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Si Bâghâ Jatin avait réussi... Une révolte nationaliste dans l'Inde coloniale de la Grande Guerre

Statue de Bagha Jatin au Victoria Memorial, Calcutta.
© D.R.
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Les commémorations de la Première Guerre mondiale qui débutent en France et en Europe peuvent être l'occasion de jeter un regard au delà de nos frontières, dans ce qui constituait alors le domaine colonial des puissances alliées. Elles nous amènent ainsi à la veille du centenaire de la « bataille de Balasore » au cours de laquelle Jatindranâth Mukherjee (1879-1915) – patriote indien plus connu sous le surnom de Bâghâ Jatin (« Valeureux comme un tigre ») – donna sa vie pour la libération de l'Inde de la tutelle britannique aux côtés de quatre de ses compagnons d'armes.

En effet, comme le souligne Jacques Attali dans sa préface de l’ouvrage Les racines intellectuelles du mouvement d'indépendance de l'Inde (1893-1918)1 , le mouvement non violent d'émancipation de l'Inde, initié par Gândhi entre les deux-guerres et après la Seconde Guerre mondiale, trouve bien ses origines dans les actions souvent radicales de ses prédécesseurs. Au cours de la Grande Guerre, les patriotes indiens ont pu compter sur le soutien en armes et en munitions de l'Empire allemand. L'objectif de cette étude est d'éclairer le rôle que joua Bâghâ Jatin dans ce contexte.

Un projet d'insurrection

Bâghâ Jatin avait investi dans le projet d'émancipation de l'Inde un degré énorme d'ambition. Car, dans le contexte d'un pays assujetti, la solution vraiment efficace serait, seule, des coups portés par saccades au pouvoir britannique pour secouer la nation.  Dès avant la Grande Guerre, mais avec une ampleur renouvelée une fois le conflit européen engagé, ses émissaires s'étaient rendus à l'étranger, généralement sous le prétexte de poursuivre leurs études universitaires, mais surtout pour faire œuvre de propagande en faveur de la libération de l'Inde. Il prônait une révolution en trois phases : 

  1. le martyr individuel d'une élite ;  
  2. la guérilla ; 
  3. soulèvement en masse.

Incarcéré pendant treize mois, à partir de janvier 1910,  au cours desquels Bâghâ Jatin avait attendu le non-lieu de son procès de Howrah, qui avait pour objectif de faire de lui l'instigateur principal d'une révolution contre le gouvernement, entraînant étudiants, ouvriers, soldats et officiers indigènes de l'armée royale.

Dans le même temps, Surjan Singh et Râmgopâl, responsables du régiment 10e Jât en poste au Fort William, adhérants au parti révolutionnaire, et qui, depuis 1906, accompagnaient les associés de Bâghâ Jatîn jusque dans les casernes du nord de l'Inde afin de mobiliser pour la cause révolutionnaire. Un certain nombre de factions radicales de l'Arya Samâj avaient déjà répondu à l'appel de Jatin Banerjee - devenu Swâmi Nirâlamba -, ami de Bâghâ Jatîn.

En prison, Bâghâ Jatîn connaissait la fameuse attente de Friedrich von Bernhardi2 (1849-1930), à savoir, la guerre imminente entre la Grande Bretagne et l'Allemagne, menace sérieuse pour l'Angleterre, si les nationalistes indiens et égyptiens s'associaient avec le panislamisme. À sa sortie de prison le 21 février 1911, d'après J.C. Nixon, de l'administration civile en Inde (ICS), Bâghâ Jatîn mit fin à toutes activités destinées à intimider le gouvernement. Il s'éclipsa pourtant de sa résidence surveillée pour rencontrer le Prince héritier de l'Allemagne en visite à Calcutta, et obtint de lui la promesse de faire livrer des armes allemandes, en cas d'insurrection. En 1913, il réunit la plupart de ses adjoints régionaux avant de recevoir la visite de Râsbehâri Bose (1886-1945), clandestin, poursuivi par la police depuis l'attentat presque réussi, perpétré contre le vice-roi Hardinge à New Delhi. Bose cherchait un nouvel élan. Au cours d'une série d'entretiens avec lui, Jatîn lui exposa son projet de soulèvement panindien. Ayant perçu en Bâghâ Jatin le "meneur idéal d'hommes", Bose accepta de consolider le mouvement dans les casernes du Nord déjà travaillées depuis une dizaine d'années par les adjoints de Bâghâ Jatîn. Pour plus de garantie, il se tourna vers Sri Aurobindo et, gonflé à bloc par son approbation, Bose se jeta dans projet de Bâghâ Jatin.

