaient préparées », histoire de choyer ces visiteurs37. Mais c’est peut-être à Vannes que l’on rencontre la plus vive activité. Le Comité de secours aux blessés organise des sorties collectives à Vannes, à Quiberon et même dans tout le département où il « s’occupe d’organiser des promenades et de faire visiter à nos blessés, soit en voiture ou en bateau, soit par chemins de fer, les coins les plus curieux de la région morbihannaise »38.

La mer est également très prisée pour les convalescents. C’est le cas du Golfe du Morbihan où l’on peut les croiser sur les chemins de Conleau (Vannes) ou même sur l’eau. Des barques sont mises à disposition des occupants de l’hôpital temporaire n°8, des excursions en mer sont organisées à la belle saison pour ceux de l’hôpital mixte39... De telles sorties sont organisées tant pour le moral des soldats que pour leur santé. Les vertus thérapeutiques de la mer sont au coeur des intérêts des soignants. Même si la découverte du microbe par Louis Pasteur à la fin du 19e siècle limite dorénavant la promotion du bord de mer comme le lieu où l’on vient recouvrer la santé, la dimension médicale ou paramédicale persiste parmi les motivations pour venir sur le littoral. En témoigne ce rapport de l’hôpital complémentaire de Belle-Ile-en-Mer :

« les promenades peuvent fournir aux malades qui jouissent d’une permission de l’après-midi, les émotions les plus saines. Belle-Île est en effet célèbre pour ses falaises incomparables, ses flots souvent grondeurs, mais qui ont aussi leur sourire au grand soleil d’été. Des vallons pleins de fraîcheurs et d’ombrages offrent leurs méandres fleuris aux promenades des malades, et la brise bien faisant de mer ne contribue pas peu au rapide rétablissement des forces exténuées »40.

Une croyance toute partagée par Guillaume Apollinaire qui, le 1er août 1918, affirme en évoquant Damgan dans une lettre à Serge Férat que « le pays est ici épatant, c’est la vraie lande bretonne dont on devrait raffoler car c’est excellent pour la santé, autant que les dunes »41.
 

1 Dès les années 1830, de nombreux villégiateurs s’installent dans les stations balnéaires de Port-Louis, de Belle-Île ou encore de Saint-Gildas-de-Rhuys. La personnalité la plus célèbre à profiter des charmes estivaux du département est très certainement Sarah Bernhardt à la fin du siècle. Quant aux écrivains célèbres, on citera entre autres : STENDHAL, Mémoire d’un touriste, Paris, A. Dupont, 1838 ; et DU CAMP, Maxime et FLAUBERT, Gustave, Par les champs et par les grèves (voyage en Bretagne), Paris, G. Charpentier et Cie Éditeurs, Paris, 1886.

2 Pour une synthèse historiographique, nous nous permettons de renvoyer à EVANNO, Yves- Marie et VINCENT, Johan, « Tourisme et Première Guerre mondiale. Pratique, prospective et mémoire (1914-2014) », En Envor, revue d’histoire contemporaine en Bretagne, n°6, été 2015, en ligne.

3 « Le séjour des estivants est interdit dans les stations côtières sauf pour les propriétaires de villas non réquisitionnées », L'Ouest-Eclair (éd. Morbihan), 31 mai 1941, p. 2 ; Arch. dép. du Morbihan, 1526 W 210, règlement de la zone côtière interdite, le préfet par intérim aux maires, 24 octobre 1941. Séance du Comité Consultatif de Bretagne du 18 septembre 1943, cité par MARZIN, Fabrice, « Le Comité d’études et de liaison des intérêts bretons (CÉLIB) face à la question du tourisme ; Entre développement régional et défense du patrimoine breton », in ANDRIEUX, Jean-Yves et HARISMENDY, Patrick (dir.), Initiateurs et entrepreneurs culturels du tourisme (1850-1950), Rennes, PUR, 2011, p. 187.

Séance du Comité Consultatif de Bretagne du 18 septembre 1943, cité par MARZIN, Fabrice, « Le Comité d’études et de liaison des intérêts bretons (CÉLIB) face à la question du tourisme ; Entre développement régional et défense du patrimoine breton », in ANDRIEUX, Jean-Yves et HARISMENDY, Patrick (dir.), Initiateurs et entrepreneurs culturels du tourisme (1850-1950), Rennes, PUR, 2011, p. 187.

5 EVANNO, Yves-Marie, « La belle saison à l’épreuve de la guerre », En Envor, Revue d’histoire contemporaine en Bretagne, n°3, hiver 2014, en ligne ; Pour une comparaison monographique voir, PANICACCI, Jean-Louis, « Le tourisme dans les Alpes-Maritimes », BELTRAN, Alain, FRANK, Robert et ROUSSO, Henry (dir.), La vie des entreprises sous l’Occupation, Paris, Belin, 1994, p. 187-207.

6 Parmi les réflexions historiographiques actuelles, signalons le colloque « Tourism, Leisure and War » organisé à l’Universidade Nova de Lisboa au Portugal les 25, 26 et 27 juin 2015.

