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Un spectacle de danse pour aborder la Grande Guerre avec des élèves SEGPA de Paris

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© D.R.

A l'occasion du Centenaire de la Première Guerre mondiale, des élèves en SEGPA du collège Elsa Triolet de Paris ont pu découvrir l'histoire des combattants du conflit, confrontés à une extrême violence, à travers un spectacle de danse contemporaine réalisé avec la compagnie Difé Kako.

Les élèves orientés en SEGPA ont une image dégradée d’eux-mêmes en tant qu’élèves. A leur arrivée au collège, ils se sentent mis à l’écart et considérés comme différents. Malgré la réforme, l’inclusion des élèves reste difficile. Ils se sentent en échec et dévalorisés. Ce sont des élèves dont l’univers culturel est réduit, peu confiants dans leurs ressources et en défiance vis-à-vis de l’Institution.

Le projet chorégraphique, réalisé en partenariat avec la compagnie Difé Kako dont la création a reçu le label de la Mission du centenaire de la Première Guerre Mondiale, a eu pour objectif de construire un groupe classe, de faire découvrir l’univers de la danse contemporaine et d’aborder un thème citoyen et historique fort, celui de la participation des soldats de toutes origines aux combats dans les tranchées.

Description du projet

Mme Le Bourhis, professeur des écoles spécialisée, a engagé deux classes de SEGPA dans un projet pédagogique s’inscrivant dans le Parcours d’Education Artistique et Culturel. Ce projet pédagogique s’est articulé autour du spectacle chorégraphique « Noir de boue et d’obus » monté et présenté par la compagnie Difé Kako qui met en scène des tirailleurs sénégalais dans les tranchées. 

Le spectacle entremêle traditions musicales et chorégraphiques perses (Gwoka de Guadeloupe, Bèlè de Martinique, danses d’Afrique de l’Ouest) et vocabulaire contemporain. Le spectacle insiste sur la violence extrême, la terreur, l’épuisement et la folie. La notion de frère d’arme et d’une humanité commune est au cœur de la réflexion et s’y ajoute la reconnaissance de la participation des soldats coloniaux.

Il s’est agi de permettre aux élèves de la SEGPA de découvrir l’univers de la danse, de leur faire partager le processus de création chorégraphique et musical à partir de l’œuvre « De noir et de boue » et de travailler en profondeur sur un aspect de la Première Guerre Mondiale qui intéresse les élèves compte tenu des origines géographiques de certaines familles. Ils ont ainsi découvert un autre type de langage, celui du corps et particulièrement du corps exposé à la violence. Ils ont aussi abordé la création musicale qui accompagne les danses.

Ce projet a donc engagé 24 élèves de deux classes, une de 5e, moment clé de l’intégration en Segpa et une de 4e. Le lien qui s’est créé avec les artistes venus dans les classes partager avec les élèves leur culture artistique a été un élément essentiel pour que les élèves puissent se sentir concernés et puissent surmonter les préjugés et les peurs face à un domaine culturel qu’ils ne connaissent pas et sur un sujet difficile. Ils ont, en effet, travaillé avec les danseurs de façon à aboutir à une transcription corporelle des émotions et des sentiments des tirailleurs.

Lors des ateliers de pratique artistique, ils ont interprété, sur scène,  avec les consignes des intervenants, les émotions et sentiments des hommes dans les combats et sous les bombardements, ils ont mimé la cohésion de groupe, la marche en cadence sur les marches militaires. Un atelier de percussions qui s’est déroulé au collège a permis de produire les bruits de la guerre qui accompagne le spectacle et celui des hommes en marche.

Production finale

A partir des photos des élèves sur scène, interprétant les émotions des soldats, les collégiens ont réalisé un diaporama qui a été présenté en première partie du spectacle au conservatoire du 13e arrondissement, dans le cadre du festival Kréyol, en octobre 2018.

En classe, ils ont travaillé sur des textes et un film. Ils ont également dessiné des silhouettes de soldats grandeur nature dans des postures désarticulées, destinées à l’affichage sur un mur habillé de panneaux, réalisés pendant les ateliers de pratique professionnelle habitat.

Tous ont finalement assisté au spectacle dans les meilleures conditions, grâce à la préparation en amont et aux ateliers de pratique artistique.