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Hommage à la FAOL

Couverture du livre de Dantoine / couverture du livre d’André Aribaud
© D.R.
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Les témoignages directs de contemporains de la Grande Guerre sont mis à disposition du grand public grâce aux actions de recherche et de publication entreprises par différents acteurs soucieux de faire vivre ces traces du passé. Rémy Cazals évoque cette semaine l’implication de  la FAOL dans ce « travail de mémoire » essentiel.

C’est la Fédération audoise des œuvres laïques (FAOL) qui a édité Louis Barthas pour la première fois, sous forme d’une plaquette format A4, tirée sur une machine offset, 72 pages d’extraits envoyées ensuite à François Maspero pour lui proposer l’édition intégrale d’un texte qui a aujourd’hui un énorme succès national et international. Sur la lancée, la FAOL créa la collection « La mémoire de 14-18 en Languedoc » qui publia de nombreux témoignages, parfois en partenariat avec d’autres éditeurs, avec des associations ou des collectivités territoriales. Le livre 500 Témoins de la Grande Guerre en compte 35 découverts par la FAOL, pas seulement en Languedoc. On ne pourra pas tous les reprendre ici où on n’en retiendra que sept.

Nom Prénom Naissance Lieu Situation
Aribaud André 1896 Aude Artilleur devenu militaire de carrière
Colson Joseph ? Aude Officier d’infanterie
Coyot Jean 1896 Aude Soldat d’infanterie
Dantoine Pierre 1884 Aude Sergent d’infanterie – Dessinateur
Loubet Étienne 1887 Aude Soldat d’infanterie – Campagne de Sibérie
Moulis Charlotte 1891 Tarn Domestique d’une famille noble
Noé Léopold 1877 Aude Soldat d’infanterie

Le « jeune artilleur de 75 » Aribaud, d’après le titre qu’il a donné à son petit livre, en plus du récit de sa campagne, donne un chapitre entier pour expliquer le fonctionnement d’une batterie de 75. Le lieutenant Colson a décrit le déchaînement de l’enfer sur Verdun à la fin de février 1916. Quant au cultivateur Etienne Loubet, qui n’était guère sorti de son village, le voici au bout du monde, débarquant à Vladivostok le 9 août 1918 avec le bataillon colonial sibérien pour prendre les bolcheviks à revers. Le parcours de Léopold Noé est plus classique : soldat au 280e RI, son récit vient confirmer celui du caporal Barthas. Après la guerre et à partir de ses notes, le fantassin Jean Coyot a voulu fabriquer un vrai livre, en exemplaire unique pour sa bibliothèque personnelle, témoignage critique sur les grands chefs, les embusqués et les patriotes qui plastronnent après la victoire, sans avoir connu l’horreur de la tranchée. Un monde que Pierre Dantoine a su dessiner dans ses moindres détails, mais avec la distanciation de l’humour. Seule civile retenue ici parmi quelques autres découvertes par la FAOL, Charlotte Moulis décrit les six premiers mois de la guerre dans un château près de la frontière tracée en 1871 en Lorraine.

Les témoins publiés par la FAOL (textes découverts ou suscités), non mentionnés dans le tableau ci-dessus, apportent, eux aussi, quantité de remarques éclairantes, peut-être déjà rencontrées ailleurs, mais il est bon de connaître les opinions du plus grand nombre et de laisser chacun les exprimer à sa façon.

Par la suite, en association notamment avec les Archives de l’Aude et l’université de Toulouse – Jean Jaurès, la FAOL a participé à l’organisation et à la publication de plusieurs colloques universitaires dont certains portant en totalité ou en partie sur l’histoire de la Grande Guerre, mobilisant de nombreux historiens réputés : Traces de 14-18 ; Retrouver, imaginer, utiliser l’Antiquité ; Les prisonniers de guerre à travers l’histoire, Contacts entre peuples et cultures ; Paroles de paix en temps de guerre ; et le dernier en date, Travailler à l’arrière 1914-1918, publié en 2014 par les Archives de l’Aude.