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Entendre la Guerre : sons, musiques et silence en 14-18

Affiche de l'exposition Entendre la Guerre (élément).
© Historial de la Grande Guerre / Y. Medmoun
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Du 27 mars au 16 novembre 2014, l’Historial de la Grande Guerre consacre une exposition exceptionnelle aux bruits de la Première Guerre mondiale. Marches militaires, hymnes à la Nation et à la victoire, marches funèbres et chansons populaires, mais aussi roulement d’artillerie et staccato de la mitraille, sont autant de sons du combat et de l’arrière qui traduisent une guerre nouvelle : industrielle et totale. A cette occasion, l’Historial de la Grande Guerre plongera le visiteur dans un univers sonore révélateur d’émotions, pour « entendre » la Première Guerre mondiale autrement.

Découvrir des émotions

L’exposition Entendre la Guerre prendra la mesure de transformations sonores sans précédent durant ces cinq années de conflit. Deux thématiques, opposées mais complémentaires, structureront cette exposition inédite et unique en son genre : le son de la guerre, et la guerre dans la musique.

Exceptionnellement riche en objets, sons et images, l’exposition s’appuiera sur les très rares témoignages sonores retrouvés et dévoilés à cette occasion : bruits d’avions, discours d’hommes politiques, témoignages d’anciens combattants, enregistrements posthumes d’extraits de carnets de soldats ou encore enregistrements discographiques et filmiques. Elle révélera aussi des oeuvres graphiques, musicales et littéraires retrouvées grâce aux collections privées, au Dépôt légal, et aux riches collections de l’Historial comprenant de nombreuses partitions et photographies.

D’autres sons rythmeront également la visite. Les musiques militaires, marquant la cadence, cèderont le pas devant les concerts au front comme à l’arrière. Les nouvelles compositions musicales seront tout autant mises à l’honneur. Parmi elles, le jazz et les mélodies populaires ont marqué durablement le paysage musical occidental.

Aujourd’hui, il n’est plus possible de connaître directement le bruit de la Grande Guerre. Il n’en existe aucun enregistrement, hormis un : le témoignage d’un sonagramme qui, le jour de l’Armistice à 11h, a capté l’extinction du bruit des combats et le retour d’un silence disparu depuis l’été 1914. Ce silence, symboliquement marquant, ne peut laisser indifférent le visiteur. Note de fin d’un conflit assourdissant, la charge émotionnelle de ce témoignage fort clôturera cette grande fresque sonore.

Le son de la guerre

La première thématique traitera du son de la Guerre, multiforme et inouï, et pourtant absent parmi ces témoignages matériels conservés. Le bruit cacophonique – et les dangers de ce bruit – s’opposeront au bruit organisé des signaux sonores : sons d’attaque et sons de défense, parades et rituels de musique militaires. Les pratiques plus ou moins improvisées des soldats, près du front comme à l’arrière, montreront quant à elles leur caractère tantôt ludique, tantôt esthétique, mais toujours salvateur. Ici, la chanson tient une place prépondérante, accompagnée d’instruments dont la facture, souvent improvisée par les soldats eux-mêmes, les rapprochent d’une forme d’art brut.

La Grande Guerre dans la musique

La seconde thématique, la Guerre dans la musique, révélera l’approche de musiciens qui s’approprièrent la guerre sous une forme ritualisée et réélaborée. Par le biais d’enregistrements et de partitions, l’exposition dévoilera des oeuvres de compositeurs de premier plan : Claude Debussy, Camille Saint-Saëns, Lili Boulanger, Igor Stravinski, et d’autres encore. Plus loin, la tradition cinématographique - mais aussi le jazz - permettront d’évoquer les legs du conflit et le deuil après la guerre.