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Les trois guerres de Jacques Bardoux, expériences d’un intellectuel anglophile engagé dans la Grande Guerre

Jacques Bardoux entouré d'officiers de la MMF. 10 Septembre 1917. De gauche à droite, les lieutenants et capitaines H. de Vaufreland, J.Bardoux, de Luze, et Sérot. Fonds Bardoux, Cote 142 J 492.
© Archives Départementales du Puy-de-Dôme
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En 1919, au terme de son « Epopée », Jacques Bardoux est accueilli dans sa maison familiale de Saint-Saturnin, en Auvergne, par des mots simples, élogieux et éloquents : « Je trouve que Monsieur réussit mieux dans le militaire que dans le civil1. » Cet intellectuel, spécialiste de l’Angleterre et professeur à l’Ecole Libre de Sciences Politiques, vient de vivre trois guerres.

Bien que réformé, il s’engage volontairement en août 1914, et vit, en tant que sous-lieutenant, la guerre des tranchées au 99e Régiment d’Infanterie Territoriale, sur le front d’Alsace. Son affectation à la Mission Militaire Française auprès de l’Armée Britannique, en février 1915, inaugure une seconde phase durant laquelle il est affecté, jusqu’à la signature de l’armistice, à la liaison entre les armées françaises et britanniques. Enfin, promu Capitaine et nommé chef du cabinet du Maréchal Foch en Novembre 1918, il assiste aux âpres négociations engagées entre le Président du Conseil Georges Clemenceau, Foch et les Alliés.

Figure politique régionale, nationale et internationale2, intellectuel et écrivain, Jacques Bardoux, est un personnage riche et complexe, ayant légué une importante quantité d’archives3. La singularité de son parcours, résidant dans la combinaison de trois expériences très distinctes, revêt un intérêt double pour l’historien : participant à une meilleure évaluation de la contribution des intellectuels à l’effort de guerre, elle offre d’autre part l’opportunité de s’interroger sur l’articulation des relations, sur le terrain, entre les armées françaises et britanniques durant le conflit.

Des « tranchées civiles » au front d’Alsace : l’engagement d’un intellectuel dans la Grande Guerre

Reconnu pour ses études sur l’Angleterre, Jacques Bardoux entretient dès les années 1890 une relation particulière avec le monde britannique, inaugurée par un séjour de quatre mois à Oxford en 1895. Rapportant quotidiennement les impressions tirées de son voyage outre-Manche, il fait état, dans ses Souvenirs d’Oxford, de sa fascination pour le libéralisme anglo-saxon, s’inscrivant dans l’intérêt des intellectuels français d’obédience libérale pour l’Angleterre4. Cette passion anglaise structure son parcours intellectuel et professionnel : une fois sa thèse de littérature anglaise soutenue, il entre en 1903 au Journal des Débats, au sein duquel il rédige les articles de politique étrangère, avant de rejoindre la rédaction de L’Opinion, journal fondé par Paul Doumer. Traducteur des lettres de la Reine Victoria, il est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages remarqués sur l’Angleterre, lui assurant une place de professeur à l’Ecole Libre de Sciences Politiques, en 1908. Parallèlement, soignant ses relations au sein du monde politique et des cercles libéraux héritées en partie de son père, Agénor Bardoux5, il sonde, en 1913, la classe politique anglaise en vue d’un voyage diplomatique de Raymond Poincaré visant à favoriser un renforcement de l’entente franco-britannique6.

Réformé en 1905 en raison d’une grave maladie pulmonaire, il décide malgré tout de s’engager, après passage devant le Conseil de Révision le 31 août 1914, au sein du 99e Régiment d’Infanterie Territoriale, avec le grade de sergent. Revendiquant clairement cet engagement comme celui d’un intellectuel, il s’agit pour lui de joindre les idées aux actes :

Nous ne roulions pas, ma femme et moi, sur l’or. Je lui déclarais, vers la fin d’Août 1914, dans notre maison familiale de Saint Saturnin : « Je n’ai cessé d’annoncer dans mes articles cette guerre. J’ai écrit qu’elle se terminerait par l’écrasement de l’Allemagne, la victoire de la France et la restitution de l’Alsace-Lorraine. J’ai ma part de responsabilité dans cette lutte. Je ne puis me borner à encourager les combattants. Je dois briser ma plume et me joindre à eux. »7

En 1913, il s’inquiétait, dans une étude consacrée à la vie politique anglaise, de la menace sur l’équilibre européen que constituaient la montée conjointe, des deux côtés de la Manche, de mouvements pacifistes et le développement rapide de la flotte allemande8. Si la fibre patriotique et la volonté de transposer les idées en actes qui animent de nombreux intellectuels engagés peuvent expliquer sa décision, Jacques Bardoux n’envisage cependant pas de quitter les « tranchées civiles »9  pour combattre au front : ayant mobilisé ses réseaux tout au long du mois d’août afin d’être affecté à un poste hors de danger, il accepte de s’engager avec la promesse d’être rapidement nommé officier instructeur dans un Dépôt. 

