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Raconter la guerre 14-18 aux collégiens grâce aux films courts

Jour de gloire
© D.R.
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Le cinéma a commencé court ! Pendant longtemps le court métrage faisait partie de tous les programmes de cinéma. Par sa durée flexible, la forme brève pousse à la créativité, elle incarne à la fois la naissance du cinéma et les mille et une transformations de cet art. Aujourd’hui, la multiplication des outils de tournage et des écrans favorisent l’inventivité.

Dès 1895, l’envie de capter la vie a hanté les cinéastes, héritiers en cela de la photographie et de la peinture. Montrer la diversité de nos existences, raconter des histoires, aller à la découverte du monde, imaginer d’autres univers ont toujours été les moteurs de la création.

La guerre 1914/1918 a été un événement majeur pour l’histoire du cinéma. Pendant la guerre, les peuples voulant avoir des nouvelles de leurs enfants au front, le cinéma est devenu un média de masse.

Dans le même temps, le gouvernement et l’armée mesuraient l’usage que l’on pouvait faire des images, notamment en terme de propagande. C’est en 1915 que l’armée crée deux structures : la Section photographique de l’armée (SPA) et la Section cinématographique de l’armée (SCA). Dès lors, des opérateurs français vont jusqu’au front. Les batailles étant trop dangereuses, les images dont nous disposons aujourd’hui sont des reconstitutions tournées juste après les combats. La profession de caméraman de guerre (nos futurs GRI) est née avec ce conflit du côté français comme dans tous les autres pays.

Le projet

Avec le soutien du conseil départemental des Ardennes, l’association La Pellicule Ensorcelée propose d’acquérir les droits de diffusion de neuf films courts pour les élèves de la 6ème à la 3ème. Chaque enseignant des collèges du département pourra emprunter gratuitement ces films courts qui abordent l’un des aspects de la guerre 1914/1918. La diffusion se fait dans la classe.

Atout du film court

Le film court permet de décrypter un film dans une seule session de cours. Il ne s’agit pas d’analyser des extraits mais bien de voir une œuvre dans son intégrité. Dès lors, les élèves vont être confrontés aux questions du fond et de la forme :

  • Quel est le récit ?
  • Quel est le thème ou les thèmes abordés en rapport avec la guerre 14/18 ?
  • Narration et dramaturgie ?
  • Moyens cinématographiques mis en place ?

Pédagogie par des pistes historiques

Une fiche pédagogique, rédigée par Nicolas Charles, professeur agrégé d’histoire et de géographie, est disponible pour les professeurs et les élèves avec plusieurs entrées :

  • Objectifs de la session de cours
  • Compétences requises
  • Interdisciplinarité
  • Notions
  • Focus pour remettre le film dans le contexte de la guerre
  • Pistes de travail en deux temps : une partie de questions rapides et une tâche complexe
  • Pour aller plus loin : une bibliographie ciblée

Pistes cinématographiques

Un dossier sur la fabrication de chaque film est à la disposition de tous sur le site internet de l’association. Il permet de comprendre les motivations des réalisateurs et les étapes de la réalisation.

La plupart des dossiers regroupe les éléments suivants :

  • Note d’intention du réalisateur-trice
  • Scénario
  • Photos de tournage et du film
  • Traces de la construction du film : décors, accessoires, repérages, musique…

Tous ces éléments sont consultables sur le site de l’association, onglet « Dossiers Cinéma »

Sélection

Nous avons fait un choix diversifié selon deux axes :

  • Cinéma du patrimoine et création de ces dernières années.
  • Privilégier les multiples narrations du cinéma : animation, fiction ou documentaire.

 

 

 

Les gosses de la butte (1916 - 03' - France)

Alors que la vraie guerre fait rage, des enfants de Montmartre à Paris jouent à la guerre.

  • Vie quotidienne pendant la guerre
  • Les enfants pendant la guerre

 

 

 

 

Le naufrage du Lusitania (Etats-Unis – 1918 – 12’)

Réalisation : Windsor McCay. Production : Jewel Productions

Le 7 mai 1915, le paquebot Lusitania est torpillé par un sous-marin allemand, 128 américains ont péri. Cet événement contribua à faire basculer l'opinion américaine en faveur de l’entrée en guerre des Etats-Unis. Winsor McCay, célèbre cartooniste, réalise là un documentaire animé, premier du genre dans l’histoire du cinéma. Par ce film, Il tente de faire prendre conscience à ses compatriotes de l’urgence d’entrer dans le conflit aux côtés des alliés.

Pistes de travail :

  • Prise de conscience et entrée en guerre des Etats-Unis
  • Engagement des artistes
  • Comment rendre compte d’un fait historique par le cinéma ?

