Comprendre le Centenaire
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Le mémorial international de Notre-Dame-de-Lorette

L’anneau de la Mémoire, Mémorial Notre-Dame-de-Lorette.
© ARTEFACTORY Crédit photo : AAPP
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

« L'anneau de la mémoire »

Le Conseil régional Nord – Pas de Calais a signé, en avril 2011, une convention avec le Ministère français de la Défense qui actait de la décision de construire un monument commémoratif exceptionnel, sur le site de Notre-Dame-de-Lorette l’un des plus grands mémoriaux du monde dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale.

Ce monument, conçu par l’architecte Philippe Prost, est un objet d’une grande force esthétique et symbolique. Il évoque la mort de masse qui a frappé sur les champs de bataille de la Flandre française et de l’Artois entre 1914 et 1918, tout en restituant le destin individuel de 580 000 hommes venus de la Terre entière, amis et ennemis d’hier réunis à présent dans une fraternité posthume : leurs noms seront présentés par ordre alphabétique, sans distinction de nationalités, de races, de religions.

En adoptant la forme de l’anneau, symbole de l’unité, l’architecte a voulu souligner la fraternité qui règne aujourd’hui entre les peuples qui furent les belligérants de la Grande Guerre ; mais en plaçant une partie de l’ellipse en porte-à faux au-dessus du vide, il a aussi voulu souligner la fragilité d’une situation de paix inédite dans l’histoire millénaire du « Vieux continent ».

Le Mémorial international de Notre-Dame-de-Lorette ne célèbre pas les vainqueurs de la Grande Guerre ; il évoque la souffrance partagée par tous les combattants, des hommes qui, pour la première fois de l’Histoire, étaient presque tous capables de lire et d’écrire, et le deuil qui a touché des millions de familles. C’est aussi un message d’avenir adressé à tous les peuples de la planète, car il montre que la guerre peut laisser la place à la paix, à une vie meilleure pour chaque individu.

Trois hommes parmi 580 000

Lors de l'inauguration du mémorial international le 11 novembre 2014, trois étudiants reviendront sur le destin de trois hommes présents sur l'anneau de la mémoire.

Marcel Garrigues

Marcel Garrigues est né à Tonneins dans le Lot-et-Garonne en 1883. Il va sur ses 31 ans lorsque la guerre éclate. Serrurier de profession, il est alors marié depuis 1906 et père de trois enfants. Il est mobilisé comme fantassin dès le 2 août au 280e Régiment d’Infanterie de Narbonne, le même régiment alors que celui du tonnelier Louis Barthas, comme lui soldat ordinaire. Il échange une correspondance nourrie avec sa femme et sa famille pendant toute la durée de sa guerre. Il envoie son dernier courrier le 11 décembre 1915 : «En attendant de venir, embrasse toute la famille. » Il est tué à l’ennemi le 12 décembre 1915 à Neuville-Saint-Vaast dans le Pas-de-Calais, sans avoir revu sa famille, qui l’attendait pourtant pour sa première permission.

Wilfred Owen

Il est considéré comme un des plus grands poètes de la Première Guerre mondiale. Né à Oswestry dans le Shropshire en 1893, Wilfred Edward Salter Owen enseigne l’anglais à Bordeaux quand la Grande Guerre éclate. Il s’engage dans l’armée en octobre 1915 et, après formation, il rejoint le front de la Somme en janvier 1917. Gravement traumatisé par une explosion, Owen est évacué vers l’hôpital de Craiglockhart en Écosse, où il rencontre le poète Siegfried Sassoon, officier comme lui, héros décoré, et auteur d’une tonitruante déclaration pacifiste. Cette nouvelle amitié avec Sassoon révèle rapidement le génie poétique d’Owen. C’est durant sa convalescence en Écosse qu’Owen compose certains de ses poèmes majeurs tels Anthem for Doomed Youth (Ode pour une Jeunesse perdue), Dulce et Decorum est, Futility (Futilité) et  Strange Meeting (Étrange rencontre). Fin août 1918, Owen repart pour le front et participe à l’offensive des Cent Jours qui conduira les Alliés à la victoire finale. La lettre écrite à l’abri de la Maison Forestière d’Ors (Nord) sera sa dernière.

Karl Schrag

Fils d’un ramoneur de Pfaffenhofen (Bade-Wurtemberg), soldat au 21e régiment d’infanterie de réserve, il est tué au combat le 25 septembre 1915 à Radinghem (Pas-de-Calais), à 22 ans.