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Une chorégraphie proposée par l’Ecole Citadelle de Chalon-sur-Saône

Chorégraphie de l'Ecole Citadelle de Chalon-sur-Saône.
© D.R.
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Une classe de CM2 de l’école de la Citadelle à Chalon-sur-Saône a créé une chorégraphie à partir de la vie d’Aristide Marius Granjean, poilu chalonnais mort pour la France. Avec pudeur et esthétisme, elle s’est attaché à exprimer tous les sentiments contradictoires éprouvés par les soldats et leur famille durant cette terrible épreuve.

Après une phase d’enquête sur la Première Guerre mondiale au Musée de la Guerre et aux Archives à Chalon, les élèves ont travaillé sur la guerre vue à travers la correspondance d’Aristide Marius Granjean avec son épouse, avec l’aide de l’arrière-petite-fille du soldat. Puis le travail de création artistique a commencé. Le tournage et la prise de son ont été assurés par Nicéphore Cité, structure partenaire.

Une chorégraphie en trois parties

La première présente Aristide Marius Grandjean sur la musique du « P'tit bal perdu »,. Les élèves ont réécrit les paroles. Une collaboration avec une dumiste s’est nouée pour l’accompagnement musicale. Ils ont ensuite créé la chorégraphie en s’inspirant de l’œuvre de Philippe Découflé qui a chorégraphié en 1993 le « P'tit bal perdu ». Au lieu de s'attrister, Découflé a préféré prendre le contre-pied et émouvoir en surprenant. C’est cette direction qui a été suivie.

Paroles de la chanson

C'était tout juste avant la guerre
Dans une ville ouvrière,
Aristide Marius Granjean,
Voilà notre homme,
Il était grand,
Notre histoire allait commencer,
A la guerre, il était app'lé, était app'lé, était app'lé.

Non on n'se souvient plus d'cet homme disparu,
Mais nous avons appris par ses lettres à Marie
Qu'il avait fait la guerre pour sa patrie.
Le silence ça l'angoissait,
Le froid, la faim, la peur,
A sa famille il pensait,
Ne pas rev'nir chaque heure.
Non on n'se souvient plus d'cet homme disparu,
Mais grâce à son histoire,
Ils est dev'nu l'symbole d'une guerre
Notre poilu, notre poilu, notre poilu.

Aristide Marius était fier,
Son métier s'était tonnelier,
Il avait un fils nommé Albert,
Avec Marie, il était marié.
Mais le 4 août on l'a appelé,
Au 56ème est affecté, est affecté, est affecté.

La seconde partie s'intitule Séparation. Lorsque l'on parle de guerre, certains mots résonnent très rapidement : famille, souffrance, peur. C'est ce qu'il fallait exprimer à travers des duos : ces couples qui se séparent, ces mères qui se séparent de leur fils, ces sœurs qui se séparent de leur frère. D'ailleurs, cet amour inconditionnel pour sa famille ressort à chaque courrier d'Aristide. Chaque duo a travaillé pour créer sa propre chorégraphie et exprimer ainsi cette émotion. La musique est tirée de la bande originale de Home (Yan Arthus Bertrand).

La dernière partie exprime le départ à la guerre et l'attente des combats. Les élèves avaient pour consigne d'exprimer l'angoisse, la peur mais aussi l'entraide entre les soldats. Ce travail a été mené en collaboration avec la compagnie Pernette. La musique est tirée de l'un de ses spectacles. L’histoire se termine par la mort de certains soldats dont Aristide.