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L’image des prisonniers de guerre de la Grande Guerre en France

Stalag de Crossen am Oder.
© Bundesarchiv
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Les commémorations du Centenaire de la Grande Guerre mettent légitimement en évidence le courage et le sacrifice des Poilus, mais risquent de négliger, voire d’oublier le sort des soldats qui furent faits prisonniers. Or la captivité a constitué un phénomène massif qui a maintenu en détention plus de six millions d’hommes : 2 ,5 millions de prisonniers dont 600 000 Français pour l’Allemagne, 2,2 millions en Russie, 900 000 en Autriche-Hongrie, 350 000 en France ,328 000 au Royaume-Uni et 43 000 aux États-Unis. C’est à la captivité des Français que l’on va s’attacher ici, afin de comprendre pourquoi ces hommes apparaissent peu dans la mémoire de la Grande Guerre.

Souvenirs de captures…. de l’influence de guerre de 1870 sur la Grande Guerre

Dès le mois d’août 1914, la reddition de la garnison de Maubeuge transforme en prisonniers de guerre 50 000 combattants. Or cette catastrophe militaire rappelle aux Français les capitulations de Sedan et de Metz durant la guerre de 1870, encore très présente dans les esprits, et pas seulement en référence à l’Alsace-Moselle. De nombreux anciens combattants sont vivants au tournant du siècle, –un soldat qui a 20 ans en 1870 est âgé de 64 ans en 1918-, et peuvent évoquer leurs souvenirs. Ainsi Charles de Gaulle témoigne :

« Rien ne m’émouvait autant que le récit de nos malheurs passés : rappel par mon père de la vaine sortie du Bourget et de Stains, où il avait été blessé; évocation par ma mère de son désespoir de petite fille à la vue de ses parents en larmes : « Bazaine a capitulé ». »1

370 000 soldats français sont prisonniers durant la guerre de 1870, pour l’essentiel lors de deux capitulations. À Sedan en septembre, 80 000 soldats deviennent prisonniers de guerre. Leur détention difficile dans la presqu’île d’Iges, est décrite dans le roman La Débâcle, d’Emile Zola. La « trahison » de Bazaine2 qui signe la capitulation de Metz en octobre transforme en captifs 137 000 soldats. Pour le quarantième anniversaire de la guerre de 1870, des cérémonies grandioses sont organisées et un livre, Le Drame de Metz, écrit par une professeure au collège de Metz et évoquant le siège au quotidien de cette ville, fait l’objet de trois tirages successifs. Des souvenirs de prisonniers de guerre sont publiés jusqu'à la veille de la Grande Guerre. Cette captivité présente une image particulière. Elle est synonyme de souffrance, mais surtout de trahison, puisque les soldats ont été faits prisonniers après une capitulation, et non durant les combats. C’est dire qu’une armée forte, bien commandée, animée par un esprit de revanche, ne peut renfermer des traîtres en son sein, et donc que la captivité est bien à reléguer dans le passé.

Mais, en août 1914, Maubeuge se rend. Durant la Grande Guerre, la capture intervient surtout en 1914 et 1918, pendant la guerre de mouvement et le plus souvent à cause d’une erreur tactique. En 1914, les troupes sont lancées en pantalon rouge garance et en képi, sans appui d’artillerie, sans cartes géographiques précises, avec des liaisons téléphoniques déficientes. Le général Joffre remplace à la hâte des officiers supérieurs dont les erreurs ont entraîné la capture de centaines d’hommes dès les premiers combats. C'est donc en référence à la fois à la guerre de 1870, au souvenir de Bazaine mais aussi à la reddition de Maubeuge, qu’il faut comprendre l’ordre général n° 28, donné par le général Joffre, le 28 novembre 1914 :

« Tout soldat fait prisonnier par suite de son insouciance ou de sa négligence, tout chef, qui, par manque de fermeté, laisse prendre une partie de sa troupe par l’ennemi, commet une faute des plus graves. Le commandant en chef décide que tout militaire non blessé fait prisonnier sera, à son retour de captivité, l’objet d’une enquête à l’effet de déterminer s’il y a lieu de prendre, envers lui, des sanctions disciplinaires (..) notamment pour capitulation, désertion à l’ennemi ou abandon de poste en présence de l’ennemi.3 »

Néanmoins, 600 0004 soldats français environ sont faits prisonniers.