Le réseau nationaliste indien en Europe : le Plan Zimmermann

Soutenu par des amis tels qu'Henry Hyndman, fondateur de la Social Democratic Federation, en 1905, Shyâmaji Krishnavarmâ (1857-1930), patriote indien et disciple de Herbert Spencer, lança à Londres l'Indian Sociologist, et  inaugura le pavillon India House pour héberger des étudiants indiens dans un climat culturel révolutionnaire. Shyâmaji était assisté de jeunes militants tels que V.V.S. Aiyâr, V.D. Sâvarkar,  Vîrendranâth Chattopâdhyây ou Chatto, Har Dayal, Tirumal Achâri. Portant la flamme de Shyâmaji, la socialiste « Madame » Câmâ (1861-1936) et Râoji Rânâ  installaient à Paris un refuge pour les résidents de l'India House de Londres.

Après sept ans passés à Londres, Chatto partit pour Paris, en 1909, seconder Madame Câmâ dans la rédaction du Bandé Mâtaram, calqué sur le journal de Sri Aurobindo. Traqué par les agents britanniques, Chatto quitta Paris en avril 1914 et commença un doctorat de philosophie à l'Université de Halle, en Allemagne. Il y retrouva son admirateur Abinâsh Bhattâcharya ou Bhattâ, docteur-en-sciences et chercheur à l'Institut de chimie, qui disposait d'importants relais au sein du gouvernement allemand. Outre des travaux scientifiques, Bhattâ publiait des articles sur l'Inde - fort prisés par l'élite intellectuelle - dans des quotidiens allemands de première importance. En collaboration avec le baron Bertheim des affaires étrangères et avec le baron Max von Oppenheim (1860-1946), fonctionnaire spécialiste du Moyen-Orient, Chatto fonda le « Comité Berlin » (Deutscher Verein der Freunde Indien) sous la présidence d'Albert Ballin, directeur de la Hamburg-Amerika Steamer Company, composé de patriotes indiens, représentant différentes régions et religions, venant des quatre coins de l'Allemagne et de la Suisse.

Le 30 septembre 1914, en présence de von Oppenheim, d'Albert Ballin et du ministre Clementz von Delbrük (1856-1921), le Prince Heinrich, frère du Kaiser, présenta à Chatto et Bhattâ un contrat établi en quatorze points3.  Connu comme le Plan Zimmermann, ce contrat peut être résumé ainsi :

  1. Expédition d’argent, d’armes pour soutenir et consolider l’effort révolutionnaire déjà mis sur pied en Inde.
  2. Faciliter le rapatriement des militants indiens à l’œuvre en Occident, pour seconder le soulèvement en Inde.
  3. Entraîner des Indiens à Spandau et d’autres bases militaires allemandes.
  4. De même, former des spécialistes indiens au maniement des mines sous-marines.
  5. Rédaction, impression et diffusion de littérature subversive en langues indiennes.
  6. Mettre à la portée du comité révolutionnaire indien quelques avions utiles à cette propagande.
  7. Livrer d’urgence des matériaux et des équipements militaires dans certains ports indiens.
  8. Mettre à l’usage des cellules clandestines en Inde des billets de banque en coupures de 10 roupies.
  9. Doter le Comité Berlin de toute possibilité de téléguider et seconder l’effort des militants en Inde.
  10. En cas de réussite de la révolution, permettre aux révolutionnaires indiens de former leur propre république socialiste4 en Inde, sans aucune mainmise austro-allemande.
  11. Ne faire aucune concession aux Etats princiers indiens susceptibles de s’y opposer.
  12. En cas d’échec de l’opération, accorder la protection nécessaire aux militants indiens qui éliraient l’Allemagne comme terrain d’asile politique.
  13. L’Allemagne ne céderait devant aucune pression des Alliés demandant l’expulsion de quiconque participerait aux efforts révolutionnaires en Inde.
  14. Les mêmes dispositions s’appliqueront aux familles des révolutionnaires qui auraient besoin de la protection du gouvernement du Kaiser5.

