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Commémorer la Grande Guerre en 2016 à l’école

Diplôme de 1er prix de Cours Supérieur, décerné par le maire de Beaumont-sur-Oise et la directrice de l'école publique de filles, le 14 juillet 1916.
© Musée de l'Éducation du Val d'Oise
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

L’année 2016 marque le deuxième temps fort des commémorations de la Première Guerre mondiale. Elle s’inscrit dans le souvenir des deux batailles de Verdun et de la Somme qui ont rythmé les événements militaires de 1916 et laissé une empreinte mémorielle durable. Les équipes pédagogiques sont invitées à inscrire cette perspective commémorative en s’appuyant sur les outils mis en place en 2014 et sur les objectifs pédagogiques portés par l’école de la République.

Une importante dynamique pédagogique engagée en 2014

La mise en œuvre des commémorations au sein de l’éducation nationale

Une série de mesures a été mis en œuvre afin d’accompagner les initiatives portées par la communauté éducative :

  • soutien par le Ministère de l’éducation nationale d’actions pédagogiques nationales et internationales en direction des élèves et de la communauté enseignante (Bulletin officiel n° 24 du 13 juin 2013 - Les commémorations du Centenaire de la Première Guerre mondiale - note de service n° 2013-094 du 7-6-2013 (NOR MENE1314396N)) ;
  • mise en place de Comités académiques du Centenaire pilotés par les référents « mémoire et citoyenneté » nommé par le Recteur. Ils sont chargés de valoriser et coordonner une action commémorative à l’échelle des académies métropolitaines et ultra-marines, en lien avec la Direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO) et la Mission du Centenaire.

Le travail pédagogique s’est appuyé sur trois axes de réflexion affirmés :

  • partager les mémoires de l’épreuve ;
  • comprendre la force de l’événement ;
  • faire appréhender par les élèves la notion clé d’héritage patrimonial lié à la Première Guerre mondiale, à l’échelle nationale, européenne et mondiale.

Pour se faire, les enseignants ont été invités à investir les commémorations dans une approche interdisciplinaire et ouverte, à l’image de la  mobilisation de l’éducation aux médias, de la mise en œuvre de projets internationaux inscrits dans des dispositifs pédagogiques disciplinaires et transverses, de l’élaboration de projets numériques innovants.

Une mobilisation soutenue de la communauté éducative

La mobilisation de la communauté éducative s’est ainsi traduite entre 2013 et 2015 :

  • par la labellisation de 857 projets pédagogiques soumis à la Mission du Centenaire par les établissements scolaires du premier et du second degré ;
  • par l’implication des élèves lors des cérémonies commémoratives sur les hauts lieux de mémoire de la Première Guerre mondiale et devant les monuments aux morts à l’occasion des temps forts de commémorations nationales et internationales.

En outre, des ressources adaptées aux différents niveaux, disciplinaires et interdisciplinaires ont été mises à disposition des équipes enseignantes. Elaborées par des enseignants et l’Inspection générale de l’Education nationale (IGEN), elles sont disponibles sur le site  Eduscol, l’espace pédagogique du portail national centenaire.org et les différents sites académiques et du réseau Canopé.

2016 : un deuxième temps fort du cycle commémoratif du centenaire de la Première Guerre mondiale

L’année des grandes batailles et de l’industrialisation de la guerre

Les batailles de Verdun (21 février –décembre 1916) et de la Somme (1er juillet – novembre 1916) se déploient sur deux temporalités parallèles mais liées. L’une comme l’autre témoignent du caractère industriel de la guerre qui dure et de l’engagement de l’ensemble des sociétés dans le conflit.

Verdun, bataille défensive maitrisée de justesse par le commandement et les armées françaises, résume et symbolise toute la Grande Guerre des Français, civils et combattants, comme le rappelle Antoine Prost, président du Conseil scientifique de la Mission du Centenaire. Elle est aujourd’hui un lieu de mémoire entretenu à l’échelle de l’ancien champ de bataille, et partout sur le territoire national, à travers les marques et traces du paysage et des monuments aux morts, de la place qu’elle tient dans les programmes scolaires.

Plusieurs messages politiques forts ont été adressés depuis Verdun par les pouvoirs publics, depuis l’événement lui-même et jusqu’à aujourd’hui, à l’image de la poignée de mains de François Mitterrand et d’Helmut Kohl en 1984.

La bataille de la Somme, offensive alliée lancée en juillet 1916, a permis d’alléger la pression sur le front de Verdun. Elle témoigne du caractère mondial de la guerre et de l’implication dans le conflit de l’Empire britannique et de ses colonies. Elle reste aujourd’hui une date commémorative fondatrice essentielle pour un grand nombre de pays anglo-saxons.

