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Mémoires calédoniennes et mémoires néo-zélandaises de la Grande Guerre : mémoires croisées

Prise d’armes le 24 octobre 1914. Coll. G. Viale
© Musée de la ville de Nouméa
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

L’exposition Mémoires calédoniennes et mémoires néo-zélandaises de la Grande Guerre est l’aboutissement d’un travail de deux années avec la classe littéraire (d’abord niveau Première, puis Terminale cette année) du Lycée du Grand Nouméa. Ce projet s’inscrit dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale. Il répond à une demande du Ministère de l’Éducation nationale et du Vice-Rectorat de la Nouvelle-Calédonie et permet de mettre en œuvre les objectifs académiques dans un partenariat international qui fait d’autant plus sens que, lors de la Grande Guerre, la France, à travers la Nouvelle-Calédonie, a été alliée de la Nouvelle-Zélande.

Déroulement du projet

L’exposition cherche à comparer les mémoires calédoniennes et néo-zélandaises à travers leurs différentes formes. Pour cela, les élèves ont été amenés à visiter les lieux qui commémorent cette guerre en Nouvelle-Calédonie ainsi qu’en Nouvelle-Zélande, dans le cadre du voyage d’études qui s’est déroulé du 14 au 23 septembre 2014 à Hamilton à St Paul’s Collegiate School. Des recherches ont été effectuées dans plusieurs domaines : au lycée à travers l’étude de la Première Guerre mondiale (programme d’histoire de la classe de Première) et l’étude des Mémoires Historiques (programme d’histoire de la classe de Terminale). De plus, la visite de musées et de lieux de commémoration en Nouvelle-Calédonie et en Nouvelle-Zélande a permis d’étoffer ces recherches et de porter un regard critique sur le devoir de mémoire. Des enquêtes auprès des familles des élèves calédoniens et des familles d’accueil néo-zélandaises ont amené plusieurs témoignages, mettant en évidence l’importance de transmettre pour ne pas oublier. Pour finir, des œuvres littéraires (une nouvelle de Frank Sargeson intitulée « The last war » et une nouvelle de Katherine Mansfield intitulée « An indiscreet journey ») ont été étudiées dans le cadre du cours d’anglais, plus précisément en littérature en langue étrangère. À Hamilton, les élèves ont assisté à des cours de littérature lors desquels l’enseignante néo-zélandaise a présenté l’étude de poèmes de soldats kiwis : la poésie comme un exutoire des peurs et des angoisses de ces hommes se battant et mourant loin de leur terre natale.

Un projet pluridisciplinaire très enrichissant

Ce projet a été mené par une enseignante d’anglais et un enseignant d’histoire-géographie dans le cadre d’un échange scolaire permettant à la fois un travail pluridisciplinaire anglais-histoire et une ouverture internationale.

Le questionnement transversal anglais/histoire a été particulièrement mis en avant lors de la participation des élèves calédoniens à des cours d’histoire à Hamilton. Les élèves ont pu voir comment cette question est traitée dans les programmes scolaires néo-zélandais et ont donc pu la comparer avec le programme français beaucoup plus officiel que celui de Nouvelle-Zélande où la totale liberté est laissée à l’enseignant ; la possibilité d’enrichir son vocabulaire (le champ lexical de la guerre) et d’échanger avec les élèves néo-zélandais à travers la présentation de photos d’époque ont représenté un moment fort de cet échange scolaire.

Ce projet a pu être une expérience très enrichissante pour les élèves tant au niveau des savoir-faire que des savoir-être. Ils ont pu appréhender la notion de mémoire, s’intéresser au rapport des sociétés à leur passé, comprendre les enjeux de commémoration tout en travaillant en interdisciplinarité, en équipe et en manipulant les TICE. L’important a été aussi de s’ouvrir à une autre culture et de participer à une action citoyenne.

À travers la comparaison des deux mémoires, les élèves ont pu prendre conscience du rôle de cette guerre en tant que moment fondateur de la nation néo-zélandaise (qui s’affirme en tant que telle en se détachant de sa tutelle britannique), ce qui ne fut pas le cas pour la Nouvelle-Calédonie.

À voir :

Le panneau de l'exposition La mémoire dans les œuvres littéraires françaises

Le panneau de l'exposition La mémoire dans les oeuvres littéraires néo-zélandaises

Le panneau de l'exposition La mémoire des familles en France et en Nouvelle-Calédonie

Le panneau de l'exposition : La mémoire sur les monuments aux morts en Nouvelle-Calédonie