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La signature de l’Armistice

L’armistice du 11 novembre 1918, vu par Victor Capot, adjudant au 9e RI, « Souvenirs et impression » n° 14. Carnet manuscrit.
© Archives départementales du Lot-et-Garonne
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Repères pour l’enseignant

Lorsque le wagon qui abrite les représentants allemands venus négocier les conditions de l’armistice arrive le 8 novembre à Rethondes, dans la forêt de Compiègne, la situation de l’Allemagne est devenue critique. Ses armées reculent partout devant la contre-offensive alliée (voir « 18 juillet 1918. La seconde bataille de la Marne »). À l’intérieur du pays, l’effondrement économique a précédé l’effondrement politique. Des comités révolutionnaires se forment dans toutes les grandes villes. Guillaume II abdique le 9, cédant la place à un gouvernement mené par le socialiste Ebert.

C’est le maréchal Foch qui mène les négociations pour les alliés. Depuis octobre, on lui a demandé de préparer un projet détaillé des conditions d’armistice. Il fixe un délai de 72 heures aux négociations, dont l’arrêt a été prévu au 11 novembre, à 11 heures Mais les combats se prolongent durant les discussions. Ainsi, dans la Meuse, une dernière offensive coûte la vie à une centaine de soldats français. Finalement, dans la nuit du 10 au 11, après avoir obtenu quelques concessions pour pouvoir lutter contre la menace communiste, l’Allemagne, en plein chaos, accepte les conditions alliées. Elle doit livrer une grande partie de son matériel militaire et de transport, et évacuer les territoires qu’elle occupe. À 11 heures, les hostilités s’arrêtent sur l’ensemble du front.

On s’en doute, l’annonce de l’arrêt des combats provoque dans tout le pays un immense enthousiasme. Mais la joie est vite assombrie, du fait du tribut énorme qu’il a fallu payer à cette victoire : les villages dévastés, 1,4 million de morts côté français et davantage de blessés. De plus, la fin des combats ne signifie pas la fin de la guerre. La démobilisation des 5 millions de soldats français va se prolonger durant de longs mois. Et surtout, les deuils, les blessures physiques et psychologiques ne disparaissent pas en ce 11 novembre, et vont continuer très longtemps à faire sentir leurs effets.

Présentation du document

L’armistice du 11 novembre 1918, vu par Victor Capot, adjudant au 9e RI, « Souvenirs et impression » n° 14. Carnet manuscrit. A. D. de Lot-et-Garonne, 1 J 814/14.

« Lundi 11 novembre !!!… À 10 h 35 nous apprenons par le téléphone chez M. Prêt que les hostilités cessent aujourd’hui 11 heures ! L’armistice est signé. […] Le soir retraite au flambeau [sic] et feux d’artifice entre Évry et Cuy (Yonne) – (superbe cuite !). »

Document complémentaire

Extrait d’un journal de l’arrière présentant la liesse populaire. Réf. : « L’armistice à Agen », Le Petit Bleu du mardi 12 novembre 1918. Imprimé. A. D. de Lot-et-Garonne, 208 JX 9.

« À 8 heures, la place de la mairie était noire de monde […] Le concert de La Lyre agenaise a obtenu un grand succès […] »

Jusqu’au dernier moment, les combattants ont eu du mal à croire que les combats allaient s’arrêter. Il faut dire que la guerre avait été marquée par tant d’espoirs déçus, tant d’annonces différées d’une fin proche, que nombre d’entre eux avaient fini par se persuader qu’ils allaient passer un nouvel hiver sur le front. Si la joie est profonde, beaucoup de soldats témoignent aussi de leur incrédulité, et de leur tristesse à l’évocation du souvenir des camarades disparus.

Si ces sentiments ambivalents s’expriment aussi chez les civils, c’est bien entendu la joie qui domine en ce 11 novembre. Partout dans le pays, les civils descendent dans la rue pour exprimer leur soulagement de voir enfin la guerre se terminer. Les rues sont pavoisées, les chants et les musiques retentissent tard dans la soirée. Les municipalités et l’État prennent en charge l’organisation d’importantes festivités. Mais le temps de la communion avec les soldats, toujours mobilisés, viendra plus tard, notamment lors du grand défilé de la victoire, le 14 juillet 1919.

Texte de référence

Ministère de l’Éducation nationale, Programmes d’enseignement de l’école primaire, cycle des approfondissements – programme du CE2, du CM1 et du CM2, Bulletin officiel, bulletin hors-série n° 3 du 19 juin 2008.

