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Les élèves sarrois et lorrains commémorent la Première Guerre mondiale

Mercredi 11 juin 2014, 1000 jeunes français et allemands se sont réunis à Verdun pour commémorer ensemble la Première Guerre mondiale.
© Académie Nancy-Metz
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Mercredi 11 juin 2014, 1000 jeunes français et allemands se sont réunis à Verdun pour commémorer ensemble la Première Guerre mondiale mais aussi la réconciliation franco-allemande, exprimer leur rejet de la guerre et leur volonté d’approfondir l’amitié entre la France et l’Allemagne.

Cette cérémonie franco-allemande, organisée avec le Ministère de l’Education et de la Culture de Sarre, a été le point d’orgue d’une  journée de restitution des travaux des élèves lorrains autour de la commémoration de la Première Guerre mondiale, journée mise sur pied par l’Académie de Nancy-Metz au Centre Mondial de la paix, des libertés et des droits de l’Homme. 

En effet, durant toute cette année scolaire, 120 établissements lorrains, de tous niveaux, se sont mobilisés autour du thème « Traces, mémoires, frontières ». Thématique particulièrement adaptée à une région qui était pour partie allemande avant 1914, qui a été divisée par la ligne de front pendant quatre ans, dont les paysages portent encore d’innombrables stigmates du conflit et qui est aujourd’hui frontalière avec trois Etats européens.

Comment commémorer 14-18 pour un jeune de 2014 ?

Commémorer, se souvenir ensemble, nécessite d’abord de connaître les événements et de chercher à en comprendre les causes. La grande question pour un jeune de 2014, qui vit dans une Europe pacifiée depuis bien avant la naissance de ses propres parents, est d’abord  de comprendre pourquoi cette guerre a été possible, mais surtout de comprendre comment un tel sacrifice humain a pu être demandé et finalement accepté.

Commémorer, faire mémoire de ce sacrifice, c’est ensuite imaginer des modes d’expression qui permettent à des jeunes d’aujourd’hui  de manifester le respect qu’ils éprouvent pour ceux qui sont morts et aussi l’intense émotion qu’ils ressentent en étudiant l’histoire de cette guerre dans toutes ses dimensions humaines, mais encore et dans le même mouvement, d’interroger la construction de la paix et de l’avenir.

Les jeunes lorrains vivent près des monuments aux morts et des immenses cimetières militaires, souvent près des « zones rouges » des combats, ils connaissent et respectent ces lieux de mémoire, mais cette année, dans le cadre du projet académique, c’est avec leurs mots, leurs couleurs, leurs gestes qu’ils ont cherché à exprimer de façon originale, audacieuse, émouvante leur mémoire de la Première Guerre mondiale et leur engagement pour la paix. De l’école primaire au lycée, les élèves ont interrogé la place des artistes  et écrivains dans la mémoire de la guerre mais également dans un monde contemporain toujours préoccupé par les conflits. L’histoire, le français, les arts plastiques mais également la technologie, l’éducation musicale, l’éducation physique et sportive… ont été intimement conjugués. Elèves et professeurs, mais aussi parents d’élèves ont ainsi travaillé ensemble à ces projets. 

Commémorer est enfin un acte civique, cette mémoire commune étant constitutive de notre vivre ensemble.

Ainsi l’histoire, les différentes formes d’expressions littéraire, plastique ou musicale et l’éducation civique ont été les trois éléments intimement conjugués de tous les projets mis en œuvre dans une approche résolument pluridisciplinaire.

L’implication des élèves a très rapidement dépassé toutes les espérances des équipes éducatives puisque 33 projets ont été labellisés par la Mission du Centenaire. L’ensemble de ces projets a donné lieu à des restitutions liées à la danse, à l’écriture, au théâtre, aux arts plastiques, à la vidéo…  lors de la journée du 11 juin dans les locaux du Centre Mondial de la Paix. Les élèves étaient présents pour présenter leurs productions à leurs pairs, ils ont participé à la scénographie et une vidéo réalisée par les étudiants de l’IUT de Saint-Dié-des-Vosges témoignait de la démarche engagée.

La réalité de l’amitié franco-allemande au cœur des commémorations des jeunes

Mais il fallait aller plus loin, il fallait réussir à partager cette commémoration avec les jeunes de l’autre nation la plus impliquée durant la Première Guerre mondiale. Or, on le sait bien, la mémoire de cette guerre n’est pas la même en France et en Allemagne.

C’est en se demandant quels gestes et quelles paroles des élèves allemands et français pouvaient s’approprier que cette cérémonie a été peu à peu construite au cours de nombreuses rencontres entre l’académie de Nancy-Metz et le Ministère de l’éducation et de la culture de la Sarre.

Dans le cadre majestueux de la cour du palais épiscopal de Verdun qui abrite le Centre Mondial de la paix, cette cérémonie franco-allemande entièrement animée par les élèves, a constitué le point d’orgue de cette journée.

Quelques centaines de roses sont déposées par les élèves en hommage aux morts français et allemands et, à l’apparition de la photo de Mitterrand et Kohl, main dans la main à Douaumont le 22 septembre 1984, une gigantesque chaine humaine se forme entre élèves et personnalités alors que le carillon de la cathédrale de Verdun égrène l’hymne européen dans un impressionnant silence : une cérémonie haute en symboles, très novatrice et surtout reflet d’un investissement conjoint et partagé par les 1000 jeunes allemands et français réunis.