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L’Action pédagogique de la BnF autour de la Grande Guerre

L'espace pégagogique de la BnF.
© Bibliothèque nationale de France
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Dans la perspective de la célébration du centenaire de la Première guerre mondiale, l’action pédagogique de la Bibliothèque nationale de France prévoit un accompagnement d’envergure.

Le Service de l’Action pédagogique

Le Service de l’Action pédagogique accompagne l’offre culturelle et documentaire de la BnF auprès des publics scolaires, au moyen de médiations diversifiées. Celles-ci déclinent les axes thématiques de la bibliothèque (histoire et missions) et de ses collections patrimoniales. L’équipe s’appuie sur des partenariats internes (départements de collections, de la conservation, bibliothèque numérique Gallica …) et externes (Ministère de l’Education nationale, institutions culturelles, collectivités territoriales …). Le service adapte ses propositions aux programmes scolaires, en lien étroit avec les rectorats et les inspecteurs de disciplines.

Des visites et ateliers sont ainsi proposés aux élèves du CP aux classes préparatoires et de BTS, autour d’une offre pérenne qui recouvre les domaines d’excellence de la BnF : l’histoire du livre, du patrimoine écrit, graphique et audiovisuel, la découverte de la bibliothèque et de ses trésors patrimoniaux. Les visites et les ateliers portent aussi bien sur des thématiques (Qu’est-ce qu’un livre ?, Les métiers du livre au Moyen Age, La fabrique du livre imprimé, Unes de presse), que sur des pratiques artistiques. Certaines expositions temporaires, choisies pour leur intérêt pédagogique, font l’objet d’un accompagnement approfondi : visites guidées des expositions, suivies d’un atelier spécifique.

Ces activités s’appuient également sur des « fiches pédagogiques », rédigées à l’intention des enseignants. Disponibles sur support papier et téléchargeables sur le portail classes.bnf.fr, ces documents permettent aux professeurs de mieux s’emparer du propos d’une exposition ou d’un thème de référence. Enfin, des formations sont organisées pour les enseignants: stages figurant au Plan académique de formation des trois académies d’Ile-de-France, dans le cadre du développement de l’éducation artistique et culturelle, ou rencontres plus informelles, toutes ces formations s’appuient sur les domaines d’excellence de la BnF, et instaurent un dialogue avec les professionnels du livre, ou d’autres partenaires artistiques et culturels.

Ateliers pour les élèves

Visite et atelier, exposition « 1914. Les derniers jours de l’ancien monde » pour les classes de la 3ème à la Terminale : « 1914, pour ou contre la guerre ? ». Voir sur le site classes.bnf.fr

Les semaines qui ont précédé le premier grand conflit mondial du XXe siècle ont vu s'affronter des idées fort opposées. Des idées pacifistes, bellicistes, nationalistes, militaristes, anarchistes fleurissaient dans les journaux, sur les affiches qui ornaient les murs des villes, dans les livres et chansons... Elles étaient les témoins de ces conflits idéologiques qui agitaient alors la société française.

Après la visite de l'exposition, les élèves sont invités à se saisir de documents de 1914 conservés à la BnF, de ces documents de propagande fiers de l'idéologie qu'ils défendaient (Il a été retenu les idéologies pour ou contre la guerre). Ils mettront en œuvre leur pouvoir d'argumentation en analysant les documents qui leur seront proposés, et en publiant leur point de vue sur deux pages Facebook créées à cette occasion. L’atelier reprend le fonctionnement du jeu de rôles, les élèves adoptant le point de vue fictionnel de La Ligue héroïque (belliciste) d’un côté, et Le Cercle pour la Paix pour l’autre camp. Utiliser Facebook est une démarche qui s’impose et qui interroge, à l’heure où l’information s’échange rapidement, où chacun peut donner son avis sur tout, et où tous les autres médias sont visibles et commentés à la minute.

Les élèves auront à disposition un dossier de travail contenant divers documents pacifistes et bellicistes qu’ils auront pour la plupart vus dans l’exposition. Télécharger ici deux exemples de confontation de deux événements abordés, dans la presse de l’époque, par chaque « camp », que les élèves analysent, et qu’ils ils sont amenés à citer pour leur argumentation.

Mardi, jeudi et vendredi de 14h à 16h30
105 € par classe, 70 € moins de 20 élèves
Réservation obligatoire au 01 53 79 49 49 ou visites@bnf.fr

Atelier  de recherches dans les bibliothèques numériques Gallica et Flora : « Photographie et presse de la Grande Guerre » pour les classes de lycée à BTS et classes Préparatoires, dans le cadre d’un partenariat avec la BDIC. Voir sur le site classes.bnf.fr

Après avoir assisté à une conférence sur le contexte et les enjeux de l’image dans le presse de la grande Guerre (qui les réalise, quels sujets, quels usages ?), les élèves s’initient à ces bibliothèques numériques en répondant aux problématiques de la représentation de la guerre  (les morts, les ruines, les batailles…).

