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La Meurthe-et-Moselle dans la Grande Guerre

Vestige de Gerbéviller, un village envahi par les Allemands où plusieurs actes « d’atrocités » furent commises contre les civils
© Meurthe & Moselle Tourisme - ADT54
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Du 4 au 10 novembre 2018, le Président de la République  Emmanuel Macron effectue une itinérance mémorielle à travers plusieurs départements affectés, il y a 100 ans, par les combats de la Première Guerre mondiale. Lundi 5 novembre, dans l'après-midi, il fait étape à Pont-à-Mousson, en Meurthe-et-Moselle. 

Territoire frontière du Reich allemand, la Meurthe-et-Moselle est le théâtre de nombreux hauts lieux de combats de la Grande Guerre. Trois éléments historiques marquants peuvent être retenus :

- l’invasion allemande est à l’origine de plusieurs actes « d’atrocités » contre les civils (Gerbéviller) ;
- entre le 4 et le 13 septembre 1914 se déroulent les combats pour le Grand-Couronné de Nancy, remportés par les troupes françaises qui empêchent l’invasion de la Lorraine ;
- le nord sidérurgique (bassin de Longwy) est occupé pendant toute la guerre, et n’est évacué par les troupes allemandes que cinq à six jours après l’armistice.

La ville de Pont-à-Mousson

Contrairement à Nancy, Pont-à-Mousson, symbole de la puissance sidérurgique de la France, est partiellement détruite pendant la Première Guerre mondiale – pourtant déclarée ville ouverte, elle est intensément bombardée dès le 11 août 1914, puis investie par les Allemands qui en font une base arrière. Elle a perdu les deux tiers de sa population civile qui a fui les combats.

En 1921, la ville reçoit la croix de guerre 1914-1918, puis la Légion d’honneur des mains du président Poincaré, qui assiste à la remise en route des hauts-fourneaux de Saint-Gobain, fortement endommagés par la guerre.

Le secteur de Bois-le-Prêtre, situé au nord-ouest de Pont-à-Mousson, a été un lieu de combats acharnés à partir de la stabilisation du front à l’automne 1914. Sur ces hauteurs qui dominent la Moselle, notamment autour du secteur de la Croix aux Carmes, sur quatre kilomètres, du 1er octobre 1914 au 15 août 1915, 132 offensives furent menées par la 73e division, au prix de 7 000 morts du côté français. 

Aujourd’hui inscrit dans le parc régional de Lorraine, Bois-le-Prêtre conserve de très nombreux vestiges (tranchées, sapes, etc.). Un monument commémoratif à la Croix des Carmes rappelle les combats de 1914-1915. Les restes des villages détruits « morts pour la France » de Fey-en-Haye et de Remenauville témoignent des destructions. Plusieurs monuments aux divisions américaines qui s’emparent du saillant de Saint-Mihiel en septembre 1918 sont encore visibles dans ce même secteur.

Au début du Centenaire, un film exceptionnel refaisait surface, tourné par des combattants français dans le secteur de Bois-le-Prêtre. Conservé par la Contempraine (ex-BDIC), ce document rare montre des scènes surprenantes révélatrices de la vie quotidienne des soldats et de la mort de masse.