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Le nouveau corpus Jalons/INA consacré à la mémoire de la Première Guerre mondiale

Le nouveau corpus Jalons/INA consacré à la Première Guerre mondiale (détails).
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À l’occasion du centenaire de 1914-1918, il apparaissait opportun de pouvoir développer le corpus Jalons de l’INA portant sur la Première Guerre mondiale, qui avait été l’un des premiers corpus réalisé au début du projet, dans le cadre du thème « guerres mondiales et régimes totalitaires » du programme de Première. Par rapport aux documents initiaux qui existaient déjà et portaient surtout sur les batailles les plus emblématiques (la Marne, Verdun, les grandes offensives de 1918),  la guerre de tranchées, les armements, la vie à l’arrière et l’effort de guerre des civils, il a été décidé de combler à la fois certains manques importants tout en élargissant le corpus vers d’autres théâtres d’opérations que celui de la France, afin de bien rappeler la dimension mondiale du conflit. Ce nouveau corpus s’intéresse aussi dans une large mesure à la mémoire de la Première Guerre mondiale, thématique qui était quasiment absente jusque-là au sein de Jalons.

Parmi les manques au niveau des batailles survenues en France, les plus importants concernaient celles qui avaient pu impliquer les soldats britanniques et alliés (Canadiens, néo-zélandais…) sur le sol français. Cela explique notamment le choix d’un reportage portant sur la bataille de la Somme en 1916, où furent engagées essentiellement les troupes britanniques, un autre sur celle de Vimy (Nord-Pas-de-Calais) en 1917, la principale offensive menée par les troupes canadiennes au cours de la guerre et qui constitua un événement fondateur dans la naissance de la jeune nation du Canada. Ces deux reportages permettent de revenir sur des offensives particulièrement meurtrières, qui soulignent les évolutions stratégiques de la Première Guerre mondiale avec la supériorité donnée à la défensive grâce à l’artillerie et aux tranchées. Ils mettent également en valeur la diversité de l’origine des troupes engagées du côté allié et permettent de ressortir des batailles qui occupent une place moindre dans la mémoire collective française, en étant largement occultées par celles, emblématiques, de la Marne ou de Verdun, au cours desquelles semblaient s’être joué le destin de la France.

Le second choix au niveau de cette nouvelle sélection de documents portant sur la Première Guerre mondiale consista à choisir des événements concernant d’autres théâtres d’opérations que celui de la France, afin de bien souligner la dimension mondiale du conflit, conformément à une évolution historiographique qui s’efforce de plus en plus, notamment à la faveur de la commémoration du centenaire, d’aborder cette guerre sous un angle global, en s’intéressant à l’ensemble des continents où elle a pu se développer (ce choix a clairement été adopté par exemple par André Loez et Nicolas Offenstadt dans le Carnet du Centenaire de la Grande Guerre qu’ils ont réalisé pour les éditions Albin Michel en 2014). C’est ce qui explique la présence dans ce nouveau corpus de reportages sur les Balkans (c’est dans une large mesure la situation particulière de cette région depuis le déclin de l’Empire ottoman qui constituera le facteur déclenchant de la guerre), sur le front d’Orient (avec notamment le rôle méconnu mais pourtant essentiel de l’armée d’Orient entre 1916 et 1918 pour prendre à revers les forces de l’alliance), sur le génocide arménien au sein de l’empire ottoman.

Contrairement au premier corpus, qui ne portait quasiment que sur des images tournées en 1914-1918 pour les Actualités ou le service des Armées, cette nouvelle sélection comporte davantage de reportages diffusés dans le cadre de documentaires ou de journaux télévisés réalisés au cours de ces dernières années. Cela permet donc de jeter un regard nouveau sur la mémoire du Premier conflit mondial, son évolution et ses enjeux, notamment sur le plan politique. S’il est en effet devenu courant depuis une dizaine d’années au vu des nouveaux programmes scolaires de s’intéresser à la mémoire de la Seconde Guerre mondiale, celle de la Première Guerre mondiale reste moins étudiée dans l’enseignement secondaire alors qu’il s’agit pourtant bien d’un sujet essentiel….et totalement d’actualité à l’heure des commémorations du centenaire. Plusieurs reportages sélectionnés permettent ainsi d’envisager les enjeux qu’ont pu représenter les différentes commémorations depuis la fin de la guerre, celle du 11 novembre, mais aussi d’autres comme celle de la bataille de la Marne ou celle de la bataille de Verdun. Il était intéressant notamment d’envisager la résonnance qu’avait pu avoir la commémoration de l’armistice en novembre 1944, au moment de la Libération, mais aussi à des époques plus récentes, notamment en 2008, alors que les derniers survivants du conflit avaient disparu. D’autres abordent la question cruciale des mutins et la façon dont leur réhabilitation a été soulevée par Lionel Jospin tout d’abord, puis plus récemment par Nicolas Sarkozy. Un reportage permet également de souligner les enjeux que représente la reconnaissance officielle du génocide arménien et les difficultés que celle-ci représente pour la Turquie. Il est enfin également question à travers plusieurs reportages, notamment ceux évoquant le monument britannique de Thiepval ou celui des Canadiens à Vimy, de s’intéresser à la mémoire de la Première Guerre mondiale dans d’autres pays que la France.