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Sur les traces des poilus, une reconstruction de la mémoire des soldats

Une des illustrations du recueil Sur les traces des poilus (détail).
© D.R.
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Ce projet éducatif est porté par douze élèves de 3ème du collège de Gy, en Haute-Saône, pour commémorer la Première Guerre mondiale à travers la restitution des témoignages de soldats fictifs.

L’objectif de départ est pédagogique et transdisciplinaire : recréer des personnages de poilus du 60e régiment d’infanterie mobilisé dans la région de Besançon, et écrire les lettres échangées avec leurs familles, narrer les histoires qu’ils auraient vécues ensemble.

La base est donc un travail sur la matière historique croisé d’un atelier d’écriture. Les travaux étaient de prime abord destinés à être publiés sur les réseaux sociaux : une page Facebook rassemblant les écrits des personnages et le vécu du projet, un compte Twitter délivrant des fragments de ces lettres aux abonnés.

À la croisée des chemins de l’Histoire et des histoires

L’accent et les exigences ont été mis sur le respect de la véracité des événements que connurent nos poilus fictifs. Outre les cours d’histoire, les ressources agglomérées comme base documentaire, un travail a été réalisé autour d’une pièce de théâtre retraçant l’histoire tragique du soldat Bersot, un bisontin fusillé pour l’exemple.

Le déroulé des récits alterne les événements réels, prélevés dans les carnets de guerre du régiment, et les témoignages plus intimistes révélant les pensées des personnages. Un travail d’archive sur Gallica et sur le site Mémoire des Hommes a été nécessaire.

Les personnages ont été créés selon les méthodes inhérentes au jeu de rôles, par l’entremise d’une fiche condensant le portrait physique et moral, ainsi que les diverses manières d’envisager l’évolution dramatique de ce dernier.

Les élèves fonctionnent en atelier, la base de ressources étant constituée d’un cours en ligne permettant l’accès et l’ajout de ressources, mais aussi le suivi régulier du projet, même en dehors du collège. Beaucoup de phases de collaboration ont été nécessaires pour échanger des regards critiques et échafauder des histoires collectives, les actes des uns impactant la destinée des autres.

> Voir un extrait de récits croisés sur la bataille de Dannemarie (1914)

Immédiateté des réseaux sociaux, permanence du livre

La réflexion s’est portée sur les outils, à savoir Facebook et Twitter, qui délivrent des informations fragmentaires et immédiates, sans réelles résonances sur le temps long propice au travail de la mémoire. Il a fallu élaborer une stratégie pour obtenir un écho chez les internautes, maintenir une audience et un suivi régulier de la part des abonnés.

Une édition et une publication des écrits sont donc envisagées pour fixer ces écrits dans le temps et permettre, par le biais d’une maquette et d’illustrations professionnelles, de renforcer l’immersion des lecteurs. Des collaborateurs privés, les éditions Sycko et l’illustrateur David Chapoulet, ont rejoint l’aventure éditoriale. La conclusion prendra la forme d’un livre d’environ 48 pages format paysage compilant les écrits des élèves, la description de l’élaboration du projet, cinq illustrations intérieures et un apparat graphique.

Un projet mis au conditionnel

Afin de financer le budget de conception et de fabrication, le projet va passer par une levée de fonds en septembre prochain. Le principe de la souscription permettra de jauger de la viabilité du projet. Passant par un site de financement participatif, la publication Sur les traces des poilus va devoir convaincre suffisamment de souscripteurs, ce qui amène une réflexion sur la façon de rallier la communauté créée autour d’elle, et de défendre ses chances tout au long de l’étape de promotion.

La démarche complète est présentée sur le site académique d’histoire géographie de Besançon.