Pourtant, rattaché au Groupement Sud, le 99e RIT est engagé sur le front d’Alsace à partir du 20 octobre10. Bardoux vit cette expérience du front d’une manière ambivalente. Devenu sous-lieutenant le 2 novembre 1914, il mobilise toujours ses réseaux — cherchant l’appui d’Etienne Clémentel, André Tardieu, Paul Tirard, entre autres — afin d’échapper aux dangers du front : une manœuvre qui a tous les traits d’une tentative d’embusquage11. Jugeant sa « conscience scrupuleuse »12  libérée par son séjour dans les tranchées13, et légitimant sa requête par son double statut d’engagé volontaire et d’ancien réformé, il obtient finalement, en février 1915, une affectation au sein de la Mission militaire française auprès de l’armée britannique14.

Jacques Bardoux, témoin et acteur de la coalition franco-britannique

Scellée le 8 avril 1904, l’Entente Cordiale met fin à l’opposition multiséculaire entre la France et l’Angleterre. Dix années plus tard, l’entente devient une alliance : le débarquement du British Expeditionary Force, quoique maigre de 100 000 hommes en 1914, inaugure le début d’une guerre de coalition, durant laquelle forces françaises et britanniques combattent côte à côte. Afin d’harmoniser les relations entre les deux armées, un organisme de liaison est mis sur pieds, la MMF. La présence prolongée d’une armée étrangère sur le sol français cause de multiples problèmes : outre la coordination militaire des opérations, cet organe, composé d’un État-major rattaché au QG du commandant anglais et disposant d’un maillage d’officiers de liaison et d’interprètes attachés aux armées, corps d’armée et divisions britanniques, doit résoudre les nombreux problèmes juridiques et les contentieux émaillant les relations entre le commandement militaire britannique et les autorités civiles dans la zone des armées. Son objectif est aussi de favoriser le développement des pratiques et des méthodes françaises au sein de l’armée britannique, et d’apporter au commandement français un flux d’informations sur l’allié anglais15.

Durant ses trois ans et demi passés à la MMF, Bardoux a navigué dans les méandres d’un organisme complexe, dont la structure a évolué au gré de l’accroissement progressif des effectifs britanniques et des modifications multiples apportées par le haut-commandement. En 1915, successivement attaché aux IIe et IIIe corps d’armée britannique, puis à la IIIe armée, il assure le rôle d’officier de liaison. Destinée à établir un contact entre deux unités militaires afin de favoriser une compréhension mutuelle et une unité d’action16, la mission de l’agent de liaison, nécessitant beaucoup de tact et une grande capacité de compréhension afin de soigner les relations avec les officiers britanniques, exige aussi une aptitude à observer le déroulement des opérations militaires. Un rôle qui convient à merveille à l’intellectuel anglophile : satisfait d’être toujours à proximité de la ligne de front, il mobilise ses qualités de médiateur et met à profit sa grande connaissance du monde britannique. À l’été 1915, dans un ensemble de rapports résultant de ses observations effectuées dans le secteur Gommecourt-route Mametz-Carnoy, à la lisière entre la Somme et le Pas-de-Calais, laissé par l’armée française à la IIIe armée britannique, le lieutenant Bardoux dresse un tableau détaillé, parfois élogieux, de l’organisation des lignes de tranchées et de l’état des défenses britanniques : «  Au Nord et au Sud de la route de Sailly-au-bois à Hébuterne se trouvent deux groupes de tranchées, dont l’un est achevé et remarquablement exécuté.17 » S’il ne faut pas surestimer la portée de ces rapports destinés au haut-commandement, dont les archives de la MMF regorgent abondamment, il n’en demeure pas moins que ceux-ci participent à une meilleure connaissance de l’allié britannique et constituent le maillon nécessaire au partage d’expériences et à une convergence des pratiques entre les deux armées.

