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La cellule d’animation pédagogique du service des Archives de la Nouvelle-Calédonie

Acoma Nehron (à droite)
© Archives de la Nouvelle-Calédonie
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

La cellule d’animation pédagogique du SANC (service des archives de la Nouvelle-Calédonie) a pour mission de mettre à la portée du public scolaire les documents patrimoniaux conservés aux archives et de répondre aux demandes très diverses des professeurs engagés dans des projets variés. Avec le début du Centenaire de la Première Guerre mondiale, les demandes pédagogiques en 2014 ont davantage concerné l’étude de ce conflit. 

Au cours des recherches effectuées pour satisfaire les demandes des professeurs des établissements scolaires ayant obtenu le label Centenaire, de nombreuses sources ont été utilisées. Ainsi, les documents relatifs à l’engagement des Calédoniens dans cette guerre sont sortis de leur torpeur et ont été mis en valeur dans des projets ayant des thèmes différents bien que reposant tous sur le même évènement historique.

Les fonds du service des Archives de la Nouvelle-Calédonie

Les fonds sont riches de plusieurs milliers de documents mais peinent toutefois à satisfaire toutes les demandes. 

Le plus gros fonds est constitué par les fiches des tirailleurs canaques engagés pour la durée du conflit. Le service possède toutes les fiches (plus de 1000), les originaux qui sont très  fragiles et pour certains en mauvais état, mais également deux jeux de photocopies, (côte 358W15 et 1J30) ce qui permet une manipulation et un travail plus facile. Le service peut numériser sur demande les documents originaux. Le service possède des documents (lettres, photos) qui permettent de croiser et enrichir les informations contenues dans ces fiches d’engagement. Elles apportent elles-mêmes beaucoup d’informations comme le trajet des engagés, les différents théâtres d’opération qu’ils ont connus, leurs éventuelles blessures, décorations, etc…  

Pour les engagés non canaques, leurs fiches ne sont pas réunies dans des cartons spéciaux (on les trouve quand même majoritairement aux côtes 358W1 à 358W8), mais rangées par classe d’âge, ce qui rend leur recherche un peu plus difficile. Celle-ci est donc grandement simplifiée si l’on connait le nom de la personne qui est partie à la guerre.  

La demande a été forte pour des lettres de soldats ou des correspondances par exemple de marraines de guerre. Quelques lettres existent mais pas autant que ce qui est souhaité. Quelques-unes, écrites en langue kanak et non encore traduites en français, recèlent peut-être des informations intéressantes.

Une autre source intéressante est constituée des coupures de presse de la France Australe (disponibles sur microfilm), bien que ces sources soient difficiles à exploiter, notamment par un public scolaire non habitué à effectuer des recherches en archives. 

Le cas d’Acoma Nehron

Au cours des recherches, un personnage est ressorti du lot : Acoma Nehron.

D’abord parce que c’est l’un des rares engagés pour lesquels nous ayons justement plusieurs éléments : fiche d’engagement, lettres, photos.

Ensuite parce que son histoire est rendu un peu plus intéressante encore par son lien et sa correspondance avec la famille Leenhardt (côte 12J91).  

En outre, Acoma Nehron est un engagé assez atypique. En plus de nourrir cette correspondance (dans laquelle il ne manque pas de dire à quel point celle-ci est importante pour son moral), on apprend qu’il est pasteur, mais aussi infirmier comme le montre le brassard frappé de la croix rouge qu’il porte au bras gauche sur la photo de groupe (photographie en tête de l’article). 

Bilan

L’étude de la Première Guerre mondiale grâce aux différentes sources archivistiques peut donc se faire par le biais de différentes approches : par thème, par nom, par région ou commune, en retraçant la vie des engagés, leur parcours. 

Les visites aux archives sont généralement découpées en deux temps : un premier temps consacré à la visite des lieux, et un second temps dédié au travail sur les sources proprement dites. Dans le cas de visites successives aux archives, les rendez-vous suivants sont consacrés uniquement au travail sur les sources.

En 2014, quatre classes sont venues aux archives pour exploiter les fonds sur la Première Guerre mondiale. De nombreuses possibilités subsistent pour mener des recherches et conduire des projets innovants sur le thème de la Grande Guerre.