Espace scientifique > Colloquesseminaires > Présentation du séminaire d’été 2016 sur l’Armée d’Orient et la Première Guerre mondiale

Présentation du séminaire d’été 2016 sur l’Armée d’Orient et la Première Guerre mondiale

Thessalonique, Villa Kapandji, siège en 1916 du gouvernement provisoire de la Défense nationale d’Elefthérios Venizélos.
© Ecole Française d'Athènes
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Le séminaire de formation sur l’Armée d’Orient et la Première Guerre mondiale s’est tenu à Thessalonique du 29 août au 3 septembre 2016. Ce séminaire était le fruit d’une collaboration entre l’École française d’Athènes, l’université de Macédoine à Thessalonique et les Archives littéraires et historiques helléniques (ELIA-MIET). Il a bénéficié du soutien de la Mission du Centenaire en France.

Il avait pour but d’analyser la présence de l’Armée d’Orient à Thessalonique et de faire apparaître la spécificité du front d’Orient lors de la Première Guerre mondiale, par rapport au contexte balkanique et à celui la Méditerranée orientale. Il s’adressait à 18 étudiants, de niveau L3 à M2, de diverses nationalités (grecque, française, italienne, serbe, turque) venant d’universités françaises, grecques, canadienne et irlandaise, qui avaient bénéficié de l’accompagnent et de l’encadrement de 12 enseignants et chercheurs en provenance de Grèce et de France. Le séminaire visait à susciter des vocations de recherche en dressant un panorama des sources disponibles, des débats historiographiques, des problématiques conceptuelles et des enjeux méthodologiques.

La majorité des présentations des intervenants a eu lieu dans le bâtiment de la Fondation Culturelle de la Banque de Grèce (MIET) et de l’ELIA à Thessalonique  (plus connu sous le nom de Villa Kapadji) qui fut, durant la Grande Guerre, le siège du Gouvernement provisoire de Thessalonique d’Eleftérios Venizélos. Plus précisément, Ioannis Stéfanidis a signalé l’importance du Front d’Orient dans la Première Guerre mondiale, tandis que Stratos Dordanas et Spyros Sfétas ont parlé du Front par rapport à la stratégie des Empires centraux et de l’Entente. L’intervention de Frédéric Guelton concernait à la fois des questions plus militaires, liées à la constitution et à l’organisation de l’Armée française d’Orient, et des questions méthodologiques sur le rapport entre chaîne de commandement et de communication et production d’archives. Dans ce cadre, les étudiants ont pu avoir un premier contact et discuter des documents et des photos, conservés aujourd’hui au Service historique de la Défense à Paris. Elli Lémonidou, de son côté, a parlé de la place de la Grèce dans la Grande Guerre et de la Discorde Nationale, signalant les raisons de l’oubli de cette question dans l’histoire et l’historiographie grecques. Anne Rasmussen et Léna Korma ont fait, à l’aide des sources et des témoignages historiques, une courte présentation de l’œuvre sanitaire de l’Armée d’Orient et de sa particularité par rapport au Front occidental.

Pendant les travaux de ce séminaire, les participants ont pu visiter le cimetière des armées alliées à Zeitenlik et le musée de la nécropole française, sous les auspices du consulat général de France à Thessalonique et sous la responsabilité de Vlassis Vlassidis. Ils ont bénéficié d’un commentaire sur les questions mémorielles présenté par Elli Lémonidou. Vlassis Vlassidis était aussi chargé de guider les participants dans la ville et de leur montrer des bâtiments où sont jusqu’aujourd’hui visibles des traces de la présence des armées alliées. Il était, de plus, responsable de l’excursion organisée grâce au soutien de la Municipalité de Thessalonique dans la vallée du Vardar (Axios) et la  région d’Almopia, dans le nord de la Grèce, et de la visite, entre autres, du cimetière de Polykastro et du musée de la bataille de Skra di Legen, l’une de plus importantes dans l’histoire du Front macédonien. En même temps, une visite a eu lieu au Centre historique de Thessalonique où, mis à part l’intervention de son directeur, Antonis Satrazanis, Évangélos Chékimoglou a parlé de Thessalonique pendant la Grande Guerre et de la relation entre les populations locales et les troupes alliées. De l’autre côté, Emmanuelle Cronier a fait une introduction sur les questions de l’alimentation pendant la guerre, en montrant l’importance des cartes postales et des affiches, comme source d’analyse historique. Les étudiants ont aussi eu l’occasion, à l’initiative de Tassos Anastassiadis, de travailler sur des sources diplomatiques de l’époque, de les commenter et d’essayer de tirer quelques conclusions en rapport avec la problématique du séminaire. Enfin, les participants ont visité les Archives historiques de Macédoine (GAK/IAM), institution qui conserve, du point de vue grec, un certain nombre de sources écrites et photographiques sur le Front d’Orient, et qui hébergeait l’hôpital russe pendant la Grande Guerre.