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La Guerre en Performance dans la création littéraire

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Ce colloque international, organisé par Martin Mégevand (Université Paris 8) avec le soutien du Labex arts H2H a lieu les 4 et 5 décembre 2014 à Paris.

Ce colloque s’inscrit dans le cadre d’un champ de recherche qui prend pour objet l’examen des façons humaines de répondre à des situations de violence historique par une pratique artistique. A la faveur du centenaire de la Grande Guerre, la perspective choisie est celle du rapport entre l’art et la violence guerrière envisagé sous l’angle de ce qu’indique le champ sémantique du mot performance : exécution, réactualisation, attention prêtée à la dimension du corps et à la violence portée à celui-ci.

Le concept de performance repose sur le présupposé d’une forme d’efficacité de la parole, résumé habituellement par la célèbre formule issue de la linguistique pragmatique : « quand dire c’est faire ». Or la violence de la guerre, civile ou mondiale, met la parole et la langue du sujet à l’épreuve du dire : en ce sens, ce qui se trouve éprouvé dans l’expérience de la violence guerrière, c’est la dimension performative de la parole elle-même.

Il est singulier que de  nombreuses œuvres précisément qualifiées de « performances » - qu’on songe à celles de Tadeusz Kantor, qui porte la mémoire des deux guerres mondiales – mettent en scène des difficultés à nommer, à dire, à faire mémoire, à élaborer. Qu’en est-il donc, dans ces conditions, de la puissance de la parole ? Lorsque l’échec du dire émane de l’expérience d’une catastrophe qui a pour effet de sortir le sujet de ses repères symboliques et imaginaires, la parole peut-elle être en toute rigueur qualifiée de performative ?

On tentera de faire le point sur une notion et d’établir les conditions de possibilité d’une recherche transdisciplinaire et transhistorique ancrée dans des enjeux esthétiques et politiques contemporains. C’est pour ces raisons que cette rencontre est conçue en hommage à la mémoire de l’helléniste et anthropologue Nicole Loraux.

Programme

Jeudi 4 décembre  – Théâtre National  de La Colline (grande salle)

9h00 - Accueil des participants

  • Hommage à la mémoire de Nicole Loraux
  • Ouverture des travaux

Séance 1 - La performance créatrice comme réactualisation d’une situation de guerre

Présidence : Bruno Clément (université Paris 8 ; IUF)

9h30 - Bataille et performance dans le Mahabharata par Charles Malamoud (EPHE)  

10h15 - De l'acte guerrier à la performance de l'acteur par Marie-José Mondzain (CNRS)

Pause

11h15 - Le phénomène des « War Reenactments » par Marvin Carlson (CUNY)      

Séance 2 - Performance créatrice et blessures historiques                     

Présidence : Pierre Bayard (université Paris 8 ; IUF)               

14h00 -  La mémoire qui n’oublie pas par Jean-Max Gaudillière (EHESS)

14h45 - Le théâtre de Tadeusz Kantor : performance de guerre. Sur des archives des spectacles de Kantor de la Cricothèque de Cracovie par Maja Saraczynska (Université Stendhal, Grenoble 3)         

Pause

16h00 - William Rivers, la performance d'un analyste anglais  pendant la guerre de 14 à travers la Trilogie de Pat Barker par Françoise Davoine (EHESS)

16h45 - Ecrire pour défaire : performance de la mémoire du génocide des Tutsi au Rwanda par Ariane Zaytzeff (NYU)        

Pause

17h30 - Entretien et Performance par Delavallet Bidiefono (chorégraphe)  et David Lescot (auteur et metteur en scène ; Université Paris Ouest)

18h15 - buffet

Vendredi 5 décembre - salle de conférence, Reid Hall, 4 rue de Chevreuse, 75006 Paris

9h15 - Accueil des participants

Séance 3 - « Performance Studies », histoire, représentations de la guerre

Présidence : Eric Eigenmann (université de Genève)

9h30 - Figurer la catastrophe à la fin du XVIe et au début du XVIIe siècles par Christian Biet (université Paris Ouest, IUF)

10h15 - Violence et allégorie dans la Performance par Josette Féral (Université Paris III)    

Pause

11h15 - Battre la guerre avec ses propres armes ? La guerre performantielle de Jelinek/Schlingensief et des Superamas par Éliane Beaufils (Université Paris 8)    

12h00 - Déterrer un cadavre; réaliser une autopsie; reconstruire une scène de crime par Chloé Déchery (université de Surrey, UK)

Séance 4 - Pouvoirs et limites des mots

Présidence : Christian Doumet (université Paris 8 ; IUF)

14h00 - Le terme de la guerre par Jean-Michel Rey (Université Paris 8)

14h45 - Paroles et musiques dans le contexte de la Grande Guerre par Jacqueline Rousseau Dujardin (psychanalyste)

Pause

15h45 - Par-dessus bord de Michel Vinaver à la lumière de la Seconde Guerre mondiale par Eric Eigenmann (Université de Genève)     

16h30 - Polemos / logos. Autour de l’œuvre de Nicole Loraux par Patrice Loraux (Université Paris I)  

Pause

17h45 - Synthèse et clôture par Debra Kelly et Martin Mégevand     

18h - Buffet

 

Ce colloque a reçu le soutien du Labex Arts-H2H et bénéficie d'une aide de l'ANR au titre du programme Investissements d'avenir (ANR-10-LABX-80-01).Les autres partenaires qui ont rendu possible cette rencontre sont le Théâtre National de la Colline, la Bibliothèque Nationale de France, l’Institut Français, la Mission du Centenaire 1914 2014, l’équipe de recherche EA 1579 Littérature, Histoires, Esthétique de l’Université Paris 8, l’Université Westminster de Londres et la Cricothèque de Cracovie.