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La réalisation du film documentaire « De Sarajevo à Sarajevo 1914 – 2014 »

Les élèves de la 3ème Projet Action Media du collège André Malraux de Paron, dans les tranchées de Massiges le 28 novembre 2013.
© Collège André Malraux de Paron
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Depuis 12 ans, le collège André Malraux de Paron (Yonne) organise, autour d’une équipe pédagogique motivée, une classe à projet d’action média (PAM). Pour l’année 2013/2014, le collège a voulu axer le travail de la classe PAM autour du centenaire de la Première Guerre mondiale en travaillant sur les causes de ce conflit : le film De Sarajevo à Sarajevo 1914-2014 aborde ansi la question de la paix en Europe en partant des causes balkaniques de la Grande Guerre et prolonge cette réflexion jusqu'à l'entrée de ces pays dans l'Union européenne comme perspective envisagée d'une paix durable.

Les temps forts du projet

La réussite d’un tel projet, comme tous les ans, nécessite que les élèves filment les lieux historiques ou actuels et rencontrent des personnalités dans leur pays, notamment en Autriche, en Croatie, en Bosnie-Herzégovine. La ville de Sarajevo sera le lieu que découvriront et filmeront le plus les élèves réalisateurs, dans le but de relier la date de 1914 avec l'assassinat de l'héritier de l'Empire d'Autriche-Hongrie et celle de 2014 où sera commémoré le centenaire de la Grande Guerre et où la population s'interroge sur les conséquences de la guerre et sur les moyens d'adhérer à l'Union européenne.

Le second temps fort sera la visite symbolique à Verdun avec les jeunes correspondants allemands du collège pour faire une chaîne de l'amitié franco-allemande, à la fois dans les cimetières français et allemands et à l'Ossuaire de Douaumont où le Président Mitterand et le Chancellier Kohl se tinrent la main sollennellement il y a trente ans. Cet événement montre que des pays peuvent envisager un autre avenir que la guerre et peut servir d'exemple aux pays des Balkans dont l'avenir reste encore très incertain.

Ainsi, plusieurs reportages sont programmés :

  • Vienne impériale (Autriche) : centre-ville, cimetière, Parlement, château, immeubles art nouveau ;
  • Vukovar, lieux de mémoire de la Guerre en 1991 ;
  • la Slavonie et le Danube (Croatie) ;
  • Sarajevo, ville carrefour de l'Orient et de l'Occident, lieu de l'attentat du 28 juin 1914, ville assiégée pendant 4 ans (Guerre en Bosnie-Herzégovine, 1992 - 1995) ;
  • Visegrad, ville où Ivo Andric (Prix Nobel de littérature) situe l'action de son roman Le Pont sur la Drina et qui s'achève par le début de la Grande Guerre ;
  • Gorazde, ville assiégée de 1992 à 1995 ;
  • Verdun : Ossuaire et Nécropole de Douaumont, Centre mondial de la Paix.

Plusieurs interviews sont également programmées : Vladislas Marjanovic (historien), Nicolas Moll (historien),  Slobodan Soja (historien), Emir Kusturica (cinéaste et musicien), Danis Tanovic (cinéaste), Valentin Inzko (Haut Représentant en Bosnie-Herzégovine), Jean Hatzfeld (écrivain et journaliste), Francis Bueb (ancien directeur du Centre Malraux).

La diffusion du film est prévue en juin 2014 (Sarajevo), novembre 2014 (Auxerre, Joigny, Villeneuve-sur-Yonne) ainsi qu'une sortie du DVD à 2000 exemplaires. Une diffusion en Bourgogne dans les établissements scolaires et avec nos partenaires est également prévue.

L'avancement du projet

Plusieurs reportages ont déjà été réalisé dans le cadre du projet. Ainsi en 2008, dans le cadre de la réalisation d'un premier film sur la Grande Guerre, la classe avait réalisé un reportage sur différents lieux : Paris (Arc de triomphe), Verdun, Douaumont, Les Eparges, Le Mort-homme, la butte de Vauquois, Craonne sur le Chemin des Dames, où les élèves avaient interprété la célèbre chanson de Craonne, à Rethondes, Péronne, Thiepval, Beaumont-Hamel, Arras, Vimy, Notre-Dame de Lorette et Ypres (Belgique).