Fin  septembre 1914, en deux expéditions, quelques militants quittèrent Berlin afin de rencontrer les dirigeants à Calcutta, dans le but de renforcer les bases révolutionnaires indiennes à Batavia, où les représentants allemands les attendaient. Simultanément, deux délégués du Comité Berlin – Dhîren Sarkâr et Mârâthé – partirent rencontrer Johann von Bernstorff, ambassadeur d'Allemagne à Washington, avec des instructions officielles. Bernstorff et son attaché militaire Franz von Papen se mirent à acquérir armes, munitions et navires adéquats pour les livrer sur la côte du golfe du Bengale, via Batavia. De New York, trois messages de von Papen entre décembre 1914 et mars 1915, faisaient état de l’achat de 11 000 fusils, 250 revolvers Mauser avec suffisamment de munitions, de la goélette Annie Larsen pour stocker les matériaux achetés et du cargo Le Maverick pouvant transporter 200 tonnes de matériaux pour l'Inde6. Sarkâr et Mârâthé contactèrent ensuite Târaknâth Dâs, Hérambalâl Gupta et d'autres dirigeants du Gadhar qui menaient à bien les préparatifs pour l'insurrection. Un grand nombre de dirigeants du Ghadar suivirent Barakatullah, en réponse à l'invitation de Chatto.

Reçu et décoré par le Kaiser, Mahendra Pratâp (1886-1979) avec sa mission de patriotes indiens accompagnés par Werner von Hentig quitta Berlin le 10 avril 1915 en direction de Kaboul. Une deuxième mission fut dirigée par Oskar von Niedermayer. Ils avaient formé une armée de libération avec les soldats indiens de régiments britanniques emprisonnés par l'armée allemande, pour envahir l'Inde à travers l'Afghanistan.

Le réseau nationaliste indien aux États-Unis

Emissaire de Bâghâ Jatîn, Târak Nâth Dâs (1884-1958) fut inscrit d'abord à l'Université de Californie, Berkeley, en 1907. Il fonda avec des amis l'Indian Independence League avant d'être recruté comme interprète au Bureau d'immigration à Vancouver. Ayant lancé son journal Free Hindustân, la même année - remarqué comme  fondateur de la politisation de ses compatriotes sur la côte occidentale de l'Amérique - il fut démis de ses fonctions pour cette raison. Ayant déménagé le Free Hindustân à Seattle, il attira l'attention du révolutionnaire irlandais George Freeman, rédacteur du Gaelic American, qui installa Târak avec son journal dans son propre local new yorkais dès août 1908. Briguant une formation militaire au sein de l'Université de Norwich ainsi qu'un poste au Vermont National Guard, sous la pression britannique, le renouvellement de son inscription fut refusée en juin 1909. Il constitua, en 1911, la fédération East India, composée d'associations de ressortissants indiens aux États-Unis et au Canada. Elle fut le prototype de la puissante fédération Ghadar dirigée par Har Dayâl. En 1911, chercheur titulaire à Berkeley, il put s'inscrire pour sa thèse de doctorat en sciences politiques et relations internationales. Il obtint, en 1914, sa naturalisation en tant que citoyen américain.

Les Affaires étrangères britanniques avaient intensifié le réseau d'espionnage en Amérique du Nord dans le vain espoir de restreindre les agissements de révolutionnaires sur le sol américain. L'implication des États-Unis aux côtés de l'Entente - du Royaume-Uni - allait quelque peu changer la donne. Alors que Dâs est en mission académique en Extrême-Orient, Godfrey Denham du Central Intelligence Department de l'Inde britannique, le 18 mars 1917, s'introduit sans mandat dans son appartement au 44 Portola Street à San Francisco pour confisquer ses papiers et ses livres et cela alors même que Dâs était devenu citoyen américain en 1914. La nouvelle souleva un tollé dans l'opinion publique américaine contre la politique pro-britannique du président Wilson. L'admiration de Wilson pour le peuple anglais et son mépris pour les gens de couleur – même citoyens Américains – causèrent de graves préjudices à ces activistes asiatiques basanés dirigés contre les intérêts de l'Angleterre.