La protection des prisonniers de guerre et l’application des Conventions

Lorsque la Grande Guerre éclate, la définition du prisonnier de guerre est floue. Les Conventions de La Haye de 1899 et de 1907 indiquent que les combattants et les non combattants doivent être considérés comme des prisonniers de guerre. Le prisonnier de guerre est un soldat, mais ceux qui suivent l’armée sans en faire partie, mais en possédant une légitimation de l’autorité militaire, sont aussi des prisonniers de guerre (article 15 de la Convention de 1899). Cependant les précisions apportées par la Convention de 1907 concernent plus les soldats. S’il est interrogé, le prisonnier de guerre ne donne que ses nom et grade. Il reçoit une solde s’il est officier, garde son casque mais pas ses papiers militaires. Il est enterré en tenant compte de son grade et de son rang. Il est au pouvoir du gouvernement de l’armée qui l’a capturé, soumis à ses lois et règlements mais il doit être traité avec humanité. Le prisonnier peut être interné mais non enfermé, si ce n’est par mesure de sécurité indispensable. Les évadés repris sont passibles de peines disciplinaires, mais aucune peine ne doit les frapper pour les fuites antérieures s’ils font plusieurs tentatives. Il est en effet considéré comme normal qu’un soldat cherche à redevenir un combattant. L’Etat capturant le prisonnier peut l’utiliser économiquement, mais sous certaines conditions bien définies. Il peut être transformé en travailleur rémunéré –à l’exception des officiers- mais les travaux en rapport avec les opérations de guerre sont prohibés.

Connaissant très rarement cette législation, les prisonniers de guerre sont acheminés à pied ou en wagons à bestiaux en Allemagne vers quelques 120 camps entourés de barbelés, qu’il s’agisse des simples soldats ou des officiers. Les soldats, affectés dans des Kommandos de travail, remplacent les Allemands dans les tâches quotidiennes, perçoivent un salaire inférieur à celui d’un ouvrier, subissent la faim, les maladies, les punitions, les évadés étant envoyés dans des camps « de mesure de sûreté ». Les conditions de vie sont très dures et 20 000 prisonniers de guerre français meurent en Allemagne. Les conditions d’internement varient en fonction des autorités du camp et du grade des captifs : dans les camps d’officiers, pour maintenir le moral et éviter les révoltes, des activités théâtrales, musicales, sportives, éducatives s’organisent et des journaux sont édités. Mais des entorses aux Conventions, qui restent toutefois limitées, sont observables dans toutes les armées : par exemple, au début de l’année 1917, des prisonniers de guerre français sont envoyés à huit kilomètres des premières lignes de feu françaises et des sous-officiers français sont envoyés travailler dans les marais du Hanovre, en représailles des travaux pénibles auxquels des intellectuels allemands sont soumis en France. Les journaux français évoquent, dans des articles dont la propagande n’est pas exclue, les conditions de détention des prisonniers de guerre en Allemagne. Ainsi, dans le journal Le Matin, daté du 9 janvier 1915 :

