En France > Picardie > Oise > L'exposition « Le front de l'Oise à travers l’art et l’artisanat de tranchée »

L'exposition « Le front de l'Oise à travers l’art et l’artisanat de tranchée »

Artisanat de tranchée
© D.R.
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

L'exposition « Le front de l'Oise à travers l’art et l’artisanat de tranchée » est présentée jusqu'au 16 novembre 2014 au musée du Noyonnais.

De nos jours, l’évocation de la Grande Guerre est presque immédiatement associée aux mots « tranchées », « boue » ou encore « massacre ». Les 34 437 combattants allemands, français et britanniques enterrés dans les cimetières des cantons d’Attichy, Guiscard, Lassigny, Noyon, Ressons-sur-Matz et Ribécourt, rappellent qu’une partie de ce drame mondial s’est déroulé dans le nord-est du département de l’Oise.

Après la Bataille de la Marne (du 5 au 10 septembre 1914), le repli des Allemands sur l’Aisne et la première Bataille de Noyon, déjà très meurtrière, les armées se stabilisent dans le nord-est de l’Oise à partir de la fin septembre 1914. La guerre de mouvement fait alors place à la guerre de position qui scinde le
département en deux par une ligne de front infranchissable passant par Lassigny, Ribécourt et Autrèches. Suite au repli allemand de la mi-mars 1917, le département de l’Oise redevient intégralement français jusqu’au printemps 1918. En effet, à cette date les Allemands déclenchent une grande offensive qui parvient momentanément à rompre le front allié. Les Français s’accrochent désespérément au Mont-Renaud, tandis que la cathédrale de Noyon, prise sous les bombardements, brûle le lundi de Pâques (1er avril 1918). Le territoire isarien ne sort de la zone de combat qu’à la fin août 1918, suite à la contre-offensive alliée.

Mais sur le front de l’Oise, comme sur les autres fronts, les combattants ont aussi voulu se divertir et se sortir mentalement de leur morne quotidien, où la mort est omniprésente. Certains réalisent ainsi des traces rupestres dans les carrières souterraines, d’autres s’adonnent à l’artisanat de tranchée, tiennent des carnets de route, montent des revues théâtrales, cisèlent des stèles funéraires ou encore dessinent. Face à une guerre qui les déshumanise par sa débauche de moyens techniques et matériels, ainsi que par la perte de leur libre arbitre, ces soldats tentent au contraire de conserver une part d’humanité par le biais de pratiques artistiques. L’art n’est-il pas un idéal esthétique s’exprimant par les oeuvres de l’Homme ? L’un des buts de cette exposition est de découvrir ces créateurs : certains étaient déjà des professionnels avant la guerre, d’autres sont des amateurs. De quelles façons ces artistes se sont-ils exprimés ? En quoi leurs oeuvres sont-elles originales ? Quelles sont leurs sources d’inspiration ? Quelles idées leurs productions donnent-elles de la guerre ? Existe t-il des différences sensibles selon la nationalité des auteurs ?

D’autres productions artistiques, issues cette fois-ci de non-combattants, évoquent aussi « le front de l’Oise ». Lorsque le département se trouve une première fois libéré entre mars 1917 et mars 1918, on vient aussi parfois de loin rendre compte de cette partie de la France « reconquise », selon l’expression de l’époque. Et après l’Armistice, de nombreux artistes viennent encore puiser leur inspiration parmi les ruines du « pays aplati ». Tous ces civils apportent leur propre perception du front de l’Oise, bien éloignée de celle des combattants. La mise en perspective de ces regards différents, ainsi que leur croisement sur un même territoire, constitue un autre but majeur de l’exposition « Le front de l’Oise à travers l’art et l’artisanat de tranchée ».

Du 17 mai au 16 novembre 2014
Musée du Noyonnais - 7 rue de l’Évêché - 60400 Noyon