En juin 1914, le gouvernement Viviani et la loi des 3 ans

En juin 1914, le gouvernement Viviani et la loi des 3 ans

René Viviani, fraîchement nommé président du Conseil, devant l'Institut de France.
© Maurice-Louis Branger / Roger-Viollet
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Un habitué des ministères

Un coup d’œil à l’objectif… René Viviani connaît bien la fonction de ministre. Cela remonte à 1906, année où il devient ministre du Travail. Cette nomination est même la raison de sa rupture avec la SFIO qui s’oppose au principe de la participation ministérielle. En 1914, il est nommé président du Conseil à cinquante-deux ans. Mais il figurait déjà dans le gouvernement précédent, où il était ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts.

Ribot est mort, vive Viviani !

Rejeté le jour de sa présentation au Parlement, le projet du gouvernement d’Alexandre Ribot est définitivement écarté. Les tractations parlementaires reprennent. Viviani est appelé par Poincaré. S’il ne veut pas remettre en cause la loi des trois ans, au grand dam de la gauche, il a un atout que Ribot n’avait pas : la gauche est son pays d’origine, ce qui lui vaut le vote des radicaux. La Chambre lui donne le 16 juin une majorité importante de 362 voix contre 139. Après une semaine cacophonique, la France a enfin un gouvernement, dont le programme est, en gros, celui de Ribot.

Faux frères

Jaurès est l'un des acteurs du succès de la gauche aux législatives d’avril-juin. Les socialistes sont hostiles à la loi des trois ans, au point de refuser leur soutien à un gouvernement qui ne mettrait pas son annulation sur la table. Or Viviani est un ancien proche de Jaurès, un ancien socialiste donc. En ralliant plusieurs tendances du centre et de la gauche républicaine, il a aussi tiré un trait sur le retrait de la loi. À cette déception de taille s’ajoute celle-ci : les radicaux, qui avaient inscrit le retrait de la loi dans leur programme, ont soutenu Viviani. Accablé par tant d’inconséquence, Jaurès préfère se draper dans son « autorité morale intacte ».