7 HARISMENDY, Patrick, « Les entrepreneurs culturels du dépaysement (1900-1930) : acteurs oubliés ou capitalistes inachevés ? », Mémoires de la Société d’émulation des Côtes d’Armor, 2011, p. 389-405. Sur l’émergence d’une classe de loisir, se référer à VEBLEN, Thorstein, Théorie de la classe de loisir, 1899, réed. Paris, Gallimard, 1970.

8 Arch. dép. du Morbihan, 1 M 5243, réponses à l’enquête sanitaire sur les stations des bains de mer, circulaire du 18 juillet 1908 ; Réponses à l’enquête de la commission sanitaire sur les stations balnéaires de l’arrondissement de Lorient, du 5 novembre 1908.

9 Lettre à Serge Férat, 29 juillet 1914, dans DECAUDIN, Michel (dir.), OEuvres complètes de Guillaume Apollinaire, Paris, A. Balland & J. Lecat, vol. 4, 1965, p. 780 cité dans BECKER, Annette, La Grande Guerre d'Apollinaire. Un poète combattant, Paris, Tallandier, 2014, p. 17.

10 Sur ce point voir VINCENT, Johan, L’intrusion balnéaire. Les populations littorales bretonnes et vendéennes face au tourisme (1800-1945), Rennes, PUR, 2007, p. 209-210 et GUYVARC'H, Didier et LAGADEC, Yann, Les Bretons et la Grande Guerre. Images et histoire, Rennes, PUR, 2013.

11 LE ROUZIC, Zacharie, « Carnac pendant la guerre européenne 1914-1918 », cité dans BAILLOUD, Gérard et WIHELM-BAILLOUD, Gwenaëlle, Zacharie Le Rouzic, archéologue et photographe à Carnac, Vannes, Éditions Noir & Blanc, 2014, p. 99.

12 Arch. mun. Auray, Histoire de la guerre et des faits marquants à Auray, registre tenu par M. Creff, instituteur honoraire, volume 1, 16 août 1914, p. 95.

13 « Nouveau service de trains au 10 juillet 1915 », Le Progrès du Morbihan, 10 juillet 1915, p. 2.

14 « Une cantatrice », La Vendée républicaine, 26 août 1911, p. 2.

15 Arch. dép. du Morbihan, 4 M 502, lettre de George Grippon au préfet, 28 septembre 1915.

16 Arch. dép. du Morbihan, 4 M 502, rapport du sergent-chef Drouino au préfet, Carnac, 22 juillet 1915.

17 Arch. mun. Lorient, 1 D 101, délibération municipale, du 6 juillet 1915.

27 Arch. dép. du Morbihan, 1 O 567, budgets et comptes de Damgan, 1875-1940.

28 Ibid.

32 ADÉMA, Pierre-Marcel, « Guillaume Apollinaire à Kervoyal », De l’orée des temps à nos jours : Damgan, Kervoyal, Penerf, Annales des travaux de l’association Damgan et son histoire, vol. 3, 1996, p. 37-42. Sur le sujet, voir aussi ADÉMA, Pierre-Marcel, « Guillaume Apollinaire et la Bretagne », Bulletin mensuel de la Société polymathique du Morbihan, tome 121, juillet 1995, p. 125-148.

34 CHAUDRÉ, Christian, La guerre dans le Morbihan, vivre dans un département de l’arrière (1914-1918), Rennes, CRDP de Bretagne, 1996, p. 19.

35 Arch. du Val-de-Grâce, A 184, historique de l’hôpital complémentaire n°52, [1er septembre 1916].

36 Arch. du Val-de-Grâce, A 183, historique de l’hôpital complémentaire n°60, 1er septembre 1916.

37 Arch. du Val-de-Grâce, A 184, historique de l’hôpital mixte de Bodélio à Lorient, 31 août 1916 et historique de l’hôpital complémentaire n°1 de Vannes, 20 août 1916.

38 Arch. du Val-de-Grace, A 184, historique de l’hôpital complémentaire n°7 de Vannes, 31 août 1916. 

39 Arch. du Val-de-Grâce, A 184, historique de l’hôpital temporaire n°8, [1er septembre 1916] : « 18 juin 1915 : Promenade à Conleau organisée par les Officiers de l’établissement […] Promenade en petite barque » ; Arch. du Val-de-Grâce, A 184, historique de l’hôpital mixte de Vannes, [1er septembre 1916] : « Par les soins du Comité des blessés, des excursions en mer et des promenades sont organisées chaque semaine pendant la belle saison. Chaque jour, les blessés et les malades autorisés peuvent sortir de midi à dix-sept heures et aller prendre l’air sur les bords du Golfe du Morbihan ». 

40 Arch. du Val-de-Grâce, A 183, historique de l’hôpital complémentaire de Belle-Ile-en- Mer, 1er septembre 1916. 

41 APOLLINAIRE, Guillaume OEuvres complètes, Paris, Balland Lecat, 1965, t. 4, p. 782, cité par « Guillaume Apollinaire à Kervoyal », art. cit., p. 38.