En 1915, Emmanuel Voska, agent double de Tomás Masaryk, le futur président de la Tchécoslovaquie, avait constitué avec les immigrés tchèques un réseau de contre-espionnage. Né à Delhi, fils d'un sergent anglais, pratiquant plusieurs langues du Nord, W.C. Hopkinson (alors inspecteur de l'immigration au Canada)  était également payé par la police de Calcutta pour établir un lien causal entre les agitations subversives et l'endoctrinement des Indiens au Canada et aux États-Unis. Il s'intéressait plus directement à Dâs. Il recruta Kripal Singh pour obtenir des informations sur les activités Gadharites7. W.C. Hopkinson avait flairé, entre temps, l'intérêt particulier de se tourner vers un aventurier bengali au profil suspect, Chandra Kânta Chakravarti, émissaire du Jugântar de Calcutta. Chandra mit sur pied ses plans d'action auprès des diplomates allemands, à l'aide de Sekunna, membre du bureau d'espionnage pour l'Orient (Nachrichtenstelle für den Orient) dont l'objectif était de promouvoir et soutenir les agitations subversives et nationalistes dans l'Empire britannique. Attaché au Ministère des Affaires étrangères, il était sous les ordres du baron Max von Oppenheim.

En disciple pieux, Chandra avait reçu l'initiation au Yoga par le Swâmi Abhédânanda au centre Védânta de New York. Il y occupait tout le sous-sol qu'il partageait avec son compagnon allemand, Sekunna. Désireux d'y louer un appartement, W.C. Hopkinson apprit que l'immeuble entier appartenait à Sekunna. Le gardien de l’immeuble était membre de la faction tchèque de Voska. Bénéficiant d’un accès libre à l’appartement où avaient lieu les rendez-vous des révolutionnaires indiens avec les représentants allemands, les espions de Voska remontèrent la filière indo-germanique jusqu’en Chine. Voska réunit des renseignements très importants sur le plan Zimmermann, jusqu’aux projets allemands de sabotage des usines d’explosifs américaines, etc8.  Ainsi, ils mirent en échec les premières cargaisons d’armes destinées à l’Inde par les soins de leur marine9.

Voska fera état de plusieurs de ces personnages dans son livre10.  C'étaient des notes « ...qui avaient un retentissement international et des conséquences historiques11 » , confirme Ross Hedvíček, un journaliste d'origine tchèque. « Si E.V. Voska ne s'était pas mêlé de cette histoire, aujourd'hui personne n'aurait entendu parler de Mahâtmâ Gândhi et le Père de la nation indienne serait Bâghâ Jatin ». Il souligne davantage : « Bâghâ Jatin avait voulu libérer l'Inde de l'emprise britannique mais il eut l'idée de s'allier avec les Allemands espérant recevoir d'eux des armes et d'autres aides. Voska (...) en tant que pro-américain, pro-britannique et antiallemand, prévint Masaryk12 ».

L'insurrection

Rompant la trêve, à l'annonce du déclenchement de la guerre, le parti fédéré de Bâghâ Jatin s'était livré à une série audacieuse d'actes d'intimidations bien contrôlés tels que des braquages de banques pour réunir des fonds avec des taxis automobiles employés pour la première fois en dehors de certains milieux d'anarchistes en France, des meurtres politiques pour avertir les agents zélés de l'Etat colonial, des opérations surprises pour acquérir des armes, denrées difficiles à trouver. Le 26 août 1914, un commando subtilisa dans l'entrepôt de la Rodda & Co, une firme britannique de Calcutta qui importait des armes, cinquante pistolets Mauser C-96 (modèle 1912) utilisables avec une crosse longue permettant de transformer l'arme de poing en une redoutable carabine, ainsi que quarante-six mille cartouches adaptées de 7,63 Mauser, augmentant la portée et la puissance de feu du pistolet, encore inconnu de la police britannique13. Bâghâ Jatin distribua la plus grande partie du butin aux dirigeants régionaux, renforçant la portée de leurs actions violentes et enflammant d'optimisme l'imagination du peuple.

