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La seconde bataille de la Marne

Guide Michelin illustré sur la deuxième bataille de la Marne
© D.R.
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Repères pour l’enseignant

La seconde bataille de la Marne

Le 18 juillet 1918, près de la forêt de Villers-Cotterêts, débute une offensive alliée qui marque le point initial d’une série d’opérations qui conduira, in fine, à l’armistice. Cette offensive est une réponse aux initiatives stratégiques allemandes du printemps 1918, elles-mêmes conséquentes de la signature, le 3 mars 1918, du traité de Brest-Litovsk, qui entérine la paix entre l’Allemagne et la Russie bolchevique. La disparition du front de l’Est rend de nombreuses divisions allemandes disponibles pour combattre à l’Ouest. Mais cet avantage est menacé par le déploiement des troupes américaines. Entrés en guerre le 2 avril 1917, les États-Unis ont eu besoin de temps pour préparer leur armée, mais prévoient de fournir à l’Entente 250 000 soldats par mois à partir de juin 1918. Le temps est donc compté pour le général en chef allemand Ludendorff, qui décide d’adopter une stratégie résolument offensive, le « plan Michael ».

La première attaque est lancée sur la Somme le 21 mars 1918 contre l’armée anglaise qui, surprise et débordée, doit se replier. Elle parvient finalement à arrêter son adversaire mais concède un territoire profond de 30 km et large de 80. Le 26 mars, conscients d’avoir évité de peu un désastre, les généraux en chef français, britannique et américain s’accordent pour confier à une personne unique, le général français Foch, la coordination des forces de l’Entente sur le front de l’Ouest.

La première tâche du général Foch est d’organiser la défense face aux nouvelles offensives allemandes, en avril dans les Flandres, puis en mai, sur le Chemin des Dames. La « seconde bataille de la Marne » qui s’en suit (du 15 au 17 juillet) se conclut par une victoire alliée ; elle marque un véritable point de basculement des forces dans la guerre. Le lendemain, le général Foch ordonne la contre-offensive généralisée qui aboutit, quatre mois plus tard, à la capitulation allemande.

Présentation du document

Les lettres de la famille Résal.

Jusqu’en juillet 1915 (date des premières permissions), la correspondance, bien que soumise à une censure vigilante, représente le seul moyen de maintien d’un lien social entre les mobilisés et leurs proches. Recevoir des nouvelles, rassurer sa famille sur sa propre situation – quitte à l’embellir quelque peu : le passage du vaguemestre est une véritable soupape psychologique pour les soldats. Outre cet aspect affectif essentiel, les lettres sont également l’occasion d’obtenir des informations sur une situation militaire globale que les soldats ne peuvent percevoir depuis l’horizon limité de leur tranchée. À eux seuls, les Français échangèrent près de 10 milliards de lettres et colis entre 1914 et 1918.

Document complémentaire

La chanson It’s a long way to Tipperary.

Texte de référence

Ministère de l’Éducation nationale, Programmes d’enseignement de l’école primaire, cycle des approfondissements – programme du CE2, du CM1 et du CM2, Bulletin officiel, bulletin hors-série n° 3 du 19 juin 2008.

Programmes 2008 – Objectifs visés

  • Histoire : Analyser, interpréter et comprendre des documents : les lettres de la famille Résal ; un chant : It’s a long way to Tipperary. Réaliser une frise chronologique.
  • Géographie : Se repérer sur une carte.
  • Français : Lire et comprendre un texte documentaire en créant un outil (la frise chronologique), en croisant les connaissances acquises et en exerçant son esprit critique. Écrire une lettre.

Notions principales

  • La seconde bataille de la Marne
  • Une attaque/une contre-attaque
  • Un traité de paix/un armistice
  • Foch, généralissime des armées
  • La vie civile/l’armée au front

Vocabulaire

Une offensive, une contre-offensive, un généralissime, un traité, un armistice, une riposte, une capitulation, Foch.

Mise en œuvre pédagogique

Mettre en scène la découverte des lettres de la famille Résal et la chanson It’s a long way to Tipperary.

Distribuer aux élèves les lettres de la famille Résal après avoir affiché l’arbre généalogique et précisé qu’au cours de la Grande Guerre, les différents membres de la famille communiquent avec les deux aînés qui combattent au front.

Voir la composition de la famille Résal sur les fiches d'activités.

Observer et parcourir silencieusement les lettres.

Écouter ensuite la chanson It’s a long way to Tipperary enregistrée par Léo Marjane en 1939 (sur le CD La Vie quotidienne en chansons, 1939-1944, par exemple), et dont les paroles ont été adaptées en français par René Buzelin au début de la Seconde Guerre mondiale.

Analyser et interpréter les documents avec ses connaissances et ses représentations

Découvrir les documents

Relire attentivement les deux lettres, les identifier comme telles.

Écouter de nouveau la chanson. Remarquer les quelques paroles en langue anglaise :

« It’s a long way to Tipperary
It’s a long way to go
Goodbye Piccadilly »

Accorder suffisamment de temps de réflexion afin que se tissent des liens entre le contenu des lettres et la chanson.

