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Le tourisme de mémoire à Nancy

Les canons allemands exposés sur la place Stanislas, carte postale
© Musée lorrain de Nancy, cliché Ville de Nancy
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Située à proximité de la frontière allemande après l’annexion de l’Alsace-Moselle en 1871, Nancy est au coeur des premiers combats de l’été 1914. Son territoire du Grand Couronné est ainsi le théâtre de la bataille du même nom qui stabilise le front à quelques kilomètres de la ville. Jusqu'en 1918, le territoire nancéien se retrouve en première ligne. Cimetières et nécropoles, forts et autres ouvrages fortifiés, paysages, monuments commémoratifs et musées témoignent encore aujourd’hui des combats du Grand Couronné : tour d'horizon d’Est en Ouest.

Colline du Léomont, nécropole nationale de Friscati-Mouton Noir et espace Chaubet

Dès la fin de l’année 1914, Marie Wibrotte, institutrice à Lunéville, se consacre à rechercher les corps des soldats morts afin de leur donner une sépulture. En 1916, elle achète la ferme du Mouton Noir où elle fait aménager une chapelle du souvenir pour offrir un lieu de recueillement aux familles. L’intérieur est décoré de fresques représentant des scènes de guerre. Le tout fut légué plus tard au Souvenir Français.

C’est dans ces bâtiments qu’un espace muséographique, audiovisuel et multimédia, est ouvert au public depuis juin 2007. La nécropole et l’espace pédagogique rappellent  l’histoire de ce lieu et celle des soldats qui ont combattu sans relâche du 22 août au 12 septembre 1914. Un film documentaire réalisé à partir d’images d’archives et de reconstitutions retrace les combats autour de Lunéville.

Un sentier de mémoire entièrement balisé relie Friscati au sommet de la colline de Léomont où se trouve la statue du « Poilu du Léomont ». Elle rend hommage aux 4 000 soldats tombés sur les hauteurs de Vitrimont et Friscati pendant la Bataille du Grand Couronné. Depuis la colline où fut érigée la statue, devant une table d’orientation, le visiteur peut prendre conscience du champ de bataille qui marque encore le paysage aujourd’hui. 

À Nancy

Le contexte ayant mené à la Première Guerre mondiale a eu des répercussions sur le développement artistique de Nancy. La Lorraine amputée de la Moselle, Nancy devint une ville-frontière et la seule grande ville de l’Est de la France. L’Art Nouveau y fit alors école, et les artistes nancéiens, notamment Emile Gallé, revendiquèrent au travers de leurs œuvres le retour des territoires perdus à la France.

La guerre favorisa la transition entre l'Art Nouveau et l'Art Déco. Celui-ci, qui trouve ses prémices à la veille de la guerre, fut le style dominant de la reconstruction. Si le patrimoine historique majeur de la ville (ensemble UNESCO, Palais ducal, hôtels particuliers, etc.) a été relativement épargné, les bombardements ont malgré tout provoqué des destructions. Certaines reconstructions de l’après-guerre adoptèrent alors le style Art déco : magasins Majorelle, les Magasins Réunis, bibliothèque de la faculté de droit, église Sainte-Thérése, immeubles et maisons, etc.

Les collections permanentes du musée lorrain à Nancy présentent dans leur circuit historique des œuvres consacrées à la Grande Guerre. Mais en 2014, ce musée d’art et d’histoire à vocation régionale organise une exposition sur les débuts de la guerre en Lorraine.

L’exposition propose de présenter le contexte de l’entrée en guerre en Lorraine et le début du conflit dans la région. Ce sera ainsi l’occasion de présenter la Bataille du Grand Couronné.

L’exposition évoquera également la vie quotidienne, au front et à l’arrière, au travers notamment de la vision de ces combats sur le sol lorrain par les artistes majeurs, comme les membres de l’École de Nancy et de s’interroger sur l’image de la Lorraine et des provinces perdues de 1870 au début de la guerre et leur instrumentalisation des deux côtés de la frontière durant le conflit.

Ce projet s’inscrit, en outre, dans une démarche de collaboration avec les sites de mémoire de la région et les lieux même des combats.

Batterie de l’Éperon de Frouard

La batterie de l’Éperon de Frouard, au Nord de Nancy, apporte une dimension complémentaire au tourisme de mémoire de la Première Guerre mondiale.

Tout d’abord elle constitue la fortification la plus avancée du système Séré de Rivières à quelques kilomètres de la frontière de 1871-1919. Son emplacement permet une vue sur les collines du Grand Couronné et en particulier sur la butte d’Amance sur laquelle se trouvait l’artillerie française qui arrêta l’invasion à la Bouzule en août et septembre 1914.

Ensuite, la batterie ferme la vallée de l’Amezule dont le couloir est visible depuis sa tourelle d’artillerie jusqu’à la région de Laneuvelotte. Cette vallée est un véritable couloir d’invasion qui, à son extrémité, marque l’avance extrême des troupes allemandes en septembre 1914.

Enfin, s'y trouve également une tourelle Galopin à éclipse modèle 1890 pour deux canons de 155 millimètres Long de Bange. Cette tourelle mise en place en 1894, monstre de 250 tonnes dont 150 éclipsables en un temps record, est la seule qui reste en France dans le système Séré de rivières sur les cinq construites à l’époque.

Sites internet

Nancy Tourisme
Office du toursme du Lunévillois

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