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A Clermont-Ferrand, des collégiens se penchent sur le thème des blessures de guerre

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Durant l'année scolaire 2016-17, et dans les cours menés en interdisciplinarité en Lettres-Histoire, les élèves de 3e Préparatoire à l’enseignement professionnel du Lycée Larbaud de Cusset ont été sensibilisés à l’évolution des blessures produites par la violence des armes utilisées depuis le début du XXe siècle, mais aussi à l’évolution du regard de la société sur des nouvelles formes de traumatismes et à leurs prises en charge.

Autour d’une cérémonie 

Le lycée Larbaud possède une particularité : un monument aux morts situé dans la cour de l'établissement, autour duquel a lieu, tous les mois de novembre, une commémoration à la mémoire des 62 anciens élèves de l’ancien collège de Cusset, morts pour la France au cours des deux grands conflits 1914-1918, 1939-1945 et du conflit franco-algérien. La cérémonie du 18 novembre 2016, à l’initiative du Président de l’Association des anciens élèves, a été organisée, comme chaque année, par l’équipe enseignante autour d’échanges intergénérationnels en présence des élus locaux, de nombreux représentants de l’association des Anciens du collège de Cusset, du Directeur de l’Office national des Anciens Combattants et Victimes de guerre de la Préfecture de Moulins, du Souvenir Français. Elle a été prolongée par des lectures et par la présentation des travaux de réflexion entre jeunes de la même classe d’âge dans l’agglomération du lycée, plus précisément avec d’autres élèves de Troisième générale de collèges voisins.

Blessures visibles et invisibles

Pour mieux comprendre les origines et conséquences aux blessures de guerre, les élèves ont reçu la parole d’un ancien militaire, vétéran du conflit de l’ex-Yougoslavie et atteint du syndrome de stress post-traumatique et d’un ancien médecin militaire spécialisé en rééducation fonctionnelle. Les témoignages de l’adjudant-vétéran comme du médecin ont été non seulement un support pour ancrer ce travail de mémoire dans le présent d’une manière très concrète, mais aussi l’occasion d’aborder avec eux plusieurs champs ou thématiques des différents programmes d’enseignement, de l’Enseignement Moral et Civique sur le rôle de la défense française, à la littérature avec la lecture et l’analyse de plusieurs écrits de fiction, ou personnels et autobiographiques tels que des lettres ou des récits d’engagement.

En cours classique, comme lors des échanges avec ces intervenants extérieurs, les élèves ont donc pu se documenter, connaître et comprendre les causes et les premières prises en charge des blessures de guerre, celles de la face plus particulièrement pendant et après le 1er conflit mondial. En effet, en cours d’histoire des documents précis et extraits des archives municipales de l’Allier, comme des photos de l’hôpital militaire ou du premier centre de physiothérapie de Vichy, orienté vers la chirurgie maxillo-faciale, ont permis aux jeunes élèves de mieux appréhender le sort de ceux que l’on a appelé après 1914-18 « Les gueules cassées », nom à l’origine d’une grande fondation qui œuvre encore de nos jours pour venir en aide aux victimes de guerre. Les travaux de réflexion menés en cours et enrichis par la parole de ces intervenants spécialisés, ont permis de bien mettre en lumière la notion de blessures visibles et invisibles qui ont affecté nombreux soldats et civils. 

La guerre et le sport 

Ce projet « Le corps blessé » est complété, depuis la rentrée 2017, par un nouveau travail interdisciplinaire autour de la thématique « Les soldats et le sport », à travers notamment le destin d’un soldat local : Eugène Vexenat. Inscrit sur le monument du lycée Larbaud, ce pilote aviateur, rugbyman de la première équipe de rugby de Vichy,  est mort au combat en 1917. La thématique du sport permet de montrer le lien étroit, dès le conflit de 1914-1918, entre la préparation ou l’entretien des corps, la dureté des combats, et la gestion de la fatigue et des blessures des soldats, et ce, d’hier à aujourd’hui encore. Le sport fait partie prenante du procédé de rééducation ou reconstruction des corps et des âmes des victimes meurtris par la violence des guerres.

Les projets des années scolaires 2016-2017 et 2017-2018 sont donc étroitement liés et doivent permettre aux jeunes élèves de comprendre que le travail axé autour de la Mémoire est essentiel pour mieux comprendre le présent, et préparer l’avenir dans une démarche de reconstruction et réconciliation des sociétés. 

> Pour aller plus loin : larbaudmemoirespar.wixsite.com/memoirespartagees