La réorganisation du système de liaison par Joffre à la fin de l’année 1915, visant à réduire le rôle de la MMF et de son chef, le Général Huguet, ainsi qu’à établir une liaison plus directe entre les commandants français et britanniques, provoque la suppression des postes d’officiers de liaison attachés aux divisions et corps d’armée britanniques, qui faisaient doublon avec les interprètes. Seuls sont maintenus des officiers brevetés, auprès de chaque État-major d’armée18. Traduisant, côté français, une conception technique et rigide de la mission de liaison, accordant une moindre importance à la dimension relationnelle, cette réorganisation préside à l’affectation de Jacques Bardoux au nouveau 2e Bureau de la Direction des Services de la Mission. Regrettant cet « embusquage obligatoire »19  dans un bureau exigu, il fait montre d’une constante sévérité à l’égard du personnel attaché au QG de la MMF, avouant son écœurement à l’égard « des conversations pessimistes, valoisiennes, et pacifistes, des embusqués »20. Au sein du 2e bureau, auquel incombent la tâche du renseignement, du contre-espionnage et la réglementation de la circulation dans la zone des armées britanniques21, la mission de Bardoux est difficile et ingrate : chargé de la rédaction de la législation sur les permis de séjour et de circulation dans la zone britannique, puis de son application sur le terrain après son affectation auprès de la IVe armée britannique, il doit ménager les populations civiles, en autorisant ou non le retour des réfugiés dans les villages reconquis ou évacués,tout en préservant les intérêts de l’armée alliée. S’appuyant sur un réseau de « bureaux mixtes SR » chargés de contrôler la circulation dans les gares, le travail de renseignement du 2e bureau repose sur un fichage des civils présents dans la zone des armées, et sur des synthèses de renseignement établies à partir des déclaration des voyageurs. En contact quotidien avec les Britanniques, Bardoux est un témoin privilégié de l’effort fourni par l’armée anglaise : initialement composée de près de 100 000 volontaires, elle compte près de trois millions d’hommes en 1915, avant que ne soit instaurée la conscription22. Le 30 avril 1916,  Le Moniteur du Puy-de-Dôme23, publie, en Une, une lettre de l’intellectuel, empreinte d’un enthousiasme immodéré, dans laquelle il décrit l’engagement britannique : « L’effort des Anglais – trouver, dresser, équiper, encadrer trois millions et demi de volontaires – m’inspire une profonde admiration.24 »  Le stéréotype de l’anglais sportif, traditionnellement mobilisé pour railler les habitudes anglaises, est utilisé pour souligner la grande aptitude des tommies au combat : « Le soldat anglais manie la grenade avec l’habileté d’un joueur de crocket, et le Maxim ou le Lewis Gun avec la science d’un chasseur de brousse.25 »  La lettre de Bardoux s’inscrit dans une série d’articles, parue dans ce même journal en 1916, visant à valoriser l’armée britannique et à souligner l’ampleur de sa participation à la guerre. Cette entreprise de valorisation de l’armée britannique traduit la nécessité, dans le cadre d’un conflit en voie de totalisation, de construire une figure de l’ami afin de renforcer la conviction de l’inéluctabilité de la victoire. L’enthousiasme de Bardoux à l’égard de l’engagement britannique ne relève cependant pas seulement d’une posture : il est la marque d’un homme sincèrement fasciné par l’Angleterre et enthousiasmé par son expérience singulière de la guerre, travaillant à la médiation entre deux armées, et au-delà, entre deux cultures.

Obtenir les garanties d’une paix durable : Jacques Bardoux auprès du Maréchal Foch

À l’image des professeurs de l’Ecole Libre de Sciences Politiques investis dans les multiples commissions créées lors de la phase de négociation des traités26, Jacques Bardoux a été directement impliqué dans l’ultime phase de la guerre, marquée par les tensions diplomatiques liées à la recherche des conditions d’une paix durable.

