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Appel à participation : séminaire d'été sur l'Armée d'Orient

Campagne d'Orient 1914-1918 - Campagnards macédoniens aux champs
© Coll. particulière
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Le séminaire d’été qui aura lieu à Thessalonique du 29 août au 3 septembre 2016 inclus propose à des étudiants de Master I et II un cadre d’échanges et de formation sur l’histoire de l’Armée d’Orient dans le cadre du programme de l’École française d’Athènes.

Objectif

Ce séminaire d’été souhaite réunir des étudiants de master I et de master II intéressés par la Première Guerre mondiale et souhaitant envisager un sujet de recherche autour de cette guerre éventuellement sur son front du SE européen et de la Méditerranée orientale). Dans ce séminaire, plusieurs aspects de ce front seront approchés (militaire, politique, économique, social, technoscientifique, sanitaire, culturel), afin de mieux comprendre l’œuvre de l’Armée d’Orient et de montrer son importance au cours du XXe siècle. Le programme du séminaire propose aussi de visiter le cimetière multiethnique de Zeitnelik à Thessalonique, où les soldats des armées alliées reposent, et de voir les traces de cette présence, qui sont nombreuses, et de l’influence française : dans la médecine, dans la viticulture avec l’introduction de nouveaux cépages et de méthodes de vinification, dans l’agriculture avec l’introduction de nouvelles techniques, dans l’urbanisme avec la reconstruction du centre de Thessalonique après le grand incendie de 1917. De plus, mis à part la ville de Thessalonique elle-même où a été installé le cœur du « camp retranché » des armées alliées, ce séminaire propose de visiter aussi d’autres régions du nord de la Grèce dans lesquelles la présence française a été très forte.

Problématique

L’Armée française d’Orient (AFO) était composée à ses débuts, à l’automne 1915, des unités du corps expéditionnaire français ayant participé aux opérations des Dardanelles/Gallipoli, réunis à Thessalonique. Elle constitue la partie française des Armées alliées d’Orient (AAO) qui assument de 1915 à 1918 le front sud-est de la Première Guerre mondiale, avant de s’engager sur d’autres fronts comme l’Empire ottoman ou la Russie soviétique, après l’armistice de novembre 1918. Les Armées alliées d’Orient et, à cet égard l’Armée d’Orient est illustrative du propos, sont un kaléidoscope ethnique du conflit, du fait de leur composition internationale où troupes coloniales venues d’Afrique et d’Indochine, d’Égypte ou d’Inde côtoient des forces «métropolitaines » des grandes puissances impériales européennes, ainsi que des forces italiennes, russes, serbes, roumaines ou grecques et même tchèques et albanaises.

La progression des forces de l’Entente, qui a conduit à la victoire finale, a pris naissance sur le Front d’Orient qui a finalement réussi à immobiliser plusieurs grandes unités des Empires Centraux. Cependant, dans l’histoire de la Première Guerre mondiale, le Front d’Orient est un épisode assez mal connu, tant en France qu’en Grèce et les opérations de ce front n’ont jamais bénéficié de la promotion qu’elles auraient dû avoir. Sa mémoire ne fut pas enchâssée dans l’espace ou dans la mémoire collective et elle ne trouva pas sa place dans les historiographies locales, à la fois en raison des rapports troubles entre relations internationales et politique interne durant la Première Guerre mondiale - liée en Grèce au grand Schisme national qui marque l’entre-deux-guerres - et aussi à un décalage au niveau de la temporalité.

Le fait que l’histoire du Front d’Orient dépasse les frontières de l’État grec incite à proposer un regard croisé. Étant donné l’étendue de la région couverte par le front, allant de l’Adriatique jusqu’au fleuve Strymon, l’histoire de l’Armée d’Orient fait inévitablement partie intégrante de l’historiographie européenne et balkanique. Placée dans cette perspective, l’étude des relations étroites développées entre la Grèce, la France et les autres puissances balkaniques, devient pertinente et permet d’éviter la coupure qu’inspirent tant de monographies sur elle. L’histoire du Front d’Orient, inscrite ainsi dans un espace articulé, complète et enrichit son image.

>> Voir le programme provisoire

Participation

L’EFA organise le séminaire en partenariat avec l’Université de Macédoine. Elle prend en charge les frais d’hébergement, de restauration et des excursions sur place des étudiant(e)s retenu(e)s. Une douzaine de places est réservée pour des étudiant(e)s venant d’universités hors de Grèce. Les étudiant(e)s prendront en charge leur billet d’avion vers Thessalonique et devront solliciter le soutien de leurs centres ou départements de rattachement.

Modalités d’inscription

Envoyer avant le 25 juin 2016 à l’adresse dir.moderne@efa.gr un message ayant pour objet « Candidature au séminaire AFO 2016 » en expliquant brièvement la raison de son intérêt pour le sujet et en y ajoutant une copie de son relevé de notes de Licence et/ou de Master, ainsi qu'un CV mis à jour. 
Les réponses seront envoyées au plus tard pour le 30 juin 2016.

Comité scientifique

  • Tassos Anastassiadis (École française d’Athènes)
  • Emmanuelle Cronier (Université de Picardie Jules-Verne)
  • Frédéric Guelton (ancien directeur du SHAT / Mission du Centenaire)
  • Léna Korma (École française d’Athènes)
  • Elli Lemonidou (Université de Patras)
  • Anne Rasmussen (Université de Strasbourg)
  • Vlassis Vlassidis (Université de Macédoine)