 

 

 

Le puits (France - 2001 – 19’) de Gabriel Le Bomin

1916. Louis, corse d’origine, est brancardier sur le front de l’est. Il est chargé de ramener de l’eau d’un puits situé dans le No Man’s Land. C’est là que vient se ravitailler un soldat allemand.

Pistes de travail :

  • Engagement de tous les départements de France dont la Corse
  • Amitié soldats français/allemands
  • Le No Man’s Land

 

 

 

Lettres de femmes (France – 2012 - 11') de Augusto Zanovello

Sur le front de la Grande Guerre, l’infirmier Simon répare chaque jour les gueules cassées des poilus avec des lettres d’amour, des mots de femme qui ont le pouvoir de guérir les blessures de ces soldats de papier. Simon, lui, semble à l’épreuve des trous, infroissable, indéchirable dans sa blouse blanche. Son secret, c’est sa marraine de guerre, qui occupe toutes ses pensées dès qu’il a un moment pour souffler. La savoir à l’abri quelque part à l’arrière lui donne l’énergie nécessaire pour affronter quotidiennement l’horreur et la mort. Mais lorsque la mort frappe là où on ne l’attend pas, des mots couchés sur le papier peuvent-ils encore effacer les douleurs ?

Prix du Public à Annecy et Nogent/Marne, Coup de Cœur Unifrance à Cannes 2013.

Pistes de travail :

  • Vie au front
  • Marraines de guerre
  • Liens entre le front et l’arrière, les liens familiaux
  • Correspondances de guerre

 

 

 

Jour de gloire (France – 2007 – 6,30’) de Bruno Collet

La nuit précédant l'offensive, un soldat s'est retranché au fond d'un souterrain. Dehors, la guerre gronde à faire trembler la terre, et l'homme se prépare à l'inéluctable.

Dans ce film en volume animé, les corps des soldats redeviennent matière, alliage de terre, de feu et d'acier, figés dans la mort pour l'éternité.

Pistes de travail :

  • Dénonciation de la guerre
  • La tranchée
  • Qu’est-ce-qu’un monument aux morts ?

 

 

 

La tranchée (Canada – 2010 – 6’) de Claude Cloutier

Production : Office National du Film. Avec : Gabriel Boileau-Cloutier

Ce court métrage d’animation met en images une attaque vécue par un soldat canadien lors de la Première Guerre mondiale. À cheval entre des scènes réalistes inspirées de séquences d’archives et des images surréalistes saisissantes, La tranchée s'avère une expérience cinématographique intense et troublante. Le cinéaste Claude Cloutier nous livre ici une interprétation des combats qui révèle aussi l’importance symbolique de la « terre » dans cette guerre de tranchées où autant les vivants que les morts sont enterrés.

Pistes de travail :

  • La tranchée
  • Le journal d’un poilu

 

 

 

Face (France - 2011 – 20’) de Christophe Deram

Producteur : Vendetta Films. Avec : Mano Bayart, Sandrine Blancke, Yann Trégouët, Swann Arlaud

La Grande Guerre, une campagne en France. Louis, neuf ans, vit avec sa mère dans la ferme familiale où ils attendent le retour du père parti au front. Et puis un jour, enfin, c’est le retour. Louis retrouve son père. Un étranger à la gueule cassée.

Pistes de travail :

  • Gueules cassées
  • Retour de guerre

 

 

 

 

Guillaume, le désespéré (France – 2012

Scénario, montage, réalisation : Bérenger Thouin. Production : ENS Louis-Lumière. Son : Jean-Marc Cédot. Musique : vOPhoniQ. Narrateur : Vincent Debost.

C'est l'histoire d'un homme qui a traversé la guerre de 14-18 comme une furie, d'un homme qui sera tour à tour séminariste, matelot, canonnier, boxeur, soldat d'infanterie, capitaine de régiment, aventurier, escroc, aviateur, marlou, ivrogne, acrobate, et puis, par-dessus tout, poète.

Pistes de travail :

  • Archives filmées
  • Mensonge(s) de l’image

 

 

 

 

 

Totems (France – 2014 – 29’) de Sarah Arnold

Production : Utopie Films. Avec : Julie Lesgages, Albert Delpy, Slimane Dazi.

Après une thèse consacrée au Soldat inconnu, Adèle revient dans le village de son enfance pour s'occuper de son grand-père. Un grand-père écrivain, antimilitariste, révolté, qui, tel Antigone, garde le corps d'un soldat de la Grande Guerre caché au fond de son jardin.

Prix « Léopard de Demain », festival de Locarno (Suisse).

Pistes de travail :

  • Travail de mémoire
  • Oubli des faits d’armes passés
  • Les oubliés, les inconnus de la Grande Guerre