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Un voyage pour aborder autrement les lieux de mémoire de la Première Guerre mondiale

Élèves au Anneau de la mémoire
© D.R.
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Quel peut-être l’intérêt d’emmener des élèves sur des lieux de mémoire de la Première Guerre mondiale qu’ils peuvent d’ores-et-déjà découvrir via internet ? Etait-il nécessaire de se rendre sur les lieux de combat et/ou de décès des footballeurs du Club Olympique Choletais sur lesquels les collégiens avaient travaillé pour donner du sens à leurs recherches ? Le récit de voyage rédigé par Louise Dautry, élève du collège Trémolières de Cholet, fournit des éléments de réponse.

Un récit de voyage sur des lieux de mémoire de la Première Guerre mondiale

Du 2 au 4 mai 2016, elle a fait partie des 55 élèves de 3e qui se sont rendus dans la Somme et en Belgique. Un voyage qui s’inscrivait dans le cadre du projet « Des terrains de football aux champs de bataille : l’expérience combattante des footballeurs du Club Olympique Choletais ». Un travail qui avait obtenu le label national de la Mission du Centenaire en 2015. Pendant trois jours, les élèves ont découvert des lieux de mémoire comme l’Anneau de la mémoire et le mémorial de Thiepval, le monument aux morts de Péronne, visité le musée de Zonnebeke en Belgique, l’historial de la Grande Guerre, se sont rendus dans des cimetières comme celui de Saint-Charles de Potyze en Belgique où ils ont déposé des gerbes à la mémoire de soldats de Cholet et de Saint-Christophe du Bois, communes d’origine de nombreux élèves. À Péronne, des élèves ont aussi affronté sportivement des professionnels du tourisme lors d’un match de football à la mémoire de Pierre Blouen. Fondateur du Club Olympique Choletais et capitaine de l’équipe, ce dernier est mort en août 1916 lors de la bataille de la Somme.

Dans la Somme et en Belgique, lors des visites, c’est un carnet de voyage bilingue, français-anglais, que devaient compléter les élèves. À leur retour, c’est un récit de voyage qui leur a été demandé. Le premier s’apparentant davantage à un travail scolaire tandis que le second avait pour objectif de laisser place à l’expression des sentiments personnels. Un travail complémentaire mais qui n’était pas noté.

Pour le récit de voyage, les élèves pouvaient au choix insister sur les aspects qui les avaient marqués, présenter un ou plusieurs des sites visités et privilégier la forme qu’ils souhaitaient. Le travail pouvait être manuscrit, illustré selon les moyens qu’ils avaient à leur disposition. Leur récit, de quatre pages maximum, devait leur permettre d’exprimer leur ressenti sur tout ou partie du voyage réalisé. L’objectif étant d’amener les collégiens à s’interroger aussi sur ce que leur avait apporté ce voyage.

Louise a choisi de retracer chaque journée du séjour en insistant sur des lieux qui l’ont marquée comme l’Anneau de la mémoire, le cimetière de Tyne Cot, le mémorial de Thiepval et d’évoquer des moments d’émotions partagées comme le match de football joué à Péronne à la mémoire de Pierre Blouen. Par ses descriptions, elle fait découvrir les lieux visités et laisse libre cours à ses sentiments qu’elle dévoile. Un récit que certains de ses camarades ont abordé différemment sous forme de poèmes, de blog, de lettres ou avec une thématique comme celle de l’art. Comme Louise, les élèves terminent tous en indiquant que, grâce au voyage, leur regard sur la Première Guerre mondiale a changé. C’est aussi la conclusion du récit de Noémie « Nous, collégiens, nous étudions ces événements au travers de ces chiffres, mais pour nous cela reste très vague. Cela ne nous permet pas de nous projeter dans cette guerre, d'essayer de comprendre la douleur de chacune des familles ayant perdu l'un des siens. Nous ne nous rendons tout simplement pas compte des cruautés endurées par tous ces citoyens du monde car pour nous cela reste de simples chiffres vus en histoire. C'est pourquoi ce voyage a été si important pour moi, il m'a ouvert les yeux sur la douleur engendrée par cette guerre. Je me suis enfin rendue compte de la signification de ces chiffres. »

Ce voyage a permis d’aborder autrement la Première Guerre mondiale et le récit de voyage à l’instar de celui de Louise en est un beau témoignage.