Le 22 Novembre 1918, il est appelé à rejoindre l’État-major du Maréchal Foch, commandant suprême des armées alliées. Plusieurs raisons peuvent expliquer sa nomination comme Chef de cabinet, qu’il apprend avec étonnement, n’ayant nullement mobilisé ses réseaux. L’intellectuel anglophile est d’abord un atout certain pour dialoguer avec l’allié britannique : les bulletins de presse hebdomadaires, rédigés par le Lieutenant Bardoux, de juin à novembre 1918, à partir du dépouillement de l’ensemble des journaux d’opinion anglais et remis en particulier au Général Weygand, le bras droit de Foch, ont pu peser dans ce choix. Ébauchant, dès 1917, une réflexion sur la création d’une Confédération d’États27, dans le but de ruiner l’Allemagne sur le plan économique, Bardoux peut aussi s’avérer, par sa connaissance fine des rouages de la politique internationale, un relais appliqué et dévoué des propositions de Foch. La proximité de Bardoux avec une grande partie du personnel parlementaire et gouvernemental permet également à Foch d’avoir un pied dans le monde politique : la phase de négociation des traités, exigeait en effet pour le Maréchal d’être en lien étroit avec les milieux politiques, et notamment avec le Président du Conseil, Georges Clemenceau. André Tardieu, qui avait servi aux côtés de Foch en 1914 et dont le rapprochement avec Clemenceau lui permet, en tant que Commissaire, d’être directement impliqué dans les négociations, entretient de longue date une relation étroite avec Bardoux, avec qui il a préparé le concours de l’ENS en 1895. Si le refus de Clemenceau d’attribuer à Foch un poste de commissaire marque bien sa mise à l’écart des négociations qui s’ouvrent en Janvier 1919, le commandant suprême tente néanmoins de peser sur deux questions centrales : la sécurité territoriale de la France et sa sécurité économique28.

Devant les multiples défaites essuyées par Foch en mars 1919 sur la question d’une occupation militaire de la rive gauche du Rhin et de la limitation des effectifs de l’armée allemande, doublées d’un recul de Clemenceau face aux positions plus modérées des Britanniques et des Américains, Jacques Bardoux tente d’orchestrer, par la mobilisation de ses réseaux politiques et de ses appuis dans le milieu de la presse, une campagne de soutien aux propositions du généralissime. S’adressant à Paul Doumer et Victor Bérard29, à qui il fait part de ses craintes sur la sécurité de la France suscitées par la création en Allemagne d’une « armée de professionnels », il tente de parrainer une nouvelle Union Sacrée, qui se cristalliserait autour de la défense d’une ligne dure contre l’Allemagne.30

En vain : Foch, dont les relations avec Clemenceau se sont considérablement dégradées à partir de mars 1919, n’a su trouver des appuis suffisamment solides dans le monde politique pour peser dans les négociations31. Quant à Jacques Bardoux, il retourne à ses occupations intellectuelles. Estimant, avant même la signature du traité de Versailles, que la mise en œuvre des nombreuses clauses mettra à rude épreuve la « vigilance et la fermeté32 »  de la diplomatie, il s’engage dès lors dans un nouveau combat intellectuel : mettre en évidence, à travers ses études d’histoire diplomatique, la responsabilité allemande dans le déclenchement de la guerre33, et veiller à une stricte application du traité de Versailles, unique garantie d’une « paix française ».

Notes

1 A.D Puy-de-Dôme, « Fonds Bardoux », 142 J 102, Lettre de Jacques Bardoux à la veuve d’Abel Ferry, Janvier 1958. Cette remarque lui est faite par la « cuisinière de [son] père ».

2 La carrière politique de Jacques Bardoux connait un essor durant l’entre-deux-guerres. Il devient sénateur en 1937, puis député du Puy-de-Dôme à la Libération. En 1956, il décide de ne pas se représenter, laissant place à son petit-fils, Valéry Giscard d’Estaing.

3 En 2006, le Fonds Bardoux, comprenant à la fois des archives familiales et privées, ainsi que les travaux de J.Bardoux, a été déposé aux Archives Départementales du Puy-de-Dôme, à Clermont-Ferrand.

4 Christophe Prochasson, « Une crise anglaise de la pensée française ? », Les Cahiers du Centre de Recherches Historiques [En ligne], 31 | 2003, mis en ligne le 19 novembre 2008, consulté le 15 octobre 2013. URL : http://ccrh.revues.org/299

5 Agénor Bardoux (1829-1897), écrivain et homme politique de la IIIe République, a notamment été Ministre de l’Instruction Publique, et Vice-Président du Sénat de 1889 à 1894.

