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"L'Île Maurice et la Grande Guerre", le monument du Centenaire

L'affiche de « Bleuets et coquelicots »
© D.R.
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Les projets pédagogiques dans l'Hexagone et en Outre-Mer continuent de sensibiliser les jeunes générations à la mémoire de la Grande Guerre et à sa dimension internationale. Sur l'Île Maurice, un projet initié par l'école du Centre et le lycée Le Bourdonnais a permis à 600 élèves de 10 à 18 ans d'effectuer d'importantes recherches historiques sur le conflit.

Deuxième et dernier volet du projet pédagogique « L'île Maurice et la Grande Guerre », a été inaugurée à l'Institut Français de Maurice (IFM) le vendredi 13 mai 2016 par Mme Ameenah Gurib-Fakim, présidente de la République mauricienne, par Mme Susan Coles, haut-commissaire australien et Mr Laurent Garnier, ambassadeur de France.

Cette exposition présentait :
- le monument du Centenaire à la mémoire des engagés mauriciens
- une vingtaine de panneaux informatifs sur « l'île Maurice et la Grande Guerre »
- des créations artistiques
- des documents mauriciens sur la Grande Guerre

Le projet « L'île Maurice et la Grande Guerre »

Initié en 2014 par deux écoles mauriciennes à programme français, l'Ecole du Centre et le Lycée La Bourdonnais, ce fut un travail de recherches historiques et de productions artistiques sur deux ans impliquant 600 élèves de 10 à 18 ans ainsi qu'une vingtaine d'enseignants.

Ce qui a été au départ un projet pédagogique est devenu au fil des mois un véritable chantier historique révélant des documents oubliés, éparpillés et parfois inédits permettant de développer un pan méconnu de l’histoire mauricienne. Les élèves ont fait des recherches auprès de leur famille et ont consulté différentes sources historiques à l'école comme à la Bibliothèque nationale. Les noms, les papiers militaires, les lettres de soldats et les photographies collectés ont permis d'établir une documentation historique sur les Mauriciens dans la Première guerre mondiale qui a été présentée lors de l'exposition et qui a permis de réaliser le monument du Centenaire par les élèves de CM2 des deux écoles.

Ce monument est une œuvre à la fois historique, artistique, collective, mémorielle et nationale rendant hommage aux Mauriciens engagés en 14-18 qu'ils aient survécu ou non à la guerre, qu'ils soient hommes ou femmes, soldats ou travailleurs, poilus ou tommies.

Si le monument aux morts de la ville de Curepipe, inauguré en 1922, rend hommage à 48 soldats mauriciens morts au combat, un siècle plus tard des documents ont révélé un plus grand nombre de morts - environ 190 - et différentes listes retrouvées ont permis de répertorier 2 500 Mauriciens engagés dans cette guerre. Le monument du Centenaire rend hommage plus précisément à 2 231 Mauriciens d'entre eux, n'ayant été retenus que ceux dont le nom et l'armée ont pu être identifiés. Il inclut aussi les noms de 1 500 Mauriciens du Mauritius Labour Battalion, travailleurs envoyés sur le front de Mésopotamie, souvent oubliés des journaux mauriciens des années de guerre et des livres d'histoire.

Le monument du Centenaire souligne aussi l'engagement des Mauriciens dans les armées de l'empire britannique (Angleterre, Australie, Afrique du Sud, Inde, Canada) et dans l'armée française, rappelant ainsi l'histoire coloniale mauricienne d'abord française puis britannique.

Chaque élève de CM2 a reçu en janvier 2016 des carrés de tissus pour la dizaine de noms de soldats qui lui a été attribuée dont des carrés gris pour les morts à la guerre et des carrés blancs pour ceux qui ont survécu. En suivant les mêmes consignes dans les deux établissements, chaque enfant a écrit le nom, le prénom et le matricule du soldat, a choisi rubans et casques différents pour les armées et a mis soit un bleuet soit un coquelicot de sa création pour les armées françaises et britanniques. Des photographies (des soldats ou symboliques) ont aussi été transférées sur les tissus. Les carrés ont été ensuite réunis par ordre alphabétique et par lots de 14 afin d'être cousus en 160 kakemonos qui, rassemblés, forment un mur du souvenir pérenne. D'autres réalisations artistiques ont été faites par les élèves comme des collages, des uniformes, des carnets de guerre.

Ce projet a été financé par l'AEFE dans le cadre d'une APP-Monde et par la Mission du Centenaire.