Les Gadharites, arrivés des États-Unis, étaient accueillis par Atulkrishna Ghose et Satish Chakravarti, adjoints de Bagha Jatin. En janvier 1915,  « en pèlerinage » avec sa famille, Jatin rendit visite à Bose et approuva son idée d'installer à Amritsar et à Lahore deux fabriques de bombes, en attendant la livraison allemande. En l'attendant, stratégiquement favorable à ne rien entreprendre, Jatin se rendit compte de la hâte de Bose à ne pas laisser refroidir l'ardeur des Gadharites attisée par les soldats de différentes casernes. Ils fixèrent au 21 février 1915 la date du soulèvement panindien : commencé simultanément à Lahore et à Calcutta, il passerait par Jabbalpur et Bénarès. « Les bombes étaient prêtes, les armes réunies ; les drapeaux confectionnés, une déclaration de guerre rédigée, les outils amassés pour faire dérailler les voies ferrées et couper les fils télégraphiques. Entre temps, afin de financer l'insurrection, certains révolutionnaires du Punjab avaient organisé des hold-up ». [Rapport de la Commission Rowlatt, chapitre168]

A la merci d'espions

Parmi ces Gadharites, on relève toutefois la présence d'un espion nommé Kripal Singh, évoqué plus haut : son cousin était officier au 23rd Cavalry. Prévenus de ses agissements, dès le 16 février, les révolutionnaires avancèrent de deux jours la date du soulèvement, sans réussir toutefois à mettre en œuvre leur opération désormais connue de la police coloniale. Au paroxysme de la confusion, Bose prit la fuite, évitant de justesse la vaste perquisition dans les districts : la police y découvrit armes et  bombes en cours de fabrication.

A ce stade, rappelons quelques points relatifs à la surveillance étroite mise en œuvre par la puissance coloniale. Sir Michael O'Dwyer, responsable de la police de Ludhiana, avait comme tâche la surveillance des huit mille Gadharites : persuadé que le gouvernement britannique était assis sur un volcan menaçant, de façon répétée, il fit part de ses craintes aux autorités dès décembre 1914, afin de remédier à cette situation périlleuse. Il obtint, enfin, en mars, le vote du Defense of India Act qui permettait aux autorités de faire abstraction des procédures et d'emprisonner sans procès tout élément suspect ou séditieux, aussi longtemps que « nécessaire ».

Bientôt repérés et encerclés par la police, Bâghâ Jatin et ses quatre compagnons furent rattrapés à Balasore le 9 septembre 1915 où ils décidèrent de faire front et de lutter jusqu'à la mort. "Nous mourrons pour que la nation s'éveille," disait Bâghâ Jatin. Présent sur son lit de mort, Charles Tegart, le Commissaire de la Police de Calcutta reconnaîtra plus tard que si Jatîn avait été Anglais de naissance, le peuple anglais aurait érigé une statue à son effigie à côté de celle de Nelson à Trafalgar Square.

 

Bibliographie

Mukherjee Prithwindra, Les racines intellectuelles du mouvement d'indépendance de l'Inde (1893-1918), éditions Codex, 2010, 473 pages

Notes

1 MUKHERJEE Prithwindra, Les racines intellectuelles du mouvement d'indépendance de l'Inde (1893-1918), éditions Codex, 2010, pp. 191-192.

2 Directeur  de la  section historique de guerre de la General Staff (1898-1903)

3 MUKHERJEE Prithwindra, Les racines, op. cit., pp. 191-192.

4 C’est nous qui mettons en italique (NDA).

5 BHATTACHARYA Avinâsh Chandra, Europé bhâratiya biplab'ér sâdhanâ, Popular Library, Calcutta, 1978, 2e édition, pp. 109-110.

6 MUKHERJEE Prithwindra, Les racines, op. cit., pp.193-194.

7 Puissante fédération de patriotes indiens, fondée à San Francisco en 1913, à partir des associations créées par Târaknâth Dâs sur la côte occidentale de l'Amérique du nord.

8 MUKHERJEE Prithwindra, Les racines, op. cit., page 208

9 VOSKA E. W., IRWIN W., Spy and Counter-Spy, Doubleday, Doran & Co, New York, 1940, nouvelle édition, Londres, 1941, pp. 98, 108, 120, 122-123, 126-127. MASARYK Tomas, Making of a State : Memoirs and Observations, 1914-1918, Howard Fertig (éd.), Londres 1927 ; G. Dubsky, Prague, 1930 ; G.J. Kovtun (éd.), Allen and Unwin, Londres, 1981, pp. 50, 221, 242.

10 Spy, p.122-123

11 Ross Hedviček, CSmagasín, Pravda orodu Kinských Zpátky nahlavni stránku, Srpen 2006

12 ibid.

13 Mukherjee Prithwindra, Les racines, op. cit., pp.240-241.