Programmes 2008 – Objectifs visés

Histoire : Analyser, interpréter et comprendre divers documents.
Géographie : Se repérer sur une carte.
Français : Lire et comprendre des textes documentaires.
Pratiques artistiques : Observer les détails fournis par une image et un édifice pour en comprendre le sens profond.

Notions principales

  • L’Armistice du 11 novembre 1918
  • Les commémorations
  • Les monuments aux morts

Vocabulaire

  • Un armistice, une convention d’armistice, une commémoration, un monument aux morts, une négociation, un terme.
  • Commémorer, abdiquer, ériger.

Mise en œuvre pédagogique

Mettre en scène la découverte d’une page d’un carnet de combattant et d’un article du Petit Bleu, journal agenais

Projeter l’image des deux documents.
En extraire les deux textes suivants. Les distribuer aux élèves.

Document n° 1 : L’armistice du 11 novembre 1918, vu par Victor Capot, adjudant au 9e RI, « Souvenirs et impression » n° 14. Carnet manuscrit. A. D. de Lot-et-Garonne, 1 J 814/14.

« Lundi 11 novembre !!!… À 10 h 35 nous apprenons par le téléphone chez M. Prêt que les hostilités cessent aujourd’hui 11 heures ! L’armistice est signé. […] Le soir retraite au flambeau [sic] et feux d’artifice entre Évry et Cuy (Yonne) – (superbe cuite !). »

Évry et Cuy sont deux villes du département de l’Yonne.

Document n° 2 : Réf. : « L’armistice à Agen », Le Petit Bleu du mardi 12 novembre 1918. Imprimé. A. D. de Lot-et-Garonne, 208 JX 9.

« À 8 heures, la place de la mairie était noire de monde […] Le concert de La Lyre agenaise a obtenu un grand succès […] »

La nouvelle de l’armistice à Agen

L’animation et la joie causées par la nouvelle de la signature de l’armistice ont été encore plus grandes dans la soirée que dans la journée. Une édition du Petit Bleu, parue à 6 heures, était venue, en effet, faire connaître les conditions, si heureuses pour l’Entente, imposées aux barbares vaincus.

De nombreuses illuminations, renforcées de flammes de Bengale, avaient été allumées dans les principaux quartiers de notre cité. D’importants cortèges, d’interminables monômes de nos jeunes lycéens et collégiens, ont parcouru la ville en tous sens, portant des lanternes vénitiennes et des drapeaux.

À 8 heures, la place de la mairie était noire de monde et la circulation y devenait impossible. Le concert de la Lyre agenaise a obtenu un grand succès, ainsi que l’excellent veneur Grenier qui a exécuté sur le cor de chasse Le Chant du départ et La Marseillaise, aux applaudissements enthousiastes de cette immense foule. Du haut du balcon de l’hôtel de ville, magnifiquement illuminé a giorno, M. Laboulbène, maire d’Agen, a adressé quelques paroles émues à la population : « Dans cette grandiose soirée, a-t-il dit, élevons nos cœurs vers la mémoire de ceux qui glorieusement sont morts pour la défense du droit et de la liberté ainsi que pour sauver la patrie. Honneur à ces immortels soldats dont le courage et la vaillance indomptables ont amené les résultats que vous acclamez. N’oublions pas nos compatriotes des régions envahies et martyres, pour lesquels, sûr d’être entendu, je vous adresserai un appel de solidarité sociale. Jeunes gens, qui manifestez avec enthousiasme, n’oubliez jamais que ceux qui vaillamment sont tombés à l’ennemi, sont morts pour vous éviter les horreurs dont vos grands-pères et vos pères ont souffert du fait de l’Allemagne. Français, restons toujours unis autour du drapeau républicain si fermement tenu par le grand citoyen Georges Clemenceau qui mènera la paix comme il a su mener la guerre et ajoutera une auréole nouvelle de gloire à la République française. Vive la République ! » Ce cri a été unanimement répété et le maire longuement acclamé.

Au théâtre, dans une mise en scène appropriée, le baryton Caruso a chanté aux applaudissements frénétiques du nombreux public La Marseillaise, dont le refrain était repris par les chœurs et la salle entière. Les hymnes alliés, exécutés par l’orchestre municipal, ont été écoutés debout.

Ainsi s’est terminée cette mémorable journée, au cours de laquelle la joie était générale.

  • Les flammes de Bengale : tube de carton ou de métal contenant un produit chimique qui produit une illumination colorée lorsqu’on l’enflamme.
  • Une lanterne vénitienne : boîte de papier plissé en accordéon utilisée lors des illuminations.
  • A giorno : éclairage ressemblant à la lumière du jour.
  • Georges Clemenceau : homme d’État français, radical-socialiste, président du Conseil de 1906 à 1909, puis de 1917 à 1920.