Le 28 novembre 2013, les élèves de la classe de 3e PAM se sont rendus dans la Marne ; ils ont ainsi pu parcourir caméra à la main les tranchées reconstituées de Massiges dans la matinée. Certains ont interviewé M. Marchal, président des amis de la Main de Massiges, tandis que d’autres effectuaient des prises de vue et des lectures de Louis Barthas, témoin de la Grande Guerre. Puis, après un tournage autour des cimetières français et allemand de Souain, les élèves ont visité le Centre d'interprétation 1914-1918 de Suippes et le monument aux fusillés pour l'exemple de Suippes. Cela a été l’occasion d’interviewer Hélène Méhault, directrice du musée. Pendant ce temps, un petit groupe d’élèves s’est rendu dans le cimetière et la chapelle russe de Saint-Hilaire-le-Grand. Enfin, la journée s'est terminée par la visite de la cathédrale de Reims, lieu symbolique des destructions de septembre 1914. Les élèves ont interviewé M. Demouy, historien spécialiste de la cathédrale, et M. Poret, président des amis de la cathédrale de Reims.

Le 10 janvier 2014, Arnaud Danjean, député européen, s'est rendu au collège où l’ensemble des élèves de 3e du collège ont, après avoir visionné un film réalisé par la classe PAM de l’an passé, pu lui poser des questions sur son travail de député au Parlement européen. À cette occasion, les élèves participant au projet action media ont interviewé M. Danjean sur son rôle en Bosnie-Herzégovine pendant le conflit de 1992 – 1995, mais aussi sur l’histoire des Balkans au XXème siècle.

Le 28 mars 2014, la classe s’est rendue à Paris. La journée a commencé par l’exposition de la Bibliothèque Nationale de France sur l’Eté 14. Les adolescents ont réalisé in situ l’interview de M. Lagrange, commissaire de l’exposition. Un groupe restreint a également posé des questions à Mme Trunel, responsable du service pédagogique de la BnF et à M. Bonfort, photographe qui exposait ses clichés sur les pas de Louis Barthas. L’après-midi, les élèves ont interviewé Antoine Prost, historien, sur le nationalisme dans les Balkans avant 1914, mais également sur le pacifisme pendant la guerre. M. Lafon, historien et conseiller pour l'action pédagogique de la Mission du Centenaire, a aussi répondu à leurs questions. Pendant ce temps, un petit groupe a effectué la visite des expositions Jaurès aux Archives nationales et de Paris à l'heure de la Grande Guerre dans la Galerie des bibliothèques de Paris. La journée s’est terminée par un temps fort : l’interview du cinéaste Bertrand Tavernier. En effet, les élèves ont travaillé sur deux de ses films cette année : Capitaine Conan et La vie et rien d’autre. Ils ont ainsi pu le questionner sur ces films mais aussi sur la préparation et la documentation nécessaire à la réalisation d’un film historique1.

Travail préparatoire

Le travail de préparation aux interviews est réalisé par petits groupes, avec le professeur de Français et/ou avec le professeur d’Histoire – Géographie. Les élèves préparent pendant une heure un groupe de questions sur un thème particulier, les professeurs se chargeant ensuite de synthétiser le travail des élèves. Ces derniers poseront ensuite les questions qu’ils ont eux-mêmes préparées. Le travail le plus délicat pour les élèves est d’adapter ce questionnaire en fonction des réponses des interviewés. Il faut parfois supprimer certaines questions, la réponse ayant déjà été donnée par la personne interrogée.

1 Dans le cadre du travail préparatoire à l’épreuve d’Histoire des Arts présente au Diplôme National du Brevet, les élèves ont étudié quelques planches de la bande dessinée de Jacques Tardi et J.-P. Verney, Putain de guerre ! Pour approfondir le travail entamé en histoire, le professeur de Français a travaillé sur l’analyse de séquences du film de Bertrand Tavernier, Capitaine Conan.