L’atelier décrit sous forme de poster à l’occasion de la conférence nationale « Cultures numériques, Education aux médias et à l’information » (ENS Lyon, mai 2013), « Gallica et l’histoire des arts, atelier de recherche sur internet, les images de la Grande Guerre », est consultable en ligne.

Stages pour les enseignants

Plusieurs stages pour les enseignants des trois académies d’Ile de France ont été proposés au PAF 2013-2014 (voir la liste sur classes.bnf.fr), en plus des visites et du vernissage pédagogique (le 2 avril 2014)  proposés pour l’exposition « L’été 1914 ».

Enfin, le service de l’action pédagogique était présent aux Rendez-vous de Blois de 2013 et 2014 : dès 2013, les ressources numériques de la BnF autour de la guerre, et le déroulement de l’atelier « Photographies et presse de la Grande Guerre » ont été évoqués.

Fiches pédagogiques pour les enseignants

Trois Fiches pédagogiques autour des problématiques de l’exposition « 1914. Les derniers jours de l’ancien monde », un dossier portant sur l’avènement de la Première Guerre Mondiale

Fiche 1 : « Chronologie, de juillet à fin août 1914 »

Chronologie détaillée et illustrée des dix journées qui ont fait basculer l’ancien monde dans la guerre.

Fiche 2 : « L’opinion publique française en 1914, entre pacifisme et bellicisme »

A la lumière des débats qui secouent régulièrement l’opinion publique française de la Belle Époque, notamment au moment des discussions sur la loi des trois ans de conscription en 1913, on constate que la paix et la guerre sont au cœur de la pensée politique. Mais ces débats ont-ils préparé les esprits à la guerre ? Ont-ils divisé les Français ou rendu possible l’Union sacrée ? Ces prises de position sont-elles de l’ordre du discours, de la posture intellectuelle ou d’une volonté farouche ? Quelles images construisent-elles à l’étranger des intentions françaises en 1914 ? La France est-elle pacifiste, revancharde ou belliciste ? L’opinion publique veut-elle préserver la paix ou appelle-t-elle à la guerre ?

Fiche 3 : « Culture, loisirs, vie quotidienne en France en 1914 : les indices d’une adhésion des esprits à la guerre »

À la veille de la Grande Guerre, quelles étaient les préoccupations de l’époque ? L’ennemi était-il uniquement extérieur ? Les progrès ont-ils donné naissance à des visions trop antagonistes entre tenants du passé et esprits novateurs ? Peut-on trouver, dans la vie quotidienne, les loisirs et la vie culturelle des Français, les indices – et parfois aboiements – pouvant expliquer un tel consensus lors de l’entrée dans une guerre dont certains espéraient violemment les vertus régénératrices ?

8 fiches thématiques sur la Grande Guerre explorant les corpus de Gallica

Les choix thématiques :

  • des thèmes originaux proposés aux enseignants : un choix d’histoire « culturelle » et une approche à hauteur d’élève ;
  • des thématiques d’historiographie plutôt récente (les femmes, les enfants, les animaux…) ;
  • une réflexion sur les modes de représentation mentale de la guerre à travers les documents.

Les choix documentaires :

  • richesse et diversité des collections physiques et numériques conservées à la BnF ;
  • une typologie variée de documents (photos d’agence de presse, journaux, livres, affiches, dessins, estampes, partitions musicales, enregistrements sonores…) ;
  • une contextualisation ;
  • des citations pertinentes ;
  • une bibliographie sélective à jour.

A voir sur le site « Classes.bnf.fr », dans l’exposition virtuelle « La guerre 14-18 »

A voir également sur le site de la British Library : dans le cadre du programme européen Europeana Dissemination, l’action pédagogique participe au « Learning site » mis en place par la British library : 8 fiches thématiques, en appui sur des documents numérisés dans Gallica, seront proposées à l’automne 2014 pour les enseignants français et étrangers.
 

Fiche 1 : « L'image héroïque des soldats en France pendant la guerre »

Quelle image des combattants la presse, les affiches et l'imagerie populaire donnent-elles à voir à la population civile ? Beaucoup de supports visuels (affiches d’Etat, journaux illustrés, images d'Epinal …) montrent les soldats à l’attaque dans des situations qui évoquent les représentations héroïques traditionnelles de la guerre, bien loin des réalités effarantes de cette toute nouvelle guerre industrielle.

Fiche 2 : « L'animal au cœur de l’expérience combattante »

Encore relativement oubliés par l’historiographie française, bien que la photographie dévoile leur importance, les animaux (14 millions selon certaines sources : chevaux, mules, bœufs, chiens, pigeons …) participent directement à l’effort de guerre, comme nourriture du soldat évidemment, et aussi comme combattants, sauveteurs, soutien logistique. L’animal est donc bien au cœur de l’expérience combattante.

