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Des croquis de lycéens réunionnais inspirés du lithographe Steinlen

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Dans le cadre des commémorations du centenaire et avec le soutien de la Mission du Centenaire de la Première Guerre mondiale, une vingtaine d'élèves du lycée professionnel François de Mahy de Saint-Pierre de la Réunion sont partis à la rencontre d'un artiste méconnu, Alexandre Théophile Steinlen, surnommé en son temps, «l'œil de la rue».

Un travail pédagogique interdisciplinaire

Entre 1914 et 1918, La Réunion, l'une des 4 vieilles îles coloniales, selon la terminologie en vigueur à l’époque coloniale, a contribué à l’effort de guerre. Nombre de ses enfants ont rejoint les fronts de la Meuse, des Dardanelles, de la Serbie et bien d’autres. Environ 15000 soldats ont été mobilisés.

Comprendre la Guerre et retracer le parcours de ces Poilus à différents moments de cet interminable conflit, tel est l'objet de la rétrospective présentée depuis le 19 mai 2017 à la Galerie Hang Art située à la Capitainerie du Port de Saint-Pierre. Un collectionneur privé, monsieur Vélicitat a présenté en amont une cinquantaine de lithographies originales de Steinlen à ces futurs bacheliers imprimeurs sur le thème de la Grande Guerre.

Des scènes de vie dynamiques et figées retracent une partie du quotidien de ces Poilus, croquées par l'artiste dans un style inimitable. La vie dans les tranchées, l'attente, le guêt, le repos, le départ et les adieux à la gare, l'équipement du Poilu, le fameux barda, les retrouvailles, les permissions, le champ de bataille et ses blessés, la solidarité des Poilus, l'exode, la souffrance des veuves. La cinquantaine de lithographies, choisie par les élèves, a permis de construire une séquence pédagogique autour de l'écriture et du dessin,  poèmes, lettres ou bien croquis, à la manière de Steinlen.

Représenter les Poilus réunionnais à partir de quelques documents d'époques, photos, cartes postales fournis par l'Iconothèque de l'Océan Indien, a été l'objectif premier. Ensuite, il s'agissait de produire l'affiche qui allait assurer la promotion de l'exposition. Là, encore, les savoirs-faire étudiés en classe ont été réinvestis jusqu'à l'étape finale, l'impression. Une cinquantaine de croquis réalisés par les lycéens est désormais visible dans l'exposition.

Ce projet pluridisciplinaire s'est appuyé sur les compétences acquises conformément aux programmes tout au long des années du baccalauréat professionnel "Production imprimée" en Lettres, en Histoire-Géographie, en Arts appliqués, en Infographie et en Technique d'impression.

Un voyage pédagogique : de la Réunion à Epinal en passant par Strasbourg

Le prolongement de ce premier travail devrait déboucher sur une étude plus large, celle du rôle de l'image durant la Première Guerre mondiale. De l'imagerie d'Epinal aux lithographies de Steinlen, tel est l'ambitieux projet qui sera consacré par un périple de la Réunion à Epinal en passant par les champs de bataille du Viel Armand et la visite de Strasbourg, haut lieu de l'imprimerie.

Il est aussi prévu un voyage, en cours d’organisation pour 2018, sur les traces de leurs aïeux qui, entre 1914 et 1918, accomplissaient en bateau à bord du Louxor, via Madagascar, un long périple de trois mois pour partir à la Guerre.