6 AD Puy-de-Dôme, Fonds Bardoux, 142 J 279, Voyage du président R. Poincaré à Londres, échange de lettres en L.S. Amery et J. Bardoux, juin 1913

7 A.D Puy-de-Dôme, Fonds Bardoux, 142 J 102, Lettre de Jacques Bardoux à la veuve d’Abel Ferry, janvier 1958

8 Jacques Bardoux, L’Angleterre radicale. Essai de psychologie sociale (1906-1913), Paris, Librairie Alcan, 1913

9 Cette expression attribuée à Paul Flat, désignant l’engagement des intellectuels dans les grands débats de la Belle Epoque, a été reprise dans Prochasson Christophe, Rasmussen Anne, Au nom de la Patrie. Les intellectuels et la Première Guerre mondiale (1910-1919), Paris, La découverte, 1996, p. 169

10 Historique du 99e RIT pendant la Guerre, Tours, Maison Alfred Mame et fils, 1920, p. 8

11 La question des stratégies d’embusquage, mises en œuvre afin d’échapper à la dureté des combats, a été étudiée par Charles Ridel, Les embusqués, Paris, Armand Colin, 2007

12 A.D Puy-de-Dôme, Fonds Bardoux, 142 J 385, Lettre de Jacques Bardoux à son épouse, 2 novembre 1914

13 Jacques Bardoux a notamment participé aux combats d’Aspach-le-Bas, le 26 décembre.

14 Nous utiliserons dans cet article l’acronyme de MMF pour désigner cet organisme.

15 SHD, 17 N 295, Historique de la Mission Militaire Française auprès de l’Armée britannique, juin 1918

16 Elizabeth Greenhalgh, Victory Through Coalition, Cambridge, Cambridge University Press (coll. « Cambridge Military Histories »), 2005, p. 75

17 A.D. du Puy-de-Dôme, Fonds Bardoux, 142 J 159, Rapport sur l’organisation des secteurs divisionnaires de la 3e armée britannique de Gommecourt à la route Mametz-Carnoy (14 août 1915, 25 août 1915, 1er Septembre 1915, 9 septembre 1915)

18  Elizabeth Greenhalgh, op. cit., p. 83-88

19 A.D Puy-de-Dôme, Fonds Bardoux, 142 J 388, Lettre de Jacques Bardoux à son épouse ,1er février 1916

20 A.D Puy-de-Dôme, Fonds Bardoux, 142 J 386, Lettre de Jacques Bardoux à son épouse 11 juin 1915. Le terme de « valoisien » désigne les partisans du Parti Radical.

21 Les armées britanniques n’étaient pas habilitées à prendre en charge la circulation des civils sur le territoire français. Pour la zone des armées françaises, cette mission était partagée entre la Direction de l’Arrière, les commandants de groupe d’armée et d’armée.

22 Le Military Service Act, instaurée en 1916, transforme l’armée britannique d’une armée de volontaires en une armée de conscrits. Elle compte dès lors près de cinq millions d’hommes.

23 Fondé en 1856, le Moniteur du Puy-de-Dôme est un journal d’obédience radicale, avec lequel Jacques Bardoux a collaboré ponctuellement avant la guerre.

24 A.D. du Puy-de-Dôme, Fonds Bardoux, 142 J 259, article paru dans le Moniteur du Puy-de-Dôme le 30 avril 1916, « Du Grand Quartier Général Anglais »

25 Ibid.

26 Le site de Sciences Po a consacré une série d’articles sur l’investissement des professeurs de l’école durant la Grande Guerre

27 A.D. du Puy-de-Dôme, Fonds Bardoux, 142 J 274, Document dactylographié du 13 octobre 1917

28 Elizabeth Greenhalgh, Foch Chef de guerre, Paris, Tallandier/Ministère de la Défense-DMPA, 2013, p. 571

29 A.D Puy-de-Dôme, Fonds Bardoux, 142 J 277, Lettre de Jacques Bardoux à Paul Doumer et à Victor Bérard, 7 avril 1919

30 À Paul Doumer, fondateur du journal L’Opinion dans lequel Bardoux travaille, il demande : « Pourquoi, monsieur le Président, ne prendriez-vous pas l’initiative d’un dépôt, au Sénat, d’une motion, qui serait signée par des représentants de tous les partis ? Un vote unanime du Sénat inviterait le Président du Conseil à exiger l’insertion, dans le traité de paix, des garanties de la sécurité française. »

31 Foch a notamment cherché l’appui de Raymond Poincaré, Président de la République, et proche de Jacques Bardoux.  Son influence dans les négociations de paix est cependant restée faible.

32  « Le traité de paix », article de Jacques Bardoux paru dans L’Opinion, repris dans Le Matin, 23 juin 1919

33 Jacques Bardoux livre son analyse des origines de la Grande Guerre dans : Jacques Bardoux, La Marche à la guerre, Deux devoirs, deux tranchées, Paris, Alcan, 1920. L’année suivante, il revient sur le déroulement des négociations de paix de 1919 dans De Paris à Spa, La bataille diplomatique pour la Paix française, Paris, Alcan, 1921.