Espace pédagogique > Ressources Pedagogiques > Exemples de Projets Scolaires > Deuxieme Degre > Un monument aux morts réalisé à partir des dessins de lycéens tunisiens

Un monument aux morts réalisé à partir des dessins de lycéens tunisiens

Photographie de l'inauguration de la stèle élevée à la mémoire des tirailleurs zouaves et spahis "morts pour la France", avril 2017 à La Marsa, Tunisie.
© D.R.
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Lancé début octobre 2016, un projet de réalisation d’une stèle élevée à la mémoire des soldats des régiments de tirailleurs, spahis et zouaves « morts pour la France », a abouti en avril 2017. Ce projet inter-établissements, mené sur plusieurs mois par des élèves scolarisés au Lycée Gustave Flaubert de La Marsa et au Lycée Pierre Mendès France de Tunis, en Tunisie, a été encadré par leurs enseignants d’Histoire-Géographie, Messieurs Pierre-Emmanuel Gillet et Raphaël Simon.

Ce monument situé au sein du cimetière militaire de Gammarth entend honorer la mémoire des tirailleurs, spahis et zouaves tombés au champ d’honneur pendant les deux conflits mondiaux.  Jusqu’alors, aucun monument ne commémorait sur le sol tunisien le sacrifice de ces soldats. 

Dans le cadre de la mémoire partagée, cette stèle, telle une borne du temps, est un repère physique de notre histoire commune, permettant de commémorer le sacrifice de ces soldats qui, pour la plupart, reposent en France. Elle témoigne aussi de cette mémoire collective qui lie nos deux pays, qui réunit nos deux peuples pour qu'ils acquièrent de cette expérience un enseignement pour l'avenir.

Un travail sur l'apparence du monument a été réalisé dans le cadre de l'enseignement d’Histoire-Géographie et d’Arts Plastiques auprès de 300 élèves de 3° du Lycée Gustave Flaubert.

En parallèle, une action pédagogique sur la notion de travail de mémoire et de « devoir de mémoire » a été mise en œuvre auprès des élèves de 1° du Lycée Pierre Mendès France. Des artisans d'art Tunisiens ont été appelés à proposer un projet de la stèle en s'appuyant sur un cahier des charges constitué à partir des réalisations des élèves.

L'artisan d'art sélectionné, Madame Sihem Néjima, a du prendre en compte dans l’apparence de la stèle les incontournables qui ont émané de l’ensemble des réflexions. A savoir, la présence d’un croissant dirigé vers le haut comme un rappel de l’insigne sur les casques des tirailleurs spahis et zouaves ; la mémoire partagée au travers d'une représentation qui reprendrait des éléments des deux cultures ; une citation patriotique gravée sur une plaque, dans les deux langues, rendant hommage aux soldats des régiments de tirailleurs spahis et zouaves « morts pour la France » ; un matériau représentatif de l'histoire de la Tunisie (marbre qui renvoie à l’idée d’éternité), l’ensemble devant être de dimensions importantes.

Les trois dessins retenus furent présentés à l’architecte, Madame Sihem Néjima, qui élabora sur ces bases des propositions.

La stèle dédiée aux soldats des régiments de tirailleurs spahis et zouaves « morts pour la France » a été pensée, élaborée et construite afin de combler un manque : celui de la dette des vivants à l’égard des morts. Elle contribue à rendre à la mémoire ces hommes disparus dans un combat qui n’était pas le leur, sur une terre qui n’était pas la leur : un hommage que le temps n’oubliera pas.