Fiche 3 : « Les mutilés ou l’envers des médailles »

En 1919, la France compte trois millions de blessés de guerre dont près d’un million a droit au versement d’une pension d’invalidité (600 000 invalides, 300 000 mutilés et amputés, 42 000 aveugles, 15 000 gueules cassées). Le visage de la France a totalement changé au lendemain de la Grande Guerre … Les gueules cassées, les mutilés dans leur fauteuil roulant, les amputés en béquille, ou ceux dont la manche vide est glissée dans la poche de la veste, les aveugles… tous les jours, ils rappellent à la population les horreurs de la guerre et les sacrifices qu’ils ont subis dans leur chair pour la patrie. Mais cette patrie est-elle reconnaissante ?

Fiche 4 : « Les femmes françaises en guerre entre devoir patriotique, suspicions et émancipation »

Le taux d’activité féminin avant la Grande Guerre représente déjà, en 1906, 37% de la population active. Après l’appel de Viviani, les femmes françaises participent massivement à l’effort de guerre, en travaillant à des métiers alors exclusivement réservés aux hommes ou en soignant les soldats. Mais en 1919, les femmes françaises sont retournées au foyer, promptement licenciées au retour des soldats. Les changements de la condition féminine en France n’ont donc été que provisoires ou superficiels. Les images de femmes pendant la guerre constituent le plus souvent des mises en scène de propagande, témoignant de la mobilisation de l’arrière comme condition indispensable de la victoire. Elles dévoilent aussi la méfiance des hommes vis-à-vis de toutes nouvelles libertés accordées aux femmes pendant cette période.

Fiche 5 : « Les épreuves de l’arrière : civils en guerre »

La Première Guerre mondiale mobilise l’ensemble des sociétés des pays belligérants, à l’arrière comme au front, aussi est-elle parfois qualifiée de « guerre totale ». Si l’arrière soutient tout au long de la guerre les combattants, prolongeant l’Union sacrée de l’été 1914 et faisant taire les voix « défaitistes », quatre années de conflit éprouvent profondément les civils, modifiant considérablement les modes de vie, les sources de revenus des différentes catégories sociales, et faisant évoluer les mentalités.

Fiche 6 : « La guerre des enfants »

L’entrée en guerre ou l’armistice, la mobilisation scolaire et périscolaire, l’expression physique des souffrances de la guerre (les bombardements, la faim, le froid, la violence), les conséquences de la mobilisation des hommes sur la vie familiale (la séparation, le deuil, l’absence, la blessure, la pauvreté, la correspondance) : les enfances en guerre témoignent au quotidien de traits communs, comme de situations moins banales (l’enfant de l’ennemi, la figure de l’orphelin), à travers des expériences du conflit qui varient également selon la géographie (zone occupée ou loin du front, enfants soldats du front de l’est), le sexe, l’âge ou la classe sociale.

Fiche 7 : « Représentations de la Grande Guerre : Regard des peintres contemporains »

L’extraordinaire production de l’avant-garde parisienne du début du XXe siècle a été bouleversée par l’avènement de la guerre : la plupart des artistes entre 18 et 45 ans ont été mobilisés, entraînant l’éclatement des mouvements et des groupes, comme les relations artistiques que ceux-ci avaient pu tisser à l’échelle européenne. Sur le front, la guerre que les peintres ont vécue, rampant dans les tranchées et souvent confrontés à la peur et l’ennui, était loin des grandes batailles héroïques que l’on représentait depuis toujours : que peindre, alors ?

Fiche 8 : « La haine de l’ennemi »

Durant les premiers mois de la guerre, la tendance générale était à la représentation outrancière de l’ennemi qui a progressivement évolué vers une approche moins manichéenne. Mais si les opinions de l’arrière n’ont pas été « dupes », ne serait-ce que grâce au témoignage de leurs proches sur le front, et s’il y a eu quelques fraternisations entre belligérants, un regard critique sur la couverture outrancière des événements n’a pu se faire jour.

Projets scolaires

Deux classes parmi les lycées avec lesquels l’action pédagogique est en partenariat ont un travail créatif sur l’année sur le thème de la Grande Guerre. Visites et ateliers ont été menés à la BnF durant l’année scolaire 2013-2014 dans le cadre de réalisations concrètes en fin d’année :

  • un groupe d’option Arts plastiques du lycée Delacroix (94700 Maisons-Alfort) : atelier artistique « Création d’un livre-objet autour de la Grande Guerre » sur la base de recherches en gravure, validé par la DAAC de Créteil ;
  • une classe de DSAA (Diplôme supérieur d’Arts Appliqués) Graphisme-Culture et Communication de l’Ecole Boulle (Paris) : projet commémoratif de la Grande Guerre avec la SNCF.