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L'exposition « Les banques dans la Grande Guerre - Archives inédites »

Visuel de l'exposition « Les banques dans la Grande Guerre - Archives inédites »
© D.R.
Image locale (image propre et limitée à l'article, invisible en médiathèque)

Cette exposition itinérante retrace les multiples aspects de l’implication des banques françaises dans la Grande Guerre. Elle s’appuie sur une sélection de documents, pour la plupart inédits, provenant des fonds d’archives de cinq établissements bancaires (BNP Paribas,  Crédit Agricole SA, Fédération nationale des Caisses d’épargne, HSBC France, Société Générale) et du Centre des archives économiques et financières. Cette exposition est organisée dans le cadre des commémorations de la Première Guerre mondiale par le groupe de travail Banques 14-18, au sein de l’Association des archivistes français. 

L’exposition

L’exposition est organisée autour de 4 thèmes : financer, s’adapter, s’entraider, se réinventer.

Si, dans la mémoire collective, l’évocation des banques dans la guerre 14-18 renvoie aux affiches des grands emprunts de la Défense nationale, l’exposition ne se limite pas à cet aspect décisif du financement de la Grande Guerre et de la reconstruction. Les banques françaises mobilisent leurs réseaux afin de drainer l’épargne des Français (emprunts, versements d’or). Elles facilitent aussi l’octroi de crédits à l’État par des banques étrangères, soutiennent les entreprises travaillant pour la Défense nationale, l’agriculture…

Le visiteur découvrira comment les établissements bancaires ont dû faire face aux retraits massifs d’argent, à des destructions ou réquisitions d’agences et à la désorganisation des réseaux. La mobilisation massive du personnel, la mort et la détention d’un grand nombre d’entre eux rendent également difficile le maintien de l’activité. Sur le plan social, l’arrivée massive d’une main-d’œuvre féminine et les questions salariales posées par l’irruption de l’inflation ont provoqué des changements irréversibles.

L’exposition présente aussi comment les établissements bancaires sont parties prenantes de « l’union sacrée », en relayant les messages patriotiques, mais aussi en maintenant le lien entre le front et l’arrière comme le montre la correspondance échangée avec les employés mobilisés ou prisonniers de guerre. Enfin, au-delà de leur engagement auprès de leur personnel, les banques contribuent aux œuvres de guerre.

A l’issue de la guerre le paysage bancaire est bouleversé : de nouveaux acteurs apparaissent ; les réseaux internationaux s’étendent ou se rétractent ; les financements sont réorientés (reconstruction, commerce, industrie hôtelière). Le monde bancaire entre dans le XXe siècle.   

Les documents présentés

La complémentarité des fonds conservés par les services d’archives des établissements bancaires et du service des archives économiques et financières permet de raconter une histoire de cette période. C’est aussi l’occasion de souligner la pertinence des efforts engagés par les établissements bancaires pour la préservation de leur patrimoine.

Les documents allient la variété des originaux (documents d’archives, cartes postales, affiches, registre, objets…) aux reproductions. Un diaporama d’affiches et une vidéo des monuments aux morts des établissements illustrent également le propos, tout comme la lecture de lettres de personnel du front. La préoccupation didactique et pédagogique du projet est d’autant plus importante que les documents abordent des sujets complexes et peu connus du grand public (emprunts d’État, moratoire…).

L’équipe

Le commissariat scientifique, composé des représentants des services d’archives historiques réunis au sein du groupe Banques 14-18, a consulté régulièrement des spécialistes d’histoire bancaire et économique  afin de garantir l’approche académique du projet. Le livret de visite de 32 pages reprend les textes du parcours et propose une sélection iconographique. Il se conclut par un texte de l’historien Patrice Baubeau sur « La Première Guerre mondiale et la naissance du  vingtième siècle financier  ».

La scénographie

Le collectif Au fond à gauche a été retenu pour travailler sur la scénographie de l’exposition. Son offre met particulièrement en valeur les documents et permet une très grande modularité, ce qui facilite sa présentation dans des lieux très divers. La société Lux machina a réalisé le mobilier de l’exposition.

Inaugurée en janvier 2015 aux ministères économiques et financiers, cette exposition itinérante est présentée dans les établissements bancaires, mais aussi dans différents lieux publics.