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La bataille de la Somme

Casque de type Brodie. Les soldats britanniques quittent la casquette en 1915 pour adopter cette nouvelle protection dont l'efficacité est relative comme en témoigne la perforation.
© Historial de la Grande Guerre-Péronne (Somme). Photo Yazid Medmoun.
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Repères pour l’enseignant

La bataille de la Somme

La bataille de la Somme (1er juillet-18 novembre 1916) fut l’affrontement le plus meurtrier de la Grande Guerre. Quatre millions d’hommes y ont été successivement impliqués. Les pertes totales sont estimées à 1 200 000 hommes (tués, blessés, disparus), dont 500 000 dans le camp britannique et autant dans le camp allemand. Ces chiffres expliquent que cette bataille demeure dans les mémoires collectives britannique et allemande le symbole des souffrances endurées par les combattants du premier conflit mondial.

Définis par le général en chef français Joffre et le commandant du corps expéditionnaire britannique, le général Haig, les objectifs de l’opération sont ambitieux : atteindre Bapaume et Péronne dès les premiers jours, puis réaliser une « percée décisive » qui précipiterait la fin de la guerre. Pour y parvenir, les états-majors prévoient de faciliter la progression des fantassins grâce à la destruction des tranchées et des ouvrages défensifs allemands par le biais d’un bombardement d’une ampleur jusqu’alors inconnue.

À compter du 23 juin 1916, une semaine durant, 1 500 pièces d’artillerie lancent plus d’un million d’obus sur les positions allemandes. Mais les tranchées comportent des abris profonds et solides. Lorsque l’ordre d’assaut est donné, à l’aube du 1er juillet 1916, les troupes allemandes sont éprouvées mais encore opérationnelles. Pour les troupes britanniques, qui représentent les trois quarts des forces engagées, cette première journée de combats est un échec cuisant : seuls quelques kilomètres ont été gagnés, au prix de 20 000 morts et de 40 000 blessés et disparus. Les fantassins français ont également été arrêtés avant d’atteindre leurs objectifs. Au cours des semaines suivantes, plusieurs autres assauts sont tentés en différents points du front de la bataille, mais leurs résultats sont très faibles en regard des pertes subies. En novembre 1916, lorsque l’offensive est arrêtée, son bilan est bien maigre : il se traduit par un recul d’une cinquantaine de kilomètres des lignes allemandes.

Présentation du document

Photographie d’un casque réglementaire britannique « Brodie mark I », percé par un Shrapnell (obus à balles), 1916.

En 1914, seule l’armée allemande conservait le principe d’un casque en cuir rigidifié (le « casque à pointe »). Les médecins militaires réagirent toutefois dès 1915 face au grand nombre de blessures à la tête qu’ils constataient, le plus souvent infligées par un éclat d’obus (un Shrapnell) ou une balle. Les premiers casques en acier furent d’abord distribués aux soldats britanniques en 1915, bientôt suivis par leur équivalent français (le casque « Adrian »), également fourni aux soldats russes. Les « casques à pointe » allemands furent remplacés par des modèles en acier en 1916.

Texte de référence

Ministère de l’Éducation nationale, Programmes d’enseignement de l’école primaire, cycle des approfondissements – programme du CE2, du CM1 et du CM2, Bulletin officiel, bulletin hors-série n° 3 du 19 juin 2008.

  • Cycle 3 : CE2, CM1 et CM2
  • Français : langage oral ; lecture ; écriture ; étude de la langue française
  • Culture humaniste
  • Histoire et géographie
  • Pratiques artistiques et histoire des arts : arts visuels ; éducation musicale
  • Techniques usuelles de l’information et de la communication
  • Instruction civique et morale.

Programmes 2008 – Objectifs visés

  • Histoire : analyser, interpréter et comprendre un document.
  • Français : lire et comprendre un texte en activant les connaissances acquises et en exerçant son esprit critique.

Notions principales

  • Du 1er juillet au 18 novembre 1916, une bataille extrêmement meurtrière a eu lieu sur la Somme.
  • Les armées britanniques et allemandes y ont subi les pertes humaines les plus importantes.
  • La bataille de la Somme a donné peu de résultats en regard du grand nombre de soldats qui y ont été tués.

Vocabulaire

La Première Guerre mondiale, la Somme, le général Joffre, le général Haig, Bapaume, Péronne, une offensive, une percée, l’état-major, un fantassin, une pièce d’artillerie, un obus, une tranchée, un cimier, une visière, une jugulaire, un casque, un Britannique.