Accueillir réactions et commentaires.

Évacuer immédiatement la question de la présence du mot « Boche », en resituant ces lettres dans leur contexte historique. Expliquer combien il serait aujourd’hui déplacé et inopportun d’utiliser un tel terme.

Lire ensemble le texte documentaire suivant et expliquer le vocabulaire :

La contre-offensive alliée est une riposte à l’offensive allemande du printemps 1918. Le 3 mars 1918, l’Allemagne et la Russie signent le traité de paix de Brest-Litovsk. Les troupes allemandes engagées sur le front Est, désormais disponibles, sont redéployées sur le front Ouest.

Les États-Unis entrés en guerre le 2 avril 1917 sont désormais prêts pour aider l’Entente et fournissent 250 000 soldats par mois dès juin 1918.

Le 21 mars, le général en chef allemand lance une première offensive sur la Somme contre l’armée anglaise qui se laisse surprendre dans un premier temps, mais arrête finalement l’ennemi qui a tout de même gagné du terrain. La catastrophe ayant été évitée de peu, les généraux en chef français, anglais et américain décident le 26 mars de nommer le général français Foch « généralissime des armées alliées » pour mener une contre-offensive.

En avril, le général Foch ordonne une première offensive dans les Flandres, puis en mai, sur le Chemin des Dames. Du 15 au 17 juillet, les Allemands attaquent la plaine de la Marne. Cette « seconde bataille de la Marne » se conclut par une victoire des alliés. Le lendemain, le généralissime ordonne une contre-offensive qui aboutit quatre mois plus tard à la capitulation allemande.

Le 18 juillet 1918, les alliés entament une série d’offensives contre les Allemands, qui conduit à la signature de l’armistice du 11 novembre 1918.

  • Une offensive : une attaque.
  • Une contre-offensive : une contre-attaque.
  • Une riposte : une contre-attaque énergique.
  • Un traité : un écrit qui engage juridiquement des pays.
  • Un généralissime : le général en chef de tous les généraux lors d’une opération militaire.
  • Une capitulation : l’arrêt des combats face à l’armée ennemie.
  • L’armistice : écrit signé par les belligérants pour suspendre les combats, ce qui ne signifie pas l’arrêt définitif de la guerre.

Auteure : Geneviève Roy

Situer sur une carte : Bordeaux, la Somme, les Flandres, le Chemin des Dames, la Marne, l’Aisne, Soissons et Reims.

Insérer ce texte dans le cahier d’histoire.

Réaliser l’exercice n° 1 par groupes de 4.

> Télécharger les fiches d'activités sur la seconde bataille de la Marne

Comprendre les lettres.

  • Indiquer quels sont les fils Résal qui combattent au front ? Les lettres nous permettent-elles de les situer géographiquement ? Salem est au front mais les lettres ne précisent pas où exactement. Paul, quant à lui, se trouve sur la plaine de la Marne.
  • Pourquoi Eugène dit-il à son fils Salem : « Tu ne te doutais pas, pas plus que nous du reste, que l’échec des Boches allait être suivi d’une victoire pour nous, qui continue pendant que je t’écris ! Ils ont été terriblement bousculés entre Aisne et Marne depuis trois jours, et ils ont repassé en vitesse sur la rive droite de la Marne ! Je pense qu’ils ne vont pas tarder à être contraints de se replier sur la ligne Soissons-Reims… et puis après, on verra » ? Salem écrit dans la journée du 17 juillet alors que l’attaque allemande de la plaine de la Marne se déroule depuis le 15 juillet. Il ne connaît pas l’issue des combats. Son père, Eugène, lui annonce donc la victoire des alliés et la contre-offensive du 18 juillet.
  • Qu’est-ce qui permet aux alliés de faire face aux troupes allemandes qui ont été renforcées sur le front Ouest, grâce au traité signé entre les Russes et les Allemands ? Relever les phrases qui l’attestent. L’arrivée des troupes américaines renforce les troupes alliées à raison de 250 000 soldats par mois.
    - Phrase relevée dans la lettre d’Eugène : « Notre armée grossit tous les jours de l’afflux des Américains. »

    - Phrase relevée dans la lettre de Chérifa : « Il y a des Américains plus que jamais ici, ce n’est qu’un défilé continuel de camions chargés de soldats, qui vont dans tous les sens. »
    Effectivement les troupes américaines arrivent massivement et défilent en entonnant la chanson anglaise : It’s a long way to Tipperary.
  • Comment se déroule la vie à Bordeaux, ville éloignée du front ? Ces lettres montrent qu’en dépit de la guerre, la vie de famille continue (on se rend visite dans la maison de famille), ainsi que la vie professionnelle (commerces, soins hospitaliers, promotions).

Prolongements

Apprendre les paroles de la chanson It’s a long way to Tipperary après en avoir étudié les origines.

Lire des lettres de poilus que l’on choisira avec soin car certaines relatent des faits violents pour de jeunes enfants.