Analyser et interpréter les deux documents avec ses connaissances et ses représentations

Découvrir les documents

  • Organiser des groupes de 4 élèves.
  • Lire silencieusement les deux documents, puis les analyser au sein de chaque groupe.
  • Souligner en vert les mots et phrases qui posent des problèmes de compréhension.
  • Entourer de rouge les thèmes communs aux deux documents.
  • Favoriser les échanges intergroupes afin qu’émergent quelques éléments de compréhension.
  • Lever les problèmes de compréhension.
  • Procéder à un échange collectif et accueillir les réactions et les représentations des élèves.

Comprendre les documents et leur fonction

Présenter ces deux documents
Le premier document est un écrit personnel d’un combattant extrait du carnet dans lequel il relate les événements vécus au jour le jour.
Le second document est un article de l’édition du journal agenais Le Petit Bleu, parue au lendemain de la signature de l’armistice.

Que nous apprennent ces deux documents ? Relever les points communs. Le 11 novembre 1918, l’armistice est signé et les combats cessent à 11 heures. Les Français fêtent la victoire et la fin de cette guerre meurtrière.

Texte d’apport

Le 11 novembre 1918, un armistice a été signé. Le mot « armistice » est synonyme de « cessez-le-feu » ou « suspension des combats ». Les belligérants (= les ennemis) sont tenus de cesser le combat durant les négociations (= les accords) qui doivent aboutir à la signature d’un traité de paix. Le gouvernement du pays vaincu reconnaît sa défaite mais peut à tout moment reprendre le combat.

En novembre 1918, l’Allemagne, en grande difficulté, se voit contrainte de renoncer à poursuivre la guerre. À l’extérieur du pays, ses armées ont reculé devant la contre-offensive dirigée par le général Foch. À l’intérieur, la situation économique désastreuse entraîne la chute de Guillaume II, qui abdique (= renonce au pouvoir) le 9 novembre. Les représentants allemands négocient les conditions de l’armistice avec le maréchal Foch du 8 au 11 novembre 1918, à Rethondes. Il est à noter que les combats continuent dans la Meuse durant les négociations et coûtent la vie à une centaine de soldats français.

Imaginer en quoi ont consisté les négociations. Les belligérants se sont mis d’accord sur l’évacuation des troupes allemandes et de leur matériel militaire et sur le sort réservé aux prisonniers.

Effectivement, la convention (= l’accord) d’armistice détaille ces conditions et bien d’autres encore. En découvrir quelques-unes et les commenter.

  • Les hostilités doivent cesser sur terre et dans les airs six heures après la signature.
  • La Belgique, la France, le Luxembourg et l’Alsace-Lorraine doivent être évacués sous 15 jours. C’est ainsi que l’Alsace-Lorraine, annexée par l’Allemagne le 10 mai 1871, redevient française (Situer ces pays et cette région sur une carte.).
  • Les armées allemandes doivent abandonner le matériel de guerre en bon état : 5 000 canons, 25 000 mitrailleuses, 17 000 avions de chasse et de bombardement.
  • Les voies et les moyens de communication tels que les voies ferrées, les voies navigables, les routes, les ponts, les télégraphes et les téléphones ne doivent pas être détériorés.
  • Le commandement allemand doit signaler dans un délai de 48 heures après la signature de l’armistice toutes les mines installées sur le territoire et en faciliter la recherche et la destruction. Il doit également signaler les empoisonnements ou pollutions de sources et de puits.

34 points d’accord sont ainsi rédigés et signés lors de l’Armistice du 11 novembre 1918.

Texte d’apport

À 5 h 15, le 11 novembre 1918, la signature de la convention d’armistice met bien un terme (= fin) à la guerre commencée en 1914. La Grande Guerre a profondément marqué la France. Depuis, chaque année, les Français commémorent (= célèbrent) l’Armistice de 1918, les poilus morts pour la patrie, ainsi que les 1 350 000 morts français, les 4 000 000 de blessés, les 700 000 veuves, le million d’orphelins, les 3 millions d’hectares de terres agricoles détruits et les centaines de villes et villages ravagés.

D’après vous, la joie a-t-elle été partagée par tous ?

  • Le 11 novembre demeure-il un jour particulier ? (Vérifier éventuellement dans un calendrier°. Le 11 novembre est un jour férié. Ce jour-là, dans toutes les communes françaises, on célèbre la fin de la Grande Guerre de 1914-1918, et on commémore l’ensemble des « morts pour la France » des conflits du XXe siècle (depuis 2012).
  • Comment se déroulent les cérémonies de commémoration (= célébration) dans votre commune ? On peut voir un défilé de civils et de militaires. Ces derniers présentent les armes devant le monument aux morts et, depuis 1931, la sonnerie aux morts est jouée ainsi que de la musique militaire.

