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La Première Guerre mondiale à l'origine des associations de combattants

Le Poilu de France. Journal des anciens combattants. Septembre 1919.
© Gallica/BnF
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La Première Guerre mondiale est à l’origine de la naissance d’un « monde ancien combattant » étendu, structuré et très actif. À l'occasion de la journée Le Monde combattant et le Centenaire organisée le 3 novembre 2014 à l'Hôtel National des Invalides, cet article revient sur les principales fédérations qui en sont issues. Héritières de la mémoire combattante de la Grande Guerre, elles perpétuent encore aujourd’hui les convictions à la fois identiques et plurielles portées par « Ceux de 14 ».

Les premières associations de combattants naissent durant la guerre elle-même, suite à la gestion mal adaptée par l’autorité militaire des blessés inaptes à revenir au feu. Les blessés de guerre ne pouvaient en effet toujours justifier de leurs blessures face à l’administration et les pensions alors accordées au début de la guerre ne permettaient pas à nombre de grands invalides de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles.

Un sous-secrétariat au Service de santé voit bien le jour et accélère les réformes nécessaires pour la prise en compte efficace des blessés réformés, mais sans totalement remédier aux difficultés rencontrées. Dans ce cadre, la première association voit le jour dans un hôpital privé : l’Association générale des mutilés de la guerre (ou AGMG) créée en août 1915. Les associations de mutilés se multiplient alors partout en France. Un premier congrès à l’initiative d’une structure parisienne, l’Union nationale des mutilés et réformés (UNMR), se réunit le 11 novembre 1917 à Paris. Mais la plupart des associations de province décide de se réunir en 1918 dans l’Union fédérale (UF) aux côtés de l'AGMG et de l'UNMR. La Fédération nationale (FN), née avant la guerre, se réorganise fin 1918 avec à sa tête un nouveau président, l’ancien député simple soldat André Maginot. En 1933, l’intitulé de l’association devient « Fédération nationale des mutilés, victimes de guerre et anciens combattants » et sera reconnue d’utilité publique par arrêté du 23 mai de la même année. Elle deviendra Fédération nationale André Maginot en 1961 en hommage à l’ancien Ministre des Pensions. Toutes ces institutions ont en commun de vouloir peser sur le pouvoir politique en faveur de la reconnaissance des blessés et mutilés et du droit à réparations des réformés.

Avec la fin de la guerre, plus de 6 millions d’hommes démobilisés reviennent non sans mal à la vie civile. L’Union nationale des Combattants (UNC) naît de la volonté de certains « hommes d’œuvres, démocrates-chrétiens ou catholiques sociaux », pour reprendre les propos d’Antoine Prost, dans le but d'encadrer et canaliser ses troupes souvent fort mécontentes et revendicatives. Avec l’appui de la hiérarchie militaire, du patronage de la bourgeoisie entrepreneuriale et de l’Église, l’UNC compte 317 000 adhérents en 1921, trois ans après sa création le 11 décembre 1918. Aujourd’hui encore, l’UNC revendique cet héritage notamment apporté par le père Brottier : « Aumônier des soldats, le père Brottier donne à l’UNC sa raison d’être en demandant aux Poilus, la paix revenue, de rester "Unis comme au front". C’est lui qui insuffle à l’UNC les fondements spirituels, moraux, civiques et sociaux qui constituent aujourd’hui encore, et parce qu’ils sont toujours vrais, les valeurs de l’UNC » (site UNC). D’autres associations à l’orientation politique marquée verront le jour après-guerre : la Fédération nationale des combattants républicains (FNCR) ou l’Association républicaine des Anciens Combattants (ARAC) fondée par Henri Barbusse dès 1917. L'Union des Blessés de la Face et de la Tête (UBFT), " Les Gueules Cassées ", est créée en 1921 par trois grands blessés de la face. L’UF et l’UNC domine alors assez largement le paysage des associations du monde combattant qu’Antoine Prost estime à environ 3 millions dans les années 20.

Avec l’association du Souvenir Français née en 1887 et qui travaille à la préservation de la mémoire des combattants pour la France, l’ensemble des ses organisations poursuivent aujourd’hui encore l’œuvre initiée par les combattants de la Grande Guerre. Elles sont engagées dans de nombreux projets, à l’échelle locale ou nationale, et pour la transmission de la mémoire du conflit.

Bibliographie sélective

PROST Antoine, Les Anciens Combattants 1914-1940, Paris, Folio - Gallimard 1977-2014.

SORLOT Marc, André Maginot, un destin, un héritage, Paris, Le Cherche-Midi, 2014.