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Compte-rendu de l’atelier "L'inter-degré dans les commémorations à l'école"

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© D.R.

Pour clore le volet pédagogique du Centenaire de la Première Guerre mondiale, la Mission du Centenaire a organisé à Bordeaux du 25 au 27 mars 2019 trois journées de bilan et de restitution des actions éducatives réalisées depuis 2012, à travers la tenue de tables-rondes, de conférences et d’ateliers à destination d’enseignants venus de toutes les académies de France.

Atelier animé par M. Benoit FALAIZE, inspecteur général de l’Éducation nationale. 

L’atelier consacré aux projets pédagogiques menés dans le cadre d’initiatives interdegrés a eu le mérite, au-delà de présenter des projets de très bonnes qualités, de poser la question des finalités éducatives, dès lors que des élèves d’âges et d’établissements différents sont amenés à travailler ensemble. La dynamique qui s’instaure, à condition que la pédagogie de projet soit bien pensée, permet des échanges qui dépassent le partage traditionnel entre pairs. Ici, les élèves plus âgés enseignent aux plus jeunes et les plus jeunes obligent les aînés à envisager les objets de savoirs avec une spontanéité différente.

L’atelier fut ouvert par la présentation du travail de Mme Marie-Claude Tourtelier, du lycée Douanier Rousseau, à Laval, qui, avec ses collègues, envisage l’interdegré dans une dimension d’anticipation. Ce que l’on fait en CM2 anticipe sur le collège et ses apprentissages ; en 3e sur ce qui se passe au lycée, et même, comme l’atelier l’a montré, ce que l’on initie comme démarches de recherches sur ce qui existera à l’université pour celles et ceux qui s’y dirigeront. La possibilité d’une réflexion en amont des apprentissages sur les attendus des cycles précédents et à venir, a montré l’intérêt d’une telle démarche de réflexion pédagogique inter niveau.

Le travail mené à Epernay, par M. Pourille, du lycée Hessel, et M. Johann Cabaud, de l’école élémentaire Bachelin s’inscrit dans cette démarche de partage. L’atelier a mis en valeur l’ensemble du travail d’histoire qui s’est terminé par un spectacle chanté sur la paix. Les lycéens et les écoliers se sont montrés émus d’avoir à travailler ensemble la même partition et la timidité n’était pas toujours là où les enseignants s‘y attendaient.

La présentation de l’expérience pédagogique menée par Mme Virginie Guet du Lycée professionnel agricole Charles Péguy (Gorges, 44) avec l’école élémentaire de la commune allait dans le même sens. La découverte de l’histoire par les élèves de lycée professionnel, dont le rapport aux disciplines littéraires n’est pas nécessairement leur fort, et l’obligation qu’ils avaient de présenter leur travail et la compréhension qu’ils avaient acquise de l’histoire de la Grande guerre face à des enfants d’élémentaire prêts à écouter les « grands » leur raconter, fut un moment structurant pour l’ensemble des acteurs, adultes compris. Les aînés renforcent leur rapport à la langue et à la conceptualisation, dans l’obligation qu’ils ont de parler et de travailler avec les plus jeunes, et les élèves de cycle 3 grandissent et peaufinent leur rapport à la langue et à la complexité du savoir, sous la protection bienveillante des plus grands.

Quant aux adultes, la dynamique enclenchée va bien au-delà de l’apprentissage de l’histoire. Elle joue sur la confiance en eux des élèves, le climat scolaire de la classe comme de l’établissement tout entier.