« (...) Les prisonniers français transportés en Allemagne sont presque toujours injuriés voire même brutalisés le long de la route, tant par leurs gardiens que par la population postée sur leur passage. (...) On a emmené quantité de nos soldats, sans doute pour aggraver leur situation, jusque dans ces lointaines et tristes régions de la Poméranie ou du Brandebourg, où le climat d’hiver est très dur, même pour les Allemands qui y sont accoutumés. Le froid est d’autant plus pénible à supporter pour les prisonniers français que l’autorité allemande ne s’est pas préoccupée de leur habillement. La plupart n’ont pour se protéger, que les effets qu’ils portaient sur eux au moment où ils ont été emmenés en captivité (un grand nombre ont été pris au mois d’août). (...) A la moindre faute, ou plutôt sous le moindre prétexte, nos soldats sont mis au pain et à l’eau. De plus, les Allemands ont inventé un châtiment, dont il a été question dans la presse de ces jours derniers, et qui consiste à attacher les « coupables » à un poteau - comme autrefois on attachait les criminels au pilori, dans la cour du dépôt ou au milieu du camp. On les laisse là deux ou trois heures durant, surtout s’il fait très froid, exposés à toutes les intempéries. »

Le thème – lié on l’a dit à la propagande – des mauvais traitements et des conditions de captivité difficiles, est d’abord développé dans les journaux alors même qu’une enquête réalisée par l’Agence des prisonniers de guerre de la Croix-Rouge de Genève, si elle témoigne des conditions de captivité difficiles de prisonniers de guerre, évoque également les progrès réalisés par les autorités allemandes dans de nombreux domaines dès 1915 et signale que toutes les armées ont exercé des représailles sur les prisonniers de guerre, si bien que les textes des Conventions sont complétés en 1917 puis 1918.

L'instrumentalisation des prisonniers de guerre par le gouvernement

Au début de la guerre, les prisonniers sont présentés par l’armée comme des déserteurs qui doivent absolument s'évader pour reprendre le combat. Des associations s'organisent pour envoyer des colis de vivres et de vêtements aux prisonniers, mais aussi pour demander au gouvernement de négocier afin d’obtenir la libération des prisonniers, sans succès. À partir de 1915, les prisonniers de guerre sont des victimes pour la presse et dans les années 1917-1918, le gouvernement reprend cette image des prisonniers de guerre victimes pour montrer la barbarie des ennemis. Il les présente également comme des éléments essentiels de l’armée, continuant le combat en sabotant le travail ou en pratiquant une résistance passive. Ils sont des soldats au même titre que les Poilus.

À la fin de la guerre, c’est le général Dupont qui prend en charge le retour des anciens captifs, achevé à la mi-janvier 1919. Mais l’État les craint car, ayant vécu chez l’ennemi, ils peuvent avoir été retournés et être des espions - cette suspicion s’étend même aux prisonniers évadés-. Les prisonniers n’ont pas leur place dans les fêtes organisées pour célébrer la victoire, c’est le sacrifice des Poilus pour défendre le sol de la patrie qui est valorisé. Les prisonniers ont été retenus hors du territoire national pendant que les Poilus se sont enterrés dans les tranchées et souvent y sont morts. Ce sacrifice a permis la résurrection du pays et le culte attaché aux morts devient une véritable religion civile. Le mythe de la guerre, construit autour du culte des morts, de la camaraderie née dans les tranchées et de l’héroïsme, permet de justifier et d’accepter la mortalité exceptionnelle durant la Grande Guerre. Les prisonniers n’entrent pas dans ce schéma et sont donc oubliés.

Les Français ne connaissent pas les conditions de la capture et ne la comprennent pas, d’autant que, pour l’essentiel, les prisonniers sont pris indemnes. Même si les Français pensent majoritairement que les prisonniers ont souffert de mauvais traitements en Allemagne, un doute existe sur leur attitude au combat, tant dans les rangs de l’armée que parmi la population. Le secrétaire d’Etat à la Justice Militaire a beau, à la fin de la guerre, insister sur l’attitude des soldats français qui ont « magnifiquement rempli leur devoir5 », y incluant les prisonniers de guerre et ajouter que les soldats ne peuvent être tenus pour responsables, ayant été pris en groupes, les décisions des officiers qui étaient à leur tête, rien n’y fait. La suspicion persiste.

