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L’opération Guerres et Paix dans le Nord-Pas de Calais

Félix Del Marle (1889-1952), Pas si fort !!!! .... On vous entend du front !!!!, 1917, encre de Chine issue de l'exposition Graver la Grande Guerre (du 22 février au 9 juin 2014), Musée du dessin et de l’estampe originale, Gravelines.
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Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

De 2014 à 2018, l’opération Guerres et Paix dans le Nord-Pas de Calais réunira plus de quarante expositions pour aborder les conflits qui ont jalonné l’histoire du territoire régional, du haut Moyen-âge à nos jours, en s’attachant particulièrement à la Première Guerre mondiale dans le cadre des commémorations du Centenaire. Par une mise en réseau des collections de la plupart des musées de la région, Guerres et Paix répondra plus précisément à la question du rôle de l’art et du patrimoine au sein des conflits. Cette quarantaine d’expositions sera complétée par des actions de médiation, des journées de formation pour les enseignants, des animations et expositions en ligne, des tables rondes et une exposition itinérante.

Au cœur d’une région marquée par les conflits, les collections des musées du Nord-Pas de Calais sont particulièrement riches : armes et matériel militaire, plans-reliefs, tableaux, films, dessins, gravures. Elles ont elles-mêmes été directement affectées par la Première Guerre mondiale : destructions par faits de guerres ou pillages, protections, évacuations, campagnes d’études, reconstitutions d’après-guerre. Cette histoire sera présentée au public à travers des expositions spécifiques, notamment Sauve qui veut. Des archéologues mobilisés : 1914-1918 à Bavay (Forum antique) ou encore Sauve qui veut. Des musées mobilisées : 1914-1918 à Douai (Musée de la Chartreuse).

L’influence de la Grande Guerre sur la création artistique sera un thème central de l’opération, avec une valorisation particulière des œuvres réalisées entre 1914 et 1918 et plus particulièrement celles ayant trait à la région : caricatures anti-militaristes de Félix Del Marle à Gravelines, dessins militaires de Lucien Jonas à Denain, projets de camouflage d’Henri Marret à Bergues et Henri Bouchard au Cateau-Cambrésis et à Roubaix, ruines de la ville de Cambrai peintes par Georges Maronniez, photographies de la vie à l’arrière par Achille Caron sur la côte d’Opale, projets de monuments aux morts, etc. Au cœur de cette thématique, l’exposition itinérante Les artistes face à la guerre, conçue comme une porte d’entrée vers les musées, sera présentée dans les écoles, les mairies, les médiathèques et autres lieux culturels ou insolites. Elle illustrera les questions qui ont mobilisé les artistes sur le sens à donner à leur travail en temps de guerre et l’impact direct du conflit sur leur art, à l’exemple de Fernand Léger, Henri Matisse, Auguste Herbin, Lucien Jonas, Georges Braque pour qui la guerre a constitué une expérience déterminante.

Quelques temps forts sont d’ores et déjà à noter, avec l’exposition d’art contemporain Monument au Musée des Beaux-arts de Calais qui interrogera le sens actuel de ces édifices, ruines ou reliques, de leur vénération ou de leur rejet de part et d’autre de la Manche. Ou encore l’exposition Les désastres de la guerre : 1800-2014 au Musée du Louvre-Lens qui révélera le désenchantement et l’évolution des représentations artistiques et sociales de la guerre, placée jusque-là au centre des valeurs de la société et perçue de plus en plus comme pourvoyeuse de malheurs depuis le début du 19e siècle.

À noter également l’exposition Guerre à la guerre : les expressionnistes allemands, 1914-1918 au Palais des Beaux-arts de Lille qui regroupera une sélection d’environ cent cinquante gravures et peintures provenant essentiellement de collections publiques allemandes et mettant à l’honneur les dessins créés au front.