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Une plateforme pédagogique dédiée au rôle des Outre-mer dans la Grande Guerre

Tirailleurs Kanaks, fonds Leenhardt
© Archives de Nouvelle-Calédonie
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Porté par le Réseau Canopé, un projet de plateforme de ressources pédagogiques consacré au rôle des territoires d'Outre-Mer dans la Grande Guerre ouvrira en novembre 2018. 

Rappel historique

Soixante-six ans après l’abolition de l’esclavage (1848), les citoyens des Outre-Mer souhaitent apporter leur contribution à la patrie, en étant intégrés et reconnus par celle-ci. Cette citoyenneté ne leur permet pourtant pas de contribuer à la conscription qui n’intervient qu’en 1889. Il faut attendre la loi du 7 août 1913, qui modifie les lois de conscription de 1889 et 1905, et rend obligatoire la conscription. En outre, cette loi répond aux revendications de certains hommes politiques, qui souhaitent ardemment voir les colonies des Antilles, de la Guyane et de la Réunion assimilées, et qu’au même titre que les Français, ces citoyens puissent participer à l’impôt du sang. Ce n’est qu’en 1913 que le service militaire est instauré dans les quatre colonies, et l’entrée de la France dans le premier conflit mondial, ne fait que confirmer cela. Cependant, l’état-major français n’est pas favorable à ce que les hommes des Outre-Mer participent au conflit : leur manque de préparation et leur acclimatation pourrait rendre l’organisation des troupes plus délicate. Pourtant, dans les Outre-Mer, les choses s’organisent : les hommes âgés entre 18 et 45 ans sont incorporés et reçoivent une instruction militaire. En août 1914, quand parvient l’ordre de mobilisation dans les Outre-Mer, tous sont prêts à partir combattre et sauver la France. Des manifestations patriotiques de soutien témoignent de l’amour des Outre-Mer pour la France. C’est dans ce climat que les premiers hommes partent, en 1915.

Objectifs de la plateforme 

Le projet de la plateforme numérique porté par la direction territoriale des Outre-Mer du Réseau Canopé, s’inscrit dans ces missions éducatives et pédagogiques, mais également dans le contexte des commémorations du Centenaire de la Première Guerre mondiale.

Dès 2014, il est apparu important que la direction territoriale des Outre-Mer propose un projet qui s’inscrive dans le cycle des commémoration nationales et internationales. L’idée de la plateforme numérique permettait au plus grand nombre d’accéder à l’histoire des soldats des Outre-Mer.

Ici, comme partout ailleurs, les hommes ont souhaité partir pour combattre l’ennemi de la France. De nombreux hommes ont quitté leurs îles et la Guyane pour rejoindre les zones de combats, ou renforcer les forces à l’arrière. La vie dans les Outre-Mer a dû par conséquent se réorganiser, et comme en France, les femmes ont remplacé les hommes : on les retrouve dans les usines centrales, les champs de sucre à canne, et dans d'autres métiers jusqu'à là plutôt réservés aux hommes. Les nouvelles parvenues du front, longues à arriver, furent rarement bonnes. Grâce aux historiens, nous connaissons un peu mieux l’intervention et la contribution de ces populations, qui fut significative mais qui restent encore trop peu connue. Contrairement à la France, les ressources historiques disponibles, pour une utilisation en classe, ne sont pas très nombreuses, voire quasi inexistantes selon les territoires.

La plateforme numérique devrait ainsi permettre de favoriser la démocratisation à cet accès, en permettant d’avoir, sur un support unique, une vision globale des contextes historique, économique et social des Antilles (Guadeloupe et Martinique), de la Guyane et de la Réunion entre 1913 et 1919.

Elle sera accessible partout et pour tous. Elle favorisera la connaissance de cette période et l’implication des soldats des Outre-Mer dans le Premier conflit mondial, et encouragera ainsi le travail de mémoire.

Le contenu de la plateforme

La plateforme proposera des ressources, des vidéos (interviews d’historiens et spécialistes de la période, portraits de soldats), des séquences pédagogiques, une chronologie comparative, des portraits de soldats, et des dossiers documentaires.

Elle comportera trois espaces :

1. Un portail d’accueil grand public

2. Un espace réservé aux enseignants, afin qu’ils puissent accéder à des séquences pédagogiques s’inscrivant dans le cadre de l’adaptation des programmes.  Elles s’organiseront autour des contextes des Outre-Mer en 1914 : l’annonce de la guerre ; les soldats au front (la préparation, le départ/l’arrivée, la vie des soldats, leurs adaptations et les contraintes climatiques, les permissions, les sévices et les brimades) ;  à l’arrière (la vie des femmes, les aspects économiques et sociaux, les marraines de guerre) ; l’après-guerre (citations et faits d’armes, les désillusions, le retour des hommes) ; et enfin des lieux de mémoire et d’histoire (les monuments aux morts, les témoignages des derniers poilus ; les lieux de mémoires).

3. Un espace scientifique dans lequel il sera possible de retrouver des conférences, séminaires et articles scientifiques qui permettront de prolonger la réflexion sur le sujet.            

Par ailleurs, trois thématiques seront abordées et déclinées en ressources, documents, séquences pédagogiques et que l’on retrouvera dans les différents espaces de la plateforme :

1 – L’engagement des Outre-Mer dans la Grande Guerre
2 – L’après-guerre (conséquences humaines, économiques et politiques)
3 – Le travail de mémoire.

Elaboration et coordination du projet

Ce projet n’aurait pas pu voir le jour sans les différents partenariats construits ou à construire dans les quatre territoires : les rectorats avec les Inspecteurs pédagogiques régionaux et les enseignants pour leurs contributions dans le cadre des séquences pédagogiques ; les collectivités territoriales (Martinique et Réunion), les offices nationaux des anciens combattants et victimes de guerre (Martinique et Réunion), la direction des Art et de la culture OI (Réunion), et le Réseau Canopé qui ont apporté une contribution financière ; le groupe Achac pour l’exposition «1765-2013, ensemble. Présences des Afriques, des Caraïbes et de l’océan Indien dans l’armée Française » et des vidéos de soldats ayant participé au Premier conflit mondial. Quatre équipes se sont organisées dans les différents ateliers Canopé de Martinique, Guadeloupe, Guyane et Réunion autour des responsables d’édition transmédia, la coordination du projet étant assurée par l’atelier Canopé de Martinique. Le Réseau Canopé assurera la mise en œuvre de la plateforme et sa mise en ligne dans l’univers digital du Réseau.

La plateforme sera lancée dans le cadre d’un séminaire « Les Outre-Mer dans le Premier conflit mondial », le 9 novembre 2018.