Texte d’apport

Une commémoration a lieu aux monuments aux morts chaque 11 novembre depuis 1922.

Dans les villes et les villages français où vivaient les hommes tombés au combat, les municipalités ont érigé (= dressé, bâti) des monuments pour commémorer les poilus. Ces monuments aux morts sont en fait des tombeaux vides car les soldats morts au combat reposent dans de grands cimetières situés à proximité des champs de bataille où ils sont tombés au cours de la Grande Guerre.

Relevez les phrases du second document qui préfigurent en quelque sorte ces futures commémorations.

« Dans cette grandiose soirée, a-t-il dit, élevons nos cœurs vers la mémoire de ceux qui glorieusement sont morts pour la défense du droit et de la liberté ainsi que pour sauver la patrie. Honneur à ces immortels soldats dont le courage et la vaillance indomptables ont amené les résultats que vous acclamez. [...] Jeunes gens, qui manifestez avec enthousiasme, n’oubliez jamais que ceux qui vaillamment sont tombés à l’ennemi, sont morts pour vous éviter les horreurs dont vos grands-pères et vos pères ont souffert du fait de l’Allemagne. »

Observer le monument aux morts de la commune et réaliser la fiche activité n° 1.

Procéder à une mise en commun des notes prises et conclure.

D’une manière générale, les monuments aux morts sont réalisés en pierre et/ou en bronze. La liste alphabétique des poilus de la commune tombés pour la patrie et quelquefois celle des civils qui ont aussi péri y sont gravées. Ont été rajoutés les noms des soldats morts au combat durant la guerre de 1939-1945 et ceux des résistants. Très souvent, se dresse une statue de poilu en pierre ou en bronze. Le coq, symbole de la patrie (gallus, « le coq » en latin, représente Galia, la Gaule), peut y être présent. Sont inscrites des formules telles que : « À nos héros », « À nos martyrs », « À nos morts qui ont défendu nos droits et nos libertés ».

Proposition de résumé

L’Allemagne, en grande difficulté aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, renonce à poursuivre les combats. Le 11 novembre 1918, les représentants allemands et le maréchal Foch signent la convention d’armistice qui met fin à quatre années d’une guerre meurtrière qui a profondément marqué les Français. Dans toutes les communes sont érigés des monuments aux morts pour commémorer la mémoire de tous ceux qui sont tombés pour la France. Une cérémonie officielle s’y déroule chaque 11 novembre.

Prolongements

Lire et commenter l’intervention de Georges Clemenceau, président du Conseil des ministres et ministre de la Guerre, annonçant les termes de la convention d’armistice aux députés de l’Assemblée nationale. Discours accessible sur le site de l’Assemblée nationale.

Lire l’album Zappe la guerre, auteur-illustrateur : Pef, Rue du Monde, coll. « Histoire d’Histoire », 2000. Présentation : Quatre-vingts ans après la guerre de 1914-1918, les poilus sortent de leur monument aux morts et découvrent la vie de leurs descendants : les immeubles, l’automobile et la télévision qui diffuse des images de guerre ! Ce n’était donc pas la « Der des Der » ?

Fiches élèves

Fiche activité 1

Objectifs visés

  • Observer le monument aux morts de la commune pour en comprendre le sens profond.
  • Réaliser une prise de note en situation.

Consigne : Observe le monument aux morts de ta commune et prends quelques notes en t’aidant de la fiche suivante.

  1. Représente schématiquement le monument aux morts.
  2. Quel est le matériau utilisé pour ce monument ? Pour quelle raison ?
  3. Vois-tu une statue ou une sculpture ? Si oui que représente-t-elle ? Dans quel matériau a-t-elle été réalisée ? Décris-la.
  4. Lis les noms inscrits. Pourquoi les avoir inscrits sur le monument ? Connais-tu certaines familles portant le même nom ?
  5. Relève les dates qui sont gravées.
  6. Peux-tu lire une inscription qui s’adresse aux soldats morts lors de la Grande Guerre ? Si oui, note-la.

Fiche activité 2

Proposer aux élèves un travail personnel sur le souvenir et la mémoire de la Grande Guerre. Ils questionnent leurs parents, grands-parents, arrière-grands-parents, etc.
Préalablement, les élèves élaborent un questionnaire en classe en recherchant les questions les plus pertinentes à poser.

Consigne : Élabore pour le centenaire de la Grande Guerre un texte commémoratif dans lequel tu évoqueras la vie des poilus au front, dans les tranchées, les combats meurtriers et la durée de la guerre.