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Le parcours des soldats tahitiens lors de la Grande Guerre : Sur les traces de ceux « morts pour la France » (1914-1919)

Consultation des registres de soldats
© Collège Notre Dame des Anges
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

En juin 2013, la ville de Papeete obtient le Label Centenaire pour ses projets. Une équipe pédagogique du collège Notre Dame des Anges, composée d’une professeure-documentaliste, coordinatrice du projet, d’une professeure d’histoire-géographie et d’une professeure de tahitien, propose alors un travail d’écriture engageant une classe de 3e. Une publication sur le parcours des soldats tahitiens et le recensement de ceux « morts pour la France » en co-partenariat avec la ville de Papeete est formalisée.

Le projet pédagogique

Chez les élèves polynésiens, la vision du premier conflit mondial reste globalement cantonnée à l’Europe alors même que la ville de Papeete a été l’objet d’un bombardement par des croiseurs allemands au tout début du conflit et que plus d’un millier d’hommes sont partis au combat.

La professeure d’histoire-géographie souhaite élargir la vision du conflit et organise la visite de l’exposition Le bombardement de Papeete du 22 septembre 1914 et les E.F.O. dans la guerre. Une randonnée urbaine sur les traces du bombardement allemand, l’observation du monument aux morts, objet mémoriel par excellence sont les  points  de départ de ce projet.

Par la suite, l’équipe pédagogique propose aux élèves de travailler sur le cas de quelques soldats « morts pour la France ». Pour mener à bien ce travail, les élèves ont approché des sources historiques d’époque (Etat-civil, Journal Officiel des Etablissements d’Océanie, fiches de Mémoire des Hommes…).  Il s’agit de « faire de l’histoire » en apportant des connaissances nouvelles à partir de documents d’archives. En recoupant les sources, les élèves ont présenté des « portraits vivants » de soldats mais aussi décrit le périple suivis par ses hommes venus des antipodes jusqu’en Europe.

Les difficultés liées aux noms patronymiques des soldats ont accentué les difficultés pour formaliser une liste correcte.  Au final 267 noms sont répertoriés et 255 biographies sont proposées. Une professeure de tahitien a traduit quelques notices biographiques en tahitien.

>> Voir la séquence pédagogique S'interroger à partir du monument aux morts ?

>> Voir la séquence pédagogique Rédiger des portraits vivants à partir de sources d'archives

Une histoire méconnue

1115 soldats sont partis des Etablissements français d’Océanie (E.F.O.) lors de la Première Guerre mondiale. Les quelques éléments paru dans les livres d’histoire locale estime à environ 300 le nombre de ceux qui ont péri. Ces polynésiens sont principalement morts lors de la 2e bataille de la Marne en 1918  mais aussi sur le front d’Orient. Nombre d’entre eux n’ont pas survécu à leurs blessures et aux maladies et sont morts dans les hôpitaux de guerre.

Quelques-uns d’entre eux n’ont pas connu les champs de bataille puisque leur voyage s’est arrêté à Nouméa, en Australie ou en mer. D’autres enfin sont rentrés exténués, mourir au Fenua1. Voilà que se dessine en filigrane à travers le parcours de ceux « morts pour la France », le parcours de tous les poilus tahitiens.

Certes le nombre total des Polynésiens dans le conflit reste très marginal au regard de l’ensemble des forces en présence mais leur parcours est original et exceptionnel. C’est ce que ce que montre ce travail destinés aux Polynésiens d’aujourd’hui afin qu’ils puissent connaître leur histoire et rendent hommage à leurs aînés.

En guise de conclusion….

En juin 2015, les élèves ont présenté leur travail lors d’une conférence de presse à la Mairie de Papeete. L’occasion de voir se concrétiser le fruit d’une année de travail. Cette production est disponible dans les librairies de la place et auprès du collège Notre-Dame des Anges de Faa’a. Elle constitue désormais un « document de référence » qui relate un morceau de l’histoire contemporaine de la Polynésie française.

En savoir plus

1 Fenua signifie le pays, ici Tahiti