Mise en œuvre pédagogique

Mettre en scène la découverte de l’objet

Si possible, donner une reproduction du casque, format A4, à chacun des élèves, ou projeter l’image à partir de la frise et annoncer : « Vous venez de découvrir cet objet dans un musée (ou dans le grenier de vos grands-parents). Décrivez-le puis dites ce que vous en pensez. »

Analyser et interpréter le document avec ses connaissances et ses représentations

Découvrir le document, l’objet

Les enfants n’éprouveront pas de difficulté à reconnaître dans le document un casque militaire. On les laissera l’observer un moment, éventuellement par petits groupes, avant de les questionner. Le document étant relativement « brut », on leur permettra dans un premier temps de s’exprimer librement, sans chercher à induire de réponse particulière. On notera au tableau les remarques validées par le groupe classe avant de les trier par catégories, par exemple la forme de l’objet (ovale), sa composition (l’acier), son âge, son état (atteint par la rouille, troué sur une large surface). Pour plus de précision, on les amènera au mot « jugulaire » (la courroie qui sert à fixer le casque sous le menton), sans doute ignoré des élèves.

Comprendre le document, l’objet et sa fonction.

Dans l’optique de préciser les connaissances des élèves, on pourra leur distribuer le texte suivant.

Texte d’apport

La bataille de la Somme

Au début de la Première Guerre mondiale, les soldats sont mal protégés, les Français étant encore équipés d’un képi ! Ce n’est qu’à partir de 1915 et suite au développement de l’artillerie que les états-majors des pays combattants décident de munir chaque soldat d’un vrai casque, en acier.

Ce casque pouvait être une protection efficace contre les éclats d’obus, les projections de pierres, mais ne pouvait rien contre les balles ennemies ni le feu des canons. L’état des casques qui sont parvenus jusqu’à nous témoigne de leurs limites face à la violence des combats.

La bataille de la Somme, dans le Nord de la France, eut lieu du 1er juillet au 18 novembre 1916. Elle fut très meurtrière. Au départ, les Français, menés par le général Joffre, et leurs alliés britanniques ont pour objectif d’écraser les combattants allemands sous un déluge de feu pour tenter une percée victorieuse entre les villes de Bapaume et Péronne, afin de mettre fin à la guerre. Durant une semaine, c’est plus d’un million d’obus provenant de l’artillerie alliée qui frappent les Allemands. Mais ceux-ci ont bâti un réseau de tranchées très solides et, malgré de nombreuses pertes, résistent. Quand les troupes britanniques, menées par le général Haig qui pense ne pas rencontrer de résistance, passent à l’offensive, les mitrailleuses allemandes entrent en action. C’est un vrai massacre. En une seule journée, plus de vingt mille fantassins britanniques perdent la vie.

Quand la bataille prend fin, le 18 novembre 1916, plus d’un million de morts, blessés ou disparus sont à déplorer. En contrepartie, Français et Britanniques ont fait reculer les Allemands d’une cinquantaine de kilomètres.

  • L’état-major : l’ensemble des officiers qui décident et transmettent les ordres.
  • Le général Joffre : commandant de l’armée française combattant sur la Somme.
  • Le général Haig : commandant de l’armée britannique combattant sur la Somme.
  • Un Britannique : un habitant de la Grande-Bretagne, qui comprend l’Angleterre, le pays de Galles et l’Écosse.
  • Une percée : une attaque permettant de gagner du terrain à travers les armées de l’ennemi.
  • Les tranchées : des galeries profondes de deux à trois mètres environ dans lesquelles les soldats des deux camps s’abritaient entre les offensives.
  • L’offensive : une attaque, une charge.
  • Un fantassin : un soldat qui combat à pied.

Auteur : Jean-Louis Jouanneaud

On pourra utiliser le texte ci-dessus comme outil d’information sur la bataille de la Somme et l’utilisation du casque. L’enseignant(e) s’orientera vers un questionnement oral (voir ci-dessous) ou un travail écrit. À l’oral, on orientera les élèves vers les notions les plus importantes, à savoir, par exemple :

  • Où se trouve la Somme ? Dans le Nord de la France
  • En quelle année la bataille de la Somme s’est-elle déroulée ? En 1916, qui est aussi l’année durant laquelle la bataille de Verdun a eu lieu
  • Quelles étaient les armées en présence ? Les armées allemandes d’une part, britanniques et françaises d’autre part.
  • Qui a remporté la victoire ? Les Britanniques et les Français ont réussi à faire reculer les Allemands, mais au prix de très nombreuses victimes.
  • Le casque constituait-il une protection réellement efficace ? On laissera les enfants évoquer les divers renseignements fournis par le texte;

Prolongements

Concernant le casque militaire, on pourra faire chercher d’autres modèles que celui qui est présenté dans divers albums jeunesse consacrés à la Première Guerre mondiale ou, plus simplement, sur Internet. Le site du Musée de la Libération Sainte-Marie du Mont offre une belle collection de casques français, américains et allemands.

On fera remarquer les différences principales existant entre les casques, selon leur origine :

  • Casque anglais en forme d’assiette renversée.
  • Casque allemand plus haut, de forme bombée.
  • Casque français équipé d’un cimier destiné à amortir les coups venant d’en haut, d’une visière et de l’inscription « RF » (pour République française) dans une grenade explosant.

> Télécharger les fiches d'activités sur la bataille de la Somme