Les revendications des anciens prisonniers de guerre

Dès l’armistice, les anciens captifs développent des revendications portant sur leur honneur et sur des dédommagements financiers. Depuis 1918, l’Union nationale des Evadés de guerre représente 16 000 hommes dont l’évasion est reconnue comme un fait d’arme mais ils souhaitent que le préjudice moral subi par tous les captifs soit reconnu. D’autres associations se créent dès 1919, réunies en 1921 dans la Fédération nationale des Anciens Prisonniers de guerre (F.N.A.P.G) qui ne rassemble cependant que 11,2% des prisonniers : les anciens captifs ont le sentiment de ne pouvoir défendre leur guerre face à celle des Poilus. Et de fait, bien que soutenus dans leurs demandes par l’Union nationale des Combattants dès

1919, ils sont exclus des distinctions honorifiques consenties aux autres soldats par les lois votées par la Chambre des députés, entre 1918 et 1920. Ainsi, les prisonniers décédés en captivité n’ont pas droit à la mention « Mort pour la France », alors que les camarades des captifs décédés inscrivaient spontanément cette formule sur les croix des cimetières, sans attendre aucune autorisation parlementaire ou gouvernementale. Il leur semble évident que, sans la mobilisation, faite au nom de la défense de la Patrie, ces hommes ne seraient jamais morts loin de leur pays dans des camps. Pourtant la mention « Mort pour la France » ne leur est accordée qu’en 1922 et s’adresse à « tout prisonnier de guerre (…) mort en pays ennemi ou neutre, des suites de ses blessures, de mauvais traitements, de maladies contractées ou aggravées en captivité, d’un accident de travail ou fusillé par l’ennemi ».

Outre son impact moral évident pour les prisonniers rentrés de captivité, elle permet aux enfants de prisonniers décédés d’être pupilles de la nation.

Mais les anciens captifs ne sont pas encore reconnus comme combattants et subissent d’autres discriminations. Ils sont exclus du port des médailles honorifiques : en 1922 par exemple, une loi permet le port de la Médaille Interalliée - dite Médaille de la Victoire - à tout mobilisé ayant au moins trois mois de présence sur le front. Or cette décision exclut un grand nombre de prisonniers ayant été capturés au tout début de la guerre, avant le délai de trois mois. Cette situation n’évolue qu’en 1926 : les prisonniers de guerre ont droit au port de la Médaille Interalliée sans condition de durée de présence dans une unité combattante, sauf si l’autorité militaire motive son opposition.

Discriminante également la mesure selon laquelle, seuls les officiers et sous-officiers à solde mensuelle, peuvent bénéficier du rappel de solde. Pour les sous-officiers à solde journalière et les soldats, le doute subsiste sur leur attitude avant leur capture : ils peuvent avoir été pris sans combattre. Seules trois exceptions leur permettent d’obtenir le rappel de solde : pouvoir justifier de sa capture ; avoir essayé de s’évader ; avoir été blessé. Finalement, après de nombreuses discussions, et parce que le principe de l’égalité est bafoué (on met en doute l’attitude des sous-officiers et des soldats, mais pas celle des officiers), la Chambre des Députés vote le rappel de solde pour les prisonniers de guerre le 28 décembre 1918. De même, ils ne peuvent prétendre à la prime de démobilisation, les Députés justifiant leur décision par le fait qu’ils ont déjà reçu le rappel de solde et qu’ils ne peuvent recevoir autant que les soldats qui ont combattu jusqu’à la fin de la guerre. Les veuves ou ayants droits des captifs décédés ne touchent le pécule que si le prisonnier décédé présente des traces de blessures. Enfin, seulement 60% des anciens captifs invalides ont pu faire valoir leurs droits à pension car il est fixé à trois mois de la date de sortie des hôpitaux ennemis, mais les enquêtes systématiquement menées en Allemagne prennent plusieurs années.