Ainsi, par leur caractère historique et mémoriel exceptionnel (puissance de l’épreuve traversée, nature du bilan matériel et humain, action continue de mise en mémoire), ces deux événements seront placés au cœur des commémorations de l’année 2016.

Insister à l’école sur l’importance des commémorations de Verdun et de la Somme

L'histoire de la Première Guerre mondiale est très présente dans les programmes scolaires et ce, dès le premier degré. Elle est enseignée au cycle 3 de l'école primaire, en classes de troisième et de première des séries générales et technologiques.

Dans ce cadre et en lien avec les programmes d'enseignement et les différents dispositifs pédagogique transversaux, il sera accordé une attention particulière à la commémoration des batailles de Verdun et de la Somme au sein des écoles et des établissements scolaires, en insistant particulièrement sur la dimension mémorielle nationale et internationale des deux événements liés.

Poursuivre une action pédagogique inscrite dans l’interdisciplinarité et l’inter degré

Les équipes enseignantes sont ainsi invitées à mettre en œuvre et poursuivre en 2016 des actions pédagogiques souvent innovantes.

La dynamique pédagogique engagée lors des commémorations de l’année 2014 s’est largement appuyée sur l’interdisciplinarité et les liens pensés dans le cadre de projets annuels entre les différents degrés. Des disciplines autres que l'histoire peuvent également aborder ce sujet, le français, les langues vivantes étrangères et les enseignements artistiques au travers de l'étude de certaines œuvres.

À compter de la rentrée 2016, pour mieux s'approprier des savoirs abstraits, les élèves bénéficieront d’enseignements pratiques interdisciplinaires inscrits dans le temps scolaire. Les équipes enseignantes sont invitées à proposer des projets commémoratifs dans ce nouveau cadre d’apprentissage adapté à une approche transverse.

L’entrée simultanée par l’histoire, la géographie à travers par exemple l’étude des paysages et de leurs évolutions, les sciences naturelles (pourquoi une telle biodiversité sur les sites des anciens champs de bataille de Verdun aujourd’hui ?), les lettres ou les arts plastiques, peut soutenir la mise en œuvre d’une pédagogie par projets innovants. L’écriture journalistique numérique ou la création de serious games peuvent par exemple permettre de proposer savoir et apprentissage de compétences, et ainsi donner sens à l’histoire de la Première Guerre mondiale et à ses commémorations.

Amplifier le travail d’ouverture aux mémoires et à l’histoire d’autres nations

Le caractère mondial du conflit, de la bataille franco-allemande de Verdun et surtout de la bataille de la Somme se traduit par une implication importante de nombreux pays dans les cérémonies et les commémorations envisagées pour  l’année 2016.

Il conviendra à cette occasion, dans le cadre disciplinaire et de la mise en œuvre de projets interdisciplinaires, de confronter les élèves avec les mémoires contemporaines d'autres pays qui ont été engagés dans le conflit.

Ainsi, on veillera tout particulièrement à développer les projets bilatéraux ou trilatéraux entre les établissements français et étrangers, britanniques et allemands en particulier, autour d’une lecture partagée et comparée des deux batailles de Verdun et de la Somme. L’enseignement disciplinaire en langues vivantes, en lien avec l’histoire et la géographie, sera particulièrement adapté à cette approche interdisciplinaire.

Inscrire les commémorations de la Première Guerre mondiale dans la mobilisation de l’école pour les valeurs de la République

L’école, comme cadre d’apprentissage de repères civiques communs, est engagée dans la mobilisation pour les valeurs de la République.

Les commémorations patriotiques du Centenaire, entendues comme un temps d’apprentissage civique d’une histoire commune et de souvenirs partagés, font partie intégrante des onze mesures présentées à la communauté éducative par Madame la Ministre de l’éducation nationale en janvier 2015.

L’approche interdisciplinaire et ouverte sur l’éducation aux médias, comme sur la découverte de « l’autre » ou de l’espace proche des élèves, soutenue par l’Inspection générale de l’éducation nationale (IGEN) et la Direction générale d’enseignement scolaire (DGESCO) et mise en œuvre par la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale, participe pleinement de la formation civique des élèves.

Ainsi, les projets commémoratifs permettant aux élèves, de toutes origines et milieux sociaux, de se penser aujourd’hui dans le cadre de la communauté civique, à l’échelle nationale et européenne, pourront utilement donner du sens aux apprentissages scolaires.