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Shared Histories : un programme d’échanges scolaires entre la France et la Nouvelle-Zélande

Le site Shared Histories.
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Le centenaire de la Grande Guerre est l’occasion pour les élèves néo-zélandais d’explorer avec leurs homologues français, la signification et les répercussions profondes de cet épisode majeur de leur histoire commune. C’est pourquoi l’Ambassade de France en Nouvelle-Zélande et l’Association Néo-Zélandaise des Professeurs de Français ont initié un important programme d’échanges scolaires intitulé « Shared Histories », qui se déroulera pendant toute la période de la commémoration.

Le programme

Chaque année, le 25 avril, lors de la célébration d’Anzac Day, la Nouvelle-Zélande rend hommage à ses soldats tombés pendant la Grande Guerre. À la veille du Centenaire, cette cérémonie du souvenir prend cette année une résonance particulière. La Première Guerre Mondiale a été l’un des épisodes les plus marquants de l’histoire du pays et a contribué de manière décisive à façonner son identité en tant que nation. Plus de 100 000 néo-zélandais, sur une population qui à l’époque ne dépassait guère un million d’habitants, ont servi sur les différents théâtres de la Guerre ; un grand nombre de familles ont été affectées par cette épreuve et en conservent le souvenir de génération en génération.

Adossé à l’appel à projets « Mémoire héritée, histoire partagée » lancé par la Mission du Centenaire, et dont il constitue le volet néo-zélandais, ce programme bénéficie du soutien des ministères français et néo-zélandais de l’Éducation. Il vise à créer un cadre de coopération permettant aux établissements scolaires français et néo-zélandais de former des partenariats en vue de travailler sur des projets pédagogiques communs sur le thème de la Première Guerre mondiale.

En collaboration avec la DAREIC de l’Académie d’Amiens, partenaire de cette initiative, un premier appel à projets a été lancé en octobre dernier. Suite à cet appel, treize nouveaux partenariats entre établissements néo-zélandais et français de l’Académie d’Amiens ont pu être initiés en direct lors d’un séminaire de contact par visio-conférence. En incluant les établissements ayant choisi de travailler avec des partenaires français existants, ce sont au total 25 écoles secondaires de Nouvelle-Zélande qui sont actuellement engagées dans des projets collaboratifs sur la Grande Guerre. Un nouvel appel à projets, élargi à plusieurs autres académies, sera lancé en mai.

Le projet pédagogique, construit et réalisé à travers une collaboration à distance entre élèves et enseignants français et néo-zélandais, est naturellement au cœur du dispositif. Mettant en jeu la pratique de la langue du partenaire, mais aussi favorisant une approche pluridisciplinaire par le biais de perspectives croisées sur un même objet historique, il développera les compétences interculturelles des élèves. Les projets déboucheront sur des productions communes (textes, dessins, photos, documents audio-visuels ou numériques, blogs,…), certaines donnant lieu à publication ou devenant des ressources pédagogiques permanentes.

Afin de favoriser ce travail à distance, la plate-forme www.sharedhistories.com a été lancée en avril. Ce site constitue la vitrine des projets en cours, donne accès à des ressources, et est aussi un espace vivant d’échange et de dialogue pour tous ceux, élèves ou professeurs, qui sont impliqués dans les projets. Dans les semaines qui viennent, les établissements des deux pays pourront y rechercher en ligne un partenaire et de travailler sur des projets. Le site deviendra ainsi un outil pérenne de coopération scolaire entre la France et la Nouvelle-Zélande.

De nombreuses écoles néo-zélandaises envisagent d’ores et déjà un déplacement sur les lieux de mémoire, ces visites ayant pour les élèves et leurs familles une forte valeur émotionnelle. Un premier groupe d’élèves, sélectionnés parmi les écoles participant à Shared Histories, et représentatif de la diversité géographique et culturelle de la Nouvelle-Zélande, se rendra en France en juillet prochain. Ces élèves, qui ont tous un lien particulier avec la Grande Guerre à travers leur histoire familiale, seront les « Jeunes Ambassadeurs » de leur pays, et témoigneront de l’attachement de la jeunesse néo-zélandaise au devoir de mémoire. Ils visiteront les sites liés à l’engagement néo-zélandais dans la Grande Guerre et seront notamment accueillis dans des familles d’Arras, où se sont illustrés les fameux « diggers » néo-zélandais.

De nombreux autres groupes suivront, pendant les quatre années de la commémoration. Ces visites, qui seront l’aboutissement du projet développé en amont, permettront aux élèves et à leurs enseignants de rencontrer physiquement leurs homologues français, d’être accueillis dans leurs familles et de participer à des activités communes. Elles auront alors toutes les chances de déboucher sur des relations durables.

Quelques projets en cours

Epsom Grammar School (Auckland) et le Lycée Gay-Lussac de Chauny (Aisne) travaillent ensemble à la création d’une fresque murale à Chauny à partir de recherches sur l’histoire des soldats néo-zélandais. Le projet mettra en valeur le rôle des femmes et des familles pour soutenir les soldats au front.

Le Wellington College (Wellington) et le Lycée Européen de Villers-Cotterets vont partir de la thématique chère au pays des All Blacks, le rugby, pour retrouver les anciens élèves de Wellington College qui ont combattu, mais aussi joué au rugby en France pendant la Grande Guerre. Un site web retracera leur parcours. Une visite en France des élèves néo-zélandais est prévue, avec bien sûr une rencontre sur le terrain de rugby.

St Margaret’s College (Christchurch) et le Collège Etouvie (Amiens) ont créé le wiki bilingue « Poppelicot » permettant aux élèves des deux établissements de dialoguer et d’échanger leurs productions. A partir de la rentrée prochaine, ils travailleront à la création d’une carte interactive des itinéraires des soldats français et néo-zélandais à partir de Google maps. La carte renverra à des documents (réels ou fictifs) illustrant leur histoire (lettres, photos, témoignages audio ou vidéo).

>> Suivre l'actualité du projet sur le site Shared Histories.