Espace scientifique > Colloquesseminaires > Images interdites de guerre

Images interdites de guerre

Dans la région de Fontaine Houyette, dans la Marne au nord-est de Vienne-le- Château, un poste de signalisation permet la transmissions des ordres par signaux optiques (détail).
© ECPAD/France/brissy, Edouard/1916
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

La journée d’études Images interdites de guerre se tiendra le 15 octobre 2014 au Centre Panthéon-Sorbonne. Cette manifestation scientifique est associée à l’exposition Images interdites de la Grande Guerre et est organisée par l’université Paris 1, l’ECPAD, le SHD, avec le soutien de la DMPA.

La production de témoignages en temps de guerre n'a cessé de s'accroître avec la création de nouveaux supports et leur démocratisation, dévoilant par là-même des discours et des images  en marge des productions officielles. À partir de la Première Guerre mondiale, pivot d'une redéfinition de l'usage des images et de l'apparition d'une presse filmée directement produite par l'armée, la censure a dû suivre les évolutions techniques et médiatiques. La photographie de guerre, naissante au moment d'une guerre de 1870 qui privilégie encore le dessin, la peinture ou la caricature, devient progressivement une arme de communication pour les pouvoirs en place, mais  également un outil pour les reporters ou les artistes. Comment cette censure s'établit-elle sur l'image ? Quelles institutions la mettent en place et quelles grilles de lecture la définissent ? La censure n'est pas seulement l'interdiction mais la reconstitution, la falsification, le détournement du document iconographique.

En effet, la photographie ne peut être uniquement le produit d'une machine administrative qui diffuse ou proscrit : indépendant ou missionné, l'opérateur transmet un point de vue au travers d'un cliché. Les conflits de plus en plus diversement médiatisés du XXe siècle ont tous utilisé l'image, fixe ou animée, comme moyen de légitimer, dénoncer, et couvrir l’événement quand les photographes, eux, poursuivent, accompagnés d'ordres ou non, le désir de montrer.

Cette journée d'étude rassemble des historiens, historiens du cinéma et des professionnels de l’image qui préciseront la tension entre les caractéristiques propres à l’image photographiques et le contexte de production de  ces clichés interdits.

Programme

10h – Présentation  par Béatrice de Pastre (Directrice des collections du CNC)

10h15 – « La faute à Nefftzer ? La presse et la guerre en 1870-1871 » par Jean-François Chanet (SHD)

11h – « Montrer la mort pendant la guerre en Iran : à quelles conditions ? » par Agnès Devictor (Paris 1 Panthéon-Sorbonne - HiCSA)

11h45 – Pearl Harbor - décembre 1941-décembre 1942 par Serge Viallet (Paris 1 Panthéon-Sorbonne - CRH-ISOR)

14h – "Ces images que l'on dit tabou", violence et sexualité dans la Seconde Guerre mondiale par Fabrice Virgili (CNRS - UMR IRICE)

14h45 – Indochine : lisser l'image d'une sale guerre par Delphine Robic-Diaz (Université Montpellier 3)

15h30 – Comment censurer une "non-guerre"? Censure et pré-censure cinématographiques durant la guerre d'Algérie par Sébastien Denis (Université d'Amiens)

16h15 – Conclusion par Myriam Tsikounas (Paris 1 Panthéon-Sorbonne – CRH-ISOR)

 

Informations pratiques

Lieu : Centre Panthéon-Sorbonne, 12 place du Panthéon, salle 1, escalier M, premier étage

localisation

Adresse : 12, place du Panthéon
Paris
France