En juin 1914, les soldes à Paris

En juin 1914, les soldes à Paris

La Samaritaine, temple de la mode parisienne, à l'angle des rues de la Monnaie et du Pont-Neuf.
© Léon et Lévy / Roger-Viollet
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Une invention française

Fashionistas, réjouissez-vous, on a trouvé votre dieu. Les soldes, c’est lui : Simon Mannoury. Excédé par les méthodes de commercialisation des produits manufacturés (une demande égale une offre à un prix généralement négocié), il fonde en 1830 Le Petit Saint-Thomas, futur Bon Marché, dans lequel il introduit quelques concepts nouveaux : entrée libre, rayonnages remplis de produits à prix fixes, utilisation massive de la réclame. Ce nouveau schéma de vente entraîne une multiplication des produits et, par conséquent, des invendus. Mais Mannoury est là. Pour liquider le surstock de l’année précédente, il organise un évènement commercial fondé sur les prix cassés. Les soldes sont nés.

Le parler chiffons

Aigrette : ornement vestimentaire constitué de plumes d'aigrette ou s'en inspirant.
Bayadère : tissu de toutes matières présentant des effets de larges rayures multicolores.
Grisaille : tissu de laine fait avec des chaînes de coton chiné.

La Samaritaine

À l’origine, une ancienne pompe à eau érigée en bord de Seine, avec sur sa façade, une sculpture de la Samaritaine versant l’eau au Christ. En 1870, Ernest Cognacq y installe sa première enseigne, avant d’épouser Marie Louise Jay, ex-première vendeuse du rayon « confection » du Bon Marché. Tous deux agrandissent progressivement les lieux, jusqu’à donner naissance en 1900 aux grands magasins À la Samaritaine. On y retrouve les méthodes commerciales d'Aristide Boucicaut au Bon Marché : entrée libre, rayons gérés par de véritables petits patrons autonomes, prix marqué et marge réduite sur chaque article.