L’état d’esprit face aux prisonniers de guerre évolue dans les années 1920. Le prix Goncourt 1924 est attribué à Thierry Sandre, un ancien captif. Jean Desbons, le président de la F.N.A.P.G est élu en 1928 député de la circonscription de Tarbes. Les militaires de carrière, prisonniers de guerre - Charles de Gaulle, Henri Giraud, Georges Catroux…- n’ont pas été pénalisés dans leur avancement. Il faut aussi tenir compte des problèmes financiers de la France, les gouvernements successifs attendant le paiement des réparations par l’Allemagne. La loi du 11 mars 1930 crée l’allocation aux combattants à laquelle les prisonniers de guerre peuvent enfin prétendre.

Le sacrifice des Poilus a occulté le sort des prisonniers de guerre, perçus pendant la guerre comme des hommes qui n’ont pas su échapper à l’ennemi. Après la guerre, ils hésitent à faire valoir leurs droits même si la législation les intègre peu à peu comme des combattants. Si de très nombreux romans paraissent très tôt pour évoquer la guerre, à notre connaissance un seul roman décrit la captivité. Il s’agit d’Axelle de Pierre Benoit. Ce livre est publié en 1928, mais reste marginal, de la même façon qu’au milieu de nombreux films sur la guerre, un seul évoque, en 1937, la captivité : La Grande Illusion. Il est réalisé avec beaucoup de difficultés, car rares sont ceux qui - à la différence de Jean Renoir, qui veut rendre hommage aux prisonniers de guerre et de Jean Gabin - pensent que les prisonniers de guerre constituent un sujet porteur. Contre toute attente, l’accueil du public est enthousiaste, ce film réalisant les meilleures recettes de l’année 1937 et, lors de sa sortie, il est cautionné par les anciens combattants qui garantissent ainsi son authenticité, accompagnent sa diffusion dans cinquante-deux salles de France symboliquement le 11 novembre 1937. Ils réintègrent ainsi les prisonniers de guerre dans la grande famille des combattants de la Grande Guerre.

 

Bibliographie

Abbal, Odon, Soldats oubliés. Les prisonniers de guerre français, Bez-et-Esparon, Etudes et Communications Editions, 2001, 262 pages.

Becker, Annette, Oubliés de la grande guerre. Humanitaire et culture de guerre. Populations occupées, déportés, civils, prisonniers de guerre, Paris,Editions Noêsis, 1998, 386 pages.

Cochet, François, Les Exclus de la victoire, Histoire des prisonniers de guerre, déportés et S.T.O (1945-1985), Paris, S.P.M, 1992, 271 pages.

Gayme, Evelyne, Les prisonniers de guerre français. Enjeux militaires et stratégiques (1914-1918 et 1940-1945), Paris, Economica, 2010, 185 pages.

Médard, Frédéric, Les prisonniers en 1914-1918. Acteurs méconnus de la Grande Guerre, Paris, éditions SOTECA, 2010, 350 pages.

Védrine, Jean, Dossier PG Rapatriés, 1940-1945. Recueil de témoignages, d’informations et de commentaires sur les activités en France des PG évadés ou rapatriés avant 1945, dans l’administration PG, l’action sociale PG, la résistance PG, Asnières, Jean Védrine Éditeur, 1981, 2 tomes.

 

Notes

1 GAULLE, Charles de, Mémoires, Paris : Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2000, 1505 pages, p. 6.

2 En 1873, la presse et l’opinion publique réclament un conseil de guerre pour Bazaine accusé d’avoir livré aux Allemands, sans résistance, un nombre considérable de soldats, et donc d’avoir trahi la France. Le procès dure du 25 septembre au 10 décembre, les journaux reproduisent in extenso les débats. Bazaine est condamné à la peine de mort, peine commuée en vingt années de détention.

3 SHAT, 16 N 2477.

4 François Cochet évalue le nombre de prisonniers de guerre, selon ses sources, entre 546 440 et 563 000. 520 000 prisonniers sont encore captifs en Allemagne en 1918 selon Annette Becker, 570 000 selon Jean Védrine

5 J.O., Débats parlementaires, Chambre